Le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi, a partagé le constat que les prix des denrées alimentaires connaissent une hausse sans précédent au cours de cette période, atteignant un niveau record.
Il a cependant ajouté, dans une déclaration à « AfricanManager » que « nous nous attendons à ce que, au terme des premiers jours du Ramadan, les prix fassent un repli, mais la tendance à la hausse se poursuit ».
Il a, également, estimé qu’il est déraisonnable que les prix des denrées alimentaires telles que les poivrons, les tomates et la viande rouge augmentent de cette manière, alors que le pouvoir d’achat n’a de cesse de se détériorer.
Riahi a appelé le ministère du Commerce à intervenir de toute urgence pour intensifier les campagnes de surveillance sur divers marchés et lutter contre les pratiques monopolistiques et les hausses de prix illicites, soulignant la nécessité de déterminer des marges bénéficiaires maximales pour toutes les denrées.
Commentant la hausse des prix de la viande rouge qui s’est élevée à plus de 30 dinars, il a expliqué que cette hausse est due au coût élevé des fourrages et à l’exacerbation du phénomène de la contrebande.
« Le consommateur, à son tour, porte une part de responsabilité dans la détérioration de sa situation économique, et il est tenu de boycotter tous les produits et biens qui connaissent une hausse inacceptable », a-t-il ajouté.
Il a, aussi, souligné la nécessité de rationaliser la consommation, rappelant, dans le même contexte, que le ministère du Commerce avait affirmé à plusieurs reprises que la hausse des prix était un phénomène mondial dû à la hausse des prix des produits alimentaires partout dans le monde.
Fluctuations des prix
Depuis quelque temps, la Tunisie connaît une pénurie importante des denrées alimentaires de base tels que le pain, le riz, l’huile végétale, le sucre et la semoule, ce qui a poussé les commerçants et les propriétaires de supermarchés à limiter les quantités autorisées à l’achat.
L’acquisition en est devenue difficile et s’est compliquée lors les premiers jours de Ramadan, car les prix de tous les produits aliments ont augmenté d’une manière inédite. En effet, le prix du poivron sur les marchés a atteint les 7 dinars, tandis que celui des pommes de terre est aux alentours de 2.5 DT, outre la forte hausse du prix de la viande rouge qui a connu une augmentation de 3 à 4 dinars dans de nombreuses villes.
Il convient de noter que les prix de la viande rouge ont augmenté cette année d’environ 25 % par rapport à l’année précédente.
Plus tôt, la chambre syndicale nationale des bouchers avait mis en garde contre la possibilité d’une augmentation continue des prix de la viande, en particulier à la lumière des prix élevés du fourrage, du manque de soins vétérinaires et du manque d’un contrôle sérieux des circuits de distribution.
D’un autre côté, de nombreux citoyens ont exprimé à « AfricanManager » leur mécontentement face à la pénurie persistante des denrées de première nécessité en plus de la hausse anormale et déraisonnable des prix, soulignant leur incapacité à subvenir à leurs besoins en denrées alimentaires si la situation perdure.
Il est à rappeler que le ministère du Commerce a confirmé à plusieurs reprises, depuis le début du mois de Ramadan, que les campagnes des équipes de veille et de contrôle économique se sont intensifiées afin de s’assurer du respect des prix, notamment pour les articles qui ont connu une pénurie au cours de la période récente.
De son côté le directeur général du ministère du Commerce, Yasser ben Khalifa, a appelé à l’adoption d’une démarche de boycott de certains aliments qui connaissent une forte hausse de prix, soulignant que des fluctuations des prix ont été enregistrées, ce qui explique le grand nombre den plaintes pour infractions économiques qui ont été déposées pendant les premiers jours du Ramadan.








