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Frikha dit tout de Syphax, de sa dette non encore remboursée et de l’avion de Sakher El Materi

Syphax Airlines de Mohamed Frikha semble renaître de ses cendres. Certains s’en réjouiront, d’autres se rappelleront des difficultés de cette entreprise et de ses dettes, et aussi du passage de Frikha dans les rangs d’une Ennahdha qui n’a plus le soutien que des adhérents du premier jour, et encore. Lui, en tout cas, il a préféré quitter le parti des islamistes tunisiens et brandit à nouveau sa casquette d’indépendant.

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–        Seulement une dette « redevable » de 75 MDT, dit-il  

Depuis l’arrêt de l’activité, le 29 juillet 2015, l’entreprise de Frikha était entrée en redressement judiciaire. En juin 2017, elle enregistrait l’approbation du plan de redressement judiciaire par le tribunal de Sfax. L’entreprise avait alors loué deux avions, des CRJ 900 arrivés en 2018. Une année après, l’entreprise obtient son AOC, et on a commencé à travailler au Nigeria, « où cela se passe très bien » commente pour Africanmanager le dirigeant d’une Syphax qui travaille déjà avec 3 avions à Lagos en mode ACMI (Aircraft Crew Maintenance Insurance). Une sorte de leasing des avions, qui restent sous pavillon tunisien, avec leurs équipages.

Frikha positive même en estimant que « actuellement, nous exportons ainsi nos services d’aviation pour le Nigeria ». Ce qui est sûr, c’est qu’il gagne de l’argent. En 2019, son entreprise réalisait l’équivalent de 40 MDT. A cause du Covid-19, qui avait provoqué  un arrêt de presque 6 mois, il n’en a fait que la moitié en 2020. « L’activité est donc bénéficiaire, et nous enregistrons déjà des demandes similaires de pays tels que le Ghana ou le Cap-Vert, et même au Nigeria pour le compte d’autres compagnies ».

Ce beau tableau d’un douloureux (surtout pour les passagers de sa compagnie) sauvetage d’une entreprise ne cache, cependant, pas ses déboires, et surtout l’ardoise qu’elle a laissée. Sa dette, qu’il dit « redevable », il l’estime à quelque 75 MDT. Le reste, c’est le compte courant associé de 40 MDT « que je ne considère pas comme prioritaire, en plus d’une dette vis-à-vis d’Airbus à propos du A330, qui fait toujours l’objet d’un litige. Nous estimons que cette dette est gonflée, et nous sommes encore en négociation ».

Ladite dette redevable comprendrait, selon lui, 20 MDT pour la SNDP, 10 MDT pour l’OACA, 5 MDT pour l’Amen Bank, 8 MDT pour la BNA, « une petite dette pour Tunisair Technics, mais pas pour Tunisair, qui nous est plutôt redevable de 0,5 MDT via sa filiale Express qui avaient un temps loué nos avions pendant les mois de mai à juillet 2019 ».

–        Une dette réglable sur 15 ans, et cela n’a pas encore commencé à se régler

Selon le plan de redressement que Mohamed Frikha a pu avoir à Sfax, « le plan de règlement de cette dette s’étale sur 15 ans. Cela fait pour nous quelque 5 MDT par an, ce qui reste jouable. Nous devions commencer à payer, depuis juillet 2020. Avec le Covid, nous avions demandé un report d’une ou deux années jusqu’au rétablissement de l’activité aérienne. Notre demande est en cours d’étude ».

Pour la dette des passagers, il dit que tout ou presque a été payé. « Pour ceux qui avaient acheté des billets auprès des agences de voyage, l’IATA avait bloqué notre paiement, l’avait retourné aux agences qui devaient rembourser les passagers, pour la somme de presque 1,5 M€. Pour les passagers qui avaient acheté leurs billets via des sites web en France par Carte Bleu, ceux-là ont été remboursés par l’organisme « Ogone », pour un montant de quelque 700 mille €. Reste les billets pris directement chez Syphax, en Tunisie et en France. Pour ces cas, nous avons fait un site Internet pour les demandes de recouvrement des prix des billets, et avons jusque-là remboursé entre 700 et 800 mille DT, à tous ceux qui en ont fait la demande via ce site, et nous restons disposés à payer tous ceux qui en feront la demande sur ce site ». Nous n’avons pas pu accéder à ce site.

« Pour le personnel, il avait été payé pour juin et juillet 2015, avant l’arrêt de l’activité de même que les salaires de tout notre personnel. Nous avons aussi remboursé les 700 mille € d’Euro-Contrôle. Nous continuons l’assainissement de la situation financière de l’entreprise et nous y sommes sur la bonne voie », affirme encore Frikha.

Et lorsque nous lui demandons pourquoi voudrait-il revenir travailler en Tunisie alors que ses affaires vont bien ailleurs, Frikha répond que « nous n’avions pas demandé cela, mais de rester au service du pavillon national. Nous pensons actuellement  mettre en place un hub entre l’Afrique et l’Europe. Cela figure dans notre plan de développement, mis au point à travers un cabinet d’étude américain. Mais cela a été retardé à cause du Covid-19. Pour le reste, nous restons en activité sur l’étranger, mais en réserve du pavillon national si l’on peut dire ».

–        Le Falcon de Sakher El Materi était loué à 4.000 USD l’heure de vol

Pour l’ancien avion de Sakher El Materi qu’il avait acquis sur crédit de la BNA, Mohamed Frikha affirme que ce Falcon 900B n’est plus en activité, et « nous sommes en partenariat avec une société française pour en assurer la maintenance avant exploitation conjointe ». Il ne niera pas qu’il le louait avant à un parti politique dont il ne dira pas le nom, mais aussi à différentes autres parties dont deux anciens présidents de la République, et un ancien chef du gouvernement, au prix conventionnel de 3 à 4000 USD l’heure, sans oublier les vols à la demande pour des personnes physiques dont il taira le nom aussi. « Cet avion devait être vendu à une personnalité américaine. On avait alors proposé que je le reprenne, avec un financement étranger dont j’avais alors l’accord de principe. Dépité, l’Américain m’avait alors bloqué auprès du financement étranger. Je me suis alors retourné vers la BNA pour verser les 8 MDT nécessaire à l’achat du Falcon pour 11 MDT » [Ndlr : Qui n’ont toujours pas été remboursés, comme le confirme Frikha].  

Et pour répondre à ceux qui l’accusent encore d’avoir mis son avion à disposition des organisateurs des voyages au Djihad via la Turquie, Mohamed Frikha affirme que « le Falcon n’était allé qu’une seule fois en Turquie, pour le compte d’une personnalité politique », qu’il ne voudra par la suite pas nommer. Il ajoutera que « pour les vols privés, les noms de tous les passagers doivent être communiqués à l’aviation civile. Sinon, la question des terroristes n’est que divagation. Pour Syphax, elle a fait des voyages en Turquie et j’avais fourni les statistiques démontrant que tous les voyageurs enregistrés au départ étaient toujours rentrés avec nos avions »

Et lorsque nous lui posons la question de savoir comment un homme d’affaires, endetté comme il l’affirme, pourrait lancer un satellite, l’homme d’affaires qui affirme n’être que DG, et non majoritaire, de la société qui a fait le lancement. « Telnet n’est pas ma propriété, comme peu de gens le savent. Elle est à 55 % de son capital en bourse, et les autres partagés entre plusieurs grands actionnaires [Ndlr : Chez Hikma participations, une société localisée à la Marsa, employant 15 personnes, générant 1,1 MSD et dont le dirigeant principal est Med Frikha, selon D&B Business Directory]. C’est donc une société à part, indépendante de Syphax et qui n’a pas les mêmes actionnaires », en mettant en exergue le fait qu’il avait été le principal perdant, par les 40 MDT investis à Syphax et jamais remboursés. « Le défi, pour moi, reste de relancer Syphax par un plan stratégique, et redeviendra cotée en bourse et les épargnants en bourse retrouveront leurs épargne ».

1 COMMENTAIRE

  1. La Tunisie n’a pas besoin de Mohammed Frikha, ni en tant qu’homme d’affaires véreux, ni comme acteur politique versatile et profiteur…

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