33 C
Tunisie
mardi 22 septembre 2020
Accueil La UNE Gouvernement Mechichi : La mayonnaise va-t-elle prendre ?

Gouvernement Mechichi : La mayonnaise va-t-elle prendre ?

Deuxième gouvernement en six mois, celui de Hichem Mechichi annoncé, lundi à 23 heures 55 pétantes, va devoir enjamber quelques écueils sur la voie de l’obtention de la confiance du Parlement lors d’une Plénière dont la date a été fixée pour le 1er septembre. Obtiendra-t-il son quitus malgré l’aversion qu’il n’a de cesse de susciter chez les partis politiques, superbement ignorés ? Leurs états-majors s’affairent pour ne pas dire gesticulent. Certains disent qu’ils vont délibérer sur la question et convoquent leurs instances ; d’autres ont déjà pris leur décision, tel le Courant démocratique qui ne votera pas la confiance. Qalb Tounes va engager, cette semaine, une diligente réflexion sur l’opportunité d’entériner le nouveau gouvernement, mais dit déjà avoir des réserves sur certains noms figurant sur la liste de l’attelage ministériel de Mechichi. Le parti n’en est pas moins d’accord et sans doute satisfait d’en finir avec le gouvernement d’expédition des affaires courantes et aller vers un nouveau Cabinet qui se focalisera sur les problèmes économiques et sociaux du pays, selon les dires de l’un de ses dirigeants. Le mouvement Ennhadha, enfin, ne va pas déroger à la sacrosainte règle de convoquer le conseil de la Choura pour gratifier ses militants et l’opinion publique d’une décision dont Rached Ghannouchi avait esquissé les contours depuis dimanche dernier, à savoir un « oui » contraint … dans l’intérêt du pays !
Comprenons de tout cela et au détour de toutes ces acrobaties que le gouvernement Mechichi passera, certes pas haut la main, mais avec la latitude de s’atteler aux tâches pour lesquelles il a été constitué, sans que personne sache combien de temps il lui sera possible de tenir le coup. Ce qui est certain, c’est qu’il sera attendu au tournant, une fois le sésame du vote de confiance arraché, ce qui élimine, pour les partis politiques, l’effrayante perspective des élections anticipées. Mais ce qu’ils ignoreraient peut-être, c’est qu’avec un gouvernement d’expédition des affaires courantes, plus est à sa tête, Elyès Fakhfakh, le président de la République, Kais Saied, peut maintenir suspendu sur la tête des partis l’épée de Damoclès, en laissant en l’état le gouvernement d’expédition des affaires courantes autant qu’il le voudra , au motif que dans le cas de l’espèce, la Constitution n’oblige pas le président de la République de convoquer des élections anticipées.
Chacun son baroud d’honneur !
Cela reviendrait à dire que la seule péremptoire obligation qui échoit aux partis politiques est de voter la confiance, à charge pour eux de multiplier, chacun à son échelle et à sa manière, le baroud d’honneur qu’il aura choisi pour maquiller sa déconfiture.
Le premier d’entre eux, Ennahdha semble avoir opté pour une subtilité dont lui seul semble avoir les secret : voter la confiance au gouvernement sans l’assurer de son soutien politique. Une position qui fait des émules dans l’échiquier politique du pays et dont les conséquences seront à la longue désastreuses pour le futur économique et social des Tunisiens, avec un parlement qui n’hésitera pas à user et abuser de manœuvres dilatoires pour saboter l’Exécutif, président et gouvernement confondus, bloquer ses initiatives, renvoyer aux calendes grecques ses projets de loi et autres textes, bref, tout l’attirail qu’il faudra pour ôter au gouvernement toute opportunité de remplir son office de la façon la plus commode qui soit
Le directeur du Centre mondial Columbia à Tunis, Youssef Cherif, a déclaré au site « The National » que le nouveau gouvernement pouvait compter sur le soutien du président de la République et du secteur public, y compris le puissant syndicat général du pays, l’UGTT.
Mais sans le soutien d’aucun parti politique, « il sera confronté à d’énormes défis au Parlement », a-t-il ajouté, pour noter ensuite que « en Tunisie, les partis politiques ne sont pas si forts, à part Ennahdha ». Au demeurant, le parti islamiste pourrait être une force d’opposition puissante, au Parlement et dans la rue, « s’il se sent aliéné et attaqué ».
Il reste que dans un tel parlement, le nouveau gouvernement pourrait avoir du mal à faire passer une législation qui réponde à certaines des difficultés que connaît le pays depuis longtemps. « Bien sûr, le gouvernement rejettera la faute sur les partis politiques si les choses ne fonctionnent pas, mais cela pourrait le transformer en une institution dictatoriale », a déclaré l’analyste politique qui estime que « la situation économique est tellement difficile que les Tunisiens seront en peine de faire la différence entre le gouvernement et le parti politique. Après tout, ce sont tous des politiciens ».
Mais l’interrogation qu’il y a lieu de soulever est de savoir si le gouvernement de Hichem Mechichi va avoir la capacité de rebondir, de tenir tête à une Représentation nationale hostile, pour enfin amener tout ce monde à composition. Alors, et ce n’est qu’alors que l’on pourra trouver que la mayonnaise aura pris !
M.L.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

104,588FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,301SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles