AccueilLa UNEKais Saied courtise l'Égypte dans son conflit avec Ennahdha!

Kais Saied courtise l’Égypte dans son conflit avec Ennahdha!

La visite du président de la République tunisienne, Kais Saied, en Egypte n’a pas livré tous ses secrets, mais bien des observateurs et analystes la soupçonnent d’avoir servi à cimenter les relations de deux pays face aux Frères musulmans, d’autant qu’elle a été effectuée dans un contexte de changement drastique des dynamiques régionales et internes.

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Le sujet s’est arrogé, d’ailleurs  une place capitale dans la conférence de presse conjointe tenue par le  chef de l’Etat tunisien et son homologue égyptien Abdelfattah al-Sissi, sous le couvert  de la question sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.

« Nous avons souligné l’importance de dynamiser la coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et tous ses aspects (…) ainsi que de faire face à toutes les organisations terroristes sans exception, tout en sapant leur capacité à attirer ou à recruter de nouveaux éléments et à tarir leurs sources de financement. Nous avons également souligné l’importance de faire face à l’idéologie extrémiste qui constitue une menace pour la région et ses habitants », a souligné le président égyptien.

Le site Al-Monitor  estime que dans ses propos, al-Sissi ne semble pas exclure  les Frères musulmans, qui sont classés comme organisation terroriste en Égypte depuis décembre 2013. Cela intervient alors que le président tunisien se bat contre le mouvement Ennahdha, prolongement historique des Frères musulmans en Tunisie.

L’universitaire spécialisé dans les affaires des groupes islamiques, Abid Khalifi, cité par Al-Monitor, a indiqué qu’après l’entrée en fonction de Saied en septembre 2019, la scène politique tunisienne a connu plusieurs changements. Il a expliqué que les relations entre Saied et Rached Ghannouchi, chef du mouvement Ennahdha qui détient la majorité parlementaire, sont devenues si tendues en raison de l’hégémonie que le parti islamiste a toujours imposée à ses alliés et à ses opposants. C’est pourquoi Saied est actuellement plus proche de la perception qu’a Sissi des islamistes, à savoir la Confrérie, car les deux s’opposent à l’islam politique, a-t-il dit.

Cette visite, a-t-il  noté, pourrait avoir des implications futures sur cette question, surtout si l’on considère que la partie égyptienne a plus de 90 ans d’expérience dans les relations avec les Frères musulmans.

En tout cas, la visite de Saied au Caire va apparemment élever le niveau de coopération entre les deux pays, notamment en ce qui concerne les pouvoirs du président, à savoir la défense et les relations extérieures,  car la Constitution tunisienne répartit les pouvoirs exécutifs entre le chef du gouvernement et le président de la République. Dans le même temps, cette visite creusera davantage le fossé entre Saied et le mouvement Ennahdha, dont le régime égyptien est un adversaire déclaré.

Libye : Tunis et le Caire sur la même longueur d’onde

Le dossier libyen était également fortement présent lors des entretiens entre les deux chefs d’Etat. »Nous avons réitéré notre volonté de fournir toutes les formes de soutien afin de permettre à [la Libye] de remplir son rôle dans la gestion de la phase de transition dans le but de tenir les élections prévues à la fin de cette année, de mettre fin à l’ingérence étrangère et de faire sortir toutes les forces étrangères, les mercenaires, les combattants et les terroristes étrangers de Libye d’une manière qui aide le pays à rétablir sa stabilité totale et souhaitée, à préserver sa souveraineté, son intégrité territoriale et les capacités de son peuple », a déclaré le président égyptien.

« La question libyenne est une question de sécurité nationale pour les deux pays, qui partagent avec elle de larges frontières terrestres et maritimes. Leurs intérêts stratégiques, économiques et sécuritaires sont liés à la stabilité de la situation en Libye, notamment en termes d’augmentation du volume des échanges commerciaux et de canalisation de la main-d’œuvre égyptienne et tunisienne excédentaire vers le marché libyen. Ils œuvreront donc pour que le nouveau gouvernement libyen parvienne à imposer une certaine stabilité durant la période de transition que traverse le pays après des années de guerre dévastatrice », a commente un analyste politique spécialisé dans les affaires libyennes pour Al-Monitor.

Il a ajouté que les deux pays partagent également la même vision concernant la présence de mercenaires turcs sur le sol libyen, et ils ont les mêmes préoccupations sécuritaires concernant la présence en Libye de combattants étrangers qui combattaient en Syrie et en Irak dans les rangs de groupes djihadistes armés. Il y a même des combattants tunisiens qui combattent en Libye, puisque des milliers de jeunes avaient quitté la Tunisie entre 2011 et 2014 pour rejoindre les combats en Syrie et en Irak. « Par conséquent, la coordination égypto-tunisienne en ce qui concerne la question libyenne apparaît nécessaire pour les deux parties à ce stade », a-t-il affirmé. »

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