AccueilLa UNEKebili : La situation risque de dégénérer!

Kebili : La situation risque de dégénérer!

Encore une fois, des affrontements sanglants entre les tribus ont éclaté dans la Tunisie de l’après 14 janvier. Dans le gouvernorat de Kébili, deux tribus de Douz-Ouest et Ghlissa sont en guerre ouverte depuis mardi 6 mai. A l’origine des affrontements, un litige autour de la propriété de terres dans la zone de Toual El Hadhalil, située à 50 km au sud de la ville de Douz, où des prospections pétrolières sont éffectuées.

Durant ces affrontements qui ont fait plus de 150 blessés entre citoyens et agents de la sûreté, des armes ont été utilisées, notamment des fusils de chasse et de la chevrotine. Face à la dégradation de la situation sécuritaire et la recrudescence des affrontements, Moncef Marzouki, président de la République provisoire, a décrété le couvre-feu à Douz, du 8 au 22 mai 2014.

En application de cette décision, le ministère de l’Intérieur a annoncé, dans la soirée du 8 mai 2014, que le gouverneur de la région a décidé d’interdire la circulation des personnes et des véhicules dans la région de 22 heures à 5 heures du matin, sauf pour les cas urgents et les personnes travaillant de nuit.

Plusieurs responsables de la région sont impliqués

Selon Ali Ben Nassr, membre actif de la société civile dans la région, l’ambigüité au sujet de la propriété foncière des terres est à l’origine des affrontements. Une ambigüité qui dure depuis des années, les terres étant gérées par les conseils de gestion issus des tribus en question. Ces conseils a-t-il dit, sont présidés par des personnes à la solde de l’ancien régime et réputés corrompus. « Le problème est que ces conseils sont intervenus après la révolution auprès des sociétés qui opèrent dans la prospection pétrolière dans ces terres objet de litige et revendiquées par les uns et les autres , pour embaucher des jeunes chômeurs. C’est ce qui a exacerbé les tensions », a affirmé Ben Nassr dans un entretien téléphonique avec Africanmanager.

Il a imputé la responsabilité des incidents, conjointement aux conseils de gestion des terres tribales , en tant que partie prenante dans la crise et aux responsables de la région particulièrement le gouverneur qui n’a pas pris aucune décision courageuse pour faire face à la situation , soit en œuvrant à résoudre le litige ou en jugulant la violence qui s’est déchainée entre les deux tribus.

La situation pourrait s’aggraver, si…

Ali Ben Nassr a mis en garde contre l’aggravation de la situation, si le gouvernement ne réagit pas immédiatement pour mettre fin à ce conflit. « Des crimes peuvent être commis en l’absence de l’action des autorités », a-t-il souligné.

Il a estimé que la déclaration de l’état d’urgence est une étape importante, mais l’essentiel, c’est la mise en place de mesures adéquates pour calmer les esprits et trouver des solutions aux problèmes de la région.

Il a indiqué que le gouvernement doit intervenir pour assurer le développement régional et absorber le chômage qui est en hausse vertigineuse, et faire en sorte que les institutions de l’Etat soient les seules habilitées à embaucher les chômeurs .

Wiem Thebti

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