AccueilLa UNELa Tunisie, terrain d’une lutte d’influence franco-américaine

La Tunisie, terrain d’une lutte d’influence franco-américaine

A mesure qu’elle se complique et s’éternise, la crise en Libye ne fait qu’attiser les convoitises. La Tunisie, son voisin le plus direct, ne serait pas en reste, étant regardé par les grandes puissances et celles qui s’efforcent de le devenir comme un appoint de taille pour leurs visées. Les Etats-Unis, déjà à pied d’œuvre dans leur stratégie de « containment » contre la Russie, ne négligent pas non plus un de leurs alliés, la France, qui cherche à renforcer ses liens avec la Tunisie pour consolider ses intérêts en Libye. Elle s’échine à regagner l’influence qu’elle a perdue en Tunisie, dans une démarche considérée comme une tentative de rompre son isolement en Libye, surtout après les récents gains de terrain réalisés dans l’ouest du pays par des milices islamistes soutenues par la Turquie, fait remarquer le site « Ahval », reprenant une analyse d’ « Arab Weekly ». Au point que son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a exprimé son inquiétude face au « scénario syrien qui se joue en Libye », qualifiant la situation de « très préoccupante ».
Presque dans le même temps, le ministre tunisien de la Défense, Imed Hazgui, discutait au téléphone de la situation en Libye avec son homologue française, Florence Barley, affirmant l’opposition de son pays à toute forme d’ingérence étrangère en Libye, et réitérant l’appel de la Tunisie à une solution libyenne au conflit.
La ministre française a exprimé sa satisfaction quant à l’état actuel des relations entre la Tunisie et la France et s’est engagé à les développer davantage dans le but d’élaborer un plan commun à long terme, tout en insistant sur les moyens de renforcer la coopération militaire dans divers domaines, notamment la formation des officiers, l’échange d’expertise et la modernisation des équipements militaires.
Un domaine où, depuis 2011, les États-Unis, et dans une certaine mesure la Turquie, exerce nt un quasi-monopole sur les accords de coopération militaire et de formation avec la Tunisie. Les deux pays ont fourni des armes et des équipements aux forces armées tunisiennes, une évolution qui reflète le déclin de l’influence de la France dans ce domaine.
La principale contribution des États-Unis a été dans le domaine de la surveillance. Washington a fourni et installé des systèmes de surveillance à la frontière tuniso-libyenne, un système de surveillance électronique le long du littoral tunisien et un radar à longue portée très sensible et des stations de surveillance par caméra s’étendant de la frontière maritime tuniso-libyenne à la frontière tuniso-algérienne.

Une épreuve militaire internationale à l’horizon !

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L’analyste politique tunisien Mustafa Abdelkabir, cité par The Arab Weekly, a déclaré que les relations tuniso-françaises sont importantes pour Paris, ce qui explique pourquoi la ministre française de la Défense a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération militaire. Il a souligné que « la position stratégique de la Tunisie et sa géographie sont importantes pour Paris et pour tous les pays qui ont un intérêt militaire en Libye ». « Ce qui s’est passé récemment en Libye semble indiquer qu’une épreuve de force militaire internationale aura très probablement lieu bientôt en Libye, surtout après les récents développements dus au rôle accru de la Turquie en Libye qui a conduit à la prise de contrôle de la base d’Al-Watiya par les forces de l’AGN », a-t-il prévu.
Quelques rapports ont souligné que la Turquie a commencé à prendre des mesures concrètes pour établir une présence militaire permanente en Libye en prenant le contrôle complet de la base aérienne stratégique d’Al-Watiya. Les plans turcs sont considérés comme ayant la bénédiction des Américains, ce qui porterait un coup sérieux aux plans de la France dans l’Ouest de la Libye. Paris a donc rejoint les rangs de la Grèce et de Chypre et s’est opposé à l’accord de délimitation des frontières maritimes entre le gouvernement des islamistes de Tripoli et la Turquie, même si cet accord ne représente pas une menace directe pour ses intérêts.
La France est l’un des principaux pays européens opposés à l’intervention turque en Libye. Elle a critiqué Ankara pour avoir violé la résolution internationale interdisant la vente d’armes à la Libye et, avec la Grèce, elle mène l’opération IRINI pour arrêter le flux d’armes vers la Libye. Autant en tirer la conclusion que les positions françaises et grecques entravent les efforts américains et turcs visant à faire entrer l’OTAN sur la scène libyenne.
« Les Français pensent qu’ils ont gagné un certain mérite en faisant tomber le régime Kadhafi et qu’ils devraient avoir une certaine priorité dans ce dossier, mais la concurrence internationale fait aujourd’hui rage en Libye avec la multiplicité des parties étrangères et internationales impliquées et le rôle croissant de la Turquie et l’entrée de la Russie sur la scène libyenne … Toutes les grandes puissances s’intéressent au gaz, au pétrole et aux ressources naturelles de la Libye », a noté Abdelkabir qui relève que le soutien indirect de l’Amérique à l’intervention de la Turquie en Libye a soulevé des spéculations sur la perspective d’un soutien français à la présence russe dans ce pays.

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