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lundi 28 septembre 2020
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L’autre déçu, relativise

Comme l’ont montré hier les photos, Ennahdha était venue à Dar Dhiafa souriante, elle en est sortie tête basse. Depuis, elle a déjà assimilé la grosse claque de Hichem Mechichi, et c’était auto-réchauffée de la douche écossaise du lundi, et menace désormais de ne pas voter la confiance, et que les bailleurs de fonds boudent la Tunisie à cause de l’absence d’Ennahdha.
Ce mardi 11 août 2020, c’était au tour du partenaire d’Ennahdha, Qalb Tounes, le parti pour lequel le gouvernement d’Elyes Fakhfakh avait été renversé, et qui s’attendait à ce que les efforts d’Ennahdha pour le faire entrer dans le gouvernement aboutissent enfin.

Certainement déçu, mais manifestement pas surpris, Nabil Karoui avait été reçu par le nouveau chef du gouvernement en devenir. « Ce n’est que le second round des négociations. Nous avons désormais l’habitude », dit Karoui qui ne jetait toujours pas l’éponge, à la sortie du palais Dar Dhiafa où il venait de rencontrer Hichem Mechichi, visiblement détendu, et en tout cas plus que son second au visage plu fermé et qui résumait presque le contenu de l’entretien.
Plus diplomate qu’Ennahdha, ce communicateur de métier relativise. « Nous n’avions jamais posé des conditions. Nous avions toujours demandé un gouvernement de compétences, sans discrimination entre personnes politisées ou non politisées. Nous aimons et soutenons tous ceux qui veulent servir la Tunisie. Ce qui nous intéresse, c’est le programme, celui qui lutte contre la pauvreté (…) ».
Ressassant ensuite, tout de même, sa déception, il s’étonne. « Nous sommes désormais dans une situation bizarre et surréaliste. Celle ou celui qui remporte les élections n’a plus le droit de gouverner. Si nous allons sec, vers un gouvernement de compétences, où est la ceinture politique » dit-il « étonné », avant de se reprendre pour relativiser encore par un « Nous comprenons, car ce qui nous intéresse c’est le pays ».

Mais le poids de la grosse claque d’hier ne tarde pas à surgir tout en restant sous contrôle. Et Karoui de s’épancher même d’une flatterie à l’endroit de Mechichi, sans oublier de faire peur en annonçant que la Coronavirus reviendra. « Nous ne sommes pas naïfs et nous savons à ça va. Dieu merci, le chef du gouvernement [Ndlr : en devenir] est sage, il a peur pour l’Etat, il est bienveillant et nous pouvons encore discuter avec lui. L’homme [Ndlr : Hichem Mechichi] sait ce qu’il fait, non comme l’autre et son Yabta Chwaya », dit-il en allusion à Elyes Fakhfakh sans le nommer.

Balançant toujours entre caresse dans le sens du poil, realpolitik et colère, il interpelle encore que « nous, nous faisons avec la réalité. Mais la situation marche sur la tête. Sinon, pourquoi faire des élections, avec un chargé [Ndlr : Mechichi] et des compétences. Nous sommes désormais dans un régime présidentiel ». La flèche ciblait le locataire du palais de Carthage, mais Nabil Karoui la nuance encore pour ne pas brûler toutes ses cartes. « Il n’y a aucun problème, car l’Etat dans lequel se trouve le pays nous empêche de prendre une décision sur un coup de tête. Nous sommes très calmes et lucides et regardons comment faire pour passer ce palier. Une situation, sans gouvernement avec un chargé et un démissionnaire, est difficile », dit-il d’un air désolé tout en revenant à la charge, avec un « il faut être réaliste, c’est le gouvernement du chef de l’Etat, et il doit assumer comme il ne l’a pas fait avec le gouvernement Fakhfakh. Et s’il voit que ça doit être comme ça, il en sera ainsi, mais nous allons prendre du recul et qu’il nous dévoile son programme pour solutionner le problème de la pauvreté et comment il compte résoudre le problème du Kamour et ainsi de suite ».

Nabil Karoui, c’est son style d’homme de communication averti, dit tout et rien. Il lance des piques en riant jaune, mais n’attaque pas froidement. Il s’insurge, mais s’arroge toujours une marge de recul et de négociation.
Et pour résumer ses 5 minutes 40 de déclaration, il lâche, enfin, que « à ce stade, il faut qu’on nous dise où on va. On revient vers nos bases et nos partenaires [Ndlr : Ennahdha, entre autres peut-être], et on prendra ensuite une décision à propos de ce gouvernement »

1 COMMENTAIRE

  1. Karoui t’es qun traître. Si Nessma n’a pas diffusé les vidéos de Bouazizi la Tunisie ne serait pas devenu un état misérable. Te voilà amis avec les intégristes. Va vendre ta macaroni ailleurs les Tunisiens sont pas dupe

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