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Le « coup bas » aux Hypermarchés

Au 8 mai 2020, la courbe de propagation du Covid-19 en Tunisie totalisait 1.030 cas confirmés, 45 morts, et enregistrait 4 nouveaux cas de contamination et 1 nouveau décès dû au Coronavirus. La Tunisie est donc loin, très loin, des chiffres, même ceux de l’Algérie proche avec plus de cinq mille cas et presque 500 décès, ou  ceux de l’Egypte avec presque 9.000 personnes contaminées et plus de 500 décès, ou encore le Maroc avec presque 6.000 contaminés et 186 décès jusqu’à samedi.

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Ce qui est sûr, chiffres en diagramme à l’appui, c’est que le pic que craignaient beaucoup, la Tunisie y était passée depuis mars, notamment par les cas quotidiens. Entretemps, l’infrastructure sanitaire « spécial Covid-19 » s’est beaucoup améliorée, et la Tunisie devient nettement mieux préparée, ce qui devrait justifier une politique plus audacieuse en matière de déconfinement, pour sauver ce qui reste du tissu économique et entrepreneurial et des postes d’emplois, comme pour les circuits de distribution qui sont un maillon essentiel et un levier important en matière de baisse des prix.

Courbe de propagation Covid-19 en Tunisie. En rouge : Cumul des cas. Histogramme : Cas par jour (Crédit Mahmoud Ben Salah).

Pour l’instant, les décisions de réouverture des commerces de distribution restent hasardeuses comme celles d’ouvrir les galeries commerciales qui sont dans les Mall et de ne pas autoriser les hypers qui y sont aussi. Ou encore de rouvrir les commerces de friperie  et les marchés, centraux et de gros où il est impossible de respecter ou de faire respecter les mesures de sécurité et de distanciation, et de l’interdire pour les hypers qui ont donné toutes les garanties, y compris les vitres de séparation client-caissière, et même d’assurer eux-même le transport des clients, à partir et vers ces centres commerciaux.

  • Deux communiqués contradictoires, et une décision incomprise des professionnels

Dans un premier communiqué en date du 30 avril 2020, le ministère du Commerce annonçait, dans ses dispositions générales, que « les artisans coiffeurs, les salons de beauté, les commerçants de la fripe, les commerçants de prêt-à-porter, et chaussures, ainsi que les hyper-marchés et les centres commerciaux, reprendront leurs activités le lundi 11 mai 2020 ». Le ministère a,  pour ce faire,  exigé le respect des mesures de protection, dont le port du masque, la distanciation sociale corporelle, et le fait de laver fréquemment les mains et la mise à disposition des produits d’hygiène nécessaires.

Sitôt la décision rendue publique par le ministère du Commerce, les professionnels du secteur ont battu le rappel de leurs personnels, mis en congé ou en chômage technique, et redémarré la machine des commandes de marchandises, pour être prêts le jour « J ». Des préparatifs qui ont un coût et pas des moindres, pour une chaîne complexe de distribution, qui va de l’usine ou des maraîchers et agriculteurs, en passant par la main d’œuvre et les moyens de transport, même s’il a été ordonné à toutes les entreprises commerciales de ne travailler qu’à 50 % de leurs capacités et de leurs personnels. Des préparatifs, qui ont été aussi accompagnés d’un investissement conséquent dans les mesures de sécurité, par ailleurs, validées par des visites sur site des ministères concernés.

Le gouvernement, et notamment la ministre Lobna Jribi qui dirige l’action de déconfinement où le comité Covid-19 a son mot à dire, ne tiendront cependant pas parole. Pis, ils surprennent toute la profession par des décisions, non concertées, non comprises et, de surcroît,  non expliquées!

En effet, dans un 2ème communiqué, en date du 9 mai 2020, le même ministère du Commerce fait volte-face, et exclut les grandes surfaces. « Le 11 mai 2020, reprendront les activités du commerce de fripe, des centres commerciaux de petite et moyenne taille », indique cette fois le ministère du Commerce, qui précise encore que « pour les hypermarchés (Mall », il sera procédé le 14 mai à l’annonce de la date de reprise des activités pour les Mall, les hypermarchés et les galeries marchandes ». Ces dernières devraient ainsi faire l’objet d’une 3ème liste, dont on ne connaît pas encore la date.

Une décision, pour l’instant, qui ne s’appliquerait pas de manière uniforme, puisqu’on  ne comprend pas, non plus, pourquoi tel hyper ouvrira et non l’autre, pourquoi tel Tunis Mall ouvrira et non le Mall de Sousse ? Serait-ce une question de propriétaire, ou de surface de l’hyper qui est à l’intérieur ? Personne n’y comprend rien, ni les représentants des deux marques, ni même le président de leur chambre syndicale, que nous avions tous contactés.

Ce qui est certain, c’est que le vis-à-vis direct des professionnels dans cette affaire qu’est le ministère du Commerce n’a pas tenu parole, a pris décision en  toute dernière minute, et ne s’en est point expliqué dans son communiqué. Il refuse ainsi de tenir compte des dommages financiers que ces grosses machines de distribution  devront subir pour reprendre l’exploitation. Certains se sont déjà retrouvés obligés de renvoyer les employés rappelés pour le 11 mai, et  refuser l’acceptation des commandes de produits frais et de produits périssables qui devaient être vendus le 11 mai.

Après les couacs de la gestion du confinement, le gouvernement d’Elyes Fakhfakh continue ainsi de suivre une politique, plutôt chaotique en matière de déconfinement. Il fait ce qu’il veut, et il refuse de l’expliquer. Un bon petit projet de dictateur !

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