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jeudi 22 octobre 2020
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Le cri d’alerte de Samir Ben Abdallah : Le textile agonise et met en péril 160 mille emplois!

Manifestement, le textile-habillement est devenu ces dernières années un secteur fragile et en situation précaire, qui n’est plus au diapason des changements internationaux. Cette situation difficile, est expliquée par les professionnels du métier, par de nombreux facteurs, dont notamment sa faible compétitivité qui ne lui permet pas de faire face à la concurrence mondiale, principalement sur les marchés européens et asiatiques.

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Aujourd’hui, le poids du secteur impose au gouvernement de rechercher les moyens de résoudre ses problèmes structurels et conjoncturels, de soutenir les entreprises, d’améliorer les conditions de vie des ouvrières du textile, tout en œuvrant à repositionner le textile tunisien sur le marché mondial, en favorisant une meilleure intégration et une montée en gamme de cette filière !

Dans une interview exclusive accordée, ce jeudi 30 janvier 2020 à Africanmanager, Samir Ben Abdallah, président du groupement professionnel de la confection et de l’habillement relevant de la CONECT, a exprimé sa profonde préoccupation et ses vives inquiétudes face aux divers problèmes que connaît le secteur du textile et de l’habillement.

Il a, dans ce contexte, annoncé que «la Tunisie avait enregistré une baisse de 6% de ses résultats à l’export durant l’année 2019 par rapport à 2018. Notre pays est devenu le 10ème fournisseur de l’Europe, alors qu’il occupait la 9ème place en 2019. Nous avons perdu 4 places en moins de 10 ans, étant donné que notre secteur était déjà le 6ème fournisseur de l’Europe en 2010. Les professionnels du métier vivent des moments très difficiles, et si le gouvernement n’intervient pas dans les plus brefs délais, 160 mille postes d’emplois seront menacés de disparition», a déploré le responsable.

 Dans le même ordre d’idées, Samir Ben Abdallah a expliqué que le Centre de Promotion des Exportations de la Tunisie (CEPEX) attend toujours l’octroi d’un budget au profit du secteur,alors que cette décision devait être approuvée lors d’un conseil ministériel restreint. Il pointe ainsiun retard, qui aura sans doute, de lourdes répercussions, essentiellement sur leurs programmes promotionnels à l’échelle internationale.

«Je tiens à signaler que nous avons contacté, à maintes reprises, les autorités concernées à l’instar des ministères de l’Industrie et du Commerce, afin de sortir de l’ornière et sauver le secteur. Mais nous n’avons pas reçu de réponse. Les professionnels n’ont pas pu faire la promotion de leurs produits sur les marchés internationaux, essentiellement en Europe qui représente l’un des plus importants marchés traditionnels » a-t-il précisé.

Samir Ben Abdallah a, en effet assuré que le programme annuel de promotion du secteur en question, n’a pas encore étélancé, car les autorités officielles n’ont pas réagi à leurs demandes. «On a l’habitude d’organiser chaque année notre programme de promotion mais jusqu’à présent on a rien fait, nous sommes en fin de mois de janvier et il n y a pas encore de budget. Les professionnels attendent « désespéramment » le fameux accord de la part du gouvernement. Et même si ce budget sera accordé d’ici mi-février, la première action promotionnelle à l’étranger ne pourra pas avoir lieu avant mi-avril car les préparatifs nécessitent au moins deux mois.» a-t-il expliqué.

 Sur un autre volet, il a fait savoir que «nos concurrents, à l’instar de la Turquie et du Maroc, travaillent déjà d’arrache-pied, afin de doubler leurs budgets promotionnels et améliorer leurs positions à l’échelle mondiale, contrairement à la Tunisie qui est toujours en retard à cause de l’ignorance du gouvernement et des autres parties intervenantes. Il est urgent que l’État intervienne pour sauver le secteur, rattraper le retard et la perte enregistrée au niveau du chiffre d’affaires en 2019».

Et le professionnel, issu d’une famille de «textiliens» comme Feu Mohsen Ben Abdallah, de rajouter que «Une grande majorité des entreprises de confection et de l’habillement se trouvent dans une situation très délicate et souffrent ainsi de problèmes financiers.  Ces sociétés ne sont plus capables de participer individuellement aux manifestations internationales compte tenu du coût qui ne cesse d’augmenter d’une année à une autre» a conclu Samir Ben Abdallah.

Après ce cri d’alerte, il devient urgent que le gouvernement et les parties concernées, s’attèlent à trouver les solutions, d’autant qu’elle est entre leurs mains, et accordent un intérêt spécifique pour les entreprises de confection et de l’habillement, afin qu’ils ne perdent pas leurs marchés européens. Le secteur textile et habillement représente, rappelons-le, la source de revenus pour des milliers de familles tunisiennes, de ressources en devises, et demeure ainsi un facteur essentiel pour impulser l’emploi et l’exportation !

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