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Le tonneau des Danaïdes, version tunisienne

Dans la mythologie grecque, les cinq Danaïdes sont condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué. Dans la réalité tunisienne, les contribuables tunisiens semblent être condamnés à l’enfer terrestre des taxes et impôts, sans que le budget de l’Etat n’arrive à faire de tout cet argent, autre chose que couvrir les dépenses, sans parvenir à injecter assez d’argent frais et investir pour créer plus de richesses, plus de revenus pour l’Etat et soulager la pression fiscale sur les individus et les opérateurs.

  • D’où vient l’argent de l’Etat, et combien ?
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En 2019, l’Etat a pu récolter 32,366 Milliards DT en ressources propres, et 42,254 Milliards DT toutes sources confondues, dont dettes et dons. C’est certes 14,2 % de plus qu’en 2018, mais c’est moins que les 43,121 Milliards DT prévus par la LF (Loi de finances) de 2019, pour le total, et 18,1 % de plus qu’attendu pour les ressources propres.

Cela, « grâce » à une pression fiscale inédite de 25,3 % ce qui veut dire une hausse de plus de deux points de base en une seule année, les recettes fiscales ont alimenté les ressources propres de plus de 29 Milliards DT. L’Etat a fait même plus que ses propres prévisions pour le même exercice 2019, en captant 1 milliards DT de plus en recettes fiscales.

Dans ces recettes fiscales, l’IR (impôt sur le revenu) a rapporté 8,8 Milliards DT (+34,1 % que 2018), dont 5,4 Milliards à partir des salaires. Cela s’explique en très grande partie, par la très importante masse salariale (16,767 Milliards DT en 2019) et le très grand nombre de fonctionnaires de l’Etat. L’IS (impôt sur les sociétés) a pu contribuer à hauteur de 3,8 Milliards DT(+45,4 % que 2018) dans l’apport des recettes fiscales pour l’Etat. Force est de remarquer, que le Fisc a pioché profond dans les poches des contribuables, jusqu’à presque les percer !

A cela, il faut ajouter les 1,284 Milliards DT en droits de douanes (DD), les 7,8 Milliards DT en TVA, et les 2,872 Milliards DT en droits de consommation (DC). Tous, dans l’enveloppe des impôts indirects (en hausse de 7,7 % par rapport à 2018, et en hausse de 5,3 % par rapports aux prévisions), et qui alourdissent les charges globales du Tunisien, et son pouvoir d’achat. TVA, DC et DD, impactent en effet, directement ou indirectement, le pouvoir d’achat du citoyen tunisien, qui se retrouve ainsi, pratiquement saigné par le Fisc.

  • Où va l’argent de l’Etat ?

Selon les chiffres officiels du ministère tunisien des finances, sur les 32,366 Milliards DT qui représentaient les ressources propres de l’Etat à fin 2019, les dépenses de ce même Etat tunisien, hors principal de la dette, ont été de 35,857 Milliards DT.

Première conclusion ; l’Etat tunisien dépense plus que ce qu’il récolte auprès de locaux. Sur les 35,8 Milliards DT de dépenses, l’Etat tunisien a dépensé 26,426 Milliards DT, en dépenses de gestion. Et sur ces dépenses de gestion, 16,767 Milliards DT sont allés pour les salaires des fonctionnaires de l’Etat.

2ème conclusion ; les salaires et autres rémunérations, ont représenté 63,5 % des dépenses de gestion, 39,7 % de l’ensemble des dépenses de l’Etat, et donc 51,8 % de ses ressources propres et 39,7 % de l’ensemble de ses ressources, y compris les dettes. Mieux, ou pire, 81,6 % des ressources propres de l’Etat, vont en dépenses de gestion.

Les ressources propres de l’Etat, provenant des ressources de ses citoyens, publics et privés, ne sauraient être éternels et ne se renouvèleraient pas s’il n’y pas d’investissement. C’est ce dernier qui créé la richesse et permet à l’Etat de prélever la fiscalité qui lui permet de disposer de ressources propres.

Or, sur le total de ses ressources pour l’exercice 2019, la Tunisie n’a consacré que 6,140 Milliards DT pour l’investissement, soit à peine 19 %, et seulement 17 % de ses dépenses. C’est ce qui justifie qu’on dise que le budget de l’Etat tunisien, est un véritable tonneau des Danaïdes. La plus grande partie de ce qu’on y verse, va presque par terre, et en tous cas, là où l’argent n’est pas recyclé dans la création de nouvelles richesses qui créeraient de nouveaux emplois.

On pourrait opposer que les salaires nourrissent la consommation et cette dernière la création d’emplois. C’est certainement vrai selon plus d’un économiste. Les mêmes, attirent cependant l’attention sur le fait que la consommation ne créé pas assez d’emplois, surtout dans une économie basée sur l’importation et la transformation.

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