Les échanges entre la Tunisie et le Maroc en berne, même pas...

Les échanges entre la Tunisie et le Maroc en berne, même pas 1%!

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S’inscrivant dans le cadre d’une réflexion commune sur les moyens envisageables et les voies à emprunter pour dynamiser les échanges économiques globaux entre le Maroc et la Tunisie, l’Ambassade du Royaume du Maroc à Tunis a organisé, ce vendredi 19 octobre 2018, en partenariat avec l’Association des Anciens Etudiants Tunisiens au Maroc, une rencontre-débat, sur le thème :”Les échanges économiques entre le Maroc et la Tunisie ; entraves et perspectives”. Plusieurs représentants du patronat marocain et tunisien, ainsi que des personnalités du monde des affaires et des experts sont intervenus lors de cette rencontre dédiée aux problématiques de l’investissement et du commerce entre le Maroc et la Tunisie.

Ouvrant les travaux, le ministre du Développement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari a indiqué que le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et le Maroc ne dépasse même pas 1%, un chiffre qu’il a qualifié de modeste voire très faible eu égard aux relations d’amitié et de fraternité qui lient les deux pays. “La volonté politique est là (…) La proximité est excellente et les synergies sont très fortes entre les deux pays alors que le volume des échanges demeure en déçà des prévisions”, a reconnu le ministre, avant d’assurer que le potentiel existe toujours et qu’il y a encore plein de choses à faire et de secteurs à exploiter comme l’industrie pharmaceutique, le tourisme et les nouvelles technologies.

Pour sa part, Latifa Akharbach, ambassadrice du Maroc en Tunisie ,a indiqué que les restrictions bureaucratiques, fiscales, réglementaires, les problèmes d’admission temporaire de matières premières, les retards et difficultés de récupération de la TVA, les blocages des franchises, et moult obstacles encore limitent l’ambition et le champ d’action des opérateurs économiques des deux pays.

Elle a rappelé que le Maroc n’est que le 35ème client de la Tunisie,laquelle n’arrive qu’à la  36ème place sur la liste des clients du Royaume. Le manque à gagner imputable à l’atrophie de ces échanges bilatéraux est estimé par le FMI à environ 1,5% par an du PIB de chaque pays, a-t-elle précisé.

L’analyse de la structure et de la nature des produits échangés fait apparaître, par ailleurs, d’autres points problématiques. Ainsi, la liste peu diversifiée des produits échangés renvoie à  des catégories peu intensives en capital et en technologie (produits plastiques sous formes primaires, bois, produits alimentaires, poteries).
Quant à lui, Hichem Ben Ahmed, secrétaire d’Etat chargé du Commerce eExtérieur a déclaré que malgré leur évolution continue, les échanges commerciaux tuniso-marocains restent modestes et en deçà des potentialités offertes  par les deux économies. Ces échanges ont été de l’ordre de 740 MDT en 2017 contre 611MDT en 2016 et demeurent loin des objectifs fixés à 500 Millions de dollars de part et d’autre, outre le fait que  ces échanges sont peu diversifiés; à titre d’exemple,  les exportations de dattes, à elles seules, constituent  40% des exportations tunisiennes vers le Maroc et plus de 25% des exportations totales de dattes de la Tunisie.

Il a par ailleurs indiqué que les relations de coopération économique et commerciale entre la Tunisie et le Maroc sont caractérisées par une concertation continue au travers de la régularité des réunions techniques et des contacts directs entre les points focaux désignés au sein des deux ministères du commerce des deux pays, l’objectif essentiel étant de stimuler les échanges, de développer les échanges commerciaux  entre les deux pays.

Ben Ahmed a toutefois indiqué que les obstacles continuent à entraver le développement des échanges. Ainsi, a-t-il dit, l’accord d’Agadir constitue le cadre le plus approprié pour le développement de l’intégration et de la complémentarité économique et des échanges  commerciaux compte tenu des possibilités du cumul d’origine  prévues par ce accord entre les pays d’Agadir et l’Union européenne.

Outre Agadir, Ben Ahmed a évoqué l’accord de reconnaissance mutuelle des certificats de conformité, entré  en application depuis 2008. Il  a certes contribué à la diversification des échanges commerciaux et à la réduction du temps et des couts des opérations d’exportation mais il connait depuis quelques temps des difficultés qui seront examinées à l’occasion de la réunion des experts prévue à Rabat d’ici fin de ce mois.
A cela s’ajoute le transport qui constitue également une entrave au développement de échanges tuniso-marocains, particulièrement l’absence de ligne maritime directe qui nécessite une coordination entre les parties concernées dans les deux pays pour trouver la solution adéquate permettant d’améliorer les conditions du transport des marchandises.

Il est à noter que le Maroc est le troisième partenaire économique de la Tunisie au niveau maghrébin et arabe, avec un volume d’échanges commerciaux qui a atteint en 2017, environ 830 Millions de dinars dont 588 millions d’importation et 260 Millions d’exportation.

Les échanges économiques globaux entre le Maroc et la Tunisie restent limités, peu diversifiés et en dessous des 500 millions de dollars US que la 17ème haute commission mixte tenue en 2012, avait institués comme objectif à atteindre à l’horizon 2020. Le manque à gagner dû à cette atrophie des échanges bilatéraux est estimé à environ 1,5% par an du PIB de chaque pays. S’y ajoute la proportion modique qu’occupe le commerce bilatéral entre le Maroc et la Tunisie, dans l’ensemble des échanges commerciaux des deux pays avec l’étranger, qui ne dépasse par les 3%. L’examen de la structure sectorielle des échanges commerciaux entre le Maroc et la Tunisie révèle quatre caractéristiques marquant ces échanges : ils sont unilatéraux, peu complémentaires, très concentrés et peu diversifiés.

En ce qui concerne les investissements bilatéraux, la situation est caractérisée par une progression fort modeste tant au niveau du nombre et de la nature des secteurs impliqués que du nombre et de la taille des entreprises implantées. La mobilisation du capital entre le Maroc et la Tunisie reste rare et éphémère et de ce fait, ne contribue par à la création d’emplois.

Le nombre d’entreprises marocaines ou à participation marocaine installées en Tunisie ne dépasse pas les 23 entreprises. Elles sont actives dans le domaine de la banque, des industries agroalimentaires et électriques, du textile et de l’habillement, du cuir et chaussures, des télécommunications…

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