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Les hommes d’affaires britanniques alertés par leur gouvernement sur les risques qu’ils courent en Tunisie!

Sous le titre « Principaux risques sécuritaires et politiques auxquels les entreprises britanniques peuvent être confrontées lorsqu’elles opèrent en Tunisie », le gouvernement britanniques, par le truchement de son ministère des Affaires étrangères, le Foreign Office, a dressé un inventaire des aléas et risques auxquels les investisseurs et professionnels britanniques exerçant  en Tunisie sont susceptibles de s’exposer.

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Y figure en tête l’instabilité politique sous les traits d’ « élections législatives qui ont donné lieu à un Parlement divisé sans majorité formant des blocs politiques. Après les élections, les négociations ont abouti à un gouvernement dirigé par Elyes Fakhfakh, qui s’est effondré après moins de cinq mois au pouvoir. D’autres négociations ont abouti à l’actuel gouvernement technocratique dirigé par Hisham Mechichi, qui a obtenu l’approbation du Parlement en septembre 2021 ».

La Tunisie souffrait déjà d’une situation socio-économique difficile avant même que la pandémie de Covid-19 ne vienne s’y ajouter. Les frustrations liées aux niveaux élevés de chômage continuent d’alimenter les protestations, notamment une série d’émeutes violentes en janvier 2021.

En ce qui concerne le Royaume-Uni, relève  cependant la note du Foreign Office,  il est perçu positivement pour son soutien à la transition démocratique de la Tunisie et le potentiel d’augmentation des opportunités commerciales bilatérales post-Brexit.

Avant les attaques terroristes de 2015 à Sousse et au Bardo,  ajoute-t-il, le nombre de touristes britanniques qui visitaient la Tunisie a augmenté pour atteindre plus de 400 000 par an. Les attaques terroristes ont eu un impact majeur sur le nombre de touristes visitant le pays. Les efforts du gouvernement britannique et de la communauté internationale pour améliorer la sécurité en Tunisie ont vu la confiance revenir et le nombre de touristes britanniques ayant visité la Tunisie a atteint plus de 350 000 en 2019.

En outre, le Royaume-Uni reste un bon marché pour les exportations tunisiennes, car le commerce bilatéral continue d’être en faveur de la Tunisie. Le total des échanges de biens et de services entre le Royaume-Uni et la Tunisie s’est élevé à 506 millions de livres sterling au cours des quatre trimestres jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2020. Les textiles, les dérivés du pétrole et les machines figurent souvent parmi les principales exportations du Royaume-Uni vers la Tunisie.

Malgré le fait que la Tunisie reste un marché difficile pour faire des affaires, comme le montre le rapport de la Banque mondiale sur la facilité de faire des affaires, les entreprises britanniques ont continué à montrer un fort intérêt pour la recherche d’opportunités dans des secteurs tels que l’énergie, les TIC, l’éducation et les services financiers et professionnels.

Désobéissance civile et agitation ouvrière

En raison des pressions de la transition démocratique et de l’incapacité à répondre efficacement aux problèmes socio-économiques de longue date de la Tunisie, indique le gouvernement de Londres, la désobéissance civile et les troubles du travail restent une réalité dans le pays. Plus de 9 000 actes de protestation ont été enregistrés en 2019, un nombre qui n’a diminué en 2020 qu’en raison des restrictions sanitaires de Covid-19.

En 2020, les manifestants ont arrêté la production de pétrole et de gaz à Al-Kamour, dans le sud de la Tunisie, car les investissements et les emplois – promis par le gouvernement central en 2017 pour mettre fin à une précédente série de protestations – ne s’étaient pas matérialisés. L’arrêt a coûté à l’État 260 millions de livres sterling en perte de revenus et n’a pris fin que par de nouvelles promesses d’emplois et d’investissements. Cela a à son tour déclenché des protestations ailleurs, les chômeurs d’autres régions tentant d’imiter le modèle d’El-Kamour, qui consiste à paralyser l’activité économique locale pour arracher des offres d’investissement au gouvernement.

Fin 2020, une grève sauvage dans une usine de remplissage de bouteilles de gaz domestique a provoqué des pénuries généralisées de gaz de cuisinet de chauffage pendant l’hiver, entraînant de grandes files d’attente, un marché noir florissant et des pertes économiques importantes. Depuis la mi-janvier 2021, un certain nombre d’émeutes violentes ont eu lieu dans des villes du pays, notamment Tunis, Sousse et Bizerte, entraînant des pillages et des actes de vandalisme. D’autres manifestations provoquant des perturbations localisées sont probables et pourraient se produire dans d’autres régions avec peu ou pas d’avertissement.

L’industrie des phosphates a été la plus touchée par les manifestants en quête d’emplois depuis la révolution. La production a été divisée par deux en 2012 et les niveaux de production d’avant la révolution n’ont jamais été retrouvés jusqu’à présent, privant le gouvernement d’une source majeure de revenus. L’industrie pétrolière et gazière continue également d’être affectée par les manifestants qui bloquent les sites de production.

Corruption et menace terroriste

La Tunisie s’est classée au 69ème  sur 180 pays en 2020 dans l’indice de perception de la corruption, avec un score en hausse (c’est-à-dire moins corrompu) de trois points depuis 2012.

Malgré les efforts déployés après la révolution pour s’attaquer aux affaires de corruption sous le régime de Ben Ali, aucune affaire n’a été poursuivie avec succès devant les tribunaux.

La menace terroriste et les attaques continues contre les forces de sécurité tunisiennes restent un risque majeur pour la stabilité de la Tunisie. L’instabilité dans la Libye voisine place la Tunisie en première ligne dans la lutte contre Daesh et d’autres influences extrémistes violentes. L’extrémisme national est également une réelle préoccupation. Toutefois, depuis les attaques terroristes du Bardo et de Sousse en 2015, qui ont eu un impact majeur sur l’économie touristique, le gouvernement tunisien a fait preuve d’engagement et a progressé dans l’amélioration de ses capacités de sécurité.

Il est encore très probable que les terroristes tentent de mener d’autres attaques en Tunisie, y compris contre des intérêts britanniques et occidentaux. Les attaques pourraient être aveugles, y compris dans des lieux visités par des étrangers, souligne le Foreign Office  demandant à ses ressortissants d’être vigilants  en ce qui concerne leur sécurité personnelle pendant leur séjour en Tunisie.

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