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samedi 11 juillet 2020
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L’Etat tunisien lâche Tunisair ! Les graves déclarations d’Anouar Maarouf !

« Le gouvernement tunisien n’accordera aucun soutien financier à la compagnie. Le gouvernement ne peut pas risquer d’apporter un soutien financier à une compagnie dans une situation difficile qui pourrait à l’avenir ne pas être en mesure de la récupérer. Nous lui avons demandé de s’appuyer sur ses propres capacités et d’exploiter les vols en s’appuyant sur ses propres ressources ». C’est le ministre du Transport, ministre d’Etat représentant de l’Etat tunisien qui en est l’actionnaire majoritaire à presque 75 %, qui l’affirme sur les colonnes d’El Arabi Al Jadid.

Anouar Maarouf lâche une bombe !

L’Etat tunisien lâche ainsi sa propre compagnie aérienne. Un signal hautement négatif que les banques de la place ne manqueront pas de recueillir, et de lui fermer désormais toutes les portes d’un éventuel financement ou de crédit. On ne sait pas encore si le ministre d’Etat a pris la mesure de sa propre déclaration à propos d’une entreprise publique, dont la solvabilité est en étroite relation avec le soutien de son principal actionnaire. Mais, aussi, de l’impact de ses mots sur les principaux fournisseurs de Tunisair, notamment en matière de pièces détachées, de carburants et même de salaires !

Qui fera désormais confiance, et fera affaire avec une entreprise, ainsi lâchée par son actionnaire de référence en pleine crise financière et économique ? Certainement pas les banques, contre lesquelles les autorités financières pourraient se retourner, pour vouloir encore donner de l’argent à une entreprise publique qui n’a plus la garantie de son actionnaire majoritaire ? Certainement pas, non plus, la SNDP, son unique fournisseur en carburants.
Dès le lendemain, en effet, ce fournisseur pourrait (pour ne pas dire devrait, au risque un jour de se voir accuser de prise de risque inconsidérée au vu des déclarations de l’actionnaire de référence) refuser de lui fournir le kérosène, sous condition d’un paiement cash et avant décollage. Ceci pourrait même être le cas de tous les prestataires de services dans les aéroports, vers lesquels le même ministre voudrait diriger les avions de Tunisair pour rapatrier les TRE (Tunisiens Résidant à l’Etranger). Qui du personnel navigant, et personnel de cabine, voudra reprendre le travail dans une compagnie publique, dont le propriétaire se désintéresse et déclare, sur la presse internationale, qu’il n’est plus prêt à y mettre un sou ? On se le demande !

Anouar Maarouf se rend-il compte qu’il met aussi désormais en danger la sécurité même des passagers d’une compagnie, déjà déficitaire de plus de 185 MDT pour le seul exercice 2017, dont les seules charges d’exploitation dépassent cette année-là les 1,5 Milliard DT, et que le propriétaire n’est plus prêt à la soutenir financièrement ? On se le demande aussi !

La solution à deux sous de l’ouverture du capital

« Tunisair est en mesure de rétablir ses activités grâce à un nouveau plan d’affaires qui repose sur les lignes les plus rentables, et peut-être d’annuler des lignes non rentables en plus de s’appuyer sur sa flotte actuelle et d’annuler ou de reporter l’achat de 5 nouveaux avions qui ont été programmés, et de récupérer l’argent qui a été payé en tant que montants fournis dans le cadre de cet accord pour améliorer les équilibres financiers de l’entreprise », déclarait encore le ministre d’un Etat qui se lavait en même temps les mains de sa propre compagnie. On ne sait pas, non plus, s’il se rend ainsi compte du ridicule du plan de rapatriement qu’il publie, plutôt ordonne à la même compagnie. Un programme, en totale contradiction avec ses propres paroles, puisque tous ces vols seront commercialement déficitaires pour une compagnie à laquelle on demande d‘annuler les lignes non rentables !
Le ministre de l’Etat, qui ne veut plus rien donner à Tunisair, a aussi évoqué, dans la même interview, la possibilité d’étudier une éventuelle ouverture du capital de la compagnie. Une option, qui obligera l’Etat vendeur à brader ses actions, qui valent désormais moins de 1 DT sur la bourse de Tunis. La compagnie est plus que déficitaire, et depuis de longues années. Qui rachèterait une telle compagnie, si ce n’est à prix « d’amis » ?

2 Commentaires

  1. Les entreprises publiques représentent un gouffre financier pour l’état s’il ne peut pas les assainir pour une bonne gestion il faut les céder et ne consolider que les entreprises rentables

  2. C’est un ballon d’essai, mais le ministre a raison, Tunisair est un boulet pour l’Etat tunisien et pour tous les tunisien hormis quelques privilégiés. On ne peut pas continuer a se voiler la face éternellement, aux grands maux, grands remèdes, l’entreprise doit évoluer ou disparaître, c’est la loi du marché. Continuer à la soutenir en y injectant de l’argent public encore et toujours est une insulte aux millions de contribuables tunisiens qui survivent tant bien que mal en ces temps troublés, céder une partie du capital (même à un prix dérisoire) permet de limiter la casse (pas sociale j’en conviens) mais financière, c’est la solution ultime mais indispensable.

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