AccueilLa UNEL’été meurtrier dans une grande ville à l’abandon !

L’été meurtrier dans une grande ville à l’abandon !

AM*
    
Nabeul, la ville estivale par excellence, avec les bus des voyagistes qui encombrent les trottoirs de la ville alors que de grandes surfaces abandonnées ne sont même pas utilisées en parkings temporaires, et avec des annonces de « villas et studios à louer » griffonnés sur tous les murs, relancent la manne d’argent saisonnière pour les Nabeuliens avec des milliers DT pour louer une semaine. Et une ville, au contraire, qui devient ville-dortoir l’hiver.

–    Une ville, où tout est permis sur les routes et sur la voie ferrée

Une ville, dont les deux routes au venant de Hammamet deviendraient presque des parcours de voitures de courses et de rodéos de grosses motos, à cambrer en vrombissant sans retenue, malgré le poste de la Garde Nationale à la sortie et dont on ne voit les agents qu’à l’intérieur du poste, et l’ancien carrefour policier présidentiel de l’ancienne résidence de ZABA, dont n’existe plus qu’un District fermé le week-end.

Et c’est alors des courses automobiles à bride abattue sur une route où les habitations font florès  des deux côtés. Et des courses de grosses motos débridées sur la route touristique, pourtant devenue un parcours de santé couru à pieds par presque tout Nabeul.
Sur C’est pourtant sur cette route touristique que sont peintes les fresques de deux jeunes motocyclistes accidentés de la ville. Le mémorial est toujours là, mais la mémoire de l’accident a manifestement disparu.
Une route touristique, parcourue par la voie ferrée du train fantôme de Nabeul. Une voie laissée à l’abandon par la SNCFT, propriétaire légal du site, avec des herbes folles à profusion, les grosses touffes de chardons secs comme des brindilles, des débris de palmiers et les poubelles qui jonchent les trottoirs, et qui risquent à tout moment de s’embraser sous un  soleil de plomb, ou à cause d’un mégot négligemment jeté par un automobiliste.

Un site, qui aurait dû être pris en charge par la SNCFT, dans le cadre de la protection de l’environnement, à en faire une aire au moins gazonnée, pour ne pas être fleurie. Mais ce serait trop demander à une SNCFT dont les croisements tombent trop fréquemment en panne, restant fermés des heures par des barrières cassées, ou au contraire dans d’autres endroits, ouverts alors que le train siffle trois fois. Des pannes qui font des morts, et les deux derniers ne datent pas plus tard que du mois de mai dernier.

–    L’histoire de toute une ville, sous une boutique de fripe !

L’ancienne Néapolis, dont les sites archéologiques sont, soit fermés au grand public, soit envahis par l’urbanisme, jusqu’à voir une boutique de fripe bâtie par-dessus les restes d’un site archéologique. « Heureusement » que le propriétaire de la fripe a pris soin de sauvegarder les vestiges de l’ancien Nabeul par des poutres et une grande vitre en dessous.
Nabeul la ville des objets d’art en céramique, dont il ne reste plus rien que de la « vulgaire » poterie qui n’attire plus, ni les touristes, ni les locaux. Nabeul théoriquement capital de l’agrume, et ville du gros et laid récipient en carreaux de céramique, où pendent  quelques malheureuses oranges, qui traduisent mal le rôle de ce gouvernorat dans la production nationale (+ou- 75 %), et dans l’exportation (+ou-90 %).

–    De « Dar Laffitte » à l’Artisanat et l’immeuble de l’Etat, tout tombe en ruine dans l’indifférence générale

Nabeul a connu ses premières inondations historiques en 2018 (Des historiens remontent à l’antiquité), causées par des pluies torrentielles qui ont entraîné des dégâts importants et touché de nombreuses familles. Il suffirait pourtant, jusqu’à présent, de quelques orages pour que ses principales rues se remplissent de grosses flaques d’eau, comme si les différents gouverneurs (Ils ont la plus grande résidence de la région, avec un dangereux gros dos d’âne non convenablement signalé et alors que presque personne n’y rentre, ni n’en sort) qui se sont succédé, n’ont rien retenu et n’ont rien fait. Et ce ne sont pas les pluies, qui menacent différents bâtiments, parfois de prestige comme « Dar Lafite » comme on l’appelle à Nabeul, ou cet autre bâtiment public devant « Dar El Gaïed » qui avait un temps hébergé la DR des finances, une unité spécialisée de la police et autres, qui tombent en ruine, sans que personne ne pense à s’en occuper ou à les occuper. C’est aussi le cas d’au moins deux illustres grands hôtels de la ville, pas loin du gouvernorat, et surtout le siège de l’office régional l’artisanat dans un piteux état. Manifestement, la municipalité et le gouvernorat de Nabeul n’ont pas encore entendu les ordres du chef de tout l’Etat, pour se mobiliser contre le fléau des ruines !

–    Villas de luxe, et chemins de poussière et de boue

Une indifférence au danger du train qui divise pratiquement la ville en deux et la parcourt de long en large et qui fait plus de bruit qu’il ne transporte de passagers comme une trainée de poudre susceptible de causer, de nouveau, un été meurtrier.
Mais la ville est aussi, architecturalement, divisée en deux. Nabeul ville (à la municipalité de laquelle on ne peut plus célébrer de mariage faute de Maire), et tous les quartiers périphériques qui longent la fameuse route des rodéos (grosses voitures et grosses motos) menant à Hammamet. Des quartiers huppés, avec des villas en Millions de Dinars des deux côtés, et des voies de circulation où le goudron n’existe pas, comme si avoir une route goudronnée était le privilège des premiers Nabeuliens, et comme si la municipalité ne recevait pas de taxe hôtelière, et n’a pas d’argent à la caisse.

–    Il y a bien une municipalité, mais pas pour tous

On a pourtant vu un jour, des engins municipaux, venir draguer trois jours de suite, un égout qui ne tenait pas compte de l’existence de la    villa d’un imminent docteur de la ville. Mais juste l’égout, pas combler les énormes nids d’éléphants qui « embellissent » la voie qui y mène.
On a aussi vu d’autres engins municipaux, venir désherber un coin de rue, certainement pour servir de parking à quelques secondes résidences de luxe tout près. Le même jour, on trouvera sur les réseaux sociaux la vidéo louant les efforts de la municipalité pour ses habitants.
La plage, sale, de plastique, de bouteilles, de couches pour enfant, et de papier hygiénique et de canettes de tous genres au bord tranchant, n’était pourtant qu’à deux pas plus loin, et les engins avait d’autres chats à fouetter que de passer au crible cette belle plage de Nabeul parsemée de cabanes commerciales privées, où le dernier venu est une station nautique qui a vite fait de baliser la plage publique pour s’en approprier une partie de la mer !  

En ce début d’été, on ne peut s’arrêter d’énumérer les défaillances des services d’hygiène municipaux, d’une ville où les hordes de moustiques envahissent les maisons, collés à la verdure qui resterait presque la seule spécificité de Nabeul. Des services municipaux qui s’illustrent jusque-là par leur absence, comme par ailleurs ceux de la sécurité, des infrastructures routières, de l’environnement comme pour les plages sales, où la municipalité de Nabeul se limite à empocher les frais d’installation des cabanes, sans en utiliser l’argent pour passer au moins une fois par semaine la cribleuse.

*Papier et photos en contribution gratuite d’un Nabeulien qui a requis l’anonymat   

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