AccueilLa UNEL'étrange rubrique de l'équilibre budgétaire de 2021 !

L’étrange rubrique de l’équilibre budgétaire de 2021 !

Les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat à la fin de l’année 2021 font apparaître, par rapport aux données de la loi de finances rectificative 2021, un écart négatif au niveau des ressources propres (fiscales et non fiscales) d’un montant de 901 MDT et un écart positif au niveau des charges budgétaires de 999 MDT.

Le déficit budgétaire étant ramené de 10.417 MDT à 9.789 MDT, il représente 8,3% du PIB selon les données de la loi de finances rectificative et 7,5% du PIB d’après les résultats provisoires de l’exécution du budget.

La baisse du taux du déficit budgétaire de 0,8 % résulte principalement de la révision vers la hausse du taux de croissance, qui est passé de 2,6 % à 3,1% soit un PIB de 125.506 MDT contre 130.517 MDT (selon les résultats provisoires de l’exécution du budget).

Ces résultats sont en parfaite concordance avec les prévisions budgétaires arrêtées dans la loi de de finances rectificative et ce, en ce qui concerne les ressources propres et les dépenses budgétaires. Là où le bât blesse, c’est au niveau de la mobilisation des ressources d’emprunt. L’Etat n’a en effet pu mobiliser qu’à peine 70 % de ce qui a été prévu (14.128 MDT sur 20.270 MDT), et ceci dénote des embarras rencontrés pour trouver les financements nécessaires, et constitue un signe précurseur de sérieuses difficultés et menaces  pour les finances publiques.

Loin de constituer la seule observation relevée à travers l’examen des résultats provisoire de l’exécution du budget 2021, force est de remarquer que cet important écart entre les ressources prévisionnelles et celles effectivement mobilisées a été constaté dans le tableau de l’équilibre budgétaire de manière suscitant au moins l’ahurissement et les questionnements.

Cet écart, ajusté par d’autres montants pour atteindre 7.179 MDT a été, tout simplement, constaté sous la rubriques « Autres ressources de trésorerie », donnant libre cours à l’imagination des analystes et autres utilisateurs des chiffres du ministère tunisien des Finances, pour attribuer le qualificatif adéquat à ce montant énigmatique, jugé  « monstrueux » par certains professionnels des finances, puisqu’il ne représente pas moins de 13 % du budget de l’Etat.

S’agit-il d’une simple opération de cadrage pour atteindre l’équilibre du budget ? Ceci serait alors réellement inimaginable. S’agit-il d’un simple compte d’attente ? Serait-ce plutôt une avance consentie par le Trésor ? Il peut s’agir également de règlements effectués, qui n’ont pas été suivis de décaissements, donc assimilés à des chèques en circulation (tout en espérant qu’ils ne retournent pas impayés), et qui plus est seraient presque comparables à des chèques, sans provision puisque le budget connaît de sérieux problèmes de trésorerie !

Selon un professionnel tunisien des finances, pour se conformer aux principes de sincérité et de transparence prévues par l’article 8 de la loi organique du budget, l’auteur de ce document aurait dû prévoir une note explicative de cette rubrique « Autres ressources de trésorerie » afin de préciser la nature, l’origine et le détail de ces autres ressources et les modalités de leur apurement.

Il n’est jamais trop tard, l’auteur de ce document a toujours et encore la possibilité d’actualiser ledit document en y insérant la note explicative demandée.

En attendant, le budget 2021 s’était terminé avec plus de 33,5 Mds DT en recettes, dont 30,4 Mds en recettes fiscales, et un peu plus de 43,241 Mds DT en dépenses, donc un budget en dépassement de quelque 10 Mds par rapport à ses recettes propres. Les dépenses salariales ont ainsi augmenté de 5,1 %, ceux des interventions comme la compensation en hausse de 12,1 %.

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