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mardi 29 septembre 2020
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L’Italie reprend ses « charters de migrants » vers la Tunisie !

C’est aujourd’hui 10 juillet que le gouvernement italien reprend les vols de rapatriement des migrants tunisiens dans leur pays, et ce à raison de deux vols de 40 personnes par semaine. Ces rapatriements s’étaient arrêtés pendant le confinement dû à la pandémie du coronavirus. L’Italie invoque « une augmentation significative de l’arrivée de migrants en provenance d’Afrique du Nord ces dernières semaines, mettant à rude épreuve ses structures d’accueil avec des dizaines de débarquements chaque jour sur l’île de Lampedusa ».
Déjà, dès le 16 juillet, cinq vols ont servi à rapatrier un total de 95 Tunisiens. Le gouvernement tunisien a demandé que pas plus de 20 ressortissants tunisiens soient rapatriés sur chaque vol. A partir du 10 août, les termes initiaux de l’accord tuniso-italien régissant ces rapatriements seront à nouveau mis en œuvre.

L’UE entend renforcer son partenariat avec la Tunisie !

En tant que l’une des priorités clés du nouveau pacte sur la migration et l’asile, la commissaire européenne Ylva Johansson entend renforcer les efforts avec tous les partenaires qui ont participé à une conférence contre le trafic de migrants le 13 juillet dernier, à savoir la Tunisie, l’Algérie, la Libye, la Mauritanie et le Maroc. Après l’été, la commissaire rencontrera les gouvernements ou les ministres de ces pays afin de parvenir à un « partenariat renforcé « en matière de gestion des migrations.

La Commission européenne a également déclaré que la liste de l’UE de pays tiers sûrs pour le rapatriement des migrants, demandée lundi par le ministre des affaires étrangères Luigi Di Maio, est une option qui « sera certainement évaluée » dans le cadre du nouveau pacte sur l’asile.
IL est clair que l’Italie et derrière elle l’Union Européenne sont en train d’accentuer leur pression sur la Tunisie, qui, pour desserrer l’étau, a annoncé qu’elle a mis à disposition des unités navales, des dispositifs de surveillance et des équipes de recherche aux points de passage en Méditerranée pour contrer les départs de migrants clandestins. D’ailleurs, le gouvernement italien a déclaré que cette mesure était le résultat de pressions exercées par son ministre des affaires étrangères Luigi Di Maio.
Cette décision semble déjà porter ses fruits, a, au demeurant, noté ce dernier. « Plusieurs bateaux partis pour l’Italie ont été arrêtés près des côtes tunisiennes », a écrit Di Maio dans un post sur Facebook, ajoutant qu' »il s’agit d’une première réponse à un phénomène complexe et à un défi qui doit évoluer dans toute l’Europe ». C’est pourquoi nous avons également demandé l’aide de l’UE, car les côtes italiennes sont aussi des côtes européennes ».

Le gouvernement tunisien peu en reste

Avant cette dernière augmentation des moyens de lutte contre l’émigration irrégulière, le 2 août dernier, le chef du gouvernement désigné et ministre de l’intérieur, Hichem Mechichi, a annoncé que des moyens supplémentaires seraient mis à disposition par les garde-côtes de la région de Sfax, avec la livraison de nouveaux équipements.
Lors de l’annonce du 6 août, le gouvernement tunisien a souligné que « les unités navales douanières, positionnées sur toute la zone côtière, comprennent des patrouilleurs dotés de dispositifs de surveillance, de localisation et de communication permettant d’intervenir efficacement en mer, de contrôler les bateaux de commerce, de tourisme et de pêche qui circulent dans la zone et de lutter contre les formes de criminalité organisée ». Ils assurent également une intervention maritime en pleine coordination avec la marine et les garde-côtes ».
Par ailleurs, le communiqué note que « la direction générale des douanes œuvre d’arrache-pied contre le franchissement illégal des frontières, à commencer par les ports, grâce à des dispositifs de surveillance qui ont permis de retenir 404 personnes à l’intérieur de conteneurs et de remorqueurs ».

Querelle italo-italienne

Le parti gouvernemental Five-Star Movement (M5S) a affirmé que le changement de politique en Tunisie était dû à Di Maio. Le progrès a été rendu possible « grâce au grand travail de pression diplomatique mené par Di Maio », ont déclaré les sénateurs du M5S à la commission des affaires étrangères, ajoutant qu’il s’agit d’une « avancée significative des autorités tunisiennes vers un contrôle sérieux des flux migratoires illégaux ».
Cités par « Infomigrants », les sénateurs ont ajouté que le parti estime que « le dialogue et la coopération pour le renforcement des institutions locales et de l’économie sont la seule façon de contrer la migration à la racine » et non pas seulement de la traiter lorsqu’elle devient une urgence.

Le leader du parti d’opposition d’extrême droite La Ligue, Matteo Salvini, a au contraire accusé le gouvernement italien d’être complice de trafiquants. « Il s’est engagé envers l’Europe à transformer l’Italie en un camp de réfugiés, sinon il n’y a pas d’explication », a-t-il déclaré, précisant qu’il y a seulement un an « avec le ministre Salvini , il y a eu un millier de débarquements de migrants sur les côtes italiennes ».
Cette année, ajoute-t-il sur le ton de la dérision, le parti a souligné qu' »avec le bon gouvernement, généreux, accueillant, aux couleurs de l’arc-en-ciel, nous sommes passés de 1 000 à 7 000 par mois ».

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