Déjà sur la sellette avec l’affaire des 17,9 MDT de dettes auprès de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), l’organisation syndicale tunisienne, unique défenseur officiel des droits des travailleurs, fait depuis quelques jours un Buzz très négatif sur les réseaux sociaux.

En cause, le faste ostentatoire du mariage du fils du syndicaliste Bouali Mbarki, auquel auraient été invités 3.500 personnes selon le «Weding Planner» avant qu’on lui interdise d’en publier les détails et d’effacer toutes les photos, ses salons en plein-air, ses danseuses filmées avec force matériel et avec projection sur grand écran. On ne parlera pas du nombre de moutons égorgés pour caresser le palais des 3.500 invités, dont le président d’El Badil Mehdi Jomaa. Une cérémonie, presque des mille et une nuits au pays des «Zouaoula», la région de Sidi Bouzid dont les habitants crèveraient théoriquement la dalle.

Ses sympathisants sur les réseaux sociaux, précisent que ceux qui ne sont pas de la région ne connaissent pas la générosité tribale de la région. Ils s’emploient à accréditer l’idée que les ovins sacrifiés seraient des dons de sa famille élargie et les dépenses aussi. On pourrait nous-mêmes dire que les danseuses seraient venues gratos. Mais la sécurisation de la cérémonie, que Bouali Mbarki lui-même mettait en exergue pour remercier les forces de sécurité, a un prix. Les dons auraient été faits à un Bouali qui ne serait pas SGA de l’UGTT ? Ces dons aussi n’ont-ils pas un prix ? Et s’il n’est pas cash, il pourrait être d’une autre nature, pourraient le penser, à tort certainement, le Tunisien moyen et le syndicaliste de base qui a vu les multiples photos de ce mariage princier, le SG adjoint de l’UGTT étant connu pour sa probité, ainsi que tous les responsables de l’Organisation ouvrière.

Avec l’étalage de faste, voulu ou involontaire, dont elle a fait l’objet, la cérémonie de mariage du fils d’un SG adjoint de l’organisation syndicale qui avait maintes fois décrié le clinquant de certains patrons, était jugée indécente, surtout dans cette conjoncture économique particulière que traverse la Tunisie et que décrie aussi l’UGTT de Mbarki et ses camarades. On croirait presque que Maher Zid de l’organisation nationale de lutte contre la corruption n’aurait peut-être pas tort lorsqu’il portait plainte, en mars 201, contre Bouali et son fils l’agriculteur Wajdi.

  • Quelqu’un pour enquêter, démentir ou confirmer à la CNSS ?

Par erreur médiatique, le mariage de son fils et le faste qui l’a entouré, écornera, c’est sûr, l’image de l’organisation syndicale, réputée organisation de gauche et représentative des couches sociales démunies, qui ne disposent pas d’autant de moyens et n’étalent pas leurs richesses, et ajoutera certainement un nouveau reproche à une UGTT, déjà sur la sellette dans le dossier de ses impayés en cotisations sociales à la CNSS. Son pourfendeur, le député Imed Daïmi, vient d’apporter de l’eau au moulin de sa plainte déposée contre l’UGTT. Il s’agit de la copie d’une partie du rapport d’une société de commissariat aux comptes, détaillant les dettes de l’UGTT auprès de la CNSS.

Selon ce document, que nous publions avec toutes les réserves d’usage, les dettes de l’UGTT au mois de décembre 2016 seraient de 17,9234 MDT, dont 15,4485 MDT au titre de l’année 2010 et les années antérieures. Théoriquement et à moins que l’UGTT se soit rattrapée, ces chiffres devraient augmenter.

Au 3 juillet 2019, la CNSS n’a publié aucun communiqué sur sa page officielle des réseaux sociaux, pour démentir cette affaire et affirmer que l’UGTT paie les cotisations sociales de ses employés en temps et en heure. Il n’y a, jusqu’ici, que le chargé de communication de l’UGTT pour démentir une affaire qui, si elle s’avérait réelle et juste, porterait aussi un mauvais coup à l’image d’une organisation, avocate des intérêts des ouvriers et très inquiète de la situation financière de la CNSS !

Khaled Boumiza

1 COMMENTAIRE

  1. L’auteur caresse dans le sens du poil. Pourtant, il est réputé (pas pour moi) être agressif, mais seulement contre une partie contre laquelle il a une dent. Il n’ose pas attaquer de front l’UGTT. Ppourtant, il a comme pièce maîtresse une copie du rapport d’un professionnel indépendant qui détaille les impayés de l’UGTT à la CNSS, organisme social que la centrale syndicale prétend défendre corps et âme. Zayed. Errjoulia tahdhar we tghib.

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