AccueilLa UNEMechichi aurait-il fait appel à l’aide extérieure, pour amadouer le FMI?

Mechichi aurait-il fait appel à l’aide extérieure, pour amadouer le FMI?

C’était en mars 2021. Dans une déclaration accordée à Reuters, le super-ministre de toute l’économie de la Tunisie affirmait qu’une délégation tunisienne devrait entamer des discussions  avec le Fonds monétaire international à la mi-avril 2021. Faisant suivi de la déclaration, qui ressemblait à s’y méprendre à celle du chef du gouvernement qui affirmait en février que la loi de finances complémentaire sera faite en mars 2021, l’agence de presse en question a, cependant, posé la question au FMI.

  • Il n’a pas encore demandé, ni préparé le MFEP
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« La Tunisie n’a pas encore sollicité le Fonds Monétaire International (FMI) en vue de l’obtention d’un nouveau crédit ». C’est ce qu’a indiqué un haut responsable au sein de l’institution financière  internationale qui s’est exprimé dans une déclaration à  Reuters, dimanche 11 avril 2021. Et pourtant. Il y a une semaine, le 7 avril sur la radio publique RTCI, le super-ministre des Finances et d’autres choses affirmait, de sa voix fluette et qui prenait son temps, que la Tunisie pourrait sortir sur le marché international pour lever des fonds afin de boucler le budget de l’Etat. « Mais je suis optimiste et confiant. Nous pourrons conclure un accord avec le FMI. Nos interlocuteurs ont face à eux un gouvernement qui ne se dérobe pas à ses responsabilités et est prêt à engager les réformes nécessaires ».

Or, si la sollicitation de l’aide du FMI peut se faire sur simple lettre à envoyer par le chef du gouvernement à la directrice du FMI, les véritables discussions des conditions et du montant de cette nouvelle aide, dans le cadre d’une nouvelle convention à signer, ne pourront pas se faire sans le traditionnel MPEF, ou le document comportant les engagements à donner par la Tunisie à son bailleur de fonds. Des engagements, sous forme de réformes urgentes à faire. Ces engagements, ont presque été détaillés dans le document du conseil d’administration du FMI sur l’achèvement des consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie.

Selon nos informations, ce document serait en voie de finalisation, sous l’œil vigilant des séminaristes de « Dar El Ward » et de « Dar El Hikma », sièges des commissions d’étude des réformes qui avaient fait l’objet d’accords entre le gouvernement Mechichi, l’UGTT et l’UTICA.

En attendant, Mechichi a réuni, ce mardi 20 avril 2021, les ministres des Affaires étrangères et des Finances, pour « coordonner les efforts, avant les négociations avec le FMI ». Mechichi n’ira pas lui-même à Washington, mais enverra le super-ministre et le gouverneur de la BCT.

  • Mechichi aurait fait appel à l’aide. Info ou Intox ?

En attendant, et aussi en espérant que le chef de gouvernement tunisien réussira à trouver un terrain d’entente avec le tout-puissant syndicat ouvrier sur la maîtrise de la masse salariale, sur la trêve sociale, et sur le sort des entreprises publiques notamment, Hichem Mechichi aurait décidé d’écouter d’autres conseils que celui de son super-ministre de l’Economie.

Le magazine en ligne français « Africa Intelligence » dans son édition du 20 avril 2021, rapporte à ce sujet que le chef du gouvernement tunisien aurait fait appel à l’ancien directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn,  et aurait même déjà « engagé des pourparlers (…) pour l’aider à négocier la relance des programmes d’appui de l’institution internationale » à la Tunisie. La même source rapporte que le cabinet « Southbride dirigé par l’ancien président de la BAD,  Donald Kaberuka, a déjà accepté d’accompagner gratuitement (pro bono) la réflexion du gouvernement sur un éventuel appel aux marchés financiers ».

Officieusement, des sources proches de la Kasbah ont démenti de telles démarches de la part du chef du gouvernement. Un démenti, somme toute, attendu pour un chef de gouvernement qui ne prendrait pas le risque d’une telle dépense dans la conjoncture actuelle de son gouvernement et face à un chef d’Etat qui ne manquera pas de tirer à boulets rouges sur son ennemi politique.

Et si « l’information » du magazine français en ligne pourrait se tenir pour Kaberuka, chose que notre source dément aussi, celle de DSK nous semble être cousue de fil blanc. D’abord, parce qu’on n’appellerait pas à l’aide un ancien DG qui avait quitté le FMI dans les conditions scabreuses que connaît tout le monde. Ensuite, car le bilan du fameux « Tunisia 2020 », où DSK était aussi partie contractante pour l’aide à la bonne organisation de cet important évènement, initié sous le gouvernement Essid et tenu sous celui de Chahed, a été peu reluisant.

  • Mechichi passera-t-il le cap de Washington ?

Ce qui est plus sûr, c’est que le gouvernement Mechichi aura beaucoup de mal à convaincre à Washington. Persuader le FMI de donner nouveau crédit de plusieurs milliards DT à une économie zombie et déjà plus qu’étranglée de dettes. Cette impression, qui pourrait par ailleurs ne pas se vérifier si le FMI se résolvait encore à tenir compte de la difficile crise sociale et économique de la Tunisie, reste confortée par quelques données de taille.

D’abord, le montant de la masse salariale, fortement décrié par le FMI, et à plusieurs reprises augmentée par les accords signés par Hichem Mechichi avec l’omnipotent syndicat UGTT. Ensuite, les réformes demandées par les bailleurs de fonds, et toujours pas sérieusement engagées par le gouvernement Mechichi. Mais aussi, et ce n’est pas le moindre des arguments, l’instabilité politique et de gouvernance, où baigne l’actuel gouvernement qui va à la négociation. Le tout, dans une atmosphère de crise, institutionnelle et constitutionnelle aiguë.

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