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De la poudre de Perlimpinpin, ou une démarche qui arrive trop tard ?

C’est seulement à quelques  jours des « Réunions du printemps » qui réunissent comme chaque année la Banque Mondiale et le FMI, les deux bailleurs de fonds de la Tunisie, que le chef du gouvernement a juste commencé les discussions pour les réformes demandées, en gage de bonne volonté par ces bailleurs au gouvernement tunisien qui compte mobiliser 13,7 Milliards DT en dette extérieure.

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Discussions, c’est trop dire. Disons donc juste des échanges de vue avec les deux principaux partenaires sociaux, pour ne pas dire principalement avec l’UGTT, omnipotent syndicat ouvrier qui tient la vie de tout gouvernement entre ses mains. Les patrons, pensons-nous, ne seront que de simples observateurs pour des enjeux où le non ne peut venir que des syndicats. Patronat et bailleurs de fonds étrangers ont toujours été sur la même ligne, notamment pour ce qui concerne la nécessité d’un pacte de paix sociale et la maîtrise de la masse salariale, la relance de l’économie par le secteur privé, ou au moins par un PPP.

Ce type de « discussion », désormais mené par le chef du gouvernement tunisien, a tout de suite enfanté un accord sur un grand nombre de commissions qui auront la charge des négociations sur les réformes à mener. Une démarche qui appelle deux remarques. D’abord, ce rappel d’une citation d’un ancien président du Conseil français, Georges Clemenceau, qui disait que « quand on veut enterrer une décision, on crée une commission ». Faisant ainsi, Hichem Mechichi et son gouvernement  espèrent certainement donner un signal aux réunions de printemps de la BM et du FMI. Mais faisant ainsi aussi, le chef du gouvernement tunisien qui connaît très bien ce que lui demandent ses bailleurs de fonds, évite de prendre le taureau des réformes par les cornes. Deuxième remarque donc, le gouvernement Mechichi sait très bien ce qu’il devrait faire, mais voudrait pouvoir le faire sans y perdre des plumes politiques. 

Et c’est dans un local syndical maghrébin que l’UGTT essaie vainement de s’approprier, à « Dar El Ouard », nom qui se traduit par « maison des roses » (ancien QG de la toute première campagne électorale de l’ancien président tunisien, Feu Zine El Abidine Ben Ali), que se tenait le 5 avril ledit « Forum des entreprises publiques, pour la réforme économique ». Ce n’était donc pas le gouvernement, seul responsable de la conduite de la politique économique et unique actionnaire des entreprises publiques, qui organisait, mais l’omniprésente centrale syndicale. Une centrale syndicale unique, appuyée par ses propres économistes, en face de quelques autres experts, loin d’être tous convaincus de la feuille de route du FMI en matière de réformes, et qui auront certainement beaucoup de peine à convaincre le tout-puissant syndicat à trancher dans le vif, notamment en ce qui concerne le gouffre financier des entreprises publiques.

L’autre volet des discussions par une multitude de commissions interposées, a été fait le 7 avril 2021 en extra-muros pour les concernés, à « Beit El Hikma » ou « Maison de la sagesse ». Les lieux signifieraient-ils quelque chose ?

Si oui, ce seraient les précautions dont on entourerait Tabboubi le terrible pour essayer de l’amadouer, et les patrons d’entreprises auxquels on demandera de faire preuve de sagesse pour que Mechichi parvienne à ses buts, à savoir donner à ses bailleurs de fonds l’image d’une entente générale sur le programme de réforme qu’il pourrait leur présenter dans le document des engagements, notamment pour le FMI.   

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