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Arabie Saoudite

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Sous une pression internationale folle, l’Arabie saoudite a fini par plier et lancer des enquêtes pour faire la lumière sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi, qui collaborait avec le journal américain Washington Post et qui était connu pour ses piques contre le régime saoudien. Le procureur général du royaume a rendu sa copie ce jeudi 15 novembre 2018 : le prince héritier Mohammed Ben Salmane a été entièrement blanchi, alors que tous les regards étaient braqués sur lui après ce crime d’Etat commis le mois dernier au consulat de son pays à Istanbul, en Turquie, ce qui avait déclenché l’ire de Recep Tayyip Erdogan.

D’après le procureur général adjoint et porte-parole, Shaalan al-Shaalan, qui a pris la parole dans une conférence de presse, Ben Salmane ne sait rien de l’affaire Khashoggi et n’est en rien mêlé à cet assassinat sauvage, rapporte Le Parisien. Al-Shaalan a fait porter le chapeau au chef adjoint des services saoudiens, le général Ahmed al-Assiri, qui aurait demandé qu’on lui ramène coûte que coûte le journaliste. Mais le responsable de l’équipe de «négociateurs» envoyés en Turquie aurait décidé de son propre chef d’exécuter Khashoggi, a affirmé le procureur général adjoint.
Il a indiqué que la victime avait été droguée et démembrée dans les locaux mêmes de la mission diplomatique après sa mort, le 2 octobre, et sa dépouillé a été confiée à un agent posté à l’extérieur du consulat.

Pour faire bonne figure, 11 suspects sur un total de 21 ont été formellement inculpés et seront traduits devant la justice. 5 d’entre eux risquent la peine de mort… Et rien pour le futur souverain saoudien, ce qui n’est pas étonnant avec une justice complètement aux ordres. «Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir» a écrit le poète français Jean de La Fontaine en 1678. L’histoire ne l’a jamais démenti depuis…

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Le Président de la Commission des droits de l’homme du Royaume d’Arabie saoudite a décliné lundi sa feuille de route et rappelé ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.

« La vision 2030 saoudienne qui comprend des plans et des programmes qui ont pour but de transformer le royaume en un modèle à tous les niveaux, comprend le droit à la vie, à la sécurité, à la santé, à l’éducation, au travail, le droit à la protection de la famille, la responsabilisation des femmes », a précisé Bandar bin Mohammed Al-Aiban.

Le chef de la délégation saoudienne a insisté sur la « stratégie nationale de développement qui est en cours de déploiement et qui comprend tous les principes et éléments fondamentaux qui ont pour but de protéger et promouvoir les droits humains ».

Pendant environ trois heures de dialogue interactif avec l’Arabie saoudite, les membres du Conseil des droits de l’homme ont pu par la suite émettre des critiques et faire des recommandations.

La mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre dernier a plané lors des débats de l’Examen périodique universel (EPU), procédure à laquelle doivent se soumettre les membres des Nations Unies environ tous les quatre ans.

Près d’une quarantaine de délégations sur les 97 Etats membres qui ont pris la parole lors de l’examen périodique universel se sont exprimées sur la disparition du journaliste saoudien et éditorialiste du Washington Post, au long de la matinée.

Les représentants d’Australie, de Belgique, du Canada et d’Italie se sont joints aux autres pour demander une enquête crédible et approfondie sur la mort de Khashoggi.

« Les informations selon lesquelles le meurtre avait été prémédité sont extrêmement alarmantes », a déclaré l’Ambassadrice australienne Sally Mansfield.

Certains Etats avaient même soumis par avance une liste non exhaustive des questions à poser à la délégation saoudienne. Le Royaume-Uni, l’Autriche et la Suisse ont ainsi envoyé à l’avance leurs questions sur l’affaire Khashoggi.

Dans le contexte de « la récente mort du journaliste Jamal Khashoggi », le Royaume-Uni a demandé des informations sur « les allégations d’arrestations de critiques du gouvernement, et de censure croissante de la presse ».

De son côté, la Suisse a interpellé Ryad sur les garanties d’une enquête crédible, impartiale et indépendante sur la disparition de Jamal Khashoggi.
Riyad exprime ses regrets et promet une enquête juste sur la mort de Khashoggi

En réponse à ces interpellations, l’Arabie saoudite a indiqué avoir « déjà exprimé ses regrets à l’occasion du décès de Jamal Khashoggi ».

Notre gouvernement est engagé à mener une enquête juste et toutes les personnes impliquées dans ce crime seront poursuivies en justice.
-Bandar bin Mohammed Al-Aiban, Président de la Commission des droits de l’Homme du Royaume d’Arabie Saoudite

« Une enquête a été ouverte sur cette affaire, en vertu des Lois en vigueur afin d’établir les faits et de veiller à ce que tous les auteurs soient traduits devant la justice », a déclaré le Président de la Commission des droits de l’homme du Royaume d’Arabie saoudite.

« Notre gouvernement est engagé à mener une enquête juste et toutes les personnes impliquées dans ce crime seront poursuivies en justice », a ajouté Bandar bin Mohammed Al-Aiban.

La Suède, qui avait soumis par écrit des questions à Riyad, a demandé à l’Arabie saoudite « les mesures qui seront prises pour améliorer le respect de la liberté d’expression et la sécurité des journalistes » en Arabie saoudite.

Et lors des débats ce lundi matin, l’ambassadeur de France, François Rivasseau, a appelé l’Arabie saoudite à « mettre fin immédiatement à l’emprisonnement et aux arrestations arbitraires » de journalistes et de militants, et à garantir la liberté de religion ».

Dans son Rapport national saoudien transmis le 20 août 2018 portant notamment sur la problématique de la liberté d’opinion et d’expression, l’Arabie saoudite a rappelé que la publication de nombreux journaux, en version papier et électronique, la création de multiples chaînes télévisées et radiophoniques ainsi que les mesures visant à faciliter l’utilisation des divers médias sociaux indiquent « qu’un espace et une attention de plus en plus grands sont accordés à la liberté d’expression et d’opinion et qu’il existe des moyens d’exercer ce droit ».

S’agissant du conflit au Yémen, l’Arabie saoudite souligne que « les forces de la coalition ont non seulement cherché à épargner les civils, en particulier les enfants et les femmes, et les biens de caractère civil, mais se sont donné pour mission de protéger les civils contre les violations flagrantes commises par les milices houthistes armées soutenues par l’Iran, y compris les attaques aveugles, les meurtres, la torture, les disparitions forcées, les évacuations forcées, les sièges et l’enrôlement d’enfants ».

Pour Riyad, les forces de la coalition font également mener des enquêtes sur toutes les allégations concernant des actes dirigés contre des civils, des installations civiles ou des organismes humanitaires, et les conclusions des enquêtes sont annoncées lors de conférences de presse.

« Nous devons réitérer notre détermination à protéger les civils et les infrastructures de notre pays », a fait remarquer Bandar bin Mohammed Al-Aiban.
Lois discriminatoires à l’encontre des femmes et lutte contre le terrorisme

Par ailleurs, dans un rapport publié fin août en vue de cette réunion sur l’Arabie saoudite, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a énuméré une série de motifs d’inquiétude, comme les lois discriminatoires à l’encontre des femmes (Comité pour l’élimination de la discrimination), la violence sexiste ou encore les pratiques discriminatoires des enfants et des femmes appartenant à la communauté chiite ou les enfants de travailleurs migrants (Comité des droits de l’enfant).

L’ONU a aussi déploré le maintien de la peine de mort et le nombre croissant d’exécutions dans le pays. Le rapport (Comité contre la torture) se dit aussi préoccupé par la loi de 2014 sur la lutte contre le terrorisme qui donne une définition « extrêmement large » du terrorisme et permet de criminaliser l’expression pacifique de certains actes.

En outre, l’Autriche, la Belgique et le Danemark ont fait part de leurs préoccupations concernant les arrestations d’activistes, y compris de femmes pour leurs campagnes en faveur des droits.

Parmi les pays ayant envoyé en avance leurs questions à la délégation saoudienne, le Canada a ainsi souhaité avoir des précisions sur le statut des femmes activistes actuellement en détention, y compris une liste des accusations qui leur sont reprochées et la date de leur procès.

Enfin, les Etats-Unis ont pour leur part interpellé Riyad sur le système de la « kafala », qui oblige les travailleurs à obtenir l’autorisation écrite de leurs employeurs pour changer d’emploi ou quitter le pays. Ils ont aussi demandé si l’Arabie saoudite entend modifier sa loi sur le terrorisme pour qu’elle n’inclut pas des actes liés à la liberté d’expression, d’association ou de réunion pacifique.

A noter que dans le Rapport national soumis le 20 août 2018, l’Arabie saoudite a insisté sur sa Loi relative à la lutte contre les crimes terroristes et le financement du terrorisme.

« Promulguée par le décret royal du 1er novembre 2017, cette loi définit le crime terroriste et les procédures concernant l’arrestation, la détention, la mise en liberté dans l’attente du jugement, la désignation d’un conseil, la juridiction compétente appelée à connaître de l’affaire, la qualification des infractions et les peines encourues », a fait remarquer Riyad.

Au sujet des droits des femmes, le rapport a rappelé le décret souverain du 26 septembre 2017 comprenant l’adoption des dispositions du Code de la circulation routière qui prévoit notamment la délivrance de permis de conduire aux hommes comme aux femmes.

En outre, avec la promulgation du décret royal N°97 du 31 mai 2018, la Loi sur la lutte contre le harcèlement vise à combattre et prévenir le harcèlement, érigé en infraction pénale, à punir les auteurs de ces actes et à protéger les victimes, dans le respect de la vie privée, de la dignité de la personne et de la liberté personnelle, garanties par la charia et la législation en vigueur.

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 Le ministère tunisien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu’en vertu de la Constitution de 2014 de la République tunisienne, le président est l’unique responsable de la politique étrangère du pays tunisien, dont la mise en œuvre relève du ministère des Affaires étrangères.

Dans un communiqué rendu public lundi, le ministère a affirmé que les constantes de la politique étrangère tunisienne “reposent sur la préservation de la souveraineté nationale, la défense des intérêts suprêmes de notre pays, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et l’éloignement de la Tunisie de la politique des axes et de l’alignement”.

Le ministère des affaires étrangères a également réaffirmé les relations séculaires entre la Tunisie et le Royaume d’Arabie saoudite et son souci de les développer dans l’intérêt des deux peuples frères.
Au sujet de la position de la Tunisie dans l’affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le ministère a rappelé qu’il avait réaffirmé le 22 octobre la condamnation par la Tunisie du meurtre du journaliste et son souci de connaître les circonstances de sa disparition. Il a appelé touefois à ne pas exploiter cet incident pour cibler la stabilité et la sécurité du Royaume. Il a également exprimé “la confiance de la Tunisie quant aux investigations ordonnées par le Serviteur des Deux Saintes Mosquées pour révéler toute la vérité sur les circonstances et les péripéties de cet incident”.

Le dirigeant du mouvement Ennahdha avait déclaré dans un discours adressé aux participants au symposium annuel de son parti tenu à Hammamet le week-end dernier que “les travaux du symposium se déroulait dans des climats similaires à de nombreux aspects au climat déclenché par la scène tragique de la mort de Bouazizi brulé vif et de ce qu’il a déclenché dans la région et le monde comme sympathie et ressentiment contre sa condition tragique, une situation similaire au séisme provoqué par l’assassinat barbare du journaliste Jamal Khashoggi “.

“Il (assassinat) a réveillé la conscience humaine qui rejette la logique des intérêts règnant entre les pays et qui veut absolument connaître toute la vérité”, a-t-il affirmé.

Après le discours, le mouvement de Nidaa Tounes a accusé le parti Ennahdha de s’immiscer dans les relations extérieures de la Tunisie, ce qui a incité ce dernier à publier lundi une déclaration confirmant son attachement à la politique officielle menée par le président Béji Kayed Essebsi, son souci de consolider les relations de fraternité et de coopération avec le royaume de l’Arabie Saoudite et sa grande satisfaction pour le soutien continu de l’Arabie Saoudite à la Tunisie, selon un communiqué.
De son côté, Annahdha a souligné qu’il tenait à “la sécurité de l’Arabie saoudite” et à son refus “de nuire à cette”, notant que le président du mouvement, Rashid Ghannouchi, “n’a mentionné aucun nom et aucun pays” dans son discours lors du deuxième forum annuel du mouvement.

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Le mouvement Ennahdha a réaffirmé, lundi, son attachement à la politique officielle de l’Etat sous la direction du président de la République, Béji Caïd Essebssi, soulignant sa volonté de renforcer les relations de fraternité et de coopération avec le royaume d’Arabie saoudite.

Dans une déclaration rendue publique, lundi, le mouvement s’est félicité du grand soutien apporté par l’Arabie saoudite à la Tunisie, mettant en garde contre toute tentative de déstabiliser la sécurité du royaume.

Cette déclaration intervient sur fond d’accusations portées par le mouvement Nidaa Tounes qui reproche au mouvement Ennahdha de s’ingérer dans la politique étrangère de la Tunisie. “Les accusations de Nidaa Tounes sont surprenantes“, s’est indignée la formation politique.

Ennahdha a indiqué que son président Rached Ghannouchi “n’a cité aucun nom ou pays” lors de son discours à l’occasion de la Conférence annuelle des cadres du mouvement, tenue le week-end dernier à Hammamet.

Ennahdha a, par ailleurs, souligné que le discours prononcé par le président Rached Ghannouchi s’inscrit dans le cadre de la vague de sympathie internationale avec le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, il y a presque un mois.
Le bureau politique de Nidaa avait dénoncé, dimanche, ce qu’il a qualifié “d’ingérence du président d’Ennahdha dans les relations diplomatiques de la Tunisie“, ce qui risque de porter atteinte à l’intérêt national, selon un communiqué du parti.

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Sous une pression internationale folle, la défense des autorités saoudiennes suite à l’exécution du journaliste Jamal Khashoggi commence à craquer. Pour la première fois depuis le début de cette affaire, le procureur général d’Arabie saoudite a admis ce jeudi 25 octobre 2018, sur la base d’informations transmises par la Turquie, que les hommes suspectés d’avoir exécuté Khashoggi à Istanbul avaient “prémédité” leur coup, rapporte l’AFP. On est donc loin des dénégations du début de la part de Ryad, qui a commencé par nier complètement tout crime, avant de dire que le journaliste a trouvé la mort au cours d’une dispute qui a mal tourné…
Le procureur a indiqué que les investigations se poursuivent et que c’est une “équipe de travail conjointe” composée par Ryad et Ankara qui s’en charge, sans doute à la faveur du coup de sang du président turc.

A noter que ce jeudi, Human Rights Watch a fait savoir que Salah, fils du journaliste assassiné, a quitté le sol saoudien pour les USA en compagnie de sa famille après la levée d’une interdiction de sortir du territoire. Avant cela il avait été reçu, avec le frère de Jamal Khashoggi, par le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed Ben Salmane.
Hier mercredi, au forum Future Investment Initiative (FII) à Ryad, Ben Salmane a déclaré que “la justice prévaudra” et qu’il n’y aura “pas de rupture des liens avec la Turquie“. Il faudra plus que des déclarations pour ramener Ankara à de meilleurs sentiments et surtout pour laver l’honneur de l’Arabie saoudite dans les capitales du monde…

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Alors que les réactions ne cessent de se multiplier après la disparition et la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, David Kaye, a une nouvelle fois demandé l’ouverture d’une enquête internationale.

L’expert indépendant des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression s’est dit déçu que les États membres n’aient jusqu’à présent pas répondu aux demandes d’une enquête internationale indépendante sur l’« assassinat manifeste » de Jamal Khashoggi. «J’ai été très déçu de voir que cet appel n’a pas encore été pris en compte par les États », a déclaré l’expert.

« J’engage vivement tous les gouvernements à réagir non seulement dans le contexte du 2 novembre, pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes, mais également dans le contexte actuel où les journalistes sont attaqués », a-t-il ajouté.

J’ai été très déçu de voir que cet appel n’a pas encore été pris en compte par les États – David Kaye, Rapporteur spécial sur la liberté d’expression.

Dans un entretien accordé à ONU Info, David Kaye a exhorté tous les gouvernements à réagir, que ce soit par le biais du Conseil de sécurité, du Conseil des droits de l’homme ou en persuadant le Secrétaire général d’une telle enquête.

En ce qui concerne la forme de l’enquête, le Rapporteur spécial a suggéré la création d’un organe indépendant composé de cinq personnes au maximum, qui pourrait « évaluer les informations que les autorités turques ont secrètement communiquées à la presse au cours des dernières semaines ».

Cela, a déclaré M. Kaye, fournirait à la communauté internationale un rapport crédible sur ce qui s’est passé et, même s’il ne répond pas à toutes les questions, il pourrait identifier qui est responsable. La communauté internationale devrait alors décider quoi faire avec cette information.

Si une telle enquête n’a pas lieu, a-t-il ajouté, les faits seront constamment contestés.

L’entretien au Siège de l’ONU à New York a eu lieu une semaine avant la célébration, le 2 novembre, de la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes. A cette occasion, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) lancera une nouvelle campagne intitulée « La vérité ne meurt jamais » afin de sensibiliser sur les dangers auxquels sont confrontés les journalistes.

L’UNESCO rappelle que tous les quatre jours, un journaliste est tué quelque part dans le monde.

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L’affaire Khashoggi tourne au vinaigre pour le prince hériter saoudien, 33 ans, à l’ascension fulgurante, Mohammed ben Salmane. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis ce mardi 23 octobre 2018 de déballer “toute la “vérité” sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans les murs même de l’ambassade du royaume à Istanbul. Erdogan va prendre la parole à partir de 08h45 GMT au Parlement à Ankara, mais avant même le grand déballage, le régime saoudien a commencé à pâtir des déflagrations de ce meurtre sauvage qui a ému le monde entier. Le forum international sur l’investissement, programmé à Ryad aujourd’hui, est déjà un véritable fiasco, avec une pléthore de dirigeants étrangers et chefs d’entreprises qui ont déprogrammé leurs voyages, rapporte l’AFP. Même le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, s’est désisté pour cette conférence. Mais les ennuis ne s’arrêtent pas là pour le souverain saoudien…

Dès hier, la veille du discours très attendu d’Erdogan, le porte-parole du parti au pouvoir en Turquie (AKP) a déclaré : “Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler” ce crime.
D’après le journal progouvernemental Yeni Safak, le chef d’un commando de 15 Saoudiens qui a débarqué à Istanbul pour liquider Khashoggi, à cause de ses critiques acerbes contre le régime, a contacté le directeur de cabinet du prince Ben Salmane, Bader al-Asaker, “quatre fois après le meurtre“.
Un chroniqueur bien introduit chez Erdogan, Abdulkadir Selvi, a écrit dans le quotidien Hürriyet que Khashoggi avait été assassiné par strangulation, avant qu’un expert légiste saoudien ne tronçonne sa dépouille en 15 morceaux.

Une chose est sûre : le prince héritier ne pourra pas compter sur les membres de sa puissante famille pour lui offrir une ceinture de sécurité, eux qu’il a déjà frappés avec une pluie d’arrestations pour souvent des affaires montées de toutes pièces dans le seul but d’écarter ceux qui pourraient lui faire de l’ombre. Sans parler des opposants et de la société civile qu’il malmène et qui accueilleraient avec une grande joie les déboires du prince…

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L’exécution du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans les locaux même de l’ambassade du royaume à Istanbul continue de faire des vagues. Si les USA, officiellement et stratégiquement, semblent avoir avalisé les explications de Riyad, c’est pas gagné pour l’Europe. Ce lundi 22 octobre 2018, l’Allemagne a demandé à ses partenaires européens de geler toutes les ventes d’armes à l’Arabie saoudite tant que l’enquête sur l’assassinat de Khashoggi n’a pas rendu ses conclusions.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré qu’il n’était pas possible de continuer à livrer des armés aux Saoudiens “dans les circonstances actuelles“.
Son ministre de l’Economie, Peter Altmaier, a confirmé aujourd’hui sur la chaîne ZDF que le gouvernement va bloquer toutes les exportations de cette nature tant que Riyad n’aura pas vidé son sac sur la disparition tragique de Jamal Khashoggi.
A noter que Berlin a donné le feu vert cette année pour l’exportation de plus de 400 millions d’euros d’armements vers l’Arabie saoudite, son deuxième plus gros marché dans le monde après l’Algérie.
A mes yeux il est important d’avoir une position européenne commune“, a dit le ministre sur la ZDF. “Parce que ce n’est que si tous les gouvernements européens sont sur la même ligne que ça produira de l’effet sur Riyad. Il n’y aura aucun impact positif si nous suspendons les exportations d’armes et si d’autres pays nous remplacent” a-t-il ajouté.

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Deux semaines après la disparition de Jamal Khashoggi, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a exhorté mardi les gouvernements saoudien et turc à révéler tout ce qu’ils savent sur la disparition et la possible exécution extrajudiciaire du journaliste saoudien après une visite au consulat de son pays à Istanbul, en Turquie.

« Compte tenu de la gravité de la situation entourant la disparition de M. Khashoggi, j’estime que l’inviolabilité ou l’immunité des locaux et des fonctionnaires concernés accordée par des traités tels que la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires devrait être levée immédiatement », a déclaré Michelle Bachelet, dans un communiqué.

« En vertu du droit international, tant la disparition forcée que les exécutions extrajudiciaires sont des crimes très graves, et l’immunité ne devrait pas être utilisée pour entraver les enquêtes sur ce qui s’est passé », a-t-elle ajouté.
Michelle Bachelet plaide pour une enquête rapide, impartiale et transparente

Tout en se félicitant de l’accord qui a permis aux enquêteurs de procéder à un examen à l’intérieur du consulat lui-même et éventuellement aussi dans la résidence du consul général d’Arabie saoudite à Istanbul, Mme Bachelet a exhorté les autorités saoudiennes et turques « à faire en sorte qu’aucun autre obstacle ne s’oppose à une enquête rapide, approfondie, effective, impartiale et transparente ».

« Deux semaines, c’est très long pour que la scène probable d’un crime n’ait pas fait l’objet d’une enquête médico-légale complète », a-t-elle fait remarquer. « Etant donné qu’il semble qu’il y ait des preuves évidentes que M. Khashoggi est entré au consulat et n’a jamais été revu depuis, il incombe aux autorités saoudiennes de révéler ce qui lui est arrivé à partir de ce moment-là ».

Dans ces conditions, la Haut-Commissaire a rappelé que l’Arabie saoudite et la Turquie sont toutes les deux parties à la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

« En tant que tels, Ankara et Djeddah sont tenus de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la torture, les disparitions forcées et d’autres violations graves des droits de l’homme, d’enquêter sur les allégations d’actes constitutifs de ces crimes et de traduire en justice les personnes soupçonnées de les avoir commis », a conclu Mme Bachelet.

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L’Arabie Saoudite a rejeté dimanche toute menace de sanctions liée à la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dont il est accusé par certains pays d’être responsable, et promis de contre-attaquer en cas de mesures hostiles à son encontre.

«Le royaume affirme qu’il rejette entièrement toute menace ou tentative de l’affaiblir, que ce soit via des menaces d’imposer des sanctions économiques ou l’usage de pression politique», a déclaré un haut responsable sous couvert de l’anonymat, cité par l’agence officielle SPA. Cette déclaration intervient notamment alors que Donald Trump a promis samedi un «châtiment sévère» à Ryad s’il est établi qu’il avait ordonné le meurtre de Jamal Khashoggi.

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Le ministre de l’Intérieur Hicham Fourati s’est entretenu, jeudi, au siège du département avec l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Tunis Mohamed Ben Mahmoud Al-Ali.

Selon un communiqué rendu public jeudi par le ministère de l’Intérieur, l’entrevue a porté sur la coopération sécuritaire et les moyens de la développer notamment dans le domaine de la formation continue, de l’entrainement et de l’échange d’expertises.

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Un exercice militaire conjoint entre l’Armée de l’air de la Tunisie et de l’Arabie Saoudite a été lancé, lundi, à la base militaire de Sidi Ahmed, à Bizerte. Il se poursuivra jusqu’au 12 octobre dans le cadre du renforcement de la coopération militaire tuniso-saoudienne.

Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale, cet exercice vise l’amélioration des capacités opérationnelles des pilotes (armée de l’air) et l’échange d’expertises en matière de ravitaillement et d’appui technique.

La coopération militaire tuniso-saoudienne s’était limitée depuis les années 80 à la logistique, la formation et l’échange d’expertises, indique la même source.

En 2016, la commission militaire mixte tuniso-saoudienne a été activée. La première session a eu lieu en mars 2017 à Ryad.

En mars 2018, la Tunisie a abrité la 2e session qui s’est focalisée sur les moyens de renforcer la coopération militaire dans les domaines de la formation, de l’entraînement et des exercices conjoints dans plusieurs domaines ainsi que dans le domaine de la santé militaire.
Selon la même source, la 3e session de la commission mixte se tiendra en 2019, à Ryad.

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Un projet d’accord de partenariat avec le Koweït en matière d’emploi sera prochainement soumis au conseil des ministres, a annoncé, mardi, le directeur général de la migration et de la main-d’œuvre étrangère au ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, Ahmed Massaoudi.
L’objectif étant de générer des opportunités d’emploi en faveur des compétences tunisiennes“, a expliqué à la TAP Massaoudi, indiquant que ce projet sera présenté en coordination avec le ministère des Affaires Etrangères.
Il a fait savoir que son département ambitionne de signer des conventions similaires avec l’Arabie Saoudite et l’Allemagne.
De son côté, le sous-directeur de la migration au ministère, Abdallah Zeribi a souligné que l’accord conclu avec la France a permis de créer près de 4 mille postes d’emploi sur un total de 9 mille postes.
Il a, par ailleurs, rappelé l’existence d’un programme visant à placer des attachés d’emploi dans certains pays pour générer des postes d’emploi pour les Tunisiens, évoquant dans ce cadre le Canada et l’Afrique.

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Le président américain, Donald Trump, est très énervé du fait de la montée du prix du baril de pétrole, et l’a fait vertement savoir à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) mais surtout à l’Arabie saoudite, son alliée dans la région et moteur de l’organisation. «L’Opep (…) est en train d’arnaquer le reste du monde. Et je n’aime pas ça (…). Nous avons défendu beaucoup de ces nations [membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ndlr], pour rien. Et ils tirent profit de nous en nous donnant des prix de pétrole élevés. Nous voulons qu’ils cessent d’augmenter leurs tarifs», a dit Trump lors de son allocution à l’Assemblée générale (AG) de l’ONU, mercredi 26 septembre 2018, rapporte Jeune Afrique.

Il est vrai que la hausse des cours du brut, une excellente affaire pour les pays producteurs, commence à terroriser les gros acheteurs, tels que les Etats-Unis. Vendredi 28 septembre 2018, on en était à 83 dollars le baril, contre 55 à la même période en 2017. D’après les données de l’Opep, les USA produisent environ 16,5 millions de barils par jour, et en consomment plus de 20 millions par jour. Donc cet écart il faut bien le trouver ailleurs, or il devient de plus en plus cher.

Samedi 29 septembre 2018, Trump a conversé au téléphone avec le souverain saoudien, le roi Salmane et a rapporté le contenu de la discussion dans un discours en Virginie-Occidentale : «Je lui ai dit : “Roi, vous avez des milliards de dollars. Sans nous, qui sait ce qui peut arriver ? Sans nous, peut-être que vous n’arriverez pas à garder vos avions, parce qu’ils seraient attaqués”», a asséné Trump pour manifester son irritation.
Pourtant début juin, l’OPEP avait fait une fleur à Washington en acceptant sa requête, très discrète, de porter la production à un million de barils par jour. D’ailleurs le ministère saoudien du Pétrole, Khalid al-Falih, face à la menace à peine voilée des USA, n’a pas manqué de le rappeler dimanche 23 septembre 2018, lors d’une réunion interministérielle à Alger : « Les pays membres ont répondu de très bonne manière ces trois derniers mois (…) pour compenser la baisse de la production en Iran, au Venezuela et au Mexique». Un manière de dire que les pays producteurs ont déjà donné et que c’est maintenant à leur tour de profiter du retour du pétrole cher.

Le président américain n’est pas au bout de ses peines car d’après les spécialistes, l’Arabie saoudite souhaite que le prix du baril se hisse à 87 dollars avant la fin de 2018. Le royaume, en proie à des difficultés pour équilibrer ses budgets, n’aurait pas l’intention de freiner la remontée des cours dont ses caisses publiques dépendent tant. Mais pour le président français, Emmanuel Macron, il y a une solution : lever les sanctions américaines pour que l’Iran puisse écouler son pétrole, ce qui augmenterait l’offre et donc ferait automatiquement baisser les prix. Mais Trump est-il prêt à entendre la voix de la raison ?

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Un cas de choléra et trois autres cas suspects ont été signalés dans le sud de l’Arabie saoudite dans une région proche du Yémen, annonce dimanche la télévision saoudienne. Dans ce dernier pays, la maladie a tué plus de 2000 personnes, rapporte bluewin.ch

Les malades, présentés comme étant des non-Saoudiens, sont soignés à l’hôpital général al Mauouassem à Djizan, situé à 1000 kilomètres environ au sud-ouest de la capitale, Ryad. Il est difficile de savoir si l’épidémie est liée au Yémen ou au pèlerinage de la Mecque le mois dernier, qui attire chaque année deux millions d’étrangers et augmente ainsi le risque de propagation de maladies infectieuses, indique la même source.

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En même temps qu’il multiplie les gestes vers plus de modernité, notamment les droits accordés aux femmes et dont le monde entier se fait l’écho, le prince héritier de l’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane, qui règne de fait depuis 2017, sème la terreur chez les citoyens. Et pas peu. En effet d’après les ONG internationales, 48 décapitations auraient été exécutées de janvier à avril 2018 et 58 condamnés attendent le même sort, rapporte Le Parisien ce jeudi 30 août 2018. Ce sont les militants des droits de l’Homme qui paient le plus lourd tribut.

Israa Al-Ghomgham, une dissidente chiite, risque sa tête suite à une requête du procureur du royaume. On lui reproche d’avoir fait de la propagande pour des manifestations contre le régime, dans la Province orientale.
Elle sera fixée sur son sort fin octobre 2018, en attendant ses soutiens s’agitent. «Israa et quatre autres personnes font aujourd’hui face à la pire peine possible et ce, pour leur engagement dans des manifestations antigouvernementales», dénonce Samah Hadid, directrice Moyen Orient d’Amnesty International.

Il y a aussi ces féministes saoudiennes derrière les barreaux, depuis plus de cent jours. «Je connais très bien l’une d’elle, Iman al Nafjan, que j’avais fait témoigner dans mon livre (1). C’est une jeune femme charmante, mère d’un enfant de deux ans, qui s’est simplement battue pour la cause des femmes, notamment pour qu’on ne leur interdise plus de conduire une voiture», relate la journaliste Clarence Rodriguez, qui était correspondante en Arabie Saoudite.
«En dix mois, Ben Salmane est passé du statut de prince héritier réformateur à celui d’autocrate“, ajoute-t-elle…

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On ne verra pas le roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud à Tanger, au Maroc, ce mois d’août… et peut-être les autres d’après non plus. Le souverain de 82 ans, qui avait pour habitude d’installer ses quartiers dans la région à pareille époque, a opté pour des vacances chez lui, à Neom. L’agence de presse saoudienne officielle, SPA, en a fait l’annonce. Rappelons que Neom est un méga projet de ville futuriste nichée au nord-ouest de l’Arabie Saoudite, aux abords de la frontière avec la Jordanie et l’Égypte. Un pont est prévu à cet endroit et à terme il fera la jonction avec l’Égypte et la Jordanie. Coût du chantier : plus de 500 milliards de dollars.

Mohammed Al Zoulfa, ancien membre du Conseil de la choura et ami du prince hériter Mohammed Ben Salman, a confié à Sputnik news arabic que «le souverain souhaite fournir tout le soutien possible pour un projet d’une telle envergure, surtout que cette région a un large éventail de zones naturelles et de belles îles. Sa visite encouragera ce projet attrayant pour tous les investisseurs», rapporte H24. Mais ça c’est la version officielle pour éviter les interprétations qui fâchent…

D’après Alkhaleej Online, si Salmane a déserté Tanger (où il s’est replié depuis que ses virées sur la Côte d’Azur, en France, ne passent plus à cause de l’occupation des plages publiques), ça a quelque chose à voir avec les tensions entre Rabat et Riyad nées du vote de ce dernier en faveur des USA pour organiser le Mondial 2026. Il y a également l’épisode de la guerre diplomatique que l’Arabie saoudite a menée contre le Qatar, dans laquelle le Maroc a refusé de prendre partie… Bref les sujets de discorde ne manquent pas et on a senti le coup venir depuis février dernier, quand le souverain arabe a demandé aux entreprises locales de lui bâtir 5 palais sur la côte de la mer Rouge, à quelque 150 km à l’ouest de Tabuk.

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L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont promis de fournir une aide de 2,5 milliards de dollars pour permettre à la Jordanie, qui traverse une grave crise économique et sociale, de surmonter un mouvement de contestation sociale, a annoncé lundi 11 juin 2018 l’agence de presse saoudienne.
A la lumière des liens fraternels étroits, les trois pays fourniront une aide économique à la Jordanie d’un montant total de 2,5 milliards de dollars“, a indiqué l’agence SPA.

L’enveloppe, annoncée à l’occasion du sommet des quatre pays dans la ville sainte de La Mecque, comprend un acompte versé à la banque centrale de Jordanie, une garantie de la Banque mondiale, un soutien budgétaire sur cinq ans et le financement de projets de développement, selon l’agence.
L’économie jordanienne traverse une période difficile – la Banque mondiale évoque une ” faible perspective de croissance en 2018 “, puisque 18,5 % de la population est au chômage, et 20 % vit à la limite du seuil de pauvreté.

L’accueil de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre pèse aussi lourdement sur les finances publiques et Amman appelle régulièrement la communauté internationale à une aide plus substantielle sur ce dossier, selon le journal français Le Monde.

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Une délégation ministérielle a effectué, les 13 et 14 mai courant, une visite de travail dans la capitale saoudienne Riyad pour assurer le suivi des résultats de la dernière visite du chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi dans le royaume.

Le président de la République s’est rendu, le 15 avril dernier, en Arabie saoudite pour participer aux travaux de la 29e session ordinaire du Sommet arabe.

La délégation est composée du ministre des Affaires étrangères Khémaies Jhinoui et du ministre des Finances Mohamed Ridha Chalghoum.

Selon un communiqué du département des Affaires étrangères, les deux ministres ont eu une série d’entretiens avec de hauts responsables saoudiens dont le ministre des Affaires étrangères Adel Al-Jabir.
Les entrevues ont porté sur la coopération bilatérale et les moyens de la développer notamment dans le domaine économique ainsi que sur les préparatifs engagés en prévision de la 11e session de la commission mixte tuniso-saoudienne et la 3e session de la commission de concertation politique.

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Sa cotation est toujours suspendue depuis le 21 mars 2018 pour une raison inconnue et sur laquelle le CMF refuse de se prononcer. Le bilan 2017 de la SITS n’est toujours pas publié sur les sites de la bourse et du conseil du marché financier où on trouve pourtant les indicateurs du 1er trimestre 2018. Au 30 juin 2016, le résultat net de cette société de promotion immobilière était déficitaire de plus de 1,014 MDT et sa trésorerie de fin de période négative de plus de 4,253 MDT.

A la même date, les Commissaires aux comptes de cette société tuniso-saoudienne où sont notamment actionnaires la banque mixte Stusid Bank et le groupe Poulina à quelque 56 % du capital font état d’irrégularités. «Il nous a été rapporté l’existence d’irrégularités commises pendant les exercices, 2011, 2012 et 2013, par l’ancien DG. La société avait présenté 3 plaintes auprès du Procureur de la République près le tribunal de 1ère instance de Tunis, le 8 août 2016», révèlent les CC. Selon les mêmes sources, l’ancien DG, de nationalité égyptienne, aurait détourné la somme de 300.000 DT.

Cela fera donc bientôt deux ans que la justice tunisienne est saisie de cette affaire, sans que les petits actionnaires de cette entreprise cotée en bourse n’arrivent à savoir quelque chose sur le sort de l’ancien DG dont on dit qu’il aurait été interdit de quitter le territoire tunisien, ni sur le sort de l’argent de leur entreprise, qui semble désormais avoir peu de chances d’être recouvré. Les voies de la justice tunisienne restent impénétrables !

Entretemps, c’est une guerre de succession qui est désormais ouverte, pour le contrôle de la SITS. Après le DG dont on ne sait le sort, ce fut d’abord le président du conseil saoudien qui présenta sa démission, avant d’essayer d’y revenir et de se faire même aménager de plus grands bureaux au siège de l’entreprise et de se faire acheter une nouvelle Mercedes flambant neuve. C’est ensuite un premier administrateur judiciaire pour essayer de fixer la date d’une AGE qui permettrait à l’entreprise de se faire nommer un nouveau DG. Que se passe-t-il en fait à la Sits ?

  • Le conflit, vu par l’avocat de la partie tunisienne

Pour le savoir, Africanmanager s’est adressée à Me Ahmed Ouerfelli, avocat de la partie tunisienne, essentiellement représentée par la banque Stusid et le groupe PGH. Il commence par rappeler que «à partir de l’année 2016, il y a eu changement de composition du CA de la Sits qui a généré un conflit, notamment avec la partie saoudienne représentée par Ibrahim Ben Saidane qui présidait ce conseil depuis la création de l’entreprise. Le conflit ayant bloqué toute décision au sein du conseil, quelques actionnaires s’étaient retournés vers la justice, demandant la nomination d’un mandataire de justice qui convoquera l’AG à se réunir».

Et l’avocat des deux plus importants actionnaires dans le capital de la Sits d’ajouter que «le tribunal a ainsi nommé Taoufik Mourad Rekik qui convoqua l’AG pour le 13 mars 2017. Cette dernière a élu un nouveau conseil d’administration et désigné Akram Ziadia au poste de DG de la Sits où il est par ailleurs actionnaire. Réuni sous la présidence du mandataire de justice, le nouveau conseil a nommé Abdellatif Mechaal au poste de président du nouveau CA. Ibrahim Ben Saidane s’y oppose et refuse même de quitter le conseil et de nouveau le conflit éclate», indiquant que «à chaque fois que le nouveau conseil décide quelque chose, Ben Saidane en réunit un autre et prend les décisions contraires à ce qui avait été décidé par le conseil issu de l’AG du 13 mars 2017 et s’auto-désigne président du CA».

En novembre 2017, Abdellatif Mechaal convoque une réunion du CA pour l’approbation des états financiers de 2016, pour le 24 novembre 2017. Le DG Akram Ziadia prend alors contact avec Mechaal pour lui demander le renvoi de la réunion, pour le 8 décembre 2017, afin de permettre aux Saoudiens d’y être présents. Le président du conseil y consent et donne accord à Ziadia pour envoyer un mail à tous les membres du CA et au Commissaire aux comptes, ce qui rendait caduque la date de novembre. Le 24 novembre pourtant, un CA eut lieu, en présence seulement de la partie saoudienne et du DG. Ce conseil prit deux décisions : Il confirme d’abord Ben Saidane au poste de président du conseil, et accorde ensuite une augmentation financière au DG Ziadia et allonge son mandat de deux années supplémentaires, contrairement aux statuts qui le fixent à seulement trois années.

  • La Sits, de nouveau sous mandataire de justice

Conflit de nouveau, entre les membres tunisiens du conseil qui avaient été informés du renvoi de l’AG qui eut pourtant lieu, et recours de nouveau à la justice, d’abord pour annuler le PV de la réunion du 24 novembre 2017 et des décisions qui y avaient été prises et sa radiation du registre du commerce. Un des actionnaires avait demandé une copie dudit PV, ce qui lui a été refusé. Désormais en situation de blocage et «comme le DG prit cause pour la partie saoudienne et les a soutenus dans l’opération d’éloignement des actionnaires tunisiens du CA et des décisions qui y ont été prises et dont il a tiré profit à titre individuel, nous estimons que tout cela est une opération payée d’avance. Nous nous sommes de nouveau adressés à la justice demandant la désignation d’un mandataire de justice, qui devra de nouveau convoquer la réunion d’une AG laquelle devra délibérer, en tant qu’organe souverain, sur la situation de l’entreprise et ordonner une expertise judiciaire sur la gestion de la société».

Entretemps, le 23 mars 2018, la direction de la Sits réunit le CA saoudien et lance convocation pour une AG à la date du 31 août 2018, pour essayer de court-circuiter le travail du mandataire, ce que la partie tunisienne a catégoriquement refusé et ce qui a été aussi annulé par le tribunal. Ce dernier, par décision datée du 19 avril 2018, a en définitive désigné un nouveau mandataire de justice en la personne de Néjib Ben Dhieb, et lui a confié la mission de convoquer une nouvelle AG pour la fin mai 2018. Cette AG aura uniquement à statuer sur la situation du CA et des décisions du CA saoudien qui sont contestées par les actionnaires tunisiens, majoritaires dans le capital de la Sits et devrait trouver les solutions idoines pour cet imbroglio juridique et de gestion.

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