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Laisser mourir Nidaa Tounes, est-ce la consigne ?!

Une flopée de cadres à Sfax, 14 exactement, le même paquet à Ben Arous dont une députée, à ajouter aux 9 autres élus qui ont largué dernièrement les amarres, après le départ des députés qui ont formé l’ossature de Machrou Tounes et son bloc parlementaire, après le départ de Mohsen Marzouk, après celui de Saïd Aïdi, après… après… Et maintenant il se dit qu’un poids lourd, dans le parti et au sein du gouvernement, la ministre du Tourisme, Selma Elloumi Rekik, a elle aussi envie de prendre le large. Bientôt on ne se posera plus la question qui est parti – ils seront trop nombreux -, mais qui est resté – très peu -, pour faciliter le décompte. Nidaa Tounes, la formidable machine de guerre bâtie de ses mains par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, en 2012 fond comme neige au soleil, s’effrite de toutes parts, inexorablement. Le pire dans cette affaire c’est que le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, par qui tout ce désastre est arrivé, a réussi par on ne sait quel tour de force à repousser le Congrès électif, le tout premier depuis la naissance du parti (une grosse anomalie pour une grande formation, dans une prétendue démocratie !), jusqu’en janvier 2019, au meilleur des cas. Cela veut dire que cette hémorragie a des chances de continuer, et même de s’accélérer… pour précipiter la mort de l’oeuvre de BCE. Alors que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lui restera manifestement ; lui qui cristallise toute la haine de HCE au point de le détourner de la gestion de Nidaa, une gestion saine, a toutes les chances de demeurer. Et que fait le président de la République pendant ce temps ? Il s’emmure dans son palais cossu de Carthage, dans un mutisme incompréhensible.

La tragédie du vieux lion

C’est le refus de Ben Ali, ou son impossibilité à agir pour freiner la cupidité de ses proches, notamment les Trabelsi, qui avait accéléré sa perte. L’actuel président de la République file droit vers la même tragédie, une tragédie personnelle mais aussi nationale car les déflagrations plongent le pays dans des bruits incessants et une instabilité politique qui sont ses meilleurs ennemis. La Tunisie n’avait pas besoin de ça, et ne le pardonnera jamais à BCE, qui avait pourtant écrit son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire en dirigeant énergiquement la nation dans un moment où elle se cabrait comme un cheval fou, en février 2011, en pleine poussée de fièvre révolutionnaire. Tout ça a été terni par son entêtement à laisser son fils manipuler plus que de raison des fils hautement explosifs. Et pourtant ce ne sont pas les coups de semonce et alertes qui ont manqué, la dernière en date est celle de Zohra Driss, qui était de tous les combats aux côtés de Essebsi, avant de tout plaquer. Où est passé l’ancien secrétaire général du parti, Taïeb Baccouche, qu’on a vu à un moment s’agiter dans les coulisses après avoir été reçu au palais de Carthage ? Lui au moins avait la stature qu’il faut pour imposer les correctifs dont le parti a grand besoin. Que font Néji Jalloul, Faouzi Elloumi, etc. ? Pourquoi ils se taisent tous devant ce naufrage ? C’est comme si tout ce beau monde s’était donné le mot pour rester sagement assis et regarder le navire sombrer… pour laisser Chahed piloter autre chose à la place ?? Etrange attitude…

Pourtant “l’ennemi” aurait pu être la solution

Sourd (aux nombreux appels à la raison) et aveugle (face au spectacle d’un parti qui se désagrège sous ses yeux, pendant qu’il pourchasse un ennemi imaginaire), Essebsi junior n’est pas muet pour autant. On l’a beaucoup entendu dernièrement, beaucoup plus que d’habitude en tout cas, et si ce n’est pas lui personnellement c’est un de ses lieutenants qui s’y colle. Où sont-ils planqués en ce moment ? Mystère. Eux qui étaient si prompts à organiser des réunions nocturnes dans des officines secrètes qui ont valu au parti tous ses déboires font de l’apnée maintenant. Personne ne s’occupe de ce parti à la dérive, ne parle pour lui, ne tente quoi que ce soit pour le sauver. Il n’y a plus personne ! Et il faut que ce soit les démissionnaires de Ben Arous qui rappellent au supposé leader, HCE, les conséquences de sa traque implacable et insensée, alors qu’il aurait dû faire de Chahed une chance, qu’il aurait dû s’adosser sur ses résultats économiques, qui commencent à venir, pour perpétuer le feu de sacré chez Nidaa Tounes, maintenant que son fondateur est au crépuscule de sa vie politique. Mais il n’en sera rien, manifestement…

Le beau rôle !

Quant à Chahed, et bien il se délecte d’une situation qui tourne à son avantage, après avoir essuyé la tempête. Son positionnement n’a jamais été aussi confortable, après le soutien réaffirmé du bataillon Ennahdha et après avoir implosé, directement ou indirectement, le rang de ses ennemis. Et c’est encore plus vrai depuis que la “Coalition nationale” a émergé au Parlement, un bloc parlementaire lequel même s’il prétend n’avoir posé aucun acte d’allégeance au chef du gouvernement ne sera pas un obstacle pour lui, au contraire. Quand Chahed rétorque à l’ultimatum surréaliste de HCE que lui s’occupe des affaires du pays et n’a pas le temps pour la petite tambouille, il a raison, c’est ce qu’il fait effectivement mais il faut aussi preuve d’une grande habileté politique. En effet aux yeux de l’opinion publique – ses futurs électeurs, peut-être -, trimer pour l’intérêt national c’est quand même autre chose que ces politiciens, de Nidaa et d’ailleurs, qui se vautrent dans la fange pour des intérêts personnels. Et qui s’excite, s’énerve, attaque, cogne pour ces bas calculs ? Suivez notre regard. Et qui dégage une impression de force tranquille face aux assauts, et n’a d’yeux que pour le bien suprême de la nation ? Regardez vers la Kasbah. Bon, la réalité est plus nuancée que ça, et surtout beaucoup moins manichéenne – le bon d’un côté, les méchants de l’autre -, mais c’est cela que perçoivent les citoyens, et ça pourrait être très payant électoralement pour l’un, et fatal pour les autres. C’est la photographie du moment. Cela reste un instantané, qui n’est pas gravé sur le marbre et pourrait muter d’ici les élections de 2019, mais pour le moment cela suffit au bonheur du chef du gouvernement. En attendant qu’il abatte ses cartes. Ou pas.

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Le secrétaire général du Conseil national de l’ordre des médecins, Nazih Zghala indiqué, lors de son passage, ce mardi 14 août 2018, sur les ondes d’Express Fm, que durant la période allant de 1987 à 2007, le nombre des médecins-femmes a été multiplié par huit, appelant ainsi à tirer la sonnette d’alarme à propos des départs, de plus en plus, massif, de nos compétences médicales à l’étranger dont une bonne partie sont des jeunes.

« D’ailleurs, à ce rythme là, nous allons, connaître un manque de médecins d’ici les 7 ou 10 prochaines années », a-t-il affirmé en substance avant d’enchaîner que le déficit en nombre de médecins est plus marqué chez les spécialistes des établissements hospitaliers publics qui souffrent, en plus, d’un manque flagrant des équipements et de logistique, selon ses dires.

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Finalement ce ne sont pas 3 mais 5 députés qui plaquent le bloc parlementaire Al Horra, monté par le parti Machrou Tounes. Et le mouvement pourrait s’amplifier après les départs, ce mardi 7 août 2018, de Souhail Alouini et Houda Slim, rapporte Mosaïque FM. La création de Mohsen Marzouk est donc engluée dans les mêmes déboires que Nidaa Tounes, dont elle avait siphonné les élus…
Rappelons que Sahbi Ben Fraj, Leila Chettaoui et Marouane Falfal ont annoncé hier qu’ils quittent le navire.

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Un départ de plus de 1500 médecins du secteur de la santé publique sera enregistré en 2018/2019, ce nombre sera de l’ordre de 2700 médecins en 2022, a indiqué mardi le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Tabboubi.
Intervenant en marge des travaux du congrès du syndicat des médecins, des médecins dentistes et des pharmaciens de la santé publique, tenue à Hammamet, Tabboubi a rappelé que près de 55pc des étudiants refusent de retourner en Tunisie, tirant ainsi la sonnette d’alarme et mettant en garde contre la menace qui secoue le système de la santé publique face notamment à une infrastructure délabrée, une absence des équipements et de matériels en plus des conditions de travail difficile et un manque de plus de 300 médicaments.

La tension entre le malade et l’établissement de santé publique s’explique par l’absence des moyens permettant de garantir le droit à la santé, a estimé Tabboubi, rappelant que le déficit financier des établissements de santé publique a atteint près de 700 millions de dinars à cause notamment de la situation critique des caisses sociales.
L’amélioration des conditions de travail et financières des médecins de la santé publique forme un pilier permettant de promouvoir le système de la santé publique, a encore dit Tabboubi, soulignant que les ministères de la Santé et de l’Education doivent être classés ministères de souveraineté.

Pour sa part, le secrétaire général sortant du syndicat des médecins et médecins dentistes, Sami Souihli, a lancé un cri d’alarme face à la situation détériorée du secteur de la santé publique, appelant à conjuguer les efforts pour sauver cet acquis dont le premier bénéficiaire est le citoyen.

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Son budget de 2018 prévoyait une augmentation de 12,8 % de l’activité en trafic passagers, par rapport à 2017. Tunisair qui compte cette année atteindre 4 millions de passagers le fera certainement et signera un record. C’est ce qu’assure le DG commercial de la compagnie, Ali Miaoui, à Africanmanager. Le précédent record était à 3,830 millions de passagers et avait été atteint en 2008. Dix années plus tard donc, le transporteur aérien officiel tunisien revient aux records.

  • 5 nouveaux appareils, le Charter rebondit et 1,5 Milliard DT de CA pour 2018

Selon les premières provisions, le chiffre d’affaires de la compagnie devrait aussi atteindre cette année les 1,5 Milliard DT, contre 1300 MDT en 2017, en hausse de quelque 16 % et qui était déjà un record pour Tunisair, grâce notamment à une hausse des recettes sous l’effet euro. Le coefficient de remplissage, qui était déjà en progression de 3 points l’année dernière pour atteindre 75%, devrait augmenter d’un point supplémentaire cette année 2018. L’utilisation journalière des avions, qui est un paramètre très important de productivité, était déjà passée en 2017 de 7h20 à 8h16, et devrait cette année encore augmenter d’une heure.

Ce programme sera réalisé par les 28 appareils de la compagnie et un minimum de 5 appareils affrétés, dont 2 A340 pour la saison du pèlerinage et 3 modules 150-160 sièges pour répondre à l’activité touristique qui est en forte progression cette année.

Les sources de cette croissance prévue viendront de l’activité Charter qui rebondit de nouveau, après avoir chuté de 50 à 15 % seulement de l’activité de l’entreprise et devrait ainsi augmenter de 55 % en termes de sièges offerts par rapport à 2017. Une croissance drivée par la hausse des marchés, français, Allemand et l’Europe centrale. Cela, sans compter le Régulier qui sera aussi en forte progression, en relation avec celle de l’activité touristique. L’objectif chez Tunisair est aussi d’améliorer la rentabilité et la qualité de service qui restait jusque-là le véritable talon d’Achille de la compagnie. Tunisair avait perdu en 2016 presque 160 MDT et travaille d’arrache-pied pour arrêter les dégâts.

  • Diviser, en deux fois successives, les pertes par 2

Les premières estimations tablent sur une division par deux des pertes en 2017, au mieux à quelque 80 MDT de déficit seulement, au pire à -100 MDT. Tunisair a en effet serré les vis en termes de remplissage, en termes de tarifs avec une recette moyenne en hausse qui profite de l’effet euros aussi. Rappelons bien sûr que ces prévisions profitaient aussi d’un prix du kérosène qui n’était pas encore en hausse en 2017.

2018, la compagnie devrait aussi aller vers une perte de seulement 30 à 40 MDT, c’est-à-dire diviser encore, par deux sinon plus, les pertes de Tunisair en 2017. A la compagnie, on est désormais optimiste et on entrevoit déjà d’entrer dans le vert, en matière de résultat net, entre 2019 et 2020. L’exercice en cours devrait en effet être assez impacté par les coûts de location des 5 avions nécessaires pour faire face à la demande d’un certain nombre de marchés, comme le français où le last-minute compte et prendre aussi une bonne part de la relance de l’activité touristique. Mais aussi par la hausse des prix du carburant et impacter quelque peu le résultat de 2018, qui s’améliorera malgré ces impacts financiers attendu du coût de la location et du prix du kérosène.

  • Les syndicats ont enfin donné l’Ok pour le plan de redressement

Bonne nouvelle aussi : La compagnie a terminé, jeudi dernier, le cycle des réunions avec les syndicats autour du plan de redressement, financier et social et ce dernier aurait été accepté pour la société mère qui est la locomotive du reste des filiales. Il comprend un délestage, en matière de personnel, de 1.200 personnes pour tout le groupe, dont 500 employés pour la seule Tunisair qui en compte 3.500 et 7.500 pour tout le groupe. Avec les deux nouveaux appareils que devrait recevoir la compagnie, elle rentrera dans la norme internationale de 100 employés par avion et améliorera ainsi un autre critère de rentabilité. Seuls les plans de redressement de deux filiales, à savoir Tunisair-Technics et le Handling, n’auraient pas été acceptés et demanderont donc révision. Auparavant, un audit sera fait pour ces deux filiales et il décidera si elles réintègreront le groupe ou resteront entités indépendantes.

La dette de l’OACA devrait être épongée par l’Etat qui devra assumer tous les dépassements, dont il est à l’origine, comme l’intégration de 1500 intérimaires, l’augmentation des salaires qui ont plombé une compagnie qui faisait avant cela des bénéfices.

  • Tunisair restera, à 64,5 %, étatique après l’augmentation de capital

Ce plan de redressement, accepté par les syndicats, devrait faire l’objet d’une réunion avec le ministre du Transport, pour le finaliser en écrit et le signer, dans ses volets, social, commercial et financier. On remarquera que les résultats du 1er trimestre 2018 s’inscrivent déjà dans le trend de l’amélioration générale de la compagnie nationale et met Tunisair «pile poil» dans son budget 2018, comme elle l’a été pour le budget 2018.

Le dernier pilier de la restructuration financière devrait être une importante augmentation du capital de Tunisair. Mais une augmentation qui ne changera rien à la part de l’Etat dans le capital de Tunisair qui est de 64,5 % et qui sera dans ces mêmes proportions. Le reste sera réparti entre actuels actionnaires et marché financier. Tunisair, par cette prochaine augmentation de capital, devrait aussi s’ouvrir sur ses propres employés qui seront aussi appelés à y participer.

  • La ponctualité, bientôt de retour. Des saisonniers et 12 MDT pour les bagages y aideront

Deux facteurs : Le 1er était le manque de PNT en face d’une disponibilité des avions à cause d’une discordance du timing de formation qui devait se terminer en avril 2017 et qui n’avait pris fin qu’en août. Cette année, tous les programmes de formation sont terminés et la disponibilité des PNT est recouvrée. On avait aussi un problème au niveau de l’exploitation, avec un manque de personnels pour cause de mauvaise organisation, surtout au niveau de Tunis-Carthage. Sa résolution passera certainement par le recrutement d’une cinquantaine de saisonniers, notamment au niveau du service bagages. En effet, une des causes du manque de ponctualité, c’est le service bagages et le temps que cela prend, entre le tri et la mise sur les ceintures de récupération pour les passagers. Il y avait aussi un problème de matériel pour ce service. On a budgétisé 12 MDT sur une période de 5 années, pour une grosse commande de matériel de traitement des bagages, tels que les escabeaux, les chariots, les tracteurs à bagages et autres. La livraison de ce nouveau matériel devrait se terminer courant l’été 2018.

  • Les problèmes techniques, bientôt un mauvais souvenir

Le planning de maintenance des avions sera moins lourd, en 2018, qu’il ne l’avait été en 2017, ce qui était aussi une des causes des problèmes de ponctualité des avions Tunisair. Reste pourtant le problème des 10 moteurs d’avion, encore bloqués en maintenance à l’étranger, après que Tunisair a changé de partenaire, suite à la fin du contrat avec Lufthansa qui n’a pas été meilleure lors de l’appel d’offres face à Air France Technics, dont le contrat de quelques 250 MDT a débuté en décembre 2017. Ils en ont pris 4, dont l’un est déjà terminé et les 3 autres ne devraient pas dépasser juin prochain. Les 6 autres sont chez Look Head Martin, quatre sont déjà au Canada et les deux autres en route.

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Lors d’une séance plénière, mardi 21 novembre 2017, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et consacrée à la Déclaration du gouvernement sur le projet de budget de l’Etat au titre de l’année 2018 et à la loi de Finances, le chef du Gouvernement tunisien a fait une déclaration relevant, pour le moins, de la mauvaise foi. Etymologiquement, selon le dictionnaire français, la mauvaise foi est «le fait d’affirmer quelque chose tout en sachant que cela n’est pas vrai».

Youssef Chahed a ainsi affirmé que «l’Etat est ouvert au dialogue avec les différentes parties, insistant à ce propos sur l’importance du caractère pacifique des mouvements de protestation qui, a-t-il dit, ne doivent en aucun cas entraver le processus de développement». Rappelons, d’abord, qu’il avait fait pareil sermon lors de son discours d’investiture, à la même ARP, resté depuis lettre morte. Mais le chef du gouvernement tunisien n’a pas oublié que cela. Nous lui en donnons liens, pour lui rafraîchir la mémoire et le rappeler au realpolitik !

Il avait ainsi manifestement «oublié» les entreprises, étrangères notamment, qui ont menacé de quitter le pays ou qui ont carrément mis clé sous porte, à cause des Sit-in et des grèves à répétition. Il avait encore oublié combien de fois il avait dû dépêcher ses collaborateurs négocier avec des investisseurs qui n’en pouvaient plus de voir leur production arrêtée et avec des ouvriers qui n’en démordront pas. Il avait oublié les dizaines de fois, sinon plus, où la production avait été entravée par des mouvements de protestation, dans le bassin minier et ailleurs et le muret qui avait été érigé sur la voie ferrée du phosphate. Cela, sans parler des trains de phosphate et de souffre «kidnappés» dans l’insouciance de tout le gouvernement On ne les comptera pas pour lui. Son ministre des Affaires sociales, médiateur dans plusieurs de ces affaires, le fera mieux que nous.

La chef du gouvernement tunisien, peut-être par «peur politique» qu’on rapporte à l’UGTT ce qu’il a dit ou que les syndicalistes l’entendraient à l’hémicycle et lui consacre un de ses fameux communiqués, avait oublié ce qu’il venait juste de dire à propos des salaires et au refus de dialoguer de qui, l’Etat se retrouve dans l’obligation de consacrer ¾ du budget aux salaires, jusqu’à devenir presqu’incapable d’investir. Il avait aussi oublié à qui il doit la nouvelle tentative de déstabiliser son gouvernement, en affirmant hier qu’il sera incapable de payer les pensions de retraite, jusqu’à l’obliger à dépêcher deux de ses conseiller pour démentir le SG Adjoint de l’UGTT !

Dans la même déclaration, ce mardi 21 novembre 2017 devant l’ARP, Chahed a aussi passé en revue certains indicateurs qui montrent une évolution malgré les difficultés enregistrées sur le plan social. Il a signalé à ce propos une amélioration de 23 % de la production du phosphate, en comparaison avec la même période de l’année précédente en plus de la hausse des exportations avec un taux de 18 % par rapport à la même période de l’année 2016.

On ne sait pas s’il parlait des mêmes chiffres que ceux publiés par l’INS et si on lui a donné copie. Dans les états du commerce extérieur, pour les 10 mois 2017, il est pourtant fait état d’une baisse de 7,1 % des exportations de phosphate et dérivés. La production a certes augmenté, mais restée en stock et l’exportation du phosphate a diminué. Cela, la Tunisie le doit, bien sûr, aux différents mouvements sociaux, qui persistent mais de manière épisodique, qui ont fait perdre nombre de ses marchés à la CPG !

Chahed a aussi rappelé dans son allocution que «la réalisation du développement est tributaire de la mise en valeur du travail et au retour à la production en tant que locomotive de développement». On lui rappelle, de notre part, cette affirmation de l’INS qui dit que «la production industrielle a enregistré une baisse de 0,9% au cours du mois d’aout 2017. Cette diminution est due principalement à la baisse observée dans le secteur de l’extraction des produits énergétiques (-34,2%), due principalement à la baisse de la production du pétrole brute». Et si le chef du gouvernement ne se rappelle pas des causes de cette baisse, il serait bon qu’il regarde le film des évènements qui avaient secoué la région pétrolière du sud, à Kamour entre autres.

Khaled Boumiza

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Radhouane Ayara n’a que quelques semaines à la tête du ministère du Transport, mais beaucoup de pain sur la planche. Il sait cependant que «bien qu’étant bien structuré, le secteur du transport nécessite beaucoup de réformes, car composé de beaucoup d’importantes entreprises pour l’économie tunisienne, mais qui souffrent de beaucoup de difficultés». Prenant déjà le taureau par les cornes et sachant dans quel environnement social il agit, le ministre pointe du doigt les entreprises qui vont mal et où tout ou presque va mal. «Il s’agit de Tunisair, la Stam et la SNCFT ; ce sont de grandes entreprises. Et si on les regardait autrement, on pourrait en faire des locomotives de développement, même dans les régions» dit-il, peut-être encore optimiste et on le comprend, puisqu’il n’a que quelques semaines d’âge en tant que ministre.

  • Sur les pas de Rayanair ?

Pour le moment, «l’urgence c’est Tunisair et il nous faut un regard objectif sur sa restructuration, action sur laquelle tout le monde est d’accord». Le ministre sait qu’il marche là sur des œufs, l’entreprise étant un véritable sac de noueux de tous genres. Doucement, il s’avance pourtant pour préciser : «nous avons quelques solutions, mais il nous faut aussi l’audace d’aller directement vers les bonnes solutions, même si elles seront parfois douloureuses». Et comme on s’y attendait, l’urgence, pour Tunisair, selon lui, est de résoudre le problème des retards des vols qui devient endémique, pour amener la compagnie à reprendre un rythme régulier de ses vols.

Soucieuse d’éclairer ses lecteurs, Africanmanager va de l’avant, au risque pourtant de mettre le ministre dans ses derniers retranchements. Et le ministre de se laisser aller aux premières vraies nouvelles. «On ne peut pas parler de retards en oubliant que nombre de ses appareils restent cloués sur le tarmac et que la compagnie incapable d’assurer tous les vols. Il n’est pas alors nécessaire, même pour un certain temps, de garder tous les vols et toutes les destinations, même les plus traditionnelles et nous devons avoir le courage de le faire s’il le faut». Le ministre nous confirme d’ailleurs que le nombre des appareils cloués au sol est de cinq et que ce n’est pas seulement un problème d’argent pour acheter de nouveaux moteurs, mais aussi de disponibilité de ces moteurs sur le marché. On comprendrait presque là que Tunisair marcherait sur les pas de l’Irlandaise Rayanair [Ndlr : Se débattant dans un problème d’organisation interne, la compagnie a annoncé fin septembre dernier la suppression d’un vol par jour pendant 5 mois et le retrait de 25 avions de la flotte], mais que cela pourrait aussi lui être salutaire ! En attendant, Tunisair s’oriente déjà vers la location pour assurer le minimum vital de son activité.

  • Revoir la structure du capital, sans la privatiser

Mais Tunisair, c’est aussi une capacité financière diminuée, face à un Etat qui ne peut désormais mettre la main dans la poche, plus qu’il ne le fait. Et Radhouane Ayara d’affirmer à Africanmanager que «le capital de l’entreprise n’est plus capable de faire face à son endettement, ce qui fait qu’elle devient incapable de continuer de l’avant alors qu’elle n’a plus les moyens de sa politique». Et lorsqu’on lui demande s’il faut s’attendre à une augmentation du capital de Tunisair, le ministre du Transport ne dément pas et va plus loin. «Oui et même une révision de la composition de ce capital», dit le ministre, tout en prenant soin de préciser que «cela ne signifie pas la privatisation, ni l’entrée d’autres partenaires. C’est une question délicate et qui doit encore faire l’objet de discussions».

La compagnie tunisienne de transport aérien souffre aussi d’un surplus d’employés, dont le nombre total dépasse les 7.500 et la place en dehors des ratios internationaux pour le nombre d’employés par avion. L’idée du plan social n’est pas nouvelle, mais traîne depuis 7 ans. Une somme de quelque 52 MDT a même été provisionnée par Tunisair pour les départs volontaires à la retraite. Il s’avère cependant que le calcul de la provision ne tenait pas compte de l’incapacité des caisses sociales, qui refusent de payer et ne permettrait même pas le départ de 400 employés.

  • Plan social et retards : Des solutions, internes et après discussion avec l’UGTT

Là encore Radhouane Ayara nous renvoie vers la nécessité d’un dialogue avec l’UGTT à propos de ce plan. «Nous avons un partenaire social et on doit en discuter avec lui, probablement la semaine prochaine», nous dit-il, avant de glisser l’idée de ce qu’on a cru comprendre comme une possible reconversion professionnelle, que «à la fin des discussions, si tout le monde s’entend sur le fait que certains employés quittent volontairement Tunisair pour d’autres secteurs, dans le respect de la loi, cela pourrait être une solution parmi tant d’autres». Et le nouveau ministre de préciser encore, comme pour dire que rien n’est encore décidé : «je crois que ne doivent quitter la compagnie que ceux qui n’ont plus de force pour continuer, pour des considérations qui ne sont pas forcément personnelles», avant d’évoquer les expériences «d’autres compagnies où les choix adoptés ont été douloureux, mais qui tiennent compte de l’intérêt de leurs compagnies et du pays».

Avec le ministre du Transport, dans cet entretien exclusif, nous revenons sur la question des retards, à répétition et toujours en hausse de délais. Il n’en dira pas plus que ce qu’il a indiqué plus haut, invoquant la question des ressources, humaines et matérielles. Nous insistons, il s’en tient à ses premières explications et appelle toutes les parties à contribuer à la recherche d’une «solution, qui ne peut être qu’interne».

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«Dans le cadre de son programme de restructuration, la banque a élaboré un plan d’assainissement social, sur décision de la Commission d’assainissement et de restructuration des entreprises à participations publiques (CAREEP) du 30 mai 2017, la banque a été autorisée à procéder à l’assainissement social qui devrait concerner 378 de ses employés. A cet effet, la STB a constaté une provision de l’ordre de 24,4 millions de dinars qui tient compte de l’étalement du coût sur la période de réalisation du plan d’assainissement social qui est de 2 ans (2017 et 2018). Les départs à la retraite seront volontaires, pour les personnes actuellement âgées de 50 à 57 ans, avec une ancienneté de plus de 15 ans et qui n’ont pas de fonction. Cela lui évitera de se retrouver dégarnie de ses «têtes bien faites».

Mais la STB, une banque où la moyenne d’âge est de 52 ans, cherche aussi à rajeunir ses effectifs dont certains ne savent toujours pas utiliser un ordinateur. C’est ainsi que la banque, à 71,54 % détenue par l’Etat, sans compter les 11,85 % des entreprises publiques, lancera très prochainement un premier plan de recrutement de 190 personnes. Un second sera lancé en décembre prochain, pour recruter 110 autres. Tout ce plan, déjà budgétisé, devrait essentiellement concerner les détenteurs de licences et de Masters.

Au bout du compte, la STB aura sorti 378 personnes, pour en recruter 300. Il faut préciser ici qu’un ancien STB lui coûte en moyenne 38.000 DT par an et que la moyenne d’un salaire d’une nouvelle recrue est de 22.000 DT par an. La banque est ainsi gagnante à double titre, rajeunir et dépenser moins.

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Une troisième réunion de travail regroupant le secrétaire général du gouvernement et des représentants de plusieurs ministères sera tenue afin d’examiner le dossier relatif à la retraite anticipée dans la fonction publique. Cette réunion a pour objectif d’étudier tous les dossiers en la matière et ce, à travers la formation des commissions“, a annoncé Hédi Makni, secrétaire général du gouvernement dans une interview accordée ce mercredi 23 août aout à Africanmanager.

Le responsable a précisé qu’à travers ces réunions, le gouvernement ambitionne de respecter les délais qui ont été fixés, affirmant que la présidence du gouvernement a appelé tous les ministères à préparer une liste bien détaillée sur les fonctionnaires concernés par la retraite anticipée, et ce afin d’appliquer les mesures qui ont été prises et de caler le budget de l’Etat pour l’année 2018en conséquence…

Rappelons que la présidence du gouvernement a annoncé que les agents de la fonction publique qui auront atteint l’âge légal de départ à la retraite durant la période allant du 1er janvier 2018 au 1er janvier 2021 et désireux de partir à la retraite anticipés sont appelés à présenter leurs demandes par voie hiérarchique, avant le 2 octobre 2017.

Ce dispositif de retraite anticipée ambitionne d’absorber le surplus d’employés dans la fonction publique, notamment depuis les recrutements massifs effectués entre 2011 et 2015.

Notre interviewé a ajouté que beaucoup de fonctionnaires tunisiens sont concernés par ce projet , précisant que plusieurs critères ont été pris en considération dont notamment le garantie de l’équilibre de hiérarchie des ressources humaines, le respect de la situation sociale et sanitaire de l‘employé.

La retraite des fonctionnaires est volontaire

La stratégie de modernisation de l’administration et de la fonction publique en Tunisie s’articule autour d’un départ à la retraite volontaire. Cette réforme cible les fonctionnaires âgés entre 57 et 59 ans. Ils bénéficieront de la même pension de retraite que ceux qui partent à l’âge de 60 ans.

De même, cette mesure est axée sur plusieurs éléments, à savoir  l’affiliation depuis au moins 15 ans à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS).

Le programme est également destiné à ceux qui désirent quitter la fonction publique et créer leurs propres projets, à condition qu’ils ne dépassent pas 55 ans. Pour ceux-là, ils bénéficieront d’un soutien financier et d’un accompagnement de la part du ministère de l’Industrie ; la durée de l’affiliation aux caisses sociales doit être d’au moins cinq ans.

Le programme de réforme concerne aussi ceux âgés entre 40 et 45 ans qui désirent accéder à de hauts postes dans la fonction publique. Ils seront recrutés par concours et évalués après 3 ans sur la base des objectifs atteints.

Une période de cinq ans sera accordée aux fonctionnaires qui désirent rejoindre le secteur privé. Ils pourront réintégrer la fonction publique après cette période.

 

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