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Tunisie : Tunisair, de nouveau sur la piste d’envol et dans 2 ans le bénéfice

Son budget de 2018 prévoyait une augmentation de 12,8 % de l’activité en trafic passagers, par rapport à 2017. Tunisair qui compte cette année atteindre 4 millions de passagers le fera certainement et signera un record. C’est ce qu’assure le DG commercial de la compagnie, Ali Miaoui, à Africanmanager. Le précédent record était à 3,830 millions de passagers et avait été atteint en 2008. Dix années plus tard donc, le transporteur aérien officiel tunisien revient aux records.

  • 5 nouveaux appareils, le Charter rebondit et 1,5 Milliard DT de CA pour 2018
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Selon les premières provisions, le chiffre d’affaires de la compagnie devrait aussi atteindre cette année les 1,5 Milliard DT, contre 1300 MDT en 2017, en hausse de quelque 16 % et qui était déjà un record pour Tunisair, grâce notamment à une hausse des recettes sous l’effet euro. Le coefficient de remplissage, qui était déjà en progression de 3 points l’année dernière pour atteindre 75%, devrait augmenter d’un point supplémentaire cette année 2018. L’utilisation journalière des avions, qui est un paramètre très important de productivité, était déjà passée en 2017 de 7h20 à 8h16, et devrait cette année encore augmenter d’une heure.

Ce programme sera réalisé par les 28 appareils de la compagnie et un minimum de 5 appareils affrétés, dont 2 A340 pour la saison du pèlerinage et 3 modules 150-160 sièges pour répondre à l’activité touristique qui est en forte progression cette année.

Les sources de cette croissance prévue viendront de l’activité Charter qui rebondit de nouveau, après avoir chuté de 50 à 15 % seulement de l’activité de l’entreprise et devrait ainsi augmenter de 55 % en termes de sièges offerts par rapport à 2017. Une croissance drivée par la hausse des marchés, français, Allemand et l’Europe centrale. Cela, sans compter le Régulier qui sera aussi en forte progression, en relation avec celle de l’activité touristique. L’objectif chez Tunisair est aussi d’améliorer la rentabilité et la qualité de service qui restait jusque-là le véritable talon d’Achille de la compagnie. Tunisair avait perdu en 2016 presque 160 MDT et travaille d’arrache-pied pour arrêter les dégâts.

  • Diviser, en deux fois successives, les pertes par 2

Les premières estimations tablent sur une division par deux des pertes en 2017, au mieux à quelque 80 MDT de déficit seulement, au pire à -100 MDT. Tunisair a en effet serré les vis en termes de remplissage, en termes de tarifs avec une recette moyenne en hausse qui profite de l’effet euros aussi. Rappelons bien sûr que ces prévisions profitaient aussi d’un prix du kérosène qui n’était pas encore en hausse en 2017.

2018, la compagnie devrait aussi aller vers une perte de seulement 30 à 40 MDT, c’est-à-dire diviser encore, par deux sinon plus, les pertes de Tunisair en 2017. A la compagnie, on est désormais optimiste et on entrevoit déjà d’entrer dans le vert, en matière de résultat net, entre 2019 et 2020. L’exercice en cours devrait en effet être assez impacté par les coûts de location des 5 avions nécessaires pour faire face à la demande d’un certain nombre de marchés, comme le français où le last-minute compte et prendre aussi une bonne part de la relance de l’activité touristique. Mais aussi par la hausse des prix du carburant et impacter quelque peu le résultat de 2018, qui s’améliorera malgré ces impacts financiers attendu du coût de la location et du prix du kérosène.

  • Les syndicats ont enfin donné l’Ok pour le plan de redressement

Bonne nouvelle aussi : La compagnie a terminé, jeudi dernier, le cycle des réunions avec les syndicats autour du plan de redressement, financier et social et ce dernier aurait été accepté pour la société mère qui est la locomotive du reste des filiales. Il comprend un délestage, en matière de personnel, de 1.200 personnes pour tout le groupe, dont 500 employés pour la seule Tunisair qui en compte 3.500 et 7.500 pour tout le groupe. Avec les deux nouveaux appareils que devrait recevoir la compagnie, elle rentrera dans la norme internationale de 100 employés par avion et améliorera ainsi un autre critère de rentabilité. Seuls les plans de redressement de deux filiales, à savoir Tunisair-Technics et le Handling, n’auraient pas été acceptés et demanderont donc révision. Auparavant, un audit sera fait pour ces deux filiales et il décidera si elles réintègreront le groupe ou resteront entités indépendantes.

La dette de l’OACA devrait être épongée par l’Etat qui devra assumer tous les dépassements, dont il est à l’origine, comme l’intégration de 1500 intérimaires, l’augmentation des salaires qui ont plombé une compagnie qui faisait avant cela des bénéfices.

  • Tunisair restera, à 64,5 %, étatique après l’augmentation de capital

Ce plan de redressement, accepté par les syndicats, devrait faire l’objet d’une réunion avec le ministre du Transport, pour le finaliser en écrit et le signer, dans ses volets, social, commercial et financier. On remarquera que les résultats du 1er trimestre 2018 s’inscrivent déjà dans le trend de l’amélioration générale de la compagnie nationale et met Tunisair «pile poil» dans son budget 2018, comme elle l’a été pour le budget 2018.

Le dernier pilier de la restructuration financière devrait être une importante augmentation du capital de Tunisair. Mais une augmentation qui ne changera rien à la part de l’Etat dans le capital de Tunisair qui est de 64,5 % et qui sera dans ces mêmes proportions. Le reste sera réparti entre actuels actionnaires et marché financier. Tunisair, par cette prochaine augmentation de capital, devrait aussi s’ouvrir sur ses propres employés qui seront aussi appelés à y participer.

  • La ponctualité, bientôt de retour. Des saisonniers et 12 MDT pour les bagages y aideront

Deux facteurs : Le 1er était le manque de PNT en face d’une disponibilité des avions à cause d’une discordance du timing de formation qui devait se terminer en avril 2017 et qui n’avait pris fin qu’en août. Cette année, tous les programmes de formation sont terminés et la disponibilité des PNT est recouvrée. On avait aussi un problème au niveau de l’exploitation, avec un manque de personnels pour cause de mauvaise organisation, surtout au niveau de Tunis-Carthage. Sa résolution passera certainement par le recrutement d’une cinquantaine de saisonniers, notamment au niveau du service bagages. En effet, une des causes du manque de ponctualité, c’est le service bagages et le temps que cela prend, entre le tri et la mise sur les ceintures de récupération pour les passagers. Il y avait aussi un problème de matériel pour ce service. On a budgétisé 12 MDT sur une période de 5 années, pour une grosse commande de matériel de traitement des bagages, tels que les escabeaux, les chariots, les tracteurs à bagages et autres. La livraison de ce nouveau matériel devrait se terminer courant l’été 2018.

  • Les problèmes techniques, bientôt un mauvais souvenir

Le planning de maintenance des avions sera moins lourd, en 2018, qu’il ne l’avait été en 2017, ce qui était aussi une des causes des problèmes de ponctualité des avions Tunisair. Reste pourtant le problème des 10 moteurs d’avion, encore bloqués en maintenance à l’étranger, après que Tunisair a changé de partenaire, suite à la fin du contrat avec Lufthansa qui n’a pas été meilleure lors de l’appel d’offres face à Air France Technics, dont le contrat de quelques 250 MDT a débuté en décembre 2017. Ils en ont pris 4, dont l’un est déjà terminé et les 3 autres ne devraient pas dépasser juin prochain. Les 6 autres sont chez Look Head Martin, quatre sont déjà au Canada et les deux autres en route.

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