Tags Posts tagged with "discrimination raciale"

discrimination raciale

par -

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a entendu, le lundi 1er mai 2017, des intervenants de la société civile au sujet de la mise en œuvre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale au Kenya, l’un des trois pays dont les rapports seront examinés cette semaine. Aucun représentant de la société civile n’est intervenu concernant les deux autres pays dont les rapports seront examinés cette semaine, à savoir Chypre et la Bulgarie.

Pour ce qui est donc du Kenya, ont particulièrement été évoqués la situation des éleveurs et des pasteurs, l’accès à l’éducation et à la justice pour les minorités, le droit foncier des populations autochtones et la situation de la communauté Endorois.

Les interventions de la société civile s’agissant de ce pays ont été suivies d’échanges de vues avec les membres du Comité.

Audition des organisations non gouvernementales
S’agissant du Kenya
L’Association Yiaku Laikipiak Trust, s’exprimant au nom de trois ONG, a rappelé qu’au Kenya, l’article 56 de la nouvelle Constitution envisage la protection des minorités ethniques et des groupes marginalisés et exige que l’État mette en place des programmes d’action affirmative en leur faveur. Parmi les instruments clés, la loi sur l’éducation de 2012, la Constitution de 2010, la loi pour la cohésion nationale et l’intégration et le Programme Vision 2030 reconnaissent que la société ne peut gagner en cohésion que si les problèmes de pauvreté et d’équité sont abordés de front. Le Programme Vision 2030 prévoit de nombreuses actions destinées à atteindre l’égalité à travers un soutien aux régions reculées et aux groupes minoritaires historiquement désavantagés.

La situation des éleveurs, présents dans 14 comtés du pays sur 18, soulève la question de la nécessité pour le Gouvernement d’assurer la protection de ces populations et de leurs droits fonciers, a poursuivi l’ONG. Les populations de ces territoires ont été victimes d’exactions, de déplacements forcés et d’assassinats menés par les forces paramilitaires, a-t-elle souligné. De graves violations des droits de l’homme ont actuellement lieu dans la région de Laikipia, au nord du pays, a ajouté l’ONG. Elle a ensuite déploré le recours systématique des autorités kenyanes à la force et au pouvoir militaire pour imposer leur politique; ces méthodes ont notamment provoqué la mort de nombreux éleveurs qui ont tenté de défendre leurs modes de vie et ont entraîné la perte de leurs propriétés.

Dans le cadre du dialogue qui a suivi cette présentation, un expert s’est inquiété que la loi sur la cohésion nationale ne propose pas une définition de la discrimination raciale conforme à la Convention. Il a par ailleurs relevé que les victimes n’ont pas facilement accès à la justice tant pénale que civile. Il s’est inquiété de cas rapportés de profilage ethnique s’agissant de personnes de nationalité somalienne, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Une experte s’est enquise des mesures mises en œuvre afin d’assurer un accès égal à l’éducation pour toutes les communautés du pays.

Une experte s’est inquiétée du déni des droits économiques, sociaux et culturels en rapport avec la question foncière et avec le fait que certains comtés ne bénéficient pas d’un accès égal aux services de l’État. Elle a souhaité savoir quelles étaient les communautés marginalisées dans le pays et a demandé si elles bénéficiaient d’une représentation politique. Si la nouvelle Constitution constitue incontestablement un véritable progrès sur le plan de la protection des droits de l’homme, ses dispositions relativement aux droits socioéconomiques ne sont pas suivies d’effet, a-t-elle en outre déploré.

Un autre expert a souhaité obtenir des informations sur la traite d’êtres humains et sur les raisons qui s’opposent à ce que les citoyens saisissent la justice pour des questions de discrimination.

Un autre expert s’est enquis des répercussions de l’après-colonialisme sur la question de la terre et a souhaité savoir s’il existait un droit foncier individuel.

Un autre expert s’est enquis de la situation actuelle de la minorité des Endorois, originaires de la région du lac Bogoria, qui avaient fait l’objet d’une expulsion de leurs terres dans les années 1970. Il a rappelé qu’un groupe issu de cette communauté avait déposé plainte devant la Commission africaine des droits de l’Homme, laquelle lui avait donné raison dans une décision datant de 2010.

L’Association Sumburu Women Trust a fait observer que malgré la gratuité de l’école primaire, l’accès à l’éducation reste extrêmement difficile, notamment du fait de l’éloignement des écoles de certains lieux de vie. Si le Gouvernement kényan dispose de bonnes lois concernant la protection des droits de l’homme, celles-ci ne sont pas mises en œuvre, a souligné l’Association. Outre les pasteurs, les personnes vivant dans les bidonvilles et celles n’ayant pas accès aux services de base ainsi que les femmes des communautés d’éleveurs restent extrêmement marginalisées, a-t-elle ajouté. Pour ce qui est de la question foncière, elle a indiqué que les terres étaient, le plus souvent  entre les mains de grands cartels ou de membres du Gouvernement. L’industrie de l’extraction s’empare de territoires de peuples autochtones sans que ceux-ci ne soient consultés, a-t-elle fait savoir.

L’Association Yiaku Laikipiak Trust a souligné que la loi sur l’éducation de base était encore en examen. Malgré la gratuité de l’éducation primaire au Kenya, les populations d’éleveurs et de bergers sont toujours peu scolarisées. Pour ce qui est de l’accès à la justice, malgré la mise en place d’un projet pilote en 2011, l’État kényan ne propose pas une aide juridictionnelle efficace et systématique pour les personnes qui souhaitent présenter un recours. Or, les frais d’avocats, très élevés au Kenya, constituent un obstacle de taille pour l’accès à la justice, notamment en cas d’expulsion d’une personne de la terre qu’elle occupe.

Après les élections de 2007, a poursuivi l’ONG, le Gouvernement a permis à certaines communautés du pays de s’installer sur les terres d’autres communautés, générant ainsi d’importantes tensions; des populations déplacées ont aussi été installées sur ces terres. En outre, a ajouté l’ONG, la liberté de mouvement, essentielle en particulier pour le bétail, n’est pas assurée par les autorités kenyanes. De plus, certains transferts de populations d’un comté à un autre ont été orchestrés pour influencer le résultat des élections. Un fonds spécifique d’action affirmative a bénéficié à 11 comtés ayant souffert d’injustice et de négligence dans le passé; les subventions accordées dans ce cadre sont gérées par les gouverneurs desdits comtés.

L’ONG a d’autre part souligné que de nombreuses communautés autochtones sont illettrées et que le comportement des forces de sécurité, de la police et de l’armée, à l’égard de ces populations entretient un sentiment de défiance chez ces communautés, qui n’osent pas s’adresser à la justice. Des exactions ainsi que des viols de femmes ont été perpétrés lors d’exercices militaires menés sur les terres des communautés autochtones, a ajouté l’ONG.

S’agissant de la traite d’êtres humains, l’ONG a fait état de l’existence sur le territoire kényan de cartels qui recrutent des domestiques à destination des pays du Golfe.

La participation des minorités n’est pas assurée lors des négociations entourant les projets publics menés sur leurs terres, notamment du fait de l’utilisation d’une langue qui n’est pas parlée par ces communautés, a d’autre part expliqué l’ONG.

Après la décolonisation, les terres sont revenues au Gouvernement kényan qui les a réparties en les redistribuant aux populations; mais cela n’a pas été le cas pour la région de Laikipia, au nord du pays, où les terres appartiennent toujours à des propriétaires privés blancs, 8 d’entre eux possédant aujourd’hui 75% du comté, a poursuivi l’ONG. Les populations autochtones sont ainsi repoussées vers les régions les plus arides. Lorsqu’un bail arrive à terme, la terre doit revenir au Gouvernement qui détermine par qui elle doit être gérée, a indiqué l’ONG. Une commission nationale de la terre a pour mandat d’enquêter sur les injustices liées à l’utilisation de la terre, a-t-elle ajouté.

L’Association a ensuite déploré que de nombreuses ONG, notamment régionales, n’aient pas été consultées lors du processus d’élaboration du rapport que le Kenya présente ici au Comité; certaines ne sont même pas au courant de son contenu.

S’agissant enfin des Endorois, l’Association a fait observer que le fait que la région du lac Bogoria reçoive différentes appellations consacrant la protection de son patrimoine naturel rend difficile la revendication effective de cette terre par les communautés ancestrales.

par -

La société civile et les militants des droits de l’Homme en Tunisie ont, à maintes reprises, appelé le gouvernement à instaurer une loi pénalisant les agissements racistes. La dénégation du racisme constitue le principal obstacle entravant la lutte contre la discrimination raciale en Tunisie.

C’est dans ce contexte que le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme (CRLDHT) et le Réseau euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme ont annoncé lors d’un point de presse tenu ce mardi 14 juin à l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP) un projet de loi portant sur la criminalisation du racisme en Tunisie. Ce projet de loi visant à lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination a été déposé au bureau de l’ARP pour être discuté par l’une des commissions parlementaires, puis en plénière.

Dans une déclaration accordée ce mardi 14 juin 2016 à Africanmanager, Romdhane Ben Amor, chargé de communication du FTDES, a affirmé : « A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la discrimination raciale le 20 Mars 2016, nous avons décidé de créer une commission composée de trois associations. Cette nouvelle structure est chargée de dénoncer toute forme de ségrégation et de racisme en Tunisie. Ce matin, nous avons présenté le projet de loi portant sur la criminalisation du racisme en Tunisie à l’ARP. Ce projet est fondé sur de nouvelles approches éducatives, culturelles et judiciaires et il sera approuvé par les députés de l’ARP d’ici la fin de l’année en cours ».

Il a ajouté : « Nous incitons les décideurs et les législateurs à instaurer une loi contre le racisme et les discriminations raciales et appliquer des sanctions allant d’un mois à 3 ans de prison. Il est temps d’instaurer une loi condamnant et pénalisant la discrimination raciale. Je tiens à rappeler que le phénomène du racisme a pris de l’ampleur non seulement dans le sud tunisien mais aussi dans la capitale, nous avons reçu plusieurs plaintes sur des cas d’agressions et de violences contre des étudiants, des ressortissants africains ».

A noter que l’Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie (AESAT) a, à maintes reprises,  alerté l’opinion publique sur le calvaire que vivent en Tunisie un certain nombre d’étudiants originaires des pays subsahariens. De nombreux étudiants ont été violemment agressés par des Tunisiens, dans l’indifférence générale des autorités tunisiennes.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

AFRIQUE

SPORT

Reseaux Sociaux