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Fini la nébuleuse France-Afrique, avec les basses manoeuvres des officines secrètes néo-coloniales pour faire et défaire les chefs des Etats, les combines pour faire main basse sur les immenses ressources du continent, et autres actions que la morale réprouve ? En tout cas Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche!, idéalement placé, d’après tous les sondeurs, pour émerger du premier tour de la présidentielle française, voire rafler le fauteuil du palais de l’Elysée, l’a juré, la main sur le coeur.  A une semaine du vote – ce 23 avril -, Macron fixe le cap et dit ses vérités, dans une interview accordée à Jeune Afrique. Extrait…

Jeune Afrique : Vous avez fait une déclaration forte sur la colonisation en Algérie, qui a fait polémique. Quel est, en définitive, votre jugement sur ce sujet ?

La colonisation a donné lieu à des violences qui ont nié l’humanité des victimes. Je ne m’inscris pas dans la repentance, mais je ne souhaite pas non plus refouler ce passé, dont la connaissance doit nous aider à construire un avenir apaisé. Apaisé dans notre pays, où les historiens peuvent nous aider à regarder notre histoire en face. Et apaisé avec nos partenaires du Sud. C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons  regarder l’avenir avec confiance.

Comment comptez-vous gérer les relations de la France avec l’Algérie et le Maroc, qui ne s’entendent guère ?

La France a des relations fortes avec l’Algérie, avec le Maroc mais aussi avec la Tunisie, qui sont basées sur des relations humaines et des intérêts communs majeurs. Ce seront des partenaires essentiels dans le cadre de l’initiative en direction de la Méditerranée et de l’Afrique que je souhaite engager dès le début de mon mandat. Je me suis déjà rendu en Algérie et en Tunisie et si je n’ai pas encore pu aller au Maroc, je m’y rendrai très rapidement après mon élection, si les Français m’accordent leur confiance. Je n’ai pas à commenter la nature des relations entre le Maroc et l’Algérie car il s’agit de deux pays souverains. Je crois profondément à l’intérêt des pays du Maghreb à coopérer davantage, à intensifier leurs relations économiques, qui restent faibles, de la même manière qu’ils développent leurs relations avec le reste du continent africain.

Quels sont les pays africains que vous connaissez le mieux ?

J’ai vécu plusieurs mois au Nigeria, ce qui m’a permis de découvrir le pays d’Afrique le plus peuplé du continent et l’une des premières économies africaines, qui fait jeu égal avec l’Afrique du Sud. Cela m’a donné une bonne compréhension des défis auxquels sont confrontés les États africains, et des opportunités d’avenir qu’ils recèlent.

J’ai par ailleurs rencontré de nombreux chefs d’entreprise et responsables politiques africains dans le cadre de mes fonctions de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, ainsi que les actuels présidents du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

Les relations entre chefs d’État sont importantes pour les défis que nous avons à relever ensemble, et je serais heureux d’aller à la rencontre de mes homologues africains rapidement après mon élection.

Mais les liens entre l’Afrique et la France dépassent le seul cadre des relations d’État à État. Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France. C’est pourquoi je veux approfondir nos relations au niveau des acteurs de la société civile et des acteurs économiques. C’est vital pour aussi en terminer avec certains réseaux de connivence qui n’ont plus lieu d’être.

Si vous deviez résumer la future politique africaine de la France, relativement absente des débats lors de la campagne, sur quels principes s’appuierait-elle ?

Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique et pour cela conduire un véritable aggiornamento de notre politique en direction du continent, pour répondre à sa vitalité et contribuer à libérer son potentiel.

C’est pourquoi, je lancerai une initiative ambitieuse entre la France, l’Europe, le sud de la Méditerranée et l’Afrique, les routes de la liberté et de la responsabilité, pour renforcer nos intérêts mutuels, dans tous les domaines – sécurité, climat, commerce, emploi, innovation.

Dans le cadre de ce partenariat pour l’avenir, j’apporterai plusieurs inflexions à notre politique africaine.

Tout d’abord, je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes dont on a vu que, malheureusement, ils subsistent encore dans le système politique français, en particulier à droite et à l’extrême-droite.

Dans cet esprit, je veux m’appuyer sur les forces vives africaines et françaises : les intellectuels, les ONG, les entreprises françaises et africaines, la diaspora française en Afrique et africaine en France.

Je veux aussi que la France accorde plus d’attention et de place à la jeunesse africaine, qui est dynamique et créative, et au développement du secteur privé. Un des grands défis pour nous tous, c’est de créer en Afrique des emplois pour la jeunesse africaine. Il faudra pour cela que chacun prenne sa part, l’aide internationale, les gouvernements nationaux et les investisseurs privés, nationaux et internationaux, pour financer les infrastructures productives (électricité, eau, communications) et les entreprises, notamment les PME.

Enfin, je veux encourager la francophonie, qui est un atout pour la France dans la mondialisation, et qui sera très africaine, puisque 75% des francophones dans le monde seront africains d’ici à 2040. Nous devons développer ensemble un espace économique et un fonds d’investissement francophones.

Dernier point : je suis conscient des soupçons d’ingérence que notre présence militaire peut susciter. Je veux souligner que ces forces jouent un rôle essentiel aujourd’hui dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de crises, pour notre bénéfice collectif. Je souhaite qu’elles travaillent au renforcement des capacités sécuritaires africaines nationales et régionales.

L’aide publique doit-elle être conditionnée à des critères démocratiques ou de respect des droits de l’homme ?

Notre aide au développement n’est pas suffisante, particulièrement en Afrique. Nous devons l’augmenter pour atteindre, comme nos partenaires européens, l’engagement de 0,7% de la richesse nationale, entre 2017 et 2030, en fonction de nos marges budgétaires.

Cette aide au développement renforcée devra se concentrer sur l’Afrique et l’espace francophone, pour appuyer les priorités que j’ai déjà évoquées : lutte contre le dérèglement climatique, droits des femmes, éducation et formation, infrastructures, bonne gouvernance, développement du secteur privé et de l’emploi.

L’aide humanitaire et l’aide directe à des populations en situation difficile doivent évidemment être préservées, particulièrement dans les situations de crise, mais nous devons être prêts à reconsidérer notre soutien aux gouvernements qui bafouent les droits les plus fondamentaux.

Je compte proposer un programme de renforcement des capacités des sociétés civiles dans toutes leurs composantes : fondations locales, organisations de droits de l’Homme ou de protection de l’environnement, médias, partis politiques, syndicats.

Modification des Constitutions pour rester au pouvoir, élections tronquées, régimes autoritaires, justice partiale : quel doit être selon vous le rôle pour la France face à ces dérives ?

Les États africains ont adopté une Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance, qui requiert le respect de principes démocratiques fondamentaux. Pouvons-nous nous-mêmes renier les principes que les États africains se sont eux-mêmes donnés ? A l’évidence, non. Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique, en lien avec l’Union Africaine et les organisations régionales qui ont un rôle majeur à jouer pour faire respecter ces principes de bonne gouvernance démocratique que les pays d’Afrique ont définis. Je salue d’ailleurs à ce titre le rôle très important joué par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans la résolution de plusieurs conflits notamment au Burkina Faso ou plus récemment en Gambie.

Le Franc CFA, dont la persistance est l’objet d’un vif débat, a-t-il toujours un avenir ?

Je le crois, mais c’est un choix qui appartient d’abord aux Africains eux-mêmes. Je note qu’en général les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) qui constituent la zone du franc CFA et qui contribuent à la stabilité économique et à l’intégration régionale.

Je serai entièrement à l’écoute des souhaits de nos partenaires dans ce domaine de coopération exemplaire.

Immigration concertée, immigration choisie… Quelle est votre position sur cette question sensible ?

La France doit tenir ses engagements en matière d’accueil des réfugiés, tout en se montrant, dans des conditions toujours dignes, inflexible avec les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur notre territoire.

Mais pour mieux gérer ces flux migratoires, il faut travailler en amont : contre les réseaux criminels des passeurs, dans les pays d’origine et de transit ; contre les causes des migrations, en aidant les pays d’origine des migrants à offrir à leurs habitants un avenir sur place Et je veux m’appuyer sur l’échelon européen, qui est le bon niveau pour agir fortement, en portant le corps européen de police des frontières à 5 000 agents, en renforçant la lutte contre les passeurs dans les pays de transit, et, en traitant, avec l’aide au développement européenne, les causes profondes de l’immigration. L’Europe pourra proposer aux pays africains des accords mutuellement bénéfiques, pour accompagner une politique migratoire maîtrisée et humaine.

Je veux par ailleurs attirer en France les meilleurs talents du monde entier (créateurs d’entreprises, investisseurs, chercheurs ou artistes), et développer les visas de circulation pour les professionnels (entreprises, scientifiques) qui contribuent à notre développement scientifique et économique partagé.

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Peut-être la fin des tensions et des heurts sanglants en République Démocratique du Congo (RDC), sur fond d’obstination de l’actuel président, Joseph Kabila, à se cramponner au pouvoir malgré le couperet constitutionnel qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Après d’âpres négociations, sur plusieurs mois, la conférence épiscopale de la RDC est parvenue à arracher un accord politique entre le pouvoir et l’opposition hier jeudi 22 décembre 2016 dans la soirée, rapporte Africanews.

Il est convenu que Kabila lâche son fauteuil à la fin de 2017, quoi qu’il se passe. Pour rappel, le précédent accord, sous la houlette du médiateur de l’Union africaine, Edem Kodjo, stipulait que le président partirait en avril 2018, après la tenue des élections, auxquelles, bien entendu, il ne prendrait pas part. C’est cet accord qui avait permis à Kabila de bomber le torse et de mener la vie dure à ses opposants. Il semble qu’on lui ait retiré le tapis sous le pied, même si théoriquement il a encore le temps de voir venir avant de rendre son tablier…

Autre point de l’accord paraphé par les parties en conflit, et non des moindres : Interdiction formelle de tripatouiller la Constitution pour permettre à Kabila de lorgner un autre mandat. Par ailleurs il devra s’accommoder d’un nouveau Premier ministre, issu des rangs de l’opposition pilotée par l’intraitable Etienne Thisekedi.
D’ailleurs ce dernier veillera personnellement sur l’application de l’accord. A noter que le porte-parole du gouvernement n’a pas souhaité s’exprimer sur les termes de ce document…

Le texte passe ce matin entre les mains des parlementaires, pour une adoption en plénière dans la foulée. La signature officielle est programmée cet après-midi même.

Rappelons que le mandat de Kabila a expiré depuis le mardi 20 décembre 2016 et il était censé faire place nette à cette date, mais tout ce qu’on a vu c’est un déploiement impressionnant de forces de l’ordre qui s’en sont prises aux protestataires : Bilan 34 personnes tuées. A moins que le président sorte un autre lapin de son chapeau dans quelques semaines ou mois, le pays en a terminé avec ces épisodes sanglants, grâce à cet accord…

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Le président gambien, Yahya Jammeh, qui avait fait sensation en admettant à la télévision nationale sa défaite à l’élection la semaine dernière, et même félicité en direct son challenger, a fait une spectaculaire volte-face. Voilà que celui qui a tenu le pays d’une main de fer pendant 22 ans se met à contester le résultat du scrutin et réclame un nouvelle élection.

La communauté internationale, qui avait salué le geste de Jammeh, à commencer par le Sénégal, dans lequel est niché la Gambie, dénonce ce revirement à 360°. Les Etats-Unis se sont joints à l’exécutif sénégalais pour demander à Jammeh de créer les conditions d’une « transition pacifique » avec le président élu, Adama Barrow, dont il doit garantir la sécurité, rapporte Jeune Afrique.
Le département d’Etat américain, dans un communiqué, a qualifié la décision du président en place d'”acte répréhensible» et de «violation inacceptable de la confiance» des Gambiens.

Le Sénégal a saisi la Commission économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine et l’ONU pour « prendre toutes les mesures qu’imposent la sauvegarde des résultats du scrutin présidentiel en Gambie et le respect de la souveraineté du peuple gambien ». Mais Jammeh n’en a cure pour le moment, et se prépare au bras de fer avec l’opposition. Des unités armées ont été dépêchées dans les grandes artères et les lieux sensibles, on a même vu des sacs de sable, en prévision d’un face à face musclé.

« Tout comme j’ai loyalement accepté les résultats, en croyant que la Commission électorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité », a déclaré Jammeh à la télévision hier vendredi 09 décembre dans la soirée. Il a martelé : « Laissez-moi répéter: je n’accepterai pas les résultats sur la base de ce qui est arrivé », pointant du doigt des « erreurs inacceptables » de la part de la Commission électorale indépendante (IEC).
« Nous retournerons aux urnes parce je veux m’assurer que chaque Gambien vote sous l’autorité d’une commission électorale impartiale, indépendante, neutre, et libre de toute influence étrangère (…). L’intervention de puissances étrangères ne changerait rien », a ajouté le président gambien, faisant savoir qu’il n’accepterait aucune manifestation. Les choses se gâtent…

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Coup théâtre, séisme politique, révolution… Ce qui s’est passé en Gambie hier vendredi 02 décembre 2016, au terme d’une présidentielle épique, est historique. Le terrible Yahya Jammeh, l’homme à la main de fer, craint pas ses concitoyens pour ses débordements et ses pulsions sanglantes, au pouvoir depuis 1994, a été battu à l’élection présidentielle par Adama Barrow, 51 ans. La Gambie tire un trait sur 22 ans de pouvoir autocrate et entre dans le cercle des pays du continent africain qui peuvent se targuer d’avoir connu une transition démocratique en douceur…

C’est un Jammeh très surprenant qui est apparu hier à la télévision nationale, peu après 20h, pour une allocution qui restera dans les annales de l’histoire. Arborant son traditionnel boubou blanc, celui dont on n’osait pas citer le nom en public reconnait sans détour sa défaite et félicite son challenger. Un dénouement incroyable ! Mieux, l’ex-président, décidément très énigmatique, ajoute ceci : « Même si mon opposant l’avait emporté avec un vote d’avance, j’aurais accepté le résultat du scrutin. Je saisis cette occasion pour féliciter M. Adama Barrow pour sa victoire très nette. Je lui souhaite le meilleur et je souhaite le meilleur à tous les Gambiens », rapporte Jeune Afrique.

Puis, cerise sur le gâteau, comme cela se fait dans toutes les démocraties rodées, il attrape son téléphone, devant les téléspectateurs, pour adresser ses félicitations à Barrow, qui a dû en trembler d’émotion. « Le pays sera entre vos mains en janvier et je vous propose mon aide pour la transition, mais vous devez travailler avec moi, le temps que je déménage et que je vous laisse la présidence ». Le nouvel homme fort de la Gambie a répondu en ces termes : « Je vous remercie pour tout le travail réalisé pendant 22 ans. Si vous pouvez me donner des conseils, je viendrai vous consulter ». Jammeh a répliqué, avec un large sourire : « Merci, mais je vais m’occuper de ma ferme à Kanilaï (son village natal, NDLR) ».

Epilogue d’une journée à maquer d’une pierre blanche. Les présidents des pays voisins, notamment celui du Sénégal, Macky Sall, avec qui le fantasque et imprévisible Jammeh entretenait des rapports passionnés et tendus, pourront dormir sur leur deux oreilles désormais…

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Il fallait s’y attendre tant son impopularité avait atteint un niveau historiquement haut. Le président français, François Hollande, n’ira pas défendre ses chances, infimes du reste, au scrutin d’avril 2017, un fait sans précédent dans l’histoire de la 5ème République. Il l’a fait savoir hier jeudi 1er décembre dans la soirée, mettant un terme à un suspense qui n’en était plus un finalement. En effet Hollande avait martelé durant son mandat qu’il ne briguerait pas un autre mandat s’il ne parvenait pas à inverser le cours du chômage en France, endémique dans l’Hexagone, aux alentours de 10%, alors que les voisins présentent des chiffres relativement bas, aux alentours de 5%. Le chef de l’Etat a donc choisi la voie de la raison, pour préserver le peu de crédibilité qui lui reste, et aussi pour éviter une cuisante défaite à la présidentielle que tous les instituts de sondage lui président….

“Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle”, a déclaré Hollande, en direct depuis l’Élysée.

“Dans les mois qui viennent, mon seul devoir sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m’avez confié en 2012”, a-t-il indiqué, avant d’ajouter que ce qui est essentiel, “c’est l’avenir du pays”.
En direction de son camp, la gauche, où la guerre de succession est ouverte, il a invité à “un sursaut collectif qui engage tous les progressistes, qui doivent s’unir (…). Je ne veux pas que la France soit exposée à une aventure qui serait coûteuse”. Pas sûr que son appel soit entendu, tant les appétits sont grands, entre un Arnaud Montebourg, son ancien ministre de l’Economie, qui fait feu de tout bois en ce moment, Emmanuel Macron, également ex-ministre de l’Economie, bien placé dans les sondages et Manuel Valls, le Premier ministre, qui cache difficilement ses ambitions et ronge son frein depuis belle lurette…

Il défend son bilan, contre vents et marrées

Hollande ne veut tout de même pas qu’on enterre son bilan. Dans un discours qui a duré à peine une dizaine de minutes, il a tenté de défendre les actions de son quinquennat, dont il “assume toute la responsabilité”. Il a affirmé que “les comptes publics sont assainis, la Sécurité sociale est à l’équilibre et la dette du pays a été préservée”. Il a par ailleurs déclaré qu’il a “fait avancer les libertés”. “Le mariage a été ouvert à tous les couples. L’égalité entre les femmes et les hommes a été renforcée” et le “modèle social” du pays a été “conforté”, selon lui. Il a également mis en avant la réforme de la retraite, notamment le fait d’avoir abaissé l’âge du départ à 60 ans pour les longues carrières et la mise en place d’une mutuelle obligatoire pour les employés.

Hollande s’est aussi targué d’avoir été à la manette pour la ratification de l’accord mondial sur le climat à la COP21 à Paris, en décembre 2015 et de “la transparence” qu’il a “imposée à tous les élus”, y compris lui-même.

S’agissant de la baisse du chômage, le clou de son mandat, il a affirmé : “L’engagement majeur que j’ai pris devant vous était de faire baisser le chômage (…) Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j’en conviens, mais ils sont là. Depuis le début de l’année, le chômage enfin diminue, mais il reste à un niveau encore trop élevé.”

Au chapitre des regrets – il en faut toujours pour injecter une dose de sincérité dans une allocution de cet type -, il a confessé qu’il n’aurait pas dû poser sur la table la déchéance de la nationalité suite au traumatisme des attentats de novembre 2015, à Paris, un texte qui a profondément divisé le pays, avant d’être abandonné en rase campagne en mars 2016. Une affaire qui a atomisé l’image du président.

Pour une fois les Français lui disent OUI!

D’après un sondage Harris Interactive pour RMC publié ce vendredi, 8 Français sur 10 sont d’accord avec la décision de Hollande de jeter l’éponge pour la présidentielle. Quand on a demandé aux citoyens “approuvez-vous ou désapprouvez-vous le choix de François Hollande de ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2017”, 82% des sondés ont dit “approuver” la décision du président de la République, contre seulement 4% qui “désapprouvent” et 14% qui rétorquent “ni l’autre ni l’autre.”
C’est encore plus net quand on pose la question aux sympathisants de gauche et de droite ; en effet 86% des gens de gauche comprennent la décision de Hollande, 88% des sympathisants de droite et du centre et 84% des fidèles du Front National la soutiennent…
Le chef de l’Etat aurait sans doute aimé recueillir cette très forte adhésion dans d’autres sujets qu’il a tenté de défendre. Mais il restera jusqu’au bout un président incompris, mal aimé, comme l’était son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, mais pour d’autres raisons…

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Pour ceux qui en doutaient, la France de François Fillon serait très à droite, en tout cas au moins sur le plan économique. En effet le grandissime favori à la prochaine présidentielle – en avril 2017 -, depuis qu’il a évincé Nicolas Sarkozy, dont il a été le Premier ministre et Alain Juppé à la primaire de la droite, commence à abattre ses cartes. Ce jeudi 1er décembre, en déplacement dans son bastion, la Sarthe, son premier depuis qu’il a fait le vide autour de lui dans son camp, Fillon s’est laissé aller à quelques confidences. Il a levé un coin du voile sur ses priorités, une fois au palais de l’Elysée ; il a déclaré qu’il allait « reprendre les privatisations » afin que « l’Etat reprenne des capitaux immobilisés dans des entreprises commerciales où il a gardé des participations », comme chez Renault.

Fillon a décidé d’aller en croisade contre les entreprises où la participation de l’Etat «ne sert strictement à rien» et n’a aucune prise sur la stratégie de l’entreprise. Il a lâché cela devant des élus, qui ont dû en trembler.

Il faut « qu’on reprenne ce processus, qu’on récupère cet argent et qu’on investisse dans les infrastructures », a encore asséné le champion de la droite.

Pour rappel, Fillon avait déjà annoncé la couleur le 07 novembre dernier, au Procope à Paris où il était l’hôte de l’institut Thomas More. Il avait dit à cette occasion qu’il était favorable à « la reprise des privatisations ». Il avait plaidé pour un « grand » retrait de l’Etat de l’économie ; il avait, dans ce cadre, pourfendu l’omniprésence des « fonds de pensions américains et du Qatar » dans l’économie française.

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La presse américaine est presque unanime : Le deuxième débat télévisé entre Hillary Clinton et Donald Trump, dans le cadre de la présidentielle de Novembre 2016, a été parsemé de coups bas, de coups de pied… Bref le niveau n’y était pas, la qualité était médiocre entre une démocrate – Mme Clinton – peu inspirée et un républicain -Trump – qui l’était encore moins. In fine, les éditorialistes donnent les points à Hillary Clinton.

Le New York Times, qui vient de basculer, officiellement, dans le camp d’Hillary Clinton, a déploré dans son éditorial « des attaques personnelles qui prédominent un débat abrasif ». D’après le journal, Donald Trump s’est borné au cours du débat à balancer une série d’attaques, très maladroites d’ailleurs, contre Hillary Clinton, en exhumant notamment les scandales sexuels de Bill Clinton.
Le républicain a pensé ainsi qu’il pouvait un tant soit peu équilibrer la balance après la diffusion de ses propos insultants à l’endroit des femmes, un déballage qui lui a couté le lâchage de ténors républicains à moins d’un mois du scrutin présidentiel. Mal lui en a pris, Trump n’a fait que confirmer tout le mal qu’on pensait de lui…
Pour le New York Times, ces sorties de route, les énièmes, avantagent Hillary Clinton,
« Mme Clinton se présente à nouveau comme la seule personne adulte sur scène ; la seule qui cherche à convaincre la grande majorité des Américains qu’elle partage leurs valeurs et leurs aspirations. M. Trump, en revanche, se cache derrière les parades qu’il utilisait déjà lorsqu’il faisait de la télé-réalité ou qu’il animait des combats de catch, montrant, au passage, à quel point il est cynique », a écrit le journal.
Indigence
Le Washington Post, presque dans les mêmes termes, déplore la teneur des échanges, pointant surtout du doigt un Trump « isolé » et « politiquement affaibli » au terme de ces quatre-vingt-dix minutes de direct.
« Jamais dans l’histoire des débats on n’a vu de telles attaques, un tel langage corporel et de tels échanges. Tout cela traduit la profondeur des divisions et des désaccords, non entre les deux candidats, mais entre les deux Amérique », a dit le journal. Des éditorialistes ont abondé dans le même sens. « Un bien triste spectacle à Saint-Louis », affirme l’un d’eux dans le Boston Globe.
Idem du côté de CNN, qui titre sur « un sale combat », alors que le Miami Herald parle d’un « méchant débat » jalonné par « de nouveaux scandales ».
« C’étaient les quatre-vingt-dix minutes les plus atroces de l’histoire politique moderne des Etats-Unis », dit le Dailybeast.
« C’était le débat le plus laid de l’histoire américaine », affirme Politico. Le site évoque les « insultes non-stop » et la « méchanceté » qui ont émaillé ce débat. « Donald Trump et Hillary Clinton ont échangé les amabilités, se traitant de menteur, de personne peu digne de confiance, inapte à exercer la fonction présidentielle, s’attaquant non à leurs différences politiques mais à leurs traits de caractère », conclut Politico.

Nous donnons le mot de la fin à Dailybeast, qui a dit que cette violente empoignade annonce une campagne qui ressemblera plus à « un combat de rue entre l’une des candidates les plus expérimentées de tous les temps et un animateur de télé-réalité pugnace qui n’a rien à perdre ».

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Adel  Fekih

L’Afrique s’est invitée aux joutes dans le camp de la droite française, dans le cadre de l’élection primaire de la droite et du centre en vue de la prochaine présidentielle. Ce vendredi 07 octobre, c’est au tour du maire de Bordeaux et ancien Premier ministre, Alain Juppé et de l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, de livrer leurs visions de la France en Afrique. C’était sur Radio France Internationale (RFI).

C’est un Juppé particulièrement en forme (71 ans tout de même!), auréolé de son statut de favori à droite, selon les sondages, qui a déclaré ceci : “La volonté d’un partenariat à égalité. Il faut que nous sortions d’une vision maintenant dépassée de nos relations avec l’Afrique, fondée essentiellement sur l’aide au développement. Maintenant, c’est le partenariat d’égal à égal qui est important. Je suis convaincu que le destin de la France et le destin de l’Afrique sont liés, le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique sont également liés. L’Afrique a des handicaps, mais elle a aussi des potentiels considérables, c’est à cela aujourd’hui qu’il faut s’attacher dans le cadre de ce partenariat économique et notamment par la présence des entreprises françaises en Afrique”.

Les Africains apprécieront, enfin si ça ne reste pas au stade des déclarations une fois au palais de l’Elysée…

Juppé ne s’est pas privé de lancer des flèches en direction de l’actuel président, François Hollande, dont l’activisme sur le continent africain est débordant depuis qu’il a envoyé les troupes françaises le 11 janvier 2013 sauver, in extremis, la capitale malienne d’une invasion certaine par les djihadistes…

“Vis-à-vis de l’Afrique, je crois que notre nouvelle relation doit reposer sur trois axes. D’abord, la dimension politique : les choix politiques des Africains se font en Afrique et pas à Paris. Ce sera ma ligne directrice, on a progressé dans ce sens, ce n’est plus la situation qu’on a connue dans les décennies passées, mais il faut vraiment afficher très clairement notre intention dans ce domaine. Le deuxième point, c’est la dimension économique. Je l’ai déjà dit : plutôt l’investissement et le commerce que l’aide. Et cela passe par une présence accrue de nos PME sur le territoire africain. Et enfin, je ne veux pas oublier la dimension culturelle et la dimension linguistique. Nous sommes amis des pays anglophones, bien entendu. Mais nous avons une relation particulière avec les pays francophones, parce qu’une langue, ce n’est pas simplement des mots, c’est aussi une façon de penser et une façon d’être que l’on partage. Cette langue, elle est en partage, elle nous appartient à nous tous, il faut donc en assurer la promotion”.

Là aussi les Africains apprécieront si le point de vue lumineux de Juppé est suivi de faits, une fois élu. Rendez-vous en avril et mai 2017….

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Les heurts survenus dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), les lundi 19 et mardi 20 septembre 2016, ont causé la mort de 32 personnes, a fait savoir à la presse, hier mercredi, le colonel Pierre Mwana-Mputu, porte-parole de la Police nationale congolaise.
“Depuis le 19 jusqu’au 20 septembre, cela se chiffre désormais provisoirement à 32 tués”, a déclaré l’officier.

Autre son de cloche du côte de l’opposition, qui évoque un bilan humain beaucoup plus lourd que ce qu’a avancé la police. Les leaders de l’opposition parlent de plus de 50 personnes abattues et brûlées par les éléments de la police nationale lors de leur manifestation, dite “pacifique”.

Lundi et mardi derniers, des partis de l’opposition avaient ameuté les manifestants dans toutes les provinces de la RDC pour exiger que les prochaines élections soient organisées suivant le calendrier fixé initialement.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait provoqué les foudres de l’opposition en proposant la refonte du fichier électoral avant la tenue des élections, et que par conséquent elle n’était pas en mesure d’organiser le scrutin dans les délais prévus pour cause de soucis techniques.

Le premier bilan des violences, communiqué par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab, avait fait état de 17 morts dont 3 policiers.

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Les décisions du gouvernement de la République démocratique du Congo concernant sa prochaine élection présidentielle seront cruciales pour l’avenir du pays, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Le rapport résume les recherches de Human Rights Watch de ces deux dernières années, aux cours desquelles le gouvernement a mené une répression à l’encontre d’activistes ainsi que de dirigeants et membres de partis d’opposition qui se sont opposés à la prolongation de la présidence de Joseph Kabila au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, qui prend fin le 19 décembre 2016. Il inclut aussi des recommandations pour dissuader d’autres violations des droits humains et empêcher une crise plus large dans les semaines et les mois à venir.

Un “dialogue national” dirigé par le gouvernement est censé présenter son accord final dans les prochains jours. La plupart des principaux partis d’opposition n’ont pas participé à ce processus, le considérant comme un stratagème pour retarder les élections et permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir. Des activistes et des groupes d’opposition ont appelé à des manifestations à l’échelle du pays commençant le 19 septembre, trois mois avant la fin du mandat de Kabila et au moment où, selon les exigences de la constitution, la commission électorale doit annoncer les élections présidentielles.

La répression gouvernementale a connu une forte hausse dans les jours menant aux manifestations projetées. Dans la capitale, Kinshasa, au moins une dizaine des jeunes activistes pro-démocratie ont été arrêtés après une réunion tenue le 15 septembre sur la non-violence, la paix, et le respect de la constitution. Ils sont détenus par l’agence nationale de renseignements, sans inculpation et sans accès à leurs familles ou à des avocats.

Le 16 septembre, des policiers dans la ville de Lubumbashi, au sud-est du pays, ont tiré du gaz lacrymogène et plus tard à balles réelles pour disperser des membres de partis d’opposition qui se réunissaient pour préparer les manifestations du 19 septembre. Certains participants de la réunion ont répondu en lançant des pierres, en brûlant des pneus, en bloquant des rues, et en pillant plusieurs commerces et bureaux. Des dizaines de personnes ont été arrêtées tôt le lendemain matin.

Les décisions que le président Kabila et son gouvernement vont prendre dans les prochaines semaines peuvent faire toute la différence pour l’avenir de la RD Congo
Le 17 septembre, des policiers et des agents des services de renseignements ont arrêté un activiste des droits de l’homme, Patrick Pindu, à son domicile à Kinshasa, peu de temps après avoir participé à une réunion de la société civile sur les élections. Il a été libéré le lendemain sans inculpation, sous condition qu’il se présente à l’agence de renseignements tous les 15 jours.

Pour contribuer à prévenir la violence, les représentants du gouvernement et les membres des forces de sécurité devraient respecter les droits des personnes aux libertés d’expression et de réunion, et autoriser le déroulement de manifestations pacifiques et de meetings politiques.

« Les décisions que le président Kabila et son gouvernement vont prendre dans les prochaines semaines peuvent faire toute la différence pour l’avenir de la RD Congo, » a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il s’agit d’une opportunité cruciale pour le pays pour consolider la démocratie, l’État de droit, et les droits humains, pour son propre future et celui de la région entière. »

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Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a appelé, dans un communiqué rendu public vendredi 16 septembre 2016, la Commission de l’UA à mobiliser des observateurs au Gabon en vue d’assister la Cour constitutionnelle dans l’examen du recours déposé par le candidat de l’opposition Jean Ping, rapporte la chaîne BBC Afrique.

L’ancien président de la commission de l’UA avait déposé le 8 septembre dernier un recours devant la Cour constitutionnelle de son pays. Jean Ping conteste ainsi la réélection annoncée d’Ali Bongo et notamment les résultats dans la province du Haut-Ogooué où le chef de l’Etat sortant est crédité de plus de 95 % des voix.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA recommande que ces observateurs soient sélectionnés parmi d’éminents membres de hautes juridictions africaines francophones, a ajouté la même source.

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Jean Ping, le challenger d’Ali Bongo à la présidentielle, a décidé de varier son angle d’attaque contre les résultats de l’élection. Il a déposé un recours hier jeudi 08 septembre auprès de la Cour constitutionnelle pour obtenir l’invalidation de la victoire officielle de Bongo Ondimba, après que son camp l’a contesté dans la rue.

Les supporters de Ping et Bongo crient à la fraude dans certaines régions lors du scrutin du 27 août. Mais le camp de Ping pointe surtout du doigt la région du Haut-Ogooué, a confié à Jeune Afrique Jean-Gaspard Ntoutoume, directeur de campagne de Jean Ping. Dans cette partie du pays, où est né le chef de l’État sortant, le taux de participation s’établit officiellement à 99,98%. Depuis l’élection, l’opposition réclame énergiquement un recompte des voix, bureau de vote par bureau de vote, dans cette région, ce que refuse catégoriquement Bongo au motif que cette disposition n’est pas prévue par la Constitution. Jean Ping n’a pas voulu au départ saisir la Cour constitutionnelle, doutant de son indépendance.

Quant au camp d’Ali Bongo Ondimba, Alain-Claude Bilie By Nze, le porte-parole, avait évoqué « une fraude massive » dans la province du Woleu-Ntem, connue pour être acquise à la cause de l’opposition.

Une délégation de chefs d’États de l’Union africaine avait prévu de se rendre à Libreville pour tenter de faire baisser la tension, mais le voyage a été ajourné pour des raisons obscures…

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L’Union africaine (UA) a décidé d’envoyer une délégation au Gabon, en vue de résoudre la crise politique dans ce pays, a annoncé le président tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de l’UA.

Selon la BBC Afrique, la délégation de l’UA se rendra à Libreville et sera composée de chefs d’Etat africains, de hauts responsables de la Commission de l’organisation continentale et de représentants des Nations unies.

 

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Après le vote d’hier samedi 27 août, les électeurs gabonais attendant avec une certaine fébrilité l’annonce du nom de celui qui va présider aux destinées du pays. Les deux camps, celui du président sortant, Ali Bongo Ondimba et de son opposant, Jean Ping, un ancien dignitaire du régime de feu Omar Bongo, revendiquent la victoire et se jettent à la figure des accusations de fraudes.

Ce dimanche après-midi, Jean Ping a fait sensation devant la presse et ses partisans à Libreville en se déclarant vainqueur de la présidentielle, dont les résultats officiels devraient être annoncés ce mardi. « Je suis l’élu. J’attends que le président sortant m’appelle pour me féliciter », a affirmé avec aplomb le challenger d’Ali Bongo Ondimba.

Si Bongo est terrassé, ce serait un séisme politique majeur dans un pays où sa famille règne sans partage depuis des décennies (le papa, El Hadj Omar Bongo Ondimba, de 1967 à sa mort, en 2009 ; et le fils depuis cette date)…

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L’indépendant Alexander Van der Bellen n’aura pas savouré longtemps sa victoire à la présidentielle autrichienne, le 22 mai dernier, face au candidat du FPÖ (extrême droite), Norbert Hofer. Déjà que Van der Bellen a dû se contenter d’un succès à l’arraché, 50.3% des suffrages, au bout d’un suspense haletant, maintenant le voilà qui reçoit une autre tuile sur la tête : La Cour constitutionnelle autrichienne a invalidé ce vendredi 1er juillet le résultat de la présidentielle pour cause d’irrégularités. Cette décision de justice fait suite à un recours du FPÖ.

La Cour constitutionnelle a noté de nombreuses irrégularités lors du dépouillement des plus de 700.000 bulletins de vote par correspondance. D’après elle, les sérieux doutes existants ont entaché le scrutin, qui est donc à refaire.

Pour rappel, ce sont justement ces votes par correspondance qui ont permis à Alexander Van der Bellen, un ancien du parti écologiste, de damer le pion à son adversaire. Donc si l’élection est à refaire, Hofer aura toutes ses chances, même si la Cour n’a pas pu mettre la main sur des preuves de fraude à la présidentielle.

Une élection très symbolique

L’élection autrichienne avait passionné les médias européens parce que voir la présidence d’un grand pays comme l’Autriche basculer à l’extrême droite n’est pas chose courante sur le continent, même si les partis xénophobes montent un peu partout. C’est plus cette symbolique là qui a déchainé les passions que l’enjeu même de l’élection, car de fait le chef de l’Etat autrichien a plutôt un rôle protocolaire, même s’il peut actionner quelques leviers de poids, comme la nomination du chancelier, la dissolution du gouvernement et le commandement suprême des armées.

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La famille Bongo n’a pas l’intention de laisser le pays entre d’autres mains… que les siennes. Après Omar Bongo Odimba, président de la République de 1967 à 2009 (plus de 41 ans), son fils, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009 et qui ferraille actuellement contre ses opposants pour arracher un nouveau mandat en août 2016, voilà que la troisième génération sonne déjà à la porte. En effet la fille aînée d’Ali Bongo, Malika Dossou Bongo Ondimba, a un appétit pour le fauteuil présidentiel. Elle s’est fendue d’un post sur sa page Facebook ce week-end pour le faire savoir.

« Je suis maire depuis deux ans déjà et je ne compte pas m’arrêter (…) car j’ai des ambitions énormes pour le Gabon », dit-elle. Elle a ajouté : « Pourquoi pas une femme présidente de la République du Gabon en 2022 ? Tout sera possible. ». De quoi énerver un peu plus les opposants de son père, dont des dissidents du Parti démocratique gabonais (PDG), la formation au pouvoir, qui ont juré de faire mordre la poussière à Bongo fils à la présidentielle.

Certes la prétendante, qui a à peine 32 ans, devra prendre son mal en patience puisque la première joute électorale à laquelle elle pourrait se présenter devrait être celle de 2023, mais une chose est sûre : Elle s’y prend très tôt et a le temps d’affiner sa stratégie de conquête !

La jeune femme a quelques fait d’armes qui en font une habituée des choux gras de la presse. C’est elle qui a remis au goût du jour le concours de Miss Gabon, qui a monté la structure « Défis de femmes », un précieux secours pour les mères et les familles démunies et depuis 2013, elle est maire adjointe du deuxième arrondissement de la commune d’Akanda pour le PDG. Autant dire que d’ici 2023, elle se sera bien familiarisée avec les leviers du pouvoir, avec certainement d’autres hautes fonctions qui vont jalonner son parcours

Un brillant parcours

Malika Dossou Bongo Ondimba est la fille de la Franco-Gabonaise Annick Aubierge Lafitte Mouvagha, mariée au début des années 1980 à l’actuel président du Gabon. Elle a fait ses études aux États-Unis, à Los Angeles, puis en France, où elle s’est initiée aux arcanes des relations internationales à l’université de La Sorbonne, à Paris. Par la suite elle a été employée à l’Unesco puis à l’ONU, à Genève, avant de mettre le cap sur le pays de papa en 2009. La presse sait très peu de choses de sa vie intime, on sait juste qu’elle est l’épouse de Steve Dossou, le fils de Samuel Dossou, président de Petrolin Group et ex-conseiller spécial d’Omar Bongo Ondimba.

Cette dame est à suivre de très près car c’est ainsi que son père, qui ne payait pas de mine à son retour au pays après ses études et qui n’a jamais fait des étincelles sur la scène politique, s’est retrouvé au sommet du pouvoir, et s’y cramponne depuis, malgré un front de l’opposition qui devient de plus en plus puissant..

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L’opposition tchadienne a demandé qu’une commission internationale indépendante soit mise en palce pour enquêter sur la disparition de plusieurs militaires pendant l’élection présidentielle des 9 et 10 avril au Tchad.

Un mois et demi après l’élection présidentielle tchadienne, le vote des forces de défense et de sécurité au Tchad continue d’alimenter les débats.

L’opposition a dénoncé de nombreuses irrégularités durant l’élection.

“Des soldats et des officiers ayant voté pour l’opposition ont été arrêtés, bastonnés et humiliés. Certains ont été emprisonnés avant d’être libérés. D’autres sont restés longtemps en prison”, a affirmé Saleh Kebzabo, chef de l’opposition.

“Il s’est passé quelque chose de très grave dans notre armée. Le président de la République, qui est le chef suprême des armées, doit intervenir pour clarifier cette situation”, a martelé M. Kebzabo.

Le gouvernement a déclaré qu’il n’y a eu aucun disparu et que les militaires dont il est question sont en “service commandé”. Pour appuyer cette affirmation, la télévision publique a montré quelques-uns de ces militaires.

Le 16 mai, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djaména, Alghassim Khamis, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette affaire et promis d’écouter les hommes politiques, les medias et la société civile.

Mais l’opposition estime que la désignation du procureur de la République n’est pas suffisante.

“Il faut une commission d’enquête indépendante. Et pour qu’elle soit réellement indépendante, il faut qu’elle soit internationale”, a expliqué M. Kebzabo.

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Le moins qu’on puisse dire est que le président sortant du Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, 68 ans, a été très confortablement reconduit à la tête du pays avec 86,68% des voix et ce, dès le premier tour de la présidentielle, à en croire les résultats communiqués ce samedi 09 avril par le ministre de l’Intérieur, Hassan Omar Mohamed.

Le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, n’a pas attendu les résultats partiels pour clamer la victoire de son champion, dès la nuit de vendredi à samedi, il a annoncé que Guelleh rempile pour un quatrième mandat de cinq ans à la lumière des résultats partiels.

« Le peuple djiboutien a décidé de me confier à nouveau la plus haute charge de l’Etat (…) J’ai compris son espérance et je vais me remettre au travail dès demain pour prendre à bras le corps les défis que nous posent le chômage et le mal-logement », a dit le président dans un discours diffusé ce samedi à la télévision.
Il a ajouté : « Cette victoire sans appel est la vôtre. C’est celle de la jeunesse. C’est d’un peuple libre, d’une nation sereine, forte de ses valeurs, enracinée dans son histoire et sa culture ».

Guelleh disputait le fauteuil présidentiel avec cinq candidats qui, il faut le dire, ont fait de la figuration, pour ne pas dire qu’ils ont servi de faire-valoir. En effet celui qui est présenté comme son plus grand rival, Omar Elmi Khaireh, n’a ramassé que 7,32% des voix, toujours d’après les résultats officiels. Les quatre autres challengers ont un sort encore moins enviable : Mohamed Daoud Chehem (opposition) avec 2,28% ; Mohamed Moussa Ali (indépendant) 1,53%, Hassan Idriss Ahmed (indépendant) 1,39 % et Djama Abdourahman Djama (indépendant) 0,79% des voix.

On parle d’un taux de participation de 68%. Pourtant vendredi, à Djibouti-ville, les électeurs ne se bousculaient pas devant les bureaux de vote, poussant la commission électorale à prolonger d’une heure les opérations de vote pour conjurer la faible affluence dans la journée.

Un pays très convoité

Djibouti, qui a été colonisé par les Français, est peu à peu devenu un endroit hautement stratégique pour les grandes puissances telles que les Etats-Unis, la France et le Japon, qui y ont installé des bases militaires pour garder un oeil sur les mouvements entre l’océan Indien et le canal de Suez. La Chine a aussi un projet de base militaire dans la zone.

Le président Guelleh, le deuxième chef de l’Etat depuis l’indépendance du pays en 1977, veille sur tous ces équilibres précaires, ce qui en fait un  allié sûr pour ces puissances militaires. Il a promis de continuer à oeuvrer pour la stabilité du pays et son programme des grands travaux (ports, chemins de fer, oléoducs, gazoducs…), pour lesquels les Chinois dépensent sans compter. Le pays doit sa croissance économique – 6% en 2014, d’après la Banque mondiale – à ces méga projets. Mais la population est toujours dans une pauvreté endémique et attend les fruits de cette embellie. Le taux de chômage frôle les 60%, et 79,4% des citoyens vivent en-dessous du seuil de pauvreté relative.

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Selon les résultats officiels publiés dans la nuit d’hier mercredi à ce jeudi 24 mars 2016, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a mis au tapis dès le premier tour tous ses adversaires à l’élection présidentielle. 60,39 % des voix, c’est le chiffre qu’on prête à l’homme fort du pays depuis des décennies, un ex-militaire qui s’est converti à la politique.

Les résultats ont été livrés à la télévision nationale par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, très tard dans la nuit d’hier, après 3 heures 30 du matin (2 heures TU). D’après les chiffres officiels, c’est Guy-Brice Parfait Kolélas qui occupe la deuxième place avec un peu plus de 15,05 % des suffrages ; le général Jean-Marie Michel Mokoko se place au troisième rang avec à peu près 13,89 % des voix. Sassou Nguesso repart donc pour un tour, après 32 ans passés à la tête du pays.

Le vainqueur des élections a déclaré que la population congolaise avait « pris son destin en main » et est d’avis que la campagne électorale avait été animée par un « débat démocratique […] très ouvert ».

L’opposition crie à la fraude massive

Les candidats de l’opposition n’ont pas pu donner leur sentiment sur ce scrutin car tous les moyens de communication avaient été bloqués durant l’opération électorale. Le président a promis de les rétablir très rapidement. Mais ce qu’on sait déjà c’est qu’hier mercredi 23 mars, le Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) et l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), deux ténors de l’opposition congolaise, avaient dénoncé la configuration les résultats partiels annoncés la veille par la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), des chiffres qui plaçaient largement en tête le président sortant, avec 67, 02 % des voix dans 72 des 111 circonscriptions et districts du Congo-Brazzaville. « Je savais d’avance que les dés étaient pipés, mais nous avions accepté de jouer le jeu », a affirmé le général Mokoko.

Vivien Manangou, porte-parole du candidat Guy Brice Parfait Kolélas, est plus virulent vis-à-vis du triomphe de Sassou Nguesso, il n’hésite pas à parler de « fraude massive » et de « magie ».

Charles Zacharie Bowao, coordonnateur du front électoral qui appuie les cinq candidats du pacte anti-Sassou, a parlé de « coup d’État électoral » et a averti que « les candidats signataires » de l’alliance sont décidés à « faire respecter le résultat des urnes ».

Quant à Guy-Brice Parfait Kolélas, qu’on n’a pas vu à la conférence de presse d’hier mercredi, on se sait pas encore s’il est dans ce même état d’esprit. Toutefois son porte-parole a affirmé : « Ne comptez pas sur [M. Kolélas] pour entrer dans une épreuve de force, de violence », tout en précisant que son candidat s’opposera aux résultats officiels mais en passant par les moyens que lui donne la loi.

À Brazzaville, capitale du pays, la tension est palpable. Dans les quartiers sud de la ville, favorables à l’opposition, les commerces étaient fermés toute la journée d’hier. Des militaires lourdement armés ont occupé la rue dans la nuit de mardi à mercredi pour prévenir les émeutes. Selon Vivien Manangou, les forces de sécurité ont fait irruption au siège de campagne de M. Kolélas mardi vers midi, lançant des grenades lacrymogènes et provoquant une panique où une personne a trouvé la mort.

 

 

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Le Bénin vient de conforter son statut de pays où une alternance politique est possible, en toute transparence et dans le calme absolu, comme cela se fait dans toutes les grandes démocraties du monde. Dans ce continent qui polarise toutes les attentions des businessmen de la planète et dont on dit qu’il sera parmi les grand acteurs de l’économie mondialisée dans le futur, le fait est assez rare pour être souligné.

Le second tour de la présidentielle opposait hier dimanche 20 mars 2016 le Premier ministre sortant, Lionel Zinsou, à Patrice Talon, un richissime homme d’affaires surnommé le “roi du coton” ; et c’est ce dernier, d’après les résultats préliminaires, qui a remporté la mise. Le plus remarquable dans cette histoire c’est que Zinsou, un ex-banquier d’affaires franco-béninois chevronné et qui avait l’appui du très populaire président Yayi Boni, n’a pas attendu la publication des résultats officiels ce lundi. « J’ai appelé Patrice Talon ce soir pour le féliciter de sa victoire et lui souhaiter bonne chance », a écrit le candidat malheureux sur sa page Facebook. Un geste que les amis de l’Afrique adorent, mais qui hélas est rarissime dans ce continent où ce sont plutôt les coups de force et les tripatouillages de Constitution qui font légion.

Zinsou a déclaré à l’AFP : « Les résultats provisoires font apparaître une victoire très nette de Patrice Talon », avant d’ajouter : « L’écart est significatif, la victoire électorale (de M. Talon) est certaine ». Quant à Talon, il a pris la parole sur Sikka TV, une télévision appartenant à son soutien Sébastien Ajavon. « J’ai le sentiment d’être un soldat en train de faire son paquetage pour aller au front, a-t-il dit. Ce n’est pas un jour de gloire. Les félicitations devront attendre, car lorsqu’un soldat va au front, on ne le félicite pas, on l’encourage. La tâche ne sera pas facile. Mais nous sommes contents et ravis que notre pays tourne la page ! », a dit Talon sans triomphalisme, conscient de ce qui se joue à partir de ce dimanche. Là aussi c’est une attitude que les partenaires de l’Afrique aiment voir, qui les rassurent.

Tout est bien qui finit bien

On attend les chiffres de la Commission électorale (Cena) « probablement dans la journée de lundi », a précisé le Premier ministre sortant, mais il a tenu à saluer « une campagne exceptionnellement sereine et calme, sans trouble ni tension » dans cette petite nation ouest-africaine laquelle est, soulignons-le, la première de l’Afrique francophone à avoir expérimenté une transition démocratique en douceur au début des années 1990.

Le général Mathieu Boni, un des responsables d’un organisme de la société civile qui avait dépêché des milliers d’observateurs pour ce scrutin, a déclaré à l’AFP que « tout s’est bien passé, rien de grave à signaler » en dehors de quelques « tentatives de bourrages d’urnes » que les autorités scrutent en ce moment…

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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