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Lassaad Yacoubi

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Le ministre de l’Education nationale, Hatem Ben Salem et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, ont rendez-vous ce lundi 30 avril 2018 pour plancher sur les revendications de la Fédération générale de l’enseignement secondaire. Dans un communiqué publié dimanche au terme de la réunion des sections régionales de l’éducation secondaire, la Fédération générale a fait savoir qu’elle campe fermement sur ses positions.

Pour ceux qui en doutaient, le fait d’avoir rendu les notes, sous la pression, n’est pas l’épilogue de cette affaire…

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Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, en a entendu des vertes et des pas mûres tout au long du bras de fer entre le Syndicat des profs du secondaire et le ministère de l’Education. Et au lendemain de ce que Lassaad Yacoubi a lui-même qualifié, sur sa page Facebook, de capitulation, il fallait bien que quelqu’un paye pour cette ambiance de défaite à l’UGTT – une première depuis 2011 ! Et justement c’est le premier responsable politique qui a parlé publiquement de défaite qui va trinquer : Houcine Jaziri, député du mouvement Ennahdha.

Taboubi, dans un discours au congrès de la Fédération générale de la santé ce samedi 28 avril 2018, a apostrophé l’élu en ces termes : “de quelle victoire tu parles ?“, rapporte Mosaïque FM. Les enseignants ont une place à part à l’UGTT et en Tunisie en général, et les sacrifices qu’ils ont consentis l’ont été dans l’intérêt des citoyens et des élèves, ajouté le leader de la centrale syndicale. Puis, toujours en direction de Jaziri, qu’il qualifie de personnage haineux, il ajoute ceci : c’est une honte qu’il parle ainsi des enseignants, alors qu’il fait partie d’une grande formation politique.
Bienvenue à toi et à ton gouvernement, nous vous donnerons la réponse qu’il faut (…). Tu t’es trompé d’adresse et ce que tu as fait est la preuve d’un manque de maturité politique et de haine envers l’UGTT (…). Celui qui tire sur nos militants en subira les conséquences“, a dit Taboubi.

Mais ce qui est le plus angoissant, c’est que, après avoir magnifié le combat des enseignants pour des demandes qu’il juge légitimes, il a déclaré qu’ils «finiront par atteindre leurs objectifs». Des propos qui corroborent ceux de Yacoubi, qui a fait savoir dès hier que le Syndicat reste mobilisé et que la lutte reprendra ses droits si leurs requêtes ne sont pas satisfaites. En d’autres termes le répit du chef du gouvernement, et des parents d’élèves, sera de courte durée et les hostilités pourraient reprendre dès la prochaine rentrée scolaire…

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A chaque jour qui passe, on comprend un petit peu mieux ce qui se passe à l’UGTT et à la fronde de Lassaad Yaacoubi. Il y a déjà sa revanche sur l’UGTT qui ne l’a pas accepté au BE du 23ème congrès. Il y a ensuite le fait qu’il prépare déjà, par cette fronde qui le met aux devants de la scène politique et sous le feu de la rampe médiatique, son retour parmi les 9 membres de l’actuel BE de l’UGTT… pour le prochain congrès dans quelques années. Et il y a enfin, comme l’indique une source syndicale qui a requis l’anonymat à Africanmanager, le fait qu’il soit un très proche du Mouvement du peuple (حركة الشعب) et de la mouvance de l’ancien ministre de l’Education Salem Labiadh au cours du court mandat duquel Yaacoubi n’a fait aucune grève, pour les reprendre de plus belle sous Neji Jalloul, jusqu’à avoir sa tête. Il reprend son activité de meneur de grèves avec l’arrivée au ministère de l’Education de Hatem Ben Salem, en profitant d’un processus de contestation qui avait débuté dès décembre 2017, en protestation contre la Loi de Finances 2018.

Selon notre source syndicale, «il [Ndlr : Lassaad Yaacoubi] est allé trop loin et Noureddine n’aimerait pas se mouiller encore plus avec lui, car il risquerait, s’il obtenait gain de cause, de soulever d’autres secteurs, comme notamment l’enseignement primaire et les universitaires». Notre source estime que «la direction qui a remplacé Mastouri Gammoudi est plus responsable. Mais harangués par les bases de Lassaad Yaacoubi et leur propre base, ils risqueraient de faire de la contestation et de l’escalade dans les grèves une méthode de travail».

Notre source rappelle que l’UGTT s’est démarqué de Lassaad, par le communiqué de la dernière Commission Administrative à Hammamet en avril 2018, estimant que «la pique ou la piqure administrée par la CA de l’UGTT est in fine une bonne chose», en parlant de l’appel au retour aux cours et à livrer les notes des élèves.

  • Une rupture Yaacoubi-Taboubi qui fera concession

«Une résistance anti-Yaacoubi commencerait à se former au sein même de l’UGTT», nous indique notre source, qui ajoute que «ce qui a élargi la rupture avec l’UGTT a été l’organisation d’une Commission administrative sectorielle et des décisions qui contredisent celles de la CA nationale, laquelle est l’instance suprême de l’UGTT, ce qui est une erreur grave selon le règlement interne de l’UGTT», indique notre source. En procédant ainsi, le SG de la Fédération de l’enseignement secondaire remettait en cause la suprématie de la CA nationale et frappe de plein fouet le principe de centrale syndicale. «Il rend, par la même occasion, illégale la CA sectorielle», explique notre source syndicale ayant requis l’anonymat. Mobilisant ainsi contre lui la CA nationale et ses supérieurs de l’UGTT, les élèves, les parents d’élèves et même ses pairs (Vidéo de Yaacoubi dégagé de la Place Med Ali, siège de l’UGTT), Lassaad Yaacoubi pourrait être lui-même contraint à changer son fusil d’épaule et revenir, avec moins de conditions, à la table des négociations, selon les observateurs de la scène syndicale.

Possibilité d’un accord, d’ici la fin de la semaine, qui pourrait être porté par Noureddine Taboubi. Selon nos sources syndicales, l’accord ne serait pas de nature financière, dans le sens où le ministère de l’Education ne donnerait pas à Yaacoubi ce qu’il demande en augmentation salariale, mais peut-être en accédant à deux de ses revendications, comme la pénibilité du métier et la retraite anticipée à 55 ans, et Yaacoubi pourrait accepter de monter à 57 ans ou même 58 ans au lieu des 60 ans actuels. La seconde revendication, à laquelle pourrait céder le ministre de l’Education nationale, pourrait être l’augmentation de certaines primes spécifiques qui n’impacteraient pas la masse salariale, comme l’exigent les bailleurs de fonds, telle que celle de la rentrée scolaire.

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Le secrétaire général de la fédération de l’enseignement secondaire, Lassad Yaacoubi, a présenté mardi, officiellement, ses excuses aux journalistes après les avoir attaqués lors d’une réunion à Hammamet avec un groupe d’enseignants, les qualifiant de “journalistes de la honte“.

Nous n’avons pas porté atteinte aux journalistes mais lors de cette réunion on a évoqué certains journalistes qui ont insulté les enseignants“, a ajouté Yaacoubi avant la tenue de la réunion des représentants régionaux de la fédération générale de l’enseignement secondaire.

Yaacoubi a signalé avoir examiné avec le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) le communiqué publié lundi par le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), précisant que la fédération générale de l’enseignement secondaire adressera son message au syndicat des journalistes.

Yaacoubi a hautement salué les efforts des journalistes compétents qui ont fait preuve de professionnalisme dans la couverture de la grève des enseignants.

Un journalisme libre, intègre et professionnel sera une des principales garanties pour l’avenir de la Tunisie, a encore affirmé la même source.

Avant la déclaration de Yaacoubi, des enseignants rassemblés à la place Mohamed Ali devant le siège de l’UGTT ont agressé verbalement une journaliste de la chaine El Hiwar Ettounsi, l’appelant à quitter les lieux et accusant la chaine de manque d’objectivité dans la couverture médiatique de la crise de l’enseignement secondaire.

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«Alors maintenant, tu vas me rendre le pognon que tu me dois. Ça y est, bientôt si Dieu le veut. Non, t’inquiète pas, Dieu, il veut, tout le monde veut. Y a que toi qui veux pas.» C’est l’une des plus célèbres répliques du film français sorti en 1997, «La vérité si je mens», qui connut un franc succès et fut joué en deux épisodes.

Avec les deux derniers rebondissements, entre la nuit de lundi et le matin du mardi, de Lassaad Yaacoubi et de Noureddine Taboubi, on se croirait dans «La vérité si je mens 3», tant les deux syndicalistes tenteraient de prendre toute la scène politique pour des… plus idiots qu’ils ne sont !

C’est désormais consommé : les profs d’enseignement secondaire ne reprendront pas les cours et ne livreront pas les notes, sous conditions d’augmentations de 560 MDT, sans compter le coût de leur revendication pour classer l’enseignement comme un métier pénible. C’est pourtant un métier où on est payé entre 1.300 et 1500 DT par mois, hors cours supplémentaires et pour 6 mois de travail, sans compter les jours fériés, les fêtes nationales et autres congés scolaires, d’automne, d’hiver et de printemps.

  • La joie de courte durée de Chahed et des parents

Parents et gouvernement avaient applaudi la décision du CA de l’UGTT hier lundi 23 avril à Hammamet, et le chef du gouvernement s’en était même félicité sur sa page personnelle sur les réseaux sociaux, lorsque le CA de l’UGTT décidait d’appeler à la reprise des cours. Cela, au bout d’une dissertation d’insultes à la presse que l’UGTT accuse de diaboliser des enseignants qui prennent des millions d’élèves en otage, comme autant de boucliers humains, pour quelques Dinars de plus et non sans avoir au passage chargé le gouvernement de tous les maux sociaux et économiques du pays. Les soupirs de soulagement furent de courte durée !

D’apparence contre l’avis de son patron Noureddine Taboubi, Lassaad Yaacoubi, chef de la fédération générale de l’enseignement secondaire, appelle dès la soirée du même jour à la poursuite de la suspension des cours et la retenue des notes dans l’attente des décisions de la rencontre des régions (entre les secrétaires généraux des syndicats régionaux), prévue ce mardi 24 avril 2018, et qui ne devrait pas déroger aux ordres du chef Yaacoubi.

Avec la tournure des choses et l’ardeur qu’ils mettaient, Yaacoubi comme Taboubi, à arriver à leurs fins, financière pour le 1er et politique pour le 2ème, il n’est désormais pas exclu de penser que tout cela n’était qu’un manège réglé par les deux parties. Beaucoup d’observateurs de la scène politique et de connaisseurs de la scène syndicale n’excluent pas que SG de l’Union et SG de la Fédération se seraient répartis les rôles dans une scène qui permettrait à Taboubi de faire bonne figure d’un syndicaliste qui met l’intérêt de l’Etat au-dessus de celui de l’Organisation, sans pour autant condamner les chances de l’autre d’arriver à ses fins salariales.

  • Et si c’était simplement un jeu de rôles ?

Tous les deux en effet connaissent très bien le règlement intérieur de l’UGTT qui fait que «les décisions sectorielles sont indépendantes et émanent des commissions administratives sectorielles», comme l’a précisé Néjib Sellami, secrétaire général adjoint de la fédération à l’agence Tap. Noureddine Taboubi et tout son BE étaient donc à l’aise pour demander le retour aux classes, car ils savaient pertinemment que Lassaad Yaacoubi ne répondra jamais à leur demande.

En attendant, une séance de travail était prévue cet après-midi du mardi 24 avril 2018, au siège du ministère des Finances, entre le secrétaire général de l’UGTT, des membres du bureau exécutif de l’union et des représentants du gouvernement.

Il n’est pas non plus exclu que même cette réunion ait été déjà prévue dans un éventuel plan de résolution de crise où tout le monde garde la face, qui pourrait avoir fait l’objet de la dernière réunion de Noureddine Taboubi avec le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi. Autrement, on serait en droit de savoir comment le ministère des Finances pourrait-il s’aventurer à négocier des augmentations salariales, seule porte de sortie, même en partie, avec le syndicat des enseignants, que le chef du gouvernement a publiquement refusées ? Comment pourrait-il négocier un compromis financier, alors qu’il connait parfaitement le contenu de l’engagement écrit, donné par le gouvernement, le ministre des Finances Ridha Chalghoum et le Gouverneur de la BCT, à l’unique bailleur de fonds du GUN, qu’est le FMI ?

  • Mastouri Gammoudi. L’homme invisible aux aguets

Tous savent que le Budget est incapable d’ajouter un seul dinar supplémentaire en salaire, au risque de voir le FMI arrêter ses revues économique et mettre fin au programme d’aide financière à la Tunisie. Et que dirait Youssef Chahed, depuis lundi à l’Union Européenne à la recherche de probables garanties pour une sortie pas trop coûteuse sur les marchés internationaux de la dette ?

Qui arrêterait ensuite l’autre alter-ego de Yaacoubi, un certain Mastouri Gammoudi  qui dirige le syndicat des enseignants du Primaire ? On l’avait presqu’oublié depuis 2017. Mais il est toujours aux aguets, dans l’attente des résultats de son idole Yaacoubi et qui menace déjà de deux journées de grève dans les écoles primaires et qui pourrait, lui aussi, décréter la rétention des carnets de note de fin d’année pour les mêmes raisons d’augmentations salariales ? Le 1er qui recule, tombera !

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Troisième jour de grève ouverte dans l’enseignement secondaire, et c’est toujours le silence de mort du côté du chef du gouvernement, Youssef Chahed. Pas un mot sur cette affaire qui engage, qu’il me pardonne de le lui rappeler, l’avenir de toute une nation. Pas un mot pour tenter de secouer des syndicats enivrés par leurs victoires du passé – autant de défaites pour les finances du pays, pour la transition économique en cours – et la place démesurée de leur centrale, l’UGTT, sur l’échiquier politique, au point de parler plus fort, et même de menacer ouvertement, les deux têtes de l’exécutif. Pas un mot pour tenter de consoler des parents d’élèves déboussolés, que cette ambiance de vacances avant l’heure à la maison et dans les rues désarçonne et terrorise. Des élèves à qui on ne peut même plus imposer la moindre petite corvée scolaire puisque dans leurs têtes, et on les comprend, l’année scolaire est morte et enterrée par leurs professeurs. Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, nous avait parlé de l’année blanche comme d’une ligne rouge – encore une ! – qu’il ne tolérerait pas et qu’il va sauver l’année scolaire. Au train où vont les choses, il nous est impossible de croire aux promesses d’un Taboubi qui lui-même a l’air complètement largué, dépassé par les événements et incapable de tenir ses troupes. A moins que tout cela finisse par une capitulation du gouvernement. Ce ne serait pas la première fois…

La politique du “donner, sacrifier, pour s’acheter une paix sociale“, c’est la mère de tous les pépins de la Tunisie post-révolutionnaire. Cette étrange maxime, laquelle d’ailleurs n’a jamais fait ses preuves, n’est pas le fait de Chahed, elle a commencé du temps où son mentor, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, avait la charge de chef de gouvernement en 2011, dans un pays fortement bringuebalé par le brusque départ du dictateur. En 2016 BCE a invité à sa table la centrale syndicale pour dessiner l’avenir du pays après Habib Essid – le fameux Pacte de Carthage -, elle ne l’a jamais quittée. Et l’actuel chef du gouvernement est en train de se farcir cette situation ubuesque et unique à l’échelle de la planète. Encore une spécificité tunisienne qui coûte très cher !

Mauvais réflexes et pédagogie mortifère

Bon, il faut aussi admettre que Chahed a forcé le trait, dans le sens acheter la paix sociale. Après tout rien ne l’obligeait à sacrifier son brillant et sémillant ministre de l’Education, Néji Jalloul, dont le seul tort a été de bousculer et tenter de réformer un secteur auquel personne n’a osé s’attaquer ces dernières années. Et quand Jalloul a commencé à donner le tournis aux enseignants avec des décisions qu’ils ont vécues dans leur chair (interdiction des cours sups dans les garages et les arrière-cours, exigence d’assiduité, des activités parascolaires pour faire autre chose qu’assommer les élèves avec des cours, etc.), ils ont oublié toutes leurs doléances pour se focaliser sur une seule : La tête de Jalloul. Et si Hatem Ben Salem ne bouge pas une oreille en ce moment, c’est justement pour s’éviter le sort de son éphémère prédécesseur.

S’il suffisait de donner pour avoir la paix, les instituteurs n’auraient pas l’outrecuidance de revenir avec une liste de demandes longue comme le bras et une grève de deux jours, après tout ce qu’ils ont obtenu ! Des avantages d’ailleurs qui nous valent le coup de sang et la fuite en avant de leurs collègues du secondaire. Et oui, les compères de Lassaad Yacoubi veulent les mêmes choses que les instits, exactement (départ à la retraite à 55 balais, primes et autres joyeusetés), pour commencer, car on est au moins sûr de deux choses : Ils auront tout ou partie de ce qu’ils demandent, puis reviendront dans quelques mois, quelques années tout au plus, pour d’autres requêtes encore plus farfelues… encore et encore. Comme les autres, tous les autres. Et de l’autre côté les bailleurs de fonds, le FMI en tête, ahuris face aux déficits et dépenses publics exponentiels, s’impatientent et appellent à la raison, la dernière étape avant les vérités crues qui se paient cher sur le marché de la dette, avant un lâchage en rase campagne qui sonnerait le glas d’une Tunisie pour laquelle aucune des thérapies de ces 7 dernières années ne fonctionne jusqu’ici. Mais ça l’UGTT s’en moque éperdument…

Quant au tableau en termes de pédagogie pour des élèves qui sont en train de voir leurs profs, leurs modèles supposés, se livrer à cet odieux chantage, il est tout simplement mortifère pour un pays qui ne manque pas d’ennuis. Les élèves sont en train d’absorber tout ça, d’en apprendre, d’admirer même. Eux aussi vont prendre tout ça comme exemple, comme la voie royale pour arracher quelque chose à un Etat obtus et qui sabre les droits de ses enfants. Eux aussi reviendront dans quelques années pour poser les mêmes problèmes au pays, voire plus. Qui ose encore dire que Yacoubi et sa bande ne sont pas en train de commettre un crime contre la nation ?! Qu’ils ne sont pas en train de tuer l’avenir du pays ?!

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On avait cru que leur problème était Néji Jalloul. Il est parti, servi aux syndicats sur un plateau par un Youssef Chahed qui a la gâchette facile, les ennuis de l’Education nationale eux sont restés. On a même atteint un point culminant avec la prise en otage, et je pèse mes mots, des notes des élèves. Un fait sans précédent dans l’histoire, très tourmentée ces dernières années, de ce pays. Et c’est sans aucun doute une spécificité tunisienne, une de plus, qu’il est impossible de voir ailleurs dans le monde, surtout sa durée… une éternité ! Mais les enseignants sont loin d’être les seuls à dicter leur loi dans une Tunisie qui a perdu la boussole depuis que l’autorité de l’Etat s’est auto-dissoute. La STAM fait aussi sa loi au Port de Radès, avec les dégâts pour l’économie que l’on sait et que vient de dénoncer avec véhémence le Conseil des Chambres Mixtes, après la CONECT et la FTTH. Les chauffeurs de taxis, louagistes et autres transporteurs dictent aussi le tempo, et honneur suprême : Leurs problèmes se règlent à la présidence de la République, alors qu’il y a toute la hiérarchie pour cela, ou à la limite le secrétaire d’Etat au Transport, le ministre, voire le chef du gouvernement si tout cela ne suffisait pas. Mais jusqu’au chef de l’Etat, tout de même !

Mais tout va bien, tout ce beau monde est à l’abri de représailles, ou même d’un simple rappel à la loi ; l’UGTT, la toute puissante centrale syndicale, laquelle a reçu, il faut le rappeler, le prix Nobel de la paix pour services rendus à la nation, veille à ce que tous les criminels économiques vaquent tranquillement à leurs occupations. Mais que voulez-vous qu’il se passe d’autre ? Même le ministre de l’Education a esquivé quand on l’a invité dans la vénérable Assemblée nationale pour causer de la crise dans l’enseignement secondaire. Il avait mieux à faire ailleurs, parait-il du côté du palais de la Kasbah. L’avenir de nos enfants, celui du pays, le vrai, peut attendre. Noureddine Taboubi, Lassaad Yacoubi et compagnie avaient eux aussi mieux à faire ailleurs que de discutailler au Parlement. Eux, à la limite, on peut s’en passer, mais que le ministre se comporte de la sorte, ça dépasse l’entendement.

Un vieux serpent de mer

Les maux de l’école de la République ne datent pas d’aujourd’hui, mais leur plus grand symptôme est sans aucun doute la montée en puissance des établissements privés, où d’ailleurs pratiquement toute notre élite – politique et économique – a planqué ses enfants, ce qui explique peut-être son peu d’empressement à solutionner les problèmes de l’école publique. En fait, elle s’en moque. Du moins c’est ce qu’elle nous montre. Quant aux profs, cette privatisation de l’enseignement ne les gêne nullement (celle des entreprises publiques pose problème, mais pas l’éducation), ça leur fait même des classes moins chargées, moins d’heures de boulot, et ça leur fait surtout une planque dorée quand ils auront arraché la retraite à 55 ans. Une retraite pleine à 55 ans et une seconde carrière à un âge pas si avancé que ça, au lieu de se farcir du bénévolat dans les associations et aider là où l’Etat ne peut pas le faire, comme en Occident et ailleurs, que demande le peuple ?

L’Education nationale se coltine les anomalies depuis un bail. Néji Jalloul avait jeté un pavé dans la mare en assénant que son budget, le plus gros de tous les ministères, sert essentiellement à payer des salaires, à hauteur de 97%, des salaires que les enseignants veulent encore plus gros, alors que des miettes vont aux autres postes de dépense (activités sportives, clubs de dessin, peinture, musique…), pourtant déterminants pour l’équilibre de nos enfants et in fine leur réussite. Mais ça n’a l’air de gêner personne. Les autorités se complaisent dans la descente aux enfers du niveau général des élèves tunisiens, que démontrent tous les classements internationaux. Mais ça aussi n’empêche personne de roupiller la nuit, dans un pays où, paradoxalement, les écoles privées poussent comme des champignons, avec des agréments qui sont délivrés à la vitesse de la lumière (de la corruption dans l’air ?). Des écoles privées où il est impossible de s’assurer à 100% du niveau des enseignants, piochés très souvent dans la famille, les relations, le voisinage, avec des diplômes et des critères de sélection dont personne ne peut garantir la régularité. Mais ça aussi ne remue personne. Les parents s’endettent même parfois pour mettre leurs gosses à l’abri, au chaud, dans le privé, croient-ils. Ils s’en vantent même dans les réunions familiales, les diners entre potes, les brins de causette au bureau. Le “rikh tounsi” (la frime, la fanfaronnade), c’est aussi, hélas, une réalité…

Dans n’importe quel pays qui se respecte, le chef du gouvernement serait tout de suite monté au front pour déminer le terrain. Mais Youssef Chahed attend je ne sais quoi. A côté des saillies qu’il nous sert épisodiquement à l’ARP ou à la télévision, on aurait aimé de la réactivité et surtout des actions concrètes en direction d’un secteur aussi vital pour l’avenir de la nation que l’Education nationale. Mais même s’il sortait du bois maintenant, à cet instant précis, c’est déjà trop tard. Les agitateurs – Yacoubi et sa bande – ont compris que l’éducation n’était pas une priorité pour le gouvernement, c’est une sorte de blanc-seing pour toutes leurs turpitudes. Ils ne vont pas se gêner..

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Le Secrétaire général du syndicat général de l’enseignement secondaire affilié à l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Lassaad Yacoubi, a appelé, mardi, à recruter pas moins de 1500 enseignants pour couvrir le besoin du secteur, précisant que ce besoin s’élève dans les collèges et les lycées à plus de 3 000 enseignants.
Le ministère de l’éducation connaît actuellement ” une situation chaotique “, a-t-il déclaré à la correspondante de l’agence TAP à Hammamet (Nabeul), en marge de la réunion de la commission administrative de l’UGTT.
“Les statistiques montrent que plus de 800 enseignants et fonctionnaires administratifs travaillent depuis plus de 5 ans sans désignation par le ministère et n’exercent pas réellement au sein d’établissements éducatifs”, a-t-il dénoncé.
Le responsable syndical a par ailleurs appelé le ministère de l’Education à annuler sa décision portant sur la fermeture des collèges techniques, estimant que cette décision aboutira à l’abandon scolaire de près de 15 mille élèves âgés de moins de 16 ans.
Il a insisté, dans ce cadre, sur l’impératif de réintégrer ces élèves et à identifier les solutions adéquates aux problèmes que rencontrent ces collèges.
Le syndicat de l’enseignement secondaire avait appelé, lors d’une séance de négociations tenue lundi avec le ministère de l’Education, à l’ouverture du recrutement des enseignants et à l’annulation de la décision de la fermeture des collèges techniques, incitant tous les syndicats régionaux à suspendre toutes les séances de mutations régionales jusqu’à la tenue de la réunion de la commission administrative prévue le 3 décembre prochain, selon un communiqué du syndicat.

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