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Le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Maroc, ont procédé, le Jeudi 29 Juin 2017, à la signature d’un accord de partenariat à travers un nouveau projet : «  Implémentation de l’agenda 2030 pour l’efficience, la productivité et la durabilité de l’eau dans les pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord (NENA)».

Cet accord s’inscrit dans le cadre du Cadre de Programmation Pays (CPP) signé par M. le Ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et Forêts, M. Aziz Akhannouch, et le Représentant de la FAO au Maroc, M. Michael George Hage, pour la période 2017-2021, lors du 12ème Salon International de l’Agriculture au Maroc. Ce CPP vise à relever les défis relatifs à la sécurité alimentaire, à la baisse de la pauvreté dans le milieu rural et à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles pour faire face aux changements climatiques.

Ce nouveau projet bénéficie d’un concours financier de l’Agence Suédoise de Coopération Internationale de Développement (SIDA) à hauteur de plus d’un million USD. Il fait suite aux recommandations ayant émanées des rapports de diagnostic nationaux réalisés dans le cadre de l’Initiative Régional de la FAO sur la rareté de l’eau qui a toujours apporté son soutien et fourni des efforts visant à faire face à l’écart rapide entre la disponibilité et la demande de ressources en eau douce. Ce projet, d’une durée de cinq années, a été conçu et formulé pour définir le cadre approprié pour la mise en œuvre de l’agenda 2030 pour l’efficience, la productivité et la durabilité de l’eau (Cible 6.4 des Objectifs de Développement Durable (ODD) relatif à l’utilisation durable des ressources en eau). Il y a lieu de rappeler que la FAO, en collaboration avec le Maroc, organise à Casablanca, du 4 au 7 Juillet 2017, une formation sur les cibles des ODD 6.4 en matière d’eau et d’assainissement au profit de participants de 15 pays africains.

Le Maroc est l’un des pays qui connaissent un progrès important dans le domaine de gestion de l’eau à travers le Plan National d’Economie de l’Eau d’Irrigation qui vise la réduction des pertes durant les opérations d’irrigation grâce à la réhabilitation des infrastructures et à l’amélioration de la gestion des ressources hydriques pour faire face à la rareté de l’eau et au changement climatique. Le projet constituera, donc, un nouvel élan pour appuyer le Maroc dans le renforcement de la sécurité alimentaire à travers l’assistance technique de la FAO, par l’amélioration de la gouvernance et la gestion de l’eau d’irrigation.

Le projet, avec un budget total de 10 millions USD, se focalisera sur trois composantes. La première concerne l’établissement d’un système robuste de comptabilité de l’eau basée sur la télédétection et fournissant une base de données concluante pour la budgétisation intégrale et pour surveiller les progrès dans la réalisation des objectifs tout en évaluant l’efficacité institutionnelle pour régir les ressources en eau.

La deuxième composante porte sur une série d’interventions pour accroître l’efficacité et la productivité de l’eau dans certains systèmes agricoles des pays sur la base des opérations permettant l’amélioration de la gouvernance de l’eau, l’adoption de bonnes pratiques et technologies au niveau de l’exploitation et la stimulation des initiatives entrepreneuriales le long de la chaîne de valeur, générant ainsi un revenu plus élevé et une plus grande opportunité d’emploi.

La troisième composante est de veiller à ce que des réalisations probantes en termes d’efficacité et de productivité à l’horizon 2030 soient atteintes dans les «limites opérationnelles de l’utilisation de l’eau» définissant les conditions de «durabilité de l’eau» et, par conséquent, pour un développement durable, socialement équitable et fondé sur les droits de l’homme.

L’impact global attendu de ce projet est que la sécurité alimentaire dans la région NENA soit renforcée grâce à l’augmentation des revenus et de la production, l’utilisation efficace et durable des ressources en eau et l’atténuation des effets du changement climatique par une réduction de l’empreinte carbone de l’agriculture.

Il y’a lieu de rappeler qu’une analyse Genre sera effectuée à différents niveaux afin de mettre l’accent sur l’effet multiplicateur pour accroître la productivité de l’eau en tenant compte des dimensions genre. L’analyse comparative entre les sexes révélera également les conditions viables avec lesquelles les femmes peuvent participer efficacement en tant que parties prenantes, en tenant compte de leurs besoins en eau et de leurs multiples charges de travail. L’augmentation de la productivité biophysique, économique et sociale de l’eau dans le secteur de l’agriculture devrait bénéficier de manière significative à l’intégration de la dimension genre.

Un atelier de lancement du projet au profit des pays bénéficiaires et aux partenaires à savoir le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, l’Iran, la Jordanie, le Liban, la Palestine et la Tunisie sera organisé au Caire/Egypte, du 17 au 19 Juillet 2017, pour établir une feuille de route permettant la mise en œuvre efficace de l’agenda 2030 et atteindre des résultats à fort impact.

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Les Tunisiens se plaignent, mais à voir le pain qui est gaspillé tout au long de l’année, la nourriture déversée dans les poubelles pendant le mois de Ramadan et les tonnes de nourriture que les restaurants et les grandes surfaces jettent au quotidien, on se dit que le pays n’a pas faim, loin de là. Même s’il est indéniable que la crise sévit, notamment depuis quelques années et que tout ce gaspillage alimentaire est l’arbre qui cache la forêt. La revue stratégique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Tunisie, élaborée par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), nous aide à voir plus clair dans cette affaire.

Les résultats de ce document, présentés hier mercredi 14 juin 2017 à Dar Dhiafa, à Carthage, par l’universitaire et expert à l’ITES Karim Ben Kahla, indiquent que le pays figure à la 53ème position sur 113 s’agissant de l’indice de sécurité alimentaire en 2016. La Tunisie s’offre même deux places depuis 2012. L’étude conclut que l’offre alimentaire ne pose pas de problème, le pays affiche même un score de 56.7 points sur 100, 57.4/100 pour la disponibilité de l’alimentation et 62.2/100 pour la qualité. Pourtant, paradoxe suprême, l’importation de produits alimentaires est en hausse et pèse jusqu’à 9,2% dans le total des importations du pays. Les céréales se taillent la part du lion, 43% dans le volume global des importations alimentaires, viennent ensuite les huiles végétales, puis les sucres et dérivés.

L’épée de Damoclès

Mais le pays fait face à des dangers qui planent sur sa sécurité alimentaire, dont les effets du changement climatique et la dégradation des ressources naturelles, en premier l’eau. Pour rappel, la Tunisie occupe une inquiétante 33ème position mondiale pour le risque imminent de pénurie d’eau d’ici 2040, d’après le rapport de World Resources Institute. Le document indique le risque affolant de perdre plus de 80% des ressources d’eau non renouvelables.

A ajouter aux autres problèmes criants : dégradation de la qualité et de la fertilité des sols et de la terre, vulnérabilité à l’érosion et désertification (possibilité de perdre 50% des surfaces cultivables d’ici 2050), fragmentation des propriétés et hausse du ratio de dépendance aux importations de céréales (à peu près 60%).

S’agissant de l’accès à l’alimentation, le rapport fait état des soucis des groupes vulnérables du fait des obstacles économiques et monétaires, dont les plus saillants sont l’inflation et le recul du pouvoir d’achat, la dépendance aux importations et la croissance économique molle.
Parmi les franges les plus vulnérables à l’accès à l’alimentation il y a, évidemment, les habitants des zones rurales, ceux des zones du Centre-Ouest et du Nord-Ouest et les femmes et les enfants, notamment les femmes rurales, à la tête de familles monoparentales.

Le document indique également d’autres risques pour la santé liés à la nutrition, malgré cette apparente abondance. Grosso modo les Tunisiens mangent mal, selon les experts ; ces derniers soulignent, dans le rapport, que 46% de la population est en surpoids et 29% souffrirait d’anémie.

Le gaspillage alimentaire a également été évoqué, en tant que facteur menaçant la sécurité alimentaire. Le document précise qu’environ 16% du pain acheté atterrit dans les poubelles, viennent ensuite les produits à base de céréales (10%), les légumes (6,5%), les fruits (4%), le lait et ses dérivés (2,3%) et les viandes (2%).

Les solutions

Les rédacteurs du rapport recommandent aux autorités de mettre sur orbite sans tarder un plan national multisectoriel pour assurer une alimentation saine, de mettre le paquet sur des spots publicitaires pour éveiller les consciences sur les ravages de l’alimentation et du gaspillage, de revoir en profondeur les fondements de la pédagogie agricole et de donner plus de poids à l’entrepreneuriat agricole.

Il est également question de monter en gamme dans la formation d’une main d’œuvre agricole spécialisée (plutôt que généraliste), de doper l’innovation agricole, de remettre au goût du jour les techniques ancestrales (le bio), de prendre soin et de mieux valoriser les ressources en eau et en sol et de donner un coup de fouet aux systèmes de production.

Certes la liste de ce qu’il faut faire est très longue, mais c’est à ce prix que la Tunisie, moins gâtée par la nature que ses citoyens ne le croient, échappera à l’épée de Damoclès suspendue à sa tête…

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La Tunisie a occupé la 53 ème place sur 113, en termes d’indice de sécurité alimentaire en 2016, gagnant 2 places, depuis 2012 (55ème rang), selon les résultats préliminaires de la revue stratégique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Tunisie, réalisée par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM).
L’étude qui a été présentée mercredi à Dar Dhiafa à Carthage, par l’universitaire et expert à l’ITES, Karim Ben Kahla, a révélé que l’offre alimentaire est suffisante en Tunisie, grâce à l’amélioration de la production et de la productivité locale. C’est ainsi qu’au niveau de l’accès à l’alimentation, la Tunisie dispose d’un score de 56,7 points/100, pour la disponibilité de l’alimentation: 57,4/100 et la qualité: 62,2/100. mais ceci n’a pas empêché l’augmentation de l’importation des produits alimentaires qui représente 9,2% du total des importations du pays. La part des céréales dans la valeur des importations alimentaires dépasse 43%, suivies par les huiles végétales et les sucres et dérivés.
S’agissant des risques qui menacent la sécurité, la revue évoque plusieurs risques dont le changement climatique et la dégradation des ressources naturelles, dont l’eau. Déjà le pays est classé 33ème quant au risque imminent de pénurie d’eau d’ici 2040 (World Resources Institute), et risque de perdre plus de 80% de ses ressources d’eau non renouvelables.
Le pays fait face a plusieurs problèmes dont la dégradation de la qualité et de la fertilité des sols et de la terre, la sensibilité à l’érosion et la désertification (risque de perdre 50% des surfaces cultivables d’ici 2050), le morcellement des propriétés et l’augmentation du ratio de dépendance aux importations des céréales (environ 60%).
Pour l’accès à l’alimentation, l’étude a noté une difficulté d’accès des groupes vulnérables à cause des barrières économiques et monétaires, dont l’inflation et la perte du pouvoir d’achat, la dépendance aux importations et la faible croissance économique.
Parmi les groupes les plus vulnérables à l’accès à l’alimentation, figurent les habitants des zones rurales, ceux des zones du Centre-Ouest et du Nord-Ouest et les femmes et les enfants notamment les femmes rurales, cheffes de familles monoparentales.
Toutefois, l’étude révèle de réels risques sur la santé à cause de la nutrition en Tunisie, pays où déjà environ 46% des citoyens sont en surpoids, mais où 29% seraient anémiques.
Outre la disponibilité et l’accessibilité, l’étude a pointé du doigt le gaspillage alimentaire qui représente également, une menace sur la sécurité alimentaire, rappelant qu’environ 16% du pain acheté finit dans les poubelles, suivi par les produits à base de céréales (10%), les légumes (6,5%), les fruits (4%), le lait et ses dérivés (2,3%) et les viandes (2%).
La revue a recommandé dans ce cadre, de mettre en place une stratégie nationale multisectorielle pour une alimentation saine, de faire des spots publicitaires pour sensibiliser aux questions de l’alimentation et du gaspillage, de refondre le système de vulgarisation agricole et de développer l’entrepreneuriat agricole.
Il s’agit également, de miser sur la formation d’une main d’œuvre agricole spécialisée (plutôt que généraliste), encourager l’innovation agricole, revaloriser les techniques ancestrales (le bio), mieux valoriser les ressources en eau et en sol et intensifier les systèmes de production.
Pour sa part, le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Samir Taieb a rappelé que le secteur agricole a enregistré une croissance de 4%, au cours du premier trimestre de 2017, a contribué à 8% au PIB et a enregistré une croissance annuelle de 2,8%, durant les deux dernières décennies.
Cette croissance a-t-il ajouté, a eu un impact positif sur l’amélioration de la sécurité alimentaire et la production locale couvre, désormais, la plupart des besoins concernant plusieurs produits tels que les légumes, les fruits, lait et dérivés et les volailles et 98% des besoins en viandes rouges.
Toutefois, Taieb a souligné que la sécurité alimentaire de certains secteurs reste vulnérable, évoquant l’importation de près de 50% des besoins en céréales, de 25% des fourrages des bétails et 100% des fourrages des volailles.
A noter que l’étude a permis d’élaborer une analyse participative et exhaustive de la sécurité alimentaire et de la situation nutritionnelle en Tunisie, et ce, dans le cadre des Objectifs 2 du développement durable de l’ONU.

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La commission parlementaire de la Santé et des affaires sociales ainsi que celle de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, du commerce et des services ont auditionné, jeudi, la ministre de la Santé Samira Meraï sur le projet de loi n°2016-78 relatif à la sécurité sanitaire, à la qualité des produits alimentaires et à l’alimentation des animaux.
La ministre a dans ce sens mis en exergue le volet répressif du projet de loi, estimant que l’alourdissement des sanctions demeure l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la fraude alimentaire.
Et de préciser: “En cas de fraude ou de tromperie alimentaire, les contrevenants peuvent s’exposer à une peine allant de 1 à 3 ans de prison et/ou à une amende comprise entre 50 et 100 mille dinars”.
Mme Meraï a ajouté que ce projet de loi prévoit également d’alourdir les sanctions à 7 ans de prison et/ou 200 mille dinars d’amende si un préjudice est causé à la santé des citoyens ou des animaux.
“En cas de décès, les peines peuvent même aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement”, a-t-elle fait observer.
Selon la ministre, ce projet de loi vient renforcer le cadre législatif relatif à la protection du consommateur et rendre les institutions chargées de contrôle du marché en phase avec leurs homologues à l’échelle européenne et mondiale.
Par ailleurs, les députés ont mis l’accent sur l’importance d’accélérer l’adoption de ce projet de loi afin de mettre un terme au “terrorisme alimentaire” et de lutter contre toutes les formes de fraude dans l’alimentation.

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Plusieurs programmes financés par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par la FAO[1], le PAM[2] et la Croix Rouge pour un montant global de 20 millions d’euros ciblent les secteurs de la nutrition et de la sécurité alimentaire, priorités de l’UE pour le pays. Les projets agricoles de la FAO pour l’UE doivent permettre d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de presque 200 000 personnes vulnérables dans les zones les plus affectées. De même, le PAM et l’UE œuvrent depuis le début de cette année à la prévention de la malnutrition auprès de 20 000 femmes et enfants en bas-âge par des interventions ciblées en zones sensibles. Ceci vient s’ajouter à des actions assurant des repas aux enfants scolarisés dans les écoles primaires. Le programme que la Croix Rouge vient d’initier pour l’UE vise plus spécialement l’éducation des ménages à la nutrition et l’hygiène avec des volets spécifiques sur l’assainissement.

De l’ensemble de ces 20 millions d’euros consacrés à la sécurité alimentaire, 4,4 millions[3] sont plus particulièrement destinés à une contribution au Plan de Réponse Humanitaire 2017 pour le Burundi élaboré par les partenaires avec la facilitation du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)[4]. Les données disponibles indiquent que 3 millions de personnes se trouvent en insécurité alimentaire au Burundi et parmi celles-ci, près de 900 000 seraient en insécurité alimentaire sévère. Face à cette situation préoccupante, le Plan de Réponse Humanitaire présenté en janvier 2017, prend en compte les besoins d’aide pour personnes en situation d’urgence, le soutien aux services de base, l’appui aux populations pour renforcer leur résilience et la collecte des données permettant l’intervention. Il cible plus spécialement 1 million de personnes considérées comme les plus vulnérables et doit servir d’outil de référence en fournissant des lignes directrice pour l’action auprès de ces populations. Le Plan chiffre à près de 70 millions d’euros les besoins urgents.

Dans les mois à venir, l’UE prévoit d’autres interventions dans ces secteurs. Elle prendra naturellement en compte les interventions et les zones considérées comme prioritaires dans le Plan de Réponse Humanitaire afin de répondre au mieux aux besoins des populations du Burundi.

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La Banque africaine de développement (BAD)

“L’agitation sociale qui a commencé fin 2010 en Tunisie, puis s’est étendue à d’autres pays, a également attiré l’attention sur l’importance de l’agriculture. Les jeunes ont réclamé l’inclusion économique et une plus grande justice sociale. Pour atteindre ces objectifs, il faut accorder une attention particulière à l’arrière-pays qui dépend principalement de l’agriculture (directement ou indirectement) pour des moyens de subsistance”, souligne un rapport que vient de publier la BAD.

Intitulée “Production agricole, sécurité alimentaire et haute valeur ajoutée en Afrique du Nord”, la publication de la Banque Africaine de Développement propose une stratégie visant à améliorer la sécurité alimentaire, tout en réduisant la pauvreté rurale et l’inégalité rurale-urbaine, en augmentant la part de la valeur ajoutée qui revient aux agriculteurs.

La stratégie proposée s’articule autour de quatre composantes : une participation optimale aux marchés mondiaux et la mise en place d’une réserve alimentaire de sécurité, un soutien plus fort aux producteurs nationaux (en particulier les petits exploitants familiaux), pour mieux les relier aux marchés nationaux et internationaux, l’introduction de nouveaux programmes de filets de sécurité sociale fondés sur les transferts en espèces et la mise en place de nouvelles institutions économiques inclusives qui représentent les petits agriculteurs et assurent leur participation active au processus d’élaboration des politiques.

Partant du constat que ” la consommation calorique des pays nord-africains dépend environ pour moitié des importations de denrées alimentaires “, la BAD a estimé qu’une panoplie de mesures s’impose pour augmenter la production nationale. Il s’agit de renforcer les incitations pour les producteurs locaux, dont la vaste majorité sont des petits exploitants et des familles d’agriculteurs, d’améliorer leur connexion aux chaînes de valeurs et aux marchés nationaux et internationaux et leur assurer un meilleur accès au crédit, à la terre, aux facteurs de production et à la technologie.
Des programmes dédiés spécialement aux jeunes agriculteurs et aux agricultrices sont en outre nécessaires pour aider ces derniers à accroître leur productivité.

Toujours d’après le document, il serait plus judicieux, également, d’élaborer des politiques sociales qui dépendent moins des contrôles et des subventions de prix mais plus des transferts directs d’argent vers les foyers pauvres seraient plus appropriées.
Dans ce cadre, la BAD révèle que pour certains observateurs les hausses de prix des denrées alimentaires comptent parmi les facteurs à l’origine des révolutions survenues en Egypte, au Maroc et en Tunisie, au vu que la part moyenne du budget des ménages consacrée à l’alimentation est de 43,8 % en Algérie, 40,8 % au Maroc, 38,3 % en Egypte et 35,8 % en Tunisie.

Les changements climatiques rendent la situation encore plus difficile

Par ailleurs, l’institution financière africaine a recommandé de procéder à des investissements pour renforcer l’efficience des systèmes d’irrigation et accroître les rendements, d’autant plus que les changements climatiques rendent la situation encore plus difficile en Afrique du Nord.
En fait, les températures moyennes dans cette région ont déjà augmenté d’un ou de deux degrés Celsius entre 1970 et 2004 et sont susceptibles d’augmenter de 0,9 à 4,1 °C supplémentaires d’ici la fin du siècle.
Le volume de précipitations risque de baisser de 25 % et avec la hausse des températures, le taux d’évaporation risque d’augmenter de 25 %. Cela signifie que la disponibilité des eaux de pluie pourrait diminuer de 50 %, ce qui risquerait d’entraîner une baisse supplémentaire de 15 à 25% des rendements céréaliers en Afrique du Nord.

Le rapport de la BAD pointe également d’autres problèmes de l’agriculture en Afrique du Nord, tel que le fait que la majorité des exploitations fait l’objet d’une gestion familiale, et ne contrôlent qu’une faible proportion de la superficie totale de terres agricoles.
Il ressort, également, que la part de financement de l’agriculture est extrêmement faible par rapport à la contribution de l’agriculture dans l’économie. Beaucoup de familles d’agriculteurs en Afrique du Nord ne possèdent pas de titres de propriété pour leurs exploitations de très petite taille.

Beaucoup d’études montrent que le retour sur investissement dans la recherche agricole est généralement très élevé et se situerait, selon les estimations, à 36 % pour les pays arabes. Cela étant, l’investissement de l’Afrique du Nord dans la recherche se situe entre 0,4 et 0,9 % du PIB agricole, ce qui est largement inférieur au taux d’environ 2,4 % observé dans les pays de l’OCDE et de 1,5 % observé dans les pays performants d’Amérique latine.

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Les pertes et gaspillages alimentaires sont estimés à 1,3 milliard de tonnes, soit presque un tiers des produits destinés à la consommation humaine dans le monde, dans tous les continents. Absurde! dans un monde où plus de 800 millions de personnes souffrent encore de la faim. Sans surprise, dans la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord), les pertes de nourriture sont estimées à 250 kilogrammes par personne par an, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture). C’est l’équivalent de 50 milliards de dollars US pour l’ensemble des pays de cette région, exposée déjà à de sérieux problèmes liés au changement climatique et à la gestion des ressources naturelles (raréfaction des ressources en eau, baisse des rendements des terres agricoles…).Rien que pour les céréales, denrées de base pour les peuples de la région, entre 14 et 19% des productions céréalières sont gaspillées et perdues, d’après le coordinateur du Bureau régional de la FAO pour l’Afrique du Nord, DR. Thiombiano Lamourdia.
Des paniers percés !
Par filière, les peuples de la région MENA gaspillent 16% de leurs productions de légumes, 45% de fruits, 13% de viandes, 28% de poissons et 18% de lait.
“Les pertes et gaspillages alimentaires se trouvent à tous les étages des chaînes de production agricole”, selon la directrice des Etudes et de Planification au ministère tunisien de l’Agriculture, Nadwa Kemir. “Le phénomène s’est même aggravé au niveau de certains maillons de cette chaîne”, a ajouté la responsable.
Pourtant, une baisse de ces pertes, couplée à une maîtrise et une meilleure gestion des chaînes de production pourraient aider les pays de l’Afrique du Nord, dont la Tunisie par exemple, à réduire les importations de deux denrées basiques, les céréales et le lait, pense-t-elle. La Tunisie appelée, jadis, “grenier de Rome” pour la fertilité de ses terres et l’abondance de sa production céréalières, importe, aujourd’hui, en devises, plus que 50% de ses besoins en blé, dont 80% de blé dur et 20% de blé tendre.
Encore, est-t-il normal qu’un pays regorgeant de 10 millions hectares de terres arables, soit 65% de sa superficie globale, se trouve, aujourd’hui, dans l’incertitude d’assurer la sécurité alimentaire à long terme, pour son peuple?  ?a ne doit pas être, uniquement, à cause de la mauvaise gestion des ressources naturelles, mais aussi en raison des comportements de consommation et de la persistance des pratiques non durables.

900 000 pains jétés à la poubelle chaque jour
Peu soucieux, paraît-il, de cette notion de durabilité, de la sécurité alimentaire et de ce qui pourrait apporter l’avenir, les Tunisiens jettent chaque jour à la poubelle, environ 900 000 pains, selon le président de la Chambre nationale des boulangeries, Mohamed Bouanen. Ces pertes de pain, aliment que nous mangeons, en Tunisie, comme si nous n’avons que cela pour nourriture, sont enregistrées surtout au mois de Ramadan. Un mois saint, sensé être celui de l’abstinence et de l’austérité. D’après Bouanen, ça prouve encore que “Cette question de sécurité alimentaire dépend aussi de nous et de nos comportements”.
Un projet pilote contre les pertes en Tunisie et en Egypte
La FAO a plaidé, de son côté, pour la valorisation des produits agricoles et pour le développement des chaînes de production dans le sens d’une réduction des pertes et d’une baisse du gaspillage des ressources naturelles et de la nourriture.
A cet effet, l’organisation onusienne a lancé en janvier 2016, des projets en Tunisie ayant pour objectif de détecter les maillons des chaînes au niveau desquels (maillons), sont enregistrées les plus grandes pertes alimentaires dans les filières des céréales et du lait. En Egypte, les filières ciblées par ce projet pilote sont celles des tomates et des vignes. Le coût du projet, qui s’étale sur 3 ans (2016-2018) est estimé à 2,3 millions de dollars (Tunisie et Egypte). Il est cofinancé par l’Italie.
Jeunes et agriculture: Le divorce qui menace la sécurité alimentaire
Le monde va voir de moins en moins d’agriculteurs et de paysans pour nourrir les populations de la planète. A l’origine de ce constat, la tendance des jeunes à déserter les milieux ruraux et à abandonner les activités agricoles devenues peu rentables pour eux.S’ils continuent de partir à la recherche d’autres emplois dans les milieux urbains, leur retour à la terre sera difficile. Il exigera des efforts colossaux de la part des gouvernements et des Etats, notamment, ceux exposés à la menace de l’insécurité alimentaire, pour trouver la main d’œuvre agricole, celle qui nourrit le monde.
Leur réticence à se lancer dans des projets agricoles est, dans certain sens, encouragé par l’absence de soutien et de contrôle efficace des circuits de distribution des produits agricoles.
Ceci fait que la plupart des agriculteurs se trouvent, en Tunisie, à titre d’exemple, déficitaires et endettés envers les banques (leurs dettes s’élèvent à plus de 200 millions de dinars), alors que les intermédiaires et les commerçants amassent les fortunes, estiment des membres du syndicat des agriculteurs en Tunisie.
En fait, ça relève de l’injustice, quand ceux qui nourrissent le monde sont essentiellement eux qui souffrent de la faim et de la malnutrition. Il est temps, donc, que les gouvernements réagissent, à travers des politiques prospectives qui anticipent le pire, aident à rationaliser l’exploitation des richesses naturelles et aussi garantir une répartition équitable des revenus de l’agriculture.

TAP

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Intervenant, lundi, lors d’un conseil ministériel restreint (CMR), Essid a appelé à assurer un contrôle de la qualité et de la sécurité des produits sensibles, outre des instruments de pesage.

Le chef du gouvernement Habib Essid a mis l’accent sur la nécessité de préserver le pouvoir d’achat du citoyen, au cours du mois de ramadan (juin 2016), en renforçant les opérations de contrôle économique aux niveaux central et régional.

Au cours de la réunion, les participants ont passé en revue les données relatives aux stocks régulateurs des viandes blanches, des œufs, du lait et de la pomme de terre, outre la situation des stocks stratégiques des structures publiques (riz, sucre, huile végétale).

Ils ont par ailleurs évoqué les efforts déployés par le ministère du commerce en vue de garantir l’approvisionnement régulier des marchés, la maîtrise des prix au cours du mois de Ramadan.

Les participants ont loué les résultats des sessions de travail tenues avec tous les intervenants dans le secteur, en plus des réunions de la commission nationale de suivi des prix, de l’approvisionnement, de la lutte contre la contrebande et le commerce parallèle. (TAP)

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