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mardi 26 janvier 2021
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Nouvelles menaces sur le pétrole, le gaz et l’eau. Les 1ers couacs de la « Kamourocratie »

Kais Saïed en avait eu l’idée, Hichem Mechichi en prend désormais possession et s’attèle déjà à sa concrétisation, certes à sa manière, la théorise et l’érige en nouveau mode de gouvernance. Ce n’est pas la démocratie, c’est la « Kamourocratie ». Un mode de gouvernance, économique et de développement, non plus centralisé et articulé autour d’une planification et de décisions du pouvoir central, à Carthage, le Bardo ou la Kasbah, mais celles des régions elles-mêmes. Un mode de gouvernance élaboré (si l’on considère qu’il a été un choix volontaire des gouvernants), à partir de l’expérience d’El Kamour à Tataouine. Le chef du gouvernement s’approprie ainsi l’idée du chef de l’Etat et le « customise », dans une tentative de transformer sa défaite face au chantage de la coordination d’El Kamour, en victoire.

  • Reculade une fois, reculade toujours
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« Nous avons décidé de faire évoluer la gouvernance du dossier du développement régional, dans le cadre d’une vision globale et intégrée des territoires basée sur une approche régionale, avec l’Etat comme locomotive mais focalisée sur le citoyen. Nous sommes destinés à être un gouvernement de réalisations et de solutions, pas un gouvernement de procrastination ». Ainsi parlait le chef du gouvernement tunisien, à l’ouverture des travaux de la rencontre périodique des gouverneurs. On comprendrait, ainsi, que le chef du gouvernement aurait décidé de confier le choix et la planification des projets aux régions selon les besoins propres de chacune d’elles.

Le chef du gouvernement s’engage ainsi à repliquer le modèle des accords d’El Kamour partout où ce sera nécessaire, car désormais dos au mur avec les occupations de sites de production, avec un mutisme politique total face aux mouvements sociaux depuis 2011 qui se radicalisent. Et quand le gouvernement accepte de négocier localement (El Kamour), cela fait tache d’huile avec une multiplication des revendications ailleurs. Il ne reste ainsi à Hichem Mechichi que d’adopter le dialogue et la négociation pour résoudre leurs problèmes, peut-être en modélisant ce qui a été fait à El Kamour. Or, ce dernier a vite donné les premiers souffles d’un premier essoufflement.

La Primature n’ayant manifestement pas compris le sens et l’urgence du strict respect des délais contractuels, le porte-parole de la coordination d’El Kamour est vite monté au créneau pour le lui rappeler, et de menacer sans le dire de refermer la vanne du pétrole. Les Kamouristes l’ont dit hier soir à Mechichi, se foutent des capacités financières de l’Etat. Pour eux, son seul devoir est de payer les salaires, de donner leurs droits aux chômeurs, en lui lançant la fameuse boutade de Fakhfakh « Tu peux attendre » ou « يبطا شوي ». Et ce fut, ainsi, le 1er couac de la Kamourocratie à la Mechichi !

  • Le pétrole et le gaz, de nouveau sous menace de rupture par les mouvements sociaux

Et tel un effet de domino, d’autres régions décident d’infliger le même traitement  au gouvernement central, c’est-à-dire, lui faire chantage des premières ressources nécessaires à la continuité du service public, pour avoir la même chose qu’El Kamour.

« Douleb », autre champ pétrolier à Kasserine produisant 300 barils jours, voit ainsi sa production suspendue, dans un geste de d’accroissement de la pression qui dure depuis 5 jours sous forme d’un Sit-In [ar] des demandeurs d’emploi. Et dans un effet boule de neige, l’autre champ pétrolier de « Guebiba 1 » dans la région de « El-Hajeb » à Kairouan qui produit 3.000 barils jour [ar] est aussi désormais à l’arrêt. Et tous ces nouveaux mouvements sociaux finissent par créer la panique et une psychose de la pénurie de carburants chez la population, et créent désormais des files d’attente devant les stations-service.

Bien avant, des mouvements sociaux et d’énormes files d’attente avaient (et continuent) créé une pénurie du gaz liquéfié domestique. Les vannes sous menace de fermeture se succèdent et ne se ressemblent pas. Après le pétrole et le gaz, c’est l’eau potable qui est menacée par les demandeurs d’emplois, à l’image des Kamouristes, à Kasserine qui menacent de couper l’eau aux habitants de Sfax. Et les couacs de la Kamourocratie se succèdent !

L’automne tunisien, déjà rendu plus morose par le couvre-feu, sera ainsi glacial par manque de carburant. Il sera, par contre, chaud pour Hichem Mechichi, un chef de gouvernement déjà aux prises avec les budgets de l’Etat, complémentaire 2020 et celui de 2021, qui risquent fort de ne pas passer devant des députés agressifs et récalcitrants.

3 Commentaires

  1. Les sit-inners professionnels qui abîment notre pays depuis le jour de la chute de Ben Ali , sont des voyous et des anti-patriotes , mais aussi des brigands et des HORS LA LOI.
    ,
    Quand on réclame du travail on ne tue pas l’économie en multipliant les blocages depuis 10 ans maintenant car cela ne fait qu’accentuer leurs difficultés et entraîne l’ensemble de la population dans ces difficultés.
    Pensez que même avec la crise du virus , et avant cela les,conséquences des attentats , ils n’ont pas eu l’intelligence , la dignité , d’observer une trêve pour permettre au pays de limiter la casse.
    Tout ceci avec l’oeil complaisant , voire complice , des autorités.
    QUEL IMMENSE GACHIS.
    Mais notre belle TUNISIE tient , tiendra et vous digérera tous.

  2. Les sit-inners professionnels qui abîment notre pays depuis le jour de la chute de Ben Ali , sont des voyous et des anti-patriotes , mais aussi des brigands et des HORS LA LOI.
    ,
    Quand on réclame du travail on ne tue pas l’économie en multipliant les blocages depuis 10 ans maintenant car cela ne fait qu’accentuer leurs difficultés et entraîne l’ensemble de la population dans ces difficultés.
    Pensez que même avec la crise du virus , ils n’ont pas eu l’intelligence , la dignité , d’observer une trêve pour permettre au pays de limiter la casse.
    Tout ceci avec l’oeil complaisant , voire complice , des autorités.
    QUEL IMMENSE GACHIS.
    Mais notre belle TUNISIE tient , tiendra et vous digérera tous.

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