Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a provoqué la chute du gouvernement néerlandais mardi en se retirant d’une coalition fragile sur fond de désaccord sur l’immigration, ouvrant la voie à de nouvelles élections.
Ce retrait ouvre une période d’incertitude politique dans le pays, cinquième économie de l’Union européenne, alors que les partis d’extrême droite progressent sur tout le continent.
Les Pays-Bas accueillent par ailleurs le prochain sommet de l’Otan dans seulement quelques semaines.
Après des négociations houleuses de dernière minute visant à sauver la coalition quadripartite, Wilders a déclaré qu’il n’avait d’autre choix que de retirer ses ministres du gouvernement.
« J’ai signé pour la politique d’asile la plus stricte, pas pour la chute des Pays-Bas », a affirmé Wilders, 61 ans, dont le Parti pour la liberté (PVV) est sorti grand vainqueur des élections en novembre 2023, à la surprise générale.
Le Premier ministre Dick Schoof a jugé « irresponsable » la décision du dirigeant d’extrême droite, et a indiqué qu’il allait présenter au roi la démission des ministres du PVV.
« Je continuerai à assurer l’intérim… jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement. Car la vie continue aux Pays-Bas et à l’étranger », a déclaré Schoof devant les journalistes.
Wilders estime que le gouvernement prenait trop de temps à mettre en place la « politique d’immigration la plus stricte jamais vue » aux Pays-Bas voulue par la coalition.
Les sondages indiquent que le PVV reste en première position, mais l’écart avec ses plus proches rivaux se réduit. Il est suivi de près par l’alliance entre les Verts et les sociaux-démocrates de l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.
Le parti libéral VVD, traditionnellement un acteur majeur de la politique néerlandaise, figure également dans le haut du classement. Toute élection serait donc probablement très disputée.
Dilan Yesilgoz, leader du VVD, s’est dite « très énervée » et a qualifié la décision de Wilders d' »irresponsable », ajoutant qu’elle craignait qu’elle n’ouvre la porte aux partis de gauche.
La tenue de nouvelles élections est « probable » mais après les vacances d’été, observe Sarah de Lange, professeure de pluralisme politique à l’Université d’Amsterdam.
« Les élections anticipées aux Pays-Bas ne sont pas aussi rapides que dans d’autres pays », explique-t-elle à l’AFP.
Pays-Bas : Wilders provoque la chute du gouvernement
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