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Plus d’un million de Vénézuéliens ont filé vers la Colombie, selon le PAM

Les Nations Unies ont appelé la communauté internationale à aider d’urgence la Colombie qui doit gérer un afflux massif de ressortissants du Venezuela.

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« C’est une catastrophe. C’est un vrai désastre humanitaire » a alerté David Beasley, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial PAM lors d’un point de presse mardi à Bogota, la capitale colombienne. « Plus d’un million de Vénézuéliens ont traversé la frontière et ils ne rentrent pas », a-t-il ajouté.

Le nombre de Vénézuéliens contraints de quitter leur pays ne cesse d’augmenter. Ces derniers fuient une situation politique et socioéconomique complexe. L’insécurité, le manque de nourriture, de médicaments, et d’accès aux services sociaux de base et la perte de revenus et de pouvoir d’achats les poussent à partir à l’étranger.

Le chef du PAM s’est rendu en Colombie pour évaluer l’impact humanitaire de cet exode sur le terrain. Au poste frontière de Cúcuta dans le nord-est du pays, M. Beasley a constaté que plus de 40.000 Vénézuéliens entraient chaque jour sur le territoire colombien à la recherche de nourriture et de médicaments. « Et il ne s’agit que d’un point de passage légal ! ».

L’afflux massif de Vénézuéliens met une pression particulère sur les communautés colombiennes qui les accueillent. « Nous avons vraiment besoin d’augmenter notre aide au gouvernement colombien », a déclaré le chef du PAM, soulignant que la crise actuelle pèse sur les épaules de Bogota et risque de déstabiliser la région.

Au Venezuela, un nombre croissant d’enfants souffrent de malnutrition, a averti de son côté le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Une malnutrition qui trouve ses racines dans la crise économique prolongée qui touche le pays, a précisé le fonds onusien.

Le Directeur exécutif du PAM a pu s’entretenir avec des Vénézuéliens qui ont fui leur pays. « Les gens meurent de faim ! C’est aussi simple que cela. Les gens ne peuvent pas obtenir de la nourriture », a dit M. Beasley. « Même s’ils ont de l’argent, ils ne peuvent pas obtenir de la nourriture ! ».

Le chef du PAM a annoncé que l’équipe pays des Nations Unies en Colombie développe avec le gouvernement colombien un plan intégrée pour répondre à la crise humanitaire. « Nous ferons tout notre possible pour aider les personnes qui ont quitté le Venezuela où qu’elles aillent », a déclaré M. Beasley.

Le nombre de demandeurs d’asile vénézuéliens à travers le monde a augmenté de 2.000% depuis 2014 (HCR)

Afin de mieux répondre à l’exode continu des Vénézuéliens vers les pays voisins et au-delà, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié de nouvelles directives à l’intention des gouvernements pour gérer la situation des personnes ayant besoin de protection internationale et d’aide humanitaire.

« Si tous les Vénézuéliens quittant le pays n’y sont pas incités pour des raisons liées à celles des réfugiés, il apparaît de plus en plus clairement que, si tous ne sont pas des réfugiés, un nombre important d’entre eux ont besoin d’une protection internationale », a déclaré la porte-parole du HCR, Aikaterini Kitidi, lors d’un point de presse à Genève.

Depuis 2014, le nombre de demandeurs d’asile vénézuéliens à travers le monde a augmenté de 2000% – et principalement dans les Amériques durant les douze derniers mois.

Bien que plus de 94.000 Vénézuéliens aient pu accéder aux procédures d’asile dans d’autres pays en 2017, bien davantage parmi les personnes qui ont besoin de protection optent pour d’autres arrangements légaux de séjour, qui sont plus rapides à obtenir pour exercer le droit au travail, l’accès aux soins de santé et à l’éducation. Toutefois, des centaines de milliers de Vénézuéliens vivent actuellement sans papiers ni permis de séjour légal dans les pays d’asile. Cela les rend particulièrement vulnérables à l’exploitation, la traite et la violence, aux abus sexuels, à la discrimination et la xénophobie.

« Dans ce contexte, ces nouvelles directives du HCR encouragent les États à veiller à ce que les Vénézuéliens aient accès au territoire et aux procédures relatives aux réfugiés », a déclaré la porte-parole. « Compte tenu de la situation au Venezuela, il est essentiel que les Vénézuéliens ne soient ni expulsés ni refoulés vers ce pays ».

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