Présidentielles 2019 :«Mafia Blues», «Spin-Doctors», et électeurs dans les Vaps

Présidentielles 2019 :«Mafia Blues», «Spin-Doctors», et électeurs dans les Vaps

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Ces présidentielles anticipées en Tunisie, seront une première sur tous les plans. Des candidats qui s’étripent à coup de balance, des sondages, officiellement interdits, et qui se vendent sous cape et s’échangent sur les réseaux sociaux, un candidat qui fait sa campagne en prison, l’autre qui accuse et s’auto-accuse, un autre candidat qui ne dit mot et qui monte, et des électeurs qui sont dans le brouillard et les vaps de la puanteur politicienne que dégage la campagne pour le 1er tour.

Remarquons, tout d’abord, que si Nabil Karoui fait sa campagne à travers son seul statut de victime du pouvoir en place, l’ancien représentant de ce même pouvoir, Youssef Chahed semble insensible à toutes les piques et critiques à lui faites, et focalise sur son bilan et ses promesses.

Le 1er était jusque-là à la tête des sondages qui avaient précédé les campagnes, et le second qui caracole dans un second groupe qui rapporterait nettement moins que lui, selon les anciens sondages d’opinions rendus officiellement publics.

Un autre candidat, jusque-là silencieux, qui en fait le moins sur le plan de la Com et qui se maint pourtant en bonne place pour les présidentiables en Tunisie. Personne ne l’attaque frontalement et certains l’igonrentmême, comme s’il ne pourrait jamais être l’outsider qui surprendrait tous. Un candidat, comme Abdelkrim Zbidi, manifestement sans aucune ceinture politique, même si certains disent de lui qu’il serait un candidat caché d’Ennahdha. Ce qui est certain, c’est que tout ce manage,  est loin de donner ses secrets et il n’est pas exclu que les positions changent.

  • Mafia Blues à Saint Tropez

Comme le psychanalyste, incarné par Billy Crystal dans le film «Mafia Blues» d’Harold Ramis en 1998, Sami Fehri était allé chez Riahi à Saint Tropez età bord hélicoptère prêté par Slim Riahi, recueillir les confidences durepris de justice (c’est son statut juridique). Une image certainement voulue pour répondre à ceux qui le croiraient fini des suites du gel de ses avoirs en Tunisie. Longue interview d’un Slim Riahi, manifestement déprimé parle refus de la justice tunisienne d’annuler son mandat de dépôt, etqui en donnait mercredi soir «plein la gueule» au candidat, ancien chef de gouvernement.

Premier coup de poing, Chahed qu’il révèle être le candidat de Chafik Jarraya, pour le poste de chef de gouvernement, et qui a été la 1ère victime de la guerre anticorruption de Youssef Chahed. Seconde révélation choc, Slim Riahi qui aurait acheté la levée de son interdiction de voyage, en monnayant les voix de son parti en faveur du ministre de l’intérieur lors du dernier remaniement passé devant l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple). Le candidat s’auto-dénonce sans en prendre conscience peut-être. 3ème révélation, celle-là déjà révélée par lui-même, celle du complot qu’aurait tenté d’ourdir Chahed contre l’ancien chef d’Etat, feu Béji Caïed Essebssi. Au passage. Slim Riahi fonce tête basse et fait du rentre-dedans, dans la justice qui ne l’a pas blanchi, en l’accusant par ces révélations d’être un outil entre les mains de Chahed qui se serait fait des couloirs à tous ses niveaux. Une justice donc, infiltrée et non pas indépendante. La justice n’a pas la mémoire courte !

Le reste, à notre sens, n’était que lectures d’un candidat en fuite, de la conjoncture politicienne pourrie (Il disait lui-même qu’il aurait pu «investir dans les partis et avoir les projets que je veux. Et je peux le faire») où il officiait depuis la révolution de 2011.

Des lectures donc, pour le moins subjectives car versant toutes contre un seul candidat, bien que pas impossibles, mais jusque-là jamais prouvées. Tout cela n’est certainement pour plaire au candidat Youssef Chahed, qui se mure jusqu’ici dans le silence et continue son pèlerinage politique à travers les régions de la République, sans sourciller. Son «Spin Doctor», ou conseiller en communication et marketing politique, lui a certainement interdit de répliquer.

  • Affaires de Spin Doctors

Ces révélations, intervenaient après celles du candidat Zbidi, sur un autre complot visant le poste de chef d’Etat par intérim et qu’il aurait déjoué en menaçant d’utiliser les chars. Inédit, pour un candidat qui était censé défendre la démocratie et pour un candidat qu’on croyait être un civil, administrativement être à la tête de l’armée. La pique est cette fois dirigée contre Ennahdha.

On ne sait pas si le «Spin-Doctor» de Zbidi, lui a soufflé l’idée d’une telle révélation. Ce qui est certain, selon nos informations, c’est l’homme de Com de Zbidi, Hamed qui est le fils de l’homme d’affaire qui était dans le secteur de la grande distribution, ferait plus de mal que de bien au candidat et se ferait refuser à chacun de ses contacts à la recherche de soutiens pour le candidat Zribi.

Sinon, beaucoup de ces conseillers en Com ou «Spin-Doctors», semblent avoir fait opté leurs clients candidats vers la technique des clips et spots vidéos depuis le mois du ramadan, faits par des maisons de Prod. Certains candidats ont confié leur communication à des équipes internes. D’autres, comme Chahed, ont préféré gérer leur Com en externe. Il aurait pris l’agence tunisienne «Knasid», avec un journaliste sportif comme conseiller en Com.Zbidi aurait confié sa Com à l’agence, tunisienne aussi,«Omd3sg». Karoui chez sa propre agence pour toute sa Com. Ennahdha aurait fait cela en interne, certainement échaudée par les chiffres des contrats avec une agence internationale. Chez le reste des candidats, on reste discrets sur cette question de la Com.

Les visuels florissent déjà les artères de Tunisie avec des slogans, pas toujours racoleurs, mais toujours politiciens, à l’exception peut-être de Karoui qui paraissent plus agressives. Des «Spin-Doctors» qui tablent sur l’image et semblent jusqu’ici oublier le poids des mots pour l’électorat tunisien. Un poids dont certains comptent faire étalage, lors des prochains débats télévisés, où il est attendu que plus d’un candidat y laissera des plumes..

  • Un électorat dans les vaps

Autrement, de l’avis général, la campagne des présidentielles anticipées de 2019, s’est caractérisée par son bas niveau de débat, avec des électeurs bercés par les clips des uns et des autres et leurs lots quotidiens de Fake-News, de médisances et autres. Un électorat qui n’arrive toujours pas à trouver le candidat, idéologiquement idéal et qui pourrait finir par rester sur ses premières impressions, avec certains candidats demeurés égocentriques, certains malgré l’absence de ceintures politiques qui leurs permettraient de tenir leurs promesses, et d’autres espérant que leur semblant de réussite donnerait du Peps à leurs partis, lors des prochaines législatives.

1 COMMENTAIRE

  1. Taoufik Elleuch
    Et si tous les candidats à la présidentielle dévoilent les déboires d’Ennahdha, que va t’il faire si Mourou pour faire face à toutes les accusations.

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