RDC : le nouveau président hérite d’une situation catastrophique

RDC : le nouveau président hérite d’une situation catastrophique

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Dans le Territoire de Pweto (Haut-Katanga), environ 8 000 personnes, majoritairement de la communauté Bantou, ont fui leurs habitations le 26 janvier 2019, dans les villages de Kanku, Kaswete, Katonta, Kilangwa et Mukolo pour trouver refuge dans les localités de Kato et Mutabi, chefferie de Kyona Nzini (environ 120 km de la cité de Pweto). Cette dernière incursion armée de quelques membres de la communauté Twa et le pillage des biens de la population a été à la base de ces déplacements. Au 30 novembre 2018, ces deux localités comptaient environ 25 000 déplacés et retournés. La chefferie de Kyona Nzini est la première zone à avoir été affectée par le conflit communautaire entre les Twa et Zela, dans le Territoire de Pweto, depuis le mois de février 2017, provoquant d’importants déplacements de personnes à l’intérieur de Pweto. Cependant, grâce à une accalmie observée depuis le 1er trimestre de l’année 2018, la majorité des déplacés ont commencé à regagner leurs villages d’origine. Avec ce dernier incident, les acteurs humanitaires craignent la résurgence d’une reprise de conflit communautaire, comme celui connu à Pweto en 2017 et qui avait contraint plus de 12 000 congolais à se réfugier en Zambie. Entre-temps, dans la Province voisine de Tanganyika, des mouvements de populations continuent en raison des multiples tensions latentes entre les communautés Twa et Luba dans les territoires de Kalemie et Nyunzu. A cause de l’insécurité perpétrée par plusieurs groupes armés sur l’axe Kalemie – Kabwela, situé au sud-est de Kalemie, dans le Territoire de Kalemie, l’accès humanitaire reste assez limité à plusieurs localités telles Fatuma, Kabwela et Kambu, où des besoins humanitaires ont été identifiés. Lors du dernier incident sécuritaire du 10 janvier 2019, plusieurs dizaines des maisons ont été incendiées à Kambu. De nombreuses personnes ont été tuées, d’autres torturées et enlevées, et des incidents de protection ont été commis à l’endroit des populations civiles. D’après une source humanitaire, actuellement, plusieurs villages situés entre Fatuma et Kambu se sont vidés de leurs habitants, craignant pour leur sécurité. Un grand nombre de déplacés et retournés se sont plutôt installés au village Kabwela et d’autres à Mwanza, dans le Territoire de Moba. La situation est similaire dans le Territoire de Nyunzu, où les mouvements de populations se poursuivent. D’après les résultats d’une évaluation rapide multisectorielle réalisée par l’ONG internationale AVSI, environ 4 350 personnes ont fui les violences dues au conflit interethnique entre les Twa et Luba pour s’installer à Kisengo, en décembre 2018. Avec ce dernier incident, ce sont au total près de 6 870 déplacés arrivés entre février et décembre 2018 à Kisengo et ses environs. Selon la même source, lors de derniers affrontements de décembre 2018, plusieurs incidents de protection ont été aussi répertoriés : une douzaine des personnes ont été tuées dans les villages Nsenga et Kansongo Mukili; plus de 200 enfants ont été recrutés dans les milices Twa et Bantou; des viols ont été commis à l’endroit des femmes, dont l’une est devenue enceinte. Les articles ménagers essentiels et abris, les vivres, les moyens de subsistance, l’éducation, l’accès à l’eau et à la santé sont les besoins prioritaires de ces personnes. L’insécurité que crée certains groupes armés à Kalemie et Nyunzu, dans le Tanganyika, pourrait basculer le calme qu’observe la majorité des territoires de la province depuis plusieurs mois.

Épidémies Choléra

La contrainte budgétaire pour la mise en place d’une réponse multisectorielle continue à constituer un défi pour la réponse efficace dans la lutte contre l’épidémie de choléra dans le Haut-Katanga. Jusque-là, la réponse apportée par les acteurs humanitaires est inférieure à 10% du montant nécessaire requis (USD 5 millions pour les activités générales contre le choléra). En urgence, les acteurs impliqués dans la lutte estiment à plus de USD 1,1 million le montant nécessaire pour rapidement réaliser les activités de prévention et de prise en charge dans les zones de santé affectées. Le Haut-Katanga requiert une forte mobilisation immédiate, tous azimuts : bailleurs de fonds et autorités congolaises. L’appui actuel des humanitaires dans cette lutte risque d’être dépassé. Entre-temps, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continuent à doter en intrants les zones de santé. L’UNICEF poursuit son appui, en collaboration avec ses partenaires de la désinfection, chloration d’eau et de la sensibilisation. Ainsi, du 1er au 27 janvier 2019, la Province du Haut-Katanga a rapporté 494 cas dont 19 décès (létalité de 4%); selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette forte létalité est liée entre autres au manque d’intrants de prise en charge dans plusieurs zones de santé touchées.

Multisectoriel

Environ 440 ménages sont sans abris dans le Territoire de Kongolo (Tanganyika), à la suite d’une forte pluie qui s’est abattue dans la nuit du 16 au 17 janvier dernier. D’après la Caritas, cette tempête a détruit plus de 510 maisons et autres édifices, y compris quelques salles de classe. Plus de 150 toilettes et plusieurs puits traditionnels ont été également inondés. Les personnes sinistrées se retrouvent, pour la plupart, dans des familles d’accueil et dans une église de la place, dans des conditions déplorables. Selon la Caritas, la majorité de ces familles ont aussi perdu leurs articles ménagers essentiels et leurs stocks des vivres. Aucune assistance n’est encore accordée à ces familles sinistrées.

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