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Taoufik Rajhi : La Crise du Coronavirus se transforme en choc permanent, d’offre et de finance publique

Dans un post publié, ce lundi 20 avril 2020, sur sa page l’ancien ministre chargé des Grandes réformes, Taoufik Rajhi est revenu sur les répercussions économiques et financières du Coronavirus.

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Il estime que la crise du Covid-19 est complètement différente des crises antérieures et se manifeste par un double choc d’offre et de demande inédits touchant au passage la finance publique. Le risque le plus important est qu’elle se transforme en choc permanen, ce qui compliquerait la tâche des politiques économiques de sortie de crise et le retour au trend pré-crise qui pourrait prendre beaucoup de temps. L’incertitude sur la durée du confinement et son impact sur les entreprises et l’ampleur du choc émotionnel et psychologique sur le comportement des ménages seraient importants à comprendre.

Sur sa page il a écrit le texte que voici:

 »Le choc de demande vient du comportement imprévisible des ménages qui risquent de se tourner vers la thésaurisation et l’épargne de précaution et se détourner de la consommation des services par peur d’un risque sanitaire invisible. Le changement des habitudes, l’angoisse permanente d’attraper le virus conduirait à un confinement psychologique désastreux sur la demande.

La meilleure politique de relance est la politique publique de santé qui organiserait le déconfinement et le retour progressif à la normalité. Les discours publiques qu’il y’aurait une autre façon de vivre différente après la Crise-C sont nuisibles à l’économie même s’ils sont justifiés mais devraient être atténuer pour que la baisse de la demande ne soit pas durable. La consommation et en particulier hors alimentaire et des services (cafés, restaurants, loisirs, hôtels, cinéma… ) sont le moteur de la croissance et aux autorités publiques de rassurer et aux professionnels d’ajuster et de trouver les solutions adéquates. L’impact sur le pouvoir d’achat des salariés serait aussi une préoccupation majeure car avec un pouvoir d’achat amoindri, la demande serait sapée. Soutenir le pouvoir d’achat des salariés, au delà de l’aspect social, est la meilleure des politiques de relance.

Ce soutien devrait être mieux organisé dans un cadre économique et non social comme celui d’une caisse d’assurance chômage. Le soutien des tranches vulnérables de la population est aussi de mise mais devrait être plus ciblé et organisé. Les tentations des politiques fiscales incitatifs de type réduction de l’impôt ou de TVA vont sûrement se heurter à la contrainte budgétaire de L’État mais pourraient être sélectives comme celles de la baisse de TVA sur les installations des énergies renouvelables ou de logement qui en l’occurrence pourrait être un refuge pour certains.

Le choc d’offre du confinement est certain mais l’incertitude sur son ampleur dépend de sa durée. Il est certain que les marges des entreprises, leurs trésoreries, leurs profitabilité, leurs capacités d’investissement, leurs taux d’endettement vont fortement chuter. Si pendant le confinement les entreprises font face à des problèmes de liquidité et de trésorerie, le déconfinement sera synonyme de problèmes de solvabilité. Le risque de fragiliser le tissu productif de l’économie est réel et la responsabilité des pouvoirs publiques de les accompagner devrait être pleinement engagée.

Pour eux, ce n’est pas une relance keynésienne qu’il leur faut mais plutôt une relance classique de type microéconomique. La meilleure des politiques de relance pour eux est le deconfinement rapide et sans risque. La politique de soutien au tissu productif ne pourrait pas du tout être globale mettant, dans le même sac des entreprises hétérogènes. Elle devrait être sectorielle et s’attacherait à venir au chevet des secteurs sinistrés en premier lieu . Elle pourrait passer par les allègements fiscaux, aménagement des cotisations sociales, prolifération des garanties de crédit et autre.

Soutenir l’investissement des entreprises serait un enjeu considérable mais là aussi, il faudrait être imaginatif. L’ajustement budgétaire par l’investissement public serait néfaste aux entreprises parce qu’il est la locomotive de l’investissement privé et accentuerait la récession. Le pays est déjà en sous-investissement structurel et réduire l’investissement dans un contexte d’épargne de précaution ne ferait qu’empirer la situation. Il faudrait à tout prix penser aux mesures d’amortissement dégressif et physique. Penser à mieux doter les agences de garantie des risques et accélérer le processus de mise en place de la banque de région fruit de la fusion des principaux instruments de financement des PME.

Et l’Aigle, l’État, dont de la survie dépend la survie de ses enfants (entreprises, salariés, population vulnérable…)? L’Etat a aujourd’hui une double incertitude et un double problème. Une incertitude sur les recettes mais aussi sur les dépenses. Un problème conjoncturel et mais aussi structurel. Mais aussi un conjoncturel qui aggraverait le structurel comme la situation des entreprises publiques ou les caisses sociales y compris la Cnam. Du jamais vu de mémoire d’économiste. C’est lui qui devrait financer le confinement et le déconfinement. Deux principes se dégagent.

La première tache est de lever l’incertitude. On ne gagne une guerre que si on connait les capacités destructrices de l’ennemie, le terrain et l’impact des différents scénarios. Partout dans le monde, on navigue a vue et la France est a son troisième collectif budgétaire. Réduire l’incertitude sur l’impact de la crise-c est important car a partir de la on arrive a évaluer l’ampleur des dégâts et les couts et les moyens de l’intervention.

Gagner une guerre ne nécessite pas d’attaquer tous les fronts en même surtout lorsque vous n’avez pas les moyens. Prioritisez et attaquez le conjoncturel en premier lieu mais agissez pour accélérer les reformes structurelles liées à la Crise-C.

En jargon d’économiste travaillez pour ramener l’économie à son trend central et ne cherchez pas à relancer car vous n’avez pas les moyens. Protéger le niveau du PIB potentiel qui risque de diminuer par la Crise-C. Ramener la courbe d’offre et de demande globales a leurs niveau d’avant Crise est une tache urgente. Car il y a un temps pour le conjoncturel et un autre pour le structurel bien qu’il s’agit de mois voire de semaines.

Employer l’artillerie lourde de type « Hélicoptère monétaire » ou répudiation de la dette est très dangereux. On peut invoquer, sans risque inflationniste, la facilité de caisse et la baisse des taux et l’achat massif des bons de trésor et sans risque de sanction des marchés financiers, le reprofilage de la dette. Le reste. Il faudrait l’explorer avec prudence et assez vite. Il est légitime aujourd’hui en temps de crise de se tourner vers la BCT et les institutions internationales pour trouver le financement nécessaire. D’ailleurs aucune organisation nationale ne pourrait aider en matière de financement. Le salut viendra de la BCT et les IFI ».

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