AccueilChiffreTunis : L’UGTT «pète les plombs» et brûle le torchon !

Tunis : L’UGTT «pète les plombs» et brûle le torchon !

Le ministère tunisien des Affaires sociales a annoncé il y a quelques jours, que le nombre des grèves observées en 2013 a atteint 399 grèves dont 235 grèves légitimes. 266 entreprises dont 235 privées et 31 publiques ont été affectées par ces grèves. En octobre dernier, le même ministère précisait que 93% ont émané de l’Union générale tunisienne du travail de Tunisie (UGTT). En février 2014, le nombre de grèves a nettement augmenté par rapport à la même période de 2013, nous indique-t-on au ministère de «Bab-Bnet» à Tunis. Les syndicats franchissent même le pas de la violence verbale agressant désormais les patrons d’entreprises, comme le soulignait, le 11 mars 2014, un communiqué de la centrale patronale , Utica. L’organisation patronale a mis en garde contre «les répercussions négatives du recours excessif aux grèves» sur les entreprises tunisiennes, au niveau de la compétitivité des entreprises, surtout pour celles qui exercent dans des secteurs stratégiques , indique le même communiqué. Bien avant, le chef du Gouvernement tunisien, avait révélé, dans sa première adresse télévisée au peuple qu’en 3 ans de révolte, la masse salariale a augmenté de 40 % alors que la productivité n’avait augmenté que de 0,2 %.

Ce soir, le nouveau gouvernement tunisien, qui a fait choux blanc face à l’UGTT, lorsque Mehdi Jomâa lui demandait candidement de lui accorder une trêve sociale , se réunit en conclave. Le but, est de déterminer une position commune face à la centrale syndicale, mais surtout face à sa requête de nouvelles augmentations salariales, malgré l’état des caisses de l’Etat qui sont presque vides.

Une centrale syndicale qui a phagocyté, tout le paysage politique pour qu’il ne tourne plus qu’autour d’elle. Parti politique de tous les partis et qui s’offusque qu’on l’accuse de faire de la politique. Avec un imposant siège en face de celui du patronat, il n’a de relation avec l’Utica qu’en ce qui concerne les différents rounds des négociations sociales. De mémoire de journaliste, on n’a jamais entendu parler, par exemple, d’un seul round de négociation autour de la productivité des entreprises, publiques ou privées. La 3ème lettre de son anagramme (le T), n’a du travail que l’initiale et place toujours le Travailleur, en ennemi larvé du patron.

Une centrale syndicale, qui ferme la porte à toute concurrence , amenant ses concurrents potentiels , l’UTT et la CGTT à faire de la surenchère de grèves pour exister, et qui devient l’unique interlocuteur des secteurs public et privé. Une centrale syndicale, l’UGTT, qui ne bouge pas le petit doigt devant les grèves illégales (166 en 2013 ou plus de 13 grèves illégales par mois) et finit même par les appuyer. Une centrale syndicale ouvrière qu’un large pan de ses adhérents lui échappe et elle arrive mal à le cacher, comme pour le cas de l’URT de Gafsa, à moins que cela ne fasse partie d’une stratégie de négociation sociale et de positionnement politique. Une UGTT qu’on n’a pas entendu prendre position contre l’appauvrissement de la compagnie du phosphate de Gafsa et qui ne verrait pas d’un mauvais œil la renationalisation de tous les secteurs de l’activité économique en Tunisie. Une centrale syndicale enfin, qui perd manifestement pied avec la réalité financière de tout le pays, pour ne regarder que l’évolution de l’indice des prix. Un indice pourtant où la responsabilité des travailleurs du secteur informel est grande et où le manque de productivité du secteur régulier amène les entreprises à augmenter leurs prix pour suivre l’augmentation de ses coûts de production et la hausse des prix de ses intrants.

L’UGTT, pète manifestement les plombs, ne contrôle plus une large partie de ses adhérents et laisse le gouvernement qu’elle a largement contribué à choisir «se démerder» seul face à la quadrature du cercle de la crise économique, qui s’aggrave en Tunisie. Elle laisse ensuite ainsi, brûler le torchon, d’abord entre elle et son partenaire dans le Quartet , parrain du dialogue qui a créé Mehdi Jomâa de toute pièce et au dernier quart d’heure. Elle rappellerait , presque , certes d’assez loin , le héros du film de Francis Ford Coppola, «The Godfather» !

Khaled.

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