AccueilActualitésTunisie : Les concessionnaires de voitures se tirent dans les pattes !

Tunisie : Les concessionnaires de voitures se tirent dans les pattes !

Dans quelques jours, les principaux concessionnaires de voitures devraient être à sec et n’auront plus de voitures, notamment particulières, à vendre à un public tunisien qui reprend goût  à la consommation après l’accalmie politique et le retour à la sécurité, quoique toujours conjoncturelle, que connaît la Tunisie depuis quelques mois.

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Contraintes de la Révolution obligent, le ministère du Commerce a réduit le quota total d’importation des voitures à 45 mille véhicules, contre 58 mille unités pour l’année 2010, c’est-à-dire une baisse de 20 %. Elle a «aboli » aussi la pratique des quotas et ce sont les concessionnaires eux-mêmes qui ont maintenu cet ancien système qui déterminait chaque année le nombre de voitures à importer pour chaque concessionnaire, en attendant de trouver un nouveau système et de  se mettre d’accord à son sujet.

Après la Révolution et les problématiques d’importation soulevées par quelques concessionnaires, une première réunion s’était tenue, en avril dernier au siège du ministère du Commerce, où les concessionnaires se sont partagé le quota total pour l’année 2011. Il était alors entendu que les marques qui avaient déjà reçu des avances sur leurs quotas leur ont été retirées en 2011. De leur côté, les deux principales marques, alors entre les mains de Sakher El Materi, avaient revu leurs demandes à la baisse, tablant certainement sur un tassement de la consommation en 2011, qui s’annonçait déjà comme une année de crise économique.

Au bout de 9 mois de travail cependant, les concessionnaires de Volkswagen, de Peugeot, de Renault, de Citroën et de Kia, ont déjà liquidé leurs stocks et tout vendu ou presque. En face, des marques comme Toyota, Mitsubishi, BMW ou Opel, n’arrivant pas encore à tout vendre, se trouvent dans un état excédentaires et n’ont pas encore importé le reste du quota qui leur avait été accordé, avec l’accord de toutes les parties, lors de la fameuse réunion d’avril dernier.

Ceux qui ont tout vendu se présentent alors au ministère du Commerce et demandent plus. Ils veulent «renégocier» le partage à la lumière des réalisations, des excédents de certaines marques et surtout du très peu de temps qui reste à l’importation des restes des quotas, alors que le taux de réalisation ne dépassait pas, en septembre, les 50 %. C’est-à-dire que seulement 25 mille véhicules auraient déjà été importés sur le total de 45 mille adjugé par le ministère du Commerce.

Refus de ceux qui ont peu vendu et pas encore importé qu’on touche à leur quota, même s’ils ne l’importeraient pas. Constat, de l’autre coté, celui d’entreprises appartenant désormais à l’Etat, que sans voitures à vendre, point de travail pour leurs équipes et de recettes à faire. Une situation de blocage s’en est suivie.

Chez la chambre syndicale des concessionnaires, son président, Abdessattar Ben Mustapha, promet de nous recevoir, ce lundi. Au ministère du Commerce, on attend toujours que les concessionnaires se réunissent et fassent un autre partage du gâteau des concessionnaires de voitures. Aux dernières nouvelles, une proposition d’augmenter ceux qui ont tout vendu, à charge de leur imputer cette augmentation sur le quota 2012, serait parvenue au ministère du Commerce.

Dans les couloirs de ce dernier, on nous indique sous le sceau de l’anonymat, que le ministère est conscient des grands enjeux de concurrence qui sont derrière cette situation de blocage, tout comme on est presque sûr que ceux qui ont demandé et obtenu un quota supérieur à leurs réalisations, ne feront pas d’ici la fin de l’année de nouvelles importations. «Le temps est trop court, même pour les constructeurs », nous dit-on.

Chez ceux qui ont tout vendu, on n’exclut pas «des manœuvres commerciales», de la part de certains, pour mettre à genoux des entreprises qui sont actuellement la proie de plusieurs intentions, déclarées ou non, de reprise. «Baisser les ventes et le chiffre d’affaires, c’est dévaluer une entreprise pour pouvoir éventuellement la racheter pour pas cher», nous dit un concessionnaire. Et un autre de nous rappeler les intentions, publiquement dévoilées, de l’un des opérateurs de la place, de reprendre une entreprise de l’ancien groupe de Sakher El Materi et les restrictions financières auxquelles fait face cette entreprise de la part d’une des banques de la place. Que feront alors le ministre Houas et son équipe ?

Khaled Boumiza.

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