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Pour la première fois, le pilote de l’avion qui a amené, précipitamment, le président Ben Ali en Arabie saoudite, qui sera son exil définitif, fait la lumière sur cet énigmatique vol du 14 janvier 2011. Ses propos ont été rapportés ce mardi 31 janvier 2017 par Ouest-France.

Il était 16 h ce fameux 14 janvier quand le colonel Mahmoud Cheikhrouhou, pilote de l’avion présidentiel, est contacté, au téléphone, par le PDG de la compagnie Tunisair, qui lui donne la directive suivante : « Il faut partir très vite avec la famille Ben Ali », a indiqué Cheikhrouhou lors Forum de la mémoire nationale, organisé samedi 28 janvier 2017 par la Fondation Temimi. « Nous voyons arriver le fils, Mohamed, la fille Halima, son fiancé, le président Ben Ali, sa femme, deux nounous et un majordome», a ajouté l’ex-pilote.

D’après ce dernier, Ben Ali a argué qu’il se rend en Arabie saoudite pour accompagner sa famille et « la rassurer » et qu’il compte bien revenir à Tunis avec l’équipage. « Le Président est venu dans le cockpit pour s’inquiéter du plan de vol. Nous avions les autorisations nécessaires », confie l’ex-colonel. L’avion atterrit à Djeddah…

« Le Président nous a dit d’aller nous reposer, qu’il nous appellerait pour le départ », affirme le pilote. Mais les membres de l’équipage avaient déjà eu vent, durant le vol, des développements du soulèvement populaire et de la situation politique en Tunisie. Ils avaient notamment appris que le dernier Premier ministre de Ben Ali, Mohammed Ghannouchi, occupait, temporairement, la fonction de chef de l’État, sur la base d’un « empêchement provisoire » du président. Mahmoud Cheikhrouhou en a tiré les conséquences et a alors demandé au PDG de la compagnie nationale l’autorisation de regagner Tunis, elle lui fut accordée.

Aux objections de ceux qui lui reprochent d’avoir agi ainsi le pilote rétorque : « L’important pour moi c’était de ramener l’avion au pays »…

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Depuis l’aube de la « Révolution du jasmin » qui a renversé il y a cinq ans  l’ancien président Ben Ali, les problèmes économiques et sociaux de la Tunisie n’ont pas été abordés d’une manière qui soit  à la hauteur des attentes de la population. Bien au contraire, l’économie fonctionne beaucoup plus lentement que prévu, et la majorité des Tunisiens estiment que la corruption a empiré au cours des dernières années. Alors que le gouvernement a du mal à relancer l’économie et  recueillir les fonds nécessaires pour investir dans les zones de l’intérieur, diverses études avancent  des chiffres alarmants sur les flux financiers illicites. Les effets acerbes de la  fuite des capitaux sur le développement économique méritent  l’attention du gouvernement tunisien.

Bien que la transition politique ait semblé prometteuse pour les Tunisiens, la croissance économique a été lente et en retard par rapport aux niveaux d’avant la révolution, suscitant, de surcroît, mécontentement, déception et frustration envers les huit gouvernements formés au cours des cinq dernières années. L’évolution de la perception de la corruption dans l’indice de Transparency International de ces dernières années, reflète le sentiment populaire de la corruption généralisée dans le pays.

181 dollars par habitant

Ces préoccupations sur la corruption et l’économie sont bien fondées. Le tout dernier   rapport de « Global Financial Integrity » (GFI), l’organisation spécialisée dans les flux financiers illicites, basée à Washington,  estime que les flux financiers illicites en provenance de Tunisie ont atteint plus de 2 milliards de dollars US en 2013, soit 181 $ par habitant. Une étude publiée  en 2012 par l’Université de politique l’Institut de recherche en économie politique (PERI) de l’université du Massachusetts-Amherst, estime la fuite des capitaux illicites de la Tunisie à  38,9 milliards $ au cours de la période 1960-2010, dont 33,9 milliards $ sous le régime Ben Ali. Ces sorties de fonds,  dues à la corruption, représentent une perte importante pour l’économie tunisienne.

La fausse facturation commerciale  représente la majorité des flux financiers illicites en Tunisie. GFI définit la fausse facturation comme la déclaration délibérément erronée de  la valeur d’une transaction à la Douane. Cette activité criminelle prend différentes formes. Les particuliers et les entreprises établissent de fausses factures au niveau  des importations et des exportations selon leurs motivations. A titre d’exemple, une société tunisienne qui importe des circuits électriques de la France, d’une valeur de 1 million de dollars,   pourrait déclarer une valeur de marchandises de 1,5 million $ aux autorités douanières tunisiennes. Tout en payant 1 million $ à l’exportateur français, l’importateur tunisien déplace illégalement 500 millions $ à un compte offshore en France. En outre, un exportateur tunisien d’huile d’olive pourrait sous-évaluer la quantité de la marchandise ou  facturer la marchandise sous une différente référence  d’huile d’olive de moindre valeur. L’entreprise pourrait dès lors  passer illégalement de l’argent vers  la destination de provenance de l’importation – les États-Unis à titre d’exemple. L’importateur américain transférerait le montant déclaré au compte tunisien et place la différence dans un compte non divulgué aux États-Unis.

Fuite des capitaux et blanchiment de la corruption

Divers facteurs influent sur les mobiles derrière les  flux financiers illicites en Tunisie. L’un d’eux est  peut – être d’éviter les contrôles stricts  des capitaux : la mobilité des capitaux est très limitée et les citoyens tunisiens résidant en Tunisie sont tenus de rapatrier tous les actifs placés à l’étranger. Les investisseurs et les entreprises qui veulent court-circuiter les restrictions sur les capitaux pourraient surfacturer les opérations d’importation ou sous-facturer les  opérations d’exportation  afin de transférer subrepticement l’argent dans un autre pays. Une autre incitation pour les flux financiers illicites est l’évasion fiscale. Les entreprises sous-déclarent les  factures d’importation, s’acquittant ainsi de moins de droits de douane à l’importation et de TVA.

De même, bénéficier de nouvelles incitations fiscales accordées  pour certains produits par   la législation tunisienne peut entraîner la sur-déclaration des opérations d’exportation. Enfin, certains flux financiers illicites peuvent être motivés par le blanchiment des  produits de la corruption ou par le financement du terrorisme. Agglomérant le produit des activités légales et illégales, les entreprises tunisiennes sont en mesure d’utiliser les mêmes techniques de fausse facturation des transactions commerciales mentionnées pour transférer de l’argent à l’étranger et dissimuler l’origine des fonds.

Autant que le taux des bons de Trésor US

Les sorties illicites de fonds causent des pertes monumentales, ce qui met à mal les recettes publiques qui auraient pu être investies dans des réformes de croissance axées sur des projets d’investissement social, en aidant le pays à éviter le fardeau de la dette massive. Le rapport PERI, qui estime le taux de rendement des sorties illicites de fonds à l’équivalent du taux des bons de Trésor américain, souligne que le total des pertes combinées en Afrique du Nord a dépassé celui des passifs extérieurs de la région et l’aide publique au développement cumulée  pendant la période 1970-2010. La réduction des flux financiers illicites et l’institutionnalisation d’un système commercial transparent pourraient sauver la dette inutile du pays et augmenter son budget avec des fonds de développement supplémentaires.

Le gouvernement tunisien démocratiquement élu a la légitimité de tirer parti de l’actuel processus de transition politique et de  réforme pour mettre en œuvre des politiques destinées à stopper l’hémorragie. Investir dans la recherche universitaire sur l’ampleur et les raisons économiques derrière la fuite des capitaux en Tunisie devrait être une priorité. Déterminer l’impact des prix soumis à tarif sur l’évasion fiscale est un pas dans la bonne direction. Le gouvernement devrait également engager des réformes importantes pour renforcer les pouvoirs de la Douane en matière de  blanchiment d’argent par voie commerciale. La technologie moderne peut aider à résoudre le problème. Par exemple, l’accès en temps réel aux données sur la valeur de la plupart des produits pourrait être utilisé pour une analyse des risques de la fausse facturation au niveau de l’importation et de l’exportation. En l’absence d’une base de données exhaustive de ce genre mise à la disposition des agents, les criminels peuvent facilement manipuler les factures pour servir leurs fins illicites.

Dans sa première apparition publique, le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, a déclaré que la lutte contre la corruption fait partie de ses priorités. Le succès du nouveau gouvernement dépend en grande partie de  sa capacité à faire progresser efficacement les plans stratégiques de lutte contre le népotisme et la corruption. Ces  nouveaux gouvernants doivent accorder une attention urgente aux flux financiers illicites s’ils entendent réaliser un modèle de croissance économique durable, souligne GFI.

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Des centaines de civils ont fui vendredi le secteur de Fallouja, dans le centre de l’Irak, alors que la coalition internationale appuie des offensives contre le groupe Daech  dans cette ville et dans la province de Raqa, en Syrie.

« Nous avons tué plus de 70 combattants ennemis, y compris Maher Al-Bilawi, qui était le commandant des forces de Daech à Fallouja », a déclaré vendredi le colonel américain Steve Warren, porte-parole de la coalition.

Il a indiqué que la coalition avait procédé à plus de 20 bombardements par air et à l’artillerie dans cette zone ces quatre derniers jours.

Les forces irakiennes ont lancé depuis lundi une offensive pour reprendre Fallouja, tenue par Daech  depuis 2014.

Elles ont atteint trois ponts menant à la ville, a déclaré le commandant irakien Abdelwahab Al-Saadi. Mais elles ont rencontré « une résistance dans les banlieues », le groupe jihadiste ayant recours « aux voitures piégées, aux attaques suicide et aux tireurs embusqués ».

Des centaines d’Irakiens ont fui vendredi le secteur de Fallouja avec l’aide des forces gouvernementales selon des responsables.

L’ONU avait indiqué jeudi que 800 personnes avaient réussi à fuir Fallouja depuis le début de l’offensive, estimant que 50.000 civils y vivaient encore dans des conditions dramatiques, la nourriture étant « rare » et les « médicaments épuisés ».

En Syrie, la coalition a également intensifié ses frappes contre Daech dans la province de Raqa en appui à un assaut terrestre majeur de forces arabo-kurdes (FDS) lancé mardi.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 150 raids auraient été menés en trois jours dans la province de Raqa. Mais le colonel Warren a qualifié ce chiffre d' »inexact ».

D’après le site de la coalition, 83 raids ont été menés en Syrie et en Irak depuis le lancement des offensives à Fallouja et dans la province de Raqa.

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Le porte-parole du Tribunal de Première Instance de Tunis, Kamel Barbouche, a annoncé dans une déclaration rapportée par Mosaïque Fm, que le ministère public a décidé de prendre l’affaire Panama Papers au sérieux et d’ouvrir des enquêtes contre tous les Tunisiens cités dans les documents fuités si des preuves d’inculpation existent à leur encontre.

Il a toutefois précisé que le ministère public n’ouvrira pas d’enquête en se basant sur les informations relayées par les sites web et les journaux mais attendra d’avoir des preuves tangibles.

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