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Le Parlement chinois a adopté, dimanche, une loi instaurant pour la première fois, à partir de 2018, une taxe spécifique sur la pollution industrielle, rapporte « Les Echos ».

Les usines verseront 1,2 yuan (0,16 euro) par unité de pollution atmosphérique, 1,4 yuan par unité de pollution de l’eau, 5 yuans par tonne de charbon gaspillé et 1.000 yuans par tonne de « déchet dangereux.

D’après la même source, cette nouvelle loi a été votée par le comité permanent du parlement chinois, quelques jours après une vague de pollution atmosphérique qui a mis une partie du nord de la Chine en alerte rouge pendant six jours.

Piégée entre le marteau des odeurs fétides et l’enclume des piqures des maringouins répandus par myriade dans les abords d’une obsolète décharge de margines, sous produits obtenus après trituration des olives, surgit, de roc en roc, muette et rapide, Zeinouba Jouini, une femme à la soixantaine, originaire de « Fadden Souk », une bourgade sereine et tranquille située dans la délégation de Teboursouk du gouvernorat de Béjà (Nord-ouest de la Tunisie).
Mine soucieuse, soupirs coupés, cœur exubérant de mélancolie, elle est venue se lamenter d’une vie qui s’est muée en un insoutenable calvaire lorsque sept ans auparavant six propriétaires de huileries bâtissaient une décharge collective de margines jouxtant sa maison.
Depuis le débarquement de cet invité malvenu, se faufile au milieu d’une végétation rustique, un flot d’eaux puantes de margines, dépeignant avec force un sacrilège incessant contre Dame nature et sa progéniture.
 » Mes quatre enfants ont dû déserter cet endroit. Quant à moi, j’ai choisi d’y rester parce que la vie est dure et je dois survivre. « , s’écrie Zeinouba sur un ton coléreux en se souvenant du sort de sa famille depuis l’implantation de la décharge de margines à 50 m de son domicile.
« Depuis, j’endure une allergie chronique. Mes yeux rougissent souvent à cause de l’air pollué par les odeurs nauséabondes provenant des margines. « , se plaigne-t-elle encore avant de poursuivre :  » ma vie est devenue un cauchemar, un vrai cauchemar surtout en été, lorsque canicule et maringouins me poussent à me cadenasser derrière les portes et fenêtres verrouillées de ma maison « .
Et pourtant, Zeinouba rechigne à s’incliner face à son sort. Nonobstant sa situation financière précaire, elle persévère à consulter son médecin sans manquer nul rendez-vous. Son souci est de sortir de cet enfer, de ce destin qu’elle n’a pas choisi mais qu’elle a dû en subir les affres pour longtemps.
 » Mon médecin me conseille souvent de m’éloigner de la décharge de margines. Pour lui, c’est la seule et unique solution pour échapper saine et sauve de cette ambiance morbide « , révèle-t-elle.
Une solution qui ne semble pas lui plaire trop car viscéralement attachée à sa terre et à ses origines.
Imbue de ce sentiment d’appartenance, Zeïnouba ne se lasse pas à prendre attache avec les autorités concernées pour demander juste cause. C’est ainsi que depuis 2010, date de construction de cette installation obsolète, elle a porté cinq plaintes devant le gouvernorat de Béjà et la délégation de Teboursouk.
Toutes ont eu le même sort : refus implicite ou rejet motivé. L’administration s’obstine à invoquer à chaque fois le motif des  » terres domaniales « , terres appartenant par le passé aux colons français et nationalisées au lendemain de l’indépendance.
A entendre la version livrée par les autorités locales, Zeinouba n’est pas en mesure de réclamer nul droit ou de prétendre à quelconque privilège. Son maintien sur les lieux est un acte nul et nul d’effet. Elle n’a d’autre choix que de s’incliner face à l’implacable fatalité de son sort ou de quitter à jamais l’endroit où elle vit.
Un endroit qu’elle a hérité, sans discontinuité, d’aïeul en aïeul, en vertu d’un titre possessoire probant. Un endroit pour lequel elle a déployé, énergie et économies, pour le ressusciter lorsqu’il était menacé de ruine.
Les souffrances qu’endurent Zeinouba et sa famille abrègent le sort de deux cent familles habitant  » Fadden Souk « . Cette bourgade dont la tranquillité paysanne s’est vue érodée sous l’effet d’une décharge qui fait figure de dragon  » quincéphale  » (cinq bassins), menaçant irréversiblement sol et sursol.
Cette enquête d’investigation veut démasquer, preuves et témoignages à l’appui, les dysfonctionnements des organes de contrôle de l’Etat :Ministère de l’environnement et Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) s’agissant de superviser des décharges anarchiques de margines implantées, ici et là, par les propriétaires des huileries.
Bilan glaçant : Evacuation nocive et hasardeuse d’une matière hautement toxique, atteinte aux règles de bonne gestion des déchets, et violation flagrante de l’esprit de la réglementation en vigueur régissant la matière.
Les habitants de  » Fadden Souk  » : voix brisées, voix sans voix
Rencontrés par l’auteur de l’enquête, des concitoyens de Zeinouba cloués au sol de  » Fadden Souk  » ne mâchent pas leurs mots pour déplorer crûment la décharge des margines qui les a tenu en otage, convertissant leurs foyers en sordides habitations où il ne fait plus bon vivre et confisquant à jamais leurs terres arables, leur principale source de survie.
Manifestant une exaspération à son comble, le directeur de l’école primaire  » Aïn Ben Chebl « , Mounir Jouini a révélé que la décharge de margines se situe à 200 m de son école abritant 150 élèves et à 300 m du quartier résidentiel du village.
 » Un emplacement inapproprié qui contrevient aux conditions requises par l’Agence nationale de protection de l’environnement exigeant une distance de sécurité de 2 km « , se lamente t-il, déplorant des odeurs galopantes tout au long de l’année, rendant cours et activités sportives, une tâche ardue à entreprendre.
Et le directeur de l’école d’ajouter que  » cette décharge anarchique n’a jamais fait l’objet de suivi, ni d’entretien depuis sa création « , fustigeant les autorités régionales qui ont préféré bazarder le dossier des margines à travers le forage de cinq bassins s’étalant sur une superficie de 3 hectares de terres arables.
 » Vainement, nous avons déposé trois plaintes par l’entremise du commissariat régional de l’éducation en vue d’ordonner la fermeture de cette installation ou revendiquer sa relocalisation loin de l’école. « , relate-t-il sur un ton brisé, taxant de  » laxisme  » les autorités locales qui refusent de leur prêter attention.
Quid du délégué de la localité de  » Fadden Souk  » Mohamed Jouini, l’autre revers de la médaille ?
A entendre sa version des faits, tout est en règle, rien n’échappe au hasard.
 » La décharge est bien contrôlée par la commission technique régionale des décharges de margines dans le gouvernorat de Béjà « , se targue t-il, soulignant à ce titre que  » son implantation est tout à fait conforme aux normes en vigueur « .
Etayant ses arguments, Mr jouini se refuse à toute tentative de délocaliser la décharge de margines vers une autre région de la délégation de Teboursouk.
 » La terre sur laquelle se trouve l’actuelle décharge relève de la domanialité publique. Sa nature argileuse empêche la pénétration des margines dans les eaux de surface. « , cite-t-il en substance, rappelant que  » deux autres décharges anarchiques ont été installées par le passé dans la région, condamnant à jamais les eaux de surface de la ville de Teboursouk.  »
 » La première étant construite à proximité du lac montagneux avoisinant la carrière de pierre. La seconde dans la région de Fej Rih jouxtant les broussailles de Aïn Jammala . Les deux étant fermées depuis 2009. En cause, le changement du goût des eaux « , s’attarde-t-il sur les détails.
Une version qui ne semble pas de l’avis du représentant régional de l’ANPE dans le Nord Ouest, Ridha Nezfi qui tient à préciser que la décharge est non autorisée, dès lors qu’elle a été construite sans  » le certificat de non-contestation « , un document-clé délivré par l’ANPE aux propriétaires des huileries au fin d’implanter une décharge autorisée.
Et le même responsable d’ajouter que la création de cette décharge par la délégation de Teboursouk a été dans l’esprit des décideurs locaux une solution provisoire proposée aux propriétaires des huileries situées dans la région (10) en vue de réduire le déversement anarchique des margines dans les oueds et les cours d’eau.
Par delà les versions qui se contredisent, se heurtent et frôlent la vérité, l’histoire de Zeinouba et de  » Fadden Souk  » avec les margines et les décharges anarchiques ne peut plus être un récit bon enfant. C’est plutôt un scénario, un drame, une tragédie qui se dessine subrepticement à la craie sur le tableau assombri d’un environnement qui capote sous l’œil hagard des habitants locaux.
C’est ainsi que lors d’une visite de terrain dans la délégation de Beni Hassène (gouvernorat de Monastir) (Centre-Est du pays) à 187km de la capitale, l’auteur de l’enquête d’investigation a dressé le même constat : souffrances, répugnance et odeurs nauséabondes, tel est le lot quotidien des habitants de la ville.
Depuis 2006, date de l’implantation de la décharge de margines à 100m du stade municipal, se dégagent tout au long de l’année des odeurs fétides et insupportables dissuadant les jeunes férus du sport d’adhérer à leur club sportif.
De visu, formé de 13 bassins, la décharge s’étend sur une superficie de 5,3 H. Elle a été créée par le propriétaire d’une huilerie dans la ville de Moknine à 12,5 km de Beni Hassène, sans pour autant se prévaloir de l’autorisation de la commission régionale des décharges de margines de Monastir.
 » Dame nature en paye le cher prix « , s’indigne le président de l’association  » Environnement et Développement  » de Beni Hassène, Romdhane Kachat, citant en exemple l’érosion du sol, la défoliation des arbres et une criante atteinte aux oliviers avoisinants la décharge.
Après vingt plaintes portées devant les autorités régionales et d’innombrables mouvements de protestation observés par les citoyens et les composantes de la société civile, le gouverneur de Monastir a finalement approuvé en 2014 un ordre de remblaiement de cette décharge anarchique et d’aspiration des margines.
Une décision restée malheureusement lettre morte sans suite ni lendemain. En effet, bien que le délégué de la région, Abdelmajid Gharsalli ait tenté de nous convaincre que la décharge en question n’a pas été exploitée en 2015, il n’en reste pas moins vrai qu’à la date de rédaction de cette enquête, le remblaiement de la décharge demeure assorti à la condition de la levée des margines asséchées et de l’évaporation du reste des bassins, autant de mesures qui tardent à venir.
L’introuvable équilibre entre production et stockage des margines
Le gouvernorat de Béjà à l’image de celui de Monastir constitue par excellence une des régions oléicoles du pays. Forte d’une superficie de 1,76 million d’hectares consacrés à la culture des oliviers et de 74 millions d’oliviers, la Tunisie produit en moyenne 792 mille tonnes d’olives par an entre 2009/2014, selon la Direction de la production agricole du ministère de l’agriculture.
Malgré les énormes quantités de margines produites annuellement (800-1300 tonnes), selon la méthode de trituration et produites par 1850 huileries, reparties comme suit : 13% au nord du pays, 50 % au centre et au sahel et 37% au sud, seules 125 décharges implantées dans les différentes régions du pays sont destinés à recevoir ces quantités avec une capacité globale de stockage de 1,3 million m², dont 40% dans la région sud.
Ces décharges se subdivisent en trois catégories : des décharges collectives construites sur des terres domaniales et gérées par des particuliers, des décharges bâties sur des terrains privés et gérées par des particuliers et des décharges individuelles (gérées par le propriétaire de l’huilerie sur son propre terrain).
Une brève lecture de la cartographie des décharges en Tunisie révélée par une étude ciblant 116 décharges implantées dans les différentes région du pays, réalisée par le ministère de l’environnement au titre du  » plan national de gestion des margines  » (2007-2013) fait ressortir un constat frappant qui laisse pantois le commun des mortels : 33% des décharges sont classés anarchiques et considérés nuisibles à l’environnement (38 décharges), 51% sont dépourvues de mesures de sécurité telles que la clôture et le gardiennage (59 décharges). Seules 15% des décharges s’avèrent conformes aux normes requises (19 décharges).
Selon l’étude, 53% de l’ensemble des décharges (116 décharges) sont situées sur des affleurements géologiques très perméables, ce qui constitue une source de pollution des eaux souterraines. En contrepartie, 47% des décharges sont implantées sur des affleurements géologiques de perméabilité faible ou moyenne.
L’étude recommande la fermeture de 38 décharges anarchiques pour défaut de normes requises. Néanmoins, seule la décharge anarchique de Beni Hassène a été fermée sur décision prise par le gouverneur, la seule autorité habilitée à prendre de telles mesures.
La même étude souligne que chaque décharge de margines classée fermée sera accompagnée de travaux de réhabilitation afin d’éviter les problèmes de pollution. Au rang de ces travaux, cite la même source, figure le démantèlement des équipements, l’enlèvement de la couche supérieure d’une épaisseur de 40 cm environ, le remblaiement des bassins de stockage par compactage de couches successives de 20 cm. Suivra la dernière et ultime étape, celle de la mise en place d’une couche de couverture finale en terre végétale de 40 cm sur toute la surface de bassin.
Le coût global des fermetures des décharges estimé selon l’étude s’élève à 6.104.012 DT (soit l’équivalent de trois millions de dollars).
Les margines, cette mine de substances toxiques…
Document de référence en la matière, l’étude commandée par le ministère de l’environnement sur la gestion des margines nous renseigne que cette matière est une véritable mine de substances toxiques. C’est ainsi que les margines contiennent entre 7 et 15% d’éléments organiques, 1 à 2% de sels minéraux, tels que le carbonate, le O-phosphate, le potassium et le sodium.
Les analyses chimiques des échantillons de margines effectuées par le laboratoire d’analyses relevant du Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis (CITET, officiel) montrent aussi que les éléments organiques des margines sont riches en matières polluantes dont la plus nocive celle des poly-phénols qui représentent près de 20% des matières organiques.
Voulant percer les mystères de ces substances toxiques, nous avons eu recours à un expert. Chercheur en géologie et également expert international auprès des tribunaux en géologie et environnement, Mohamed Sghaier Caïd nous a donné son avis sur les poly-phénols. Cette substance toxique peu biodégradable, nous renseigne-t-il, provoque plusieurs maladies respiratoires et dermatologiques, de même qu’elle pollue irréversiblement l’air, le sol et la nappe phréatique.
Et l’expert d’ajouter que la plupart des décharges en Tunisie ont été implantées sans nul recours à une étude technique sur l’évacuation et le traitement des margines et sans souci aucun pour la santé des citoyens ou la protection de l’environnement.
Dans le même ordre d’idées, le Pr. Abdelmajid Ben Jemaa, chercheur au Laboratoire de Toxicologie, ergonomie et environnement professionnel de la Faculté de Médecine de Tunis et aussi Chef service de médecine du travail et des maladies professionnelles à l’hôpital Rabta nous fait savoir que  » l’odeur âcre du phénol provoque un malaise. Il a aussi un effet dévastateur sur l’environnement, dans la mesure où il détruit les micro-bactéries qui nourrissent la croûte du sol, rendant ainsi la terre stérile à jamais « .
Quid des expériences comparées avec les margines ? Bien au-delà de nos frontières, au Pays du Levant, au Liban fluvial et lacustre, au Liban de  » Vous puez ! « , une initiative dénonçant l’incurie du gouvernement sur le dossier des déchets, au Liban de la photo du gigantesque « serpent » de sacs poubelles amassées au nord de Beyrouth, vient de paraître une récente étude scientifique sur les margines.
Publiée en 2013 dans la revue impactée  » Nature et technologie  » de l’université Hassiba Ben Bouali Chlef (Algérie), l’étude porte sur la qualité des eaux du  » Nahr Hasbani  » (Sud Liban) et a été élaborée par le Pr. Kamel Salim, professeur ès Sciences de la nature à l’université libanaise.
En vertu de cette étude, il est désormais communément admis et scientifiquement scellé que les margines sont riches en O-phosphore, un élément polluant hautement dangereux qui affecte les eaux de surface et souterraines. Ce phosphore qui existe abondamment dans les margines accélère la croissance des algues et augmente la probabilité d’une eutrophisation entraînant un déséquilibre écologique dans les eaux naturelles.
Toujours selon la même étude, les sucres des margines provoquent aussi une augmentation de la population microbienne et par conséquent une augmentation de la consommation d’oxygène dissous, donc la réduction de sa disponibilité pour d’autres organismes vivants. Les lipides forment un film imperméable, ce qui empêche la pénétration des rayons lumineux et de l’oxygène dans les eaux.
Pour faire bref, court et simple : Les margines sont des eaux hautement polluantes, faiblement biodégradables et massivement destructrices.
Face à une nocivité exemplaire d’un phénol qui tue, ravage, annihile, la pratique nous révèle silence, impunité et affront à la loi.
L’exploitation des décharges anarchiques, un affront à la loi
En Tunisie, 84% des décharges exploitées (33% non classées et 51% dépourvues de mesures de sécurité) ne répondent pas aux normes requises en matière de bonne et saine gestion des déchets des margines.
Ceci montre combien le statut juridique des décharges de margines implantées en Tunisie constitue un affront à la loi et une violation flagrante du dispositif juridique régissant la matière, plus précisément le décret n° 85-56 en date du 2 janvier 1985 relatif à la réglementation des rejets dans le milieu récepteur.
Ce texte fixe les conditions dans lesquelles sont réglementés ou interdits les rejets dans le milieu récepteur. A ce titre, il interdit explicitement le déversement des graisses et des huiles végétales dans les oueds et lacs ou leur évacuation à travers des canaux d’assainissement, dès lors qu’elles impactent le fonctionnement des stations d’épuration et provoquent une élimination des bactéries, indispensables dans l’analyse des éléments organiques dans les canaux d’assainissement.
Bien plus, la construction des décharges des margines bafoue frontalement les dispositions de la loi 96-41 relative aux déchets, au contrôle de leur gestion et de leur élimination, un texte de base en matière environnementale. C’est ainsi que l’art.4 de la présente loi interdit de mener des activités produisant des déchets susceptibles d’avoir des effets négatifs sur le sol, la faune et la flore ou de causer la dégradation de sites et des paysages ou de polluer l’air ou l’eau ou d’engendrer des nuisances sonores ou des odeurs.
Un tas de mesures prohibitives restées lettre morte dans le contexte des décharges de  » Fadden Souk  » et de  » Beni Hassène « , implantées arbitrairement à proximité des agglomérations urbaines, provoquant ainsi nuisance et déplaisance des habitants de ces deux régions.
Aux dires de l’art.46 de ladite loi, tout contrevenant est passible d’une amende allant de 100 dinars à 50 mille dinars, selon la gravité du préjudice.
Néanmoins, dans la pratique courante, il est d’usage courant de voir l’Agence nationale de protection de l’environnement recourir à la transaction environnementale pour régler ces problèmes avec les propriétaires des huileries exploitant la décharge, nous confie Baccar Tarmiz, Directeur de la direction d’évaluation des études environnementale au sein de l’ANPE.
Selon les normes requises par l’ANPE, poursuit le responsable, il est indispensable que les décharges de margines soient clôturées et éloignées des agglomérations urbaines et des zones fragiles, telles que les sebakhs, les réserves naturelles et la nappe phréatique.
S’agissant du bassin des margines, cite la même source, sa profondeur ne doit pas dépasser 1,5 m au plus afin de faciliter l’évaporation des margines et doit en contrepartie contenir une couche argileuse isolante ou des couvertures imperméables d’une épaisseur de 50 cm au plus, empêchant la pénétration des margines dans la nappe phréatique des eaux.
Dans la pratique, ces violations sont récurrentes et se produisent sur une grande échelle. En effet, la plupart des décharges implantées en Tunisie ne sont pas conformes aux normes de sécurité et de conception architecturale, telles que la profondeur et la clôture de la décharge et la proximité des agglomérations urbaines.
Il s’agit là d’un constat établi, en chiffres et données scientifiques, par l’étude du ministère de l’environnement en vue de l’élaboration du plan national de gestion des margines (2007-2013)
Cette récente étude déplore le non-respect des normes de gestion des margines par les propriétaires des huileries, l’insuffisance des moyens logistiques (nombre insuffisant des contrôleurs et des moyens de transport) qui sont de nature à entraver la mission des contrôleurs déployés par l’ANPE chargés de superviser les décharges, de constater les infractions et de dresser les procès-verbaux contre les contrevenants, autant d’attributions relevant de la police judiciaire.
Lors des  » descentes  » sur terrain opérées par les 32 experts-contrôleurs déployés dans les différentes régions du pays, l’ANPE a recensé 14 infractions en 2015 contre 71 infractions en 2010, la plupart ayant trait au déversement anarchique des margines dans le milieu naturel, a fait savoir Tahar Abdennabi, responsable à la Direction de contrôle des activités polluantes au sein de l’ANPE, décortiquant un rituel de contrôle se résumant en quatre mots-clés : Plainte reçue, visite d’inspection rendue, constatation de l’infraction établie et problème traité en bonne et due forme.
A entendre le même responsable,  » l’ANPE a été saisie en 2016 de 9 plaintes provenant des différentes régions du pays, toutes décriant l’insoutenable calvaire des odeurs dégagées par des décharges de margines et font actuellement l’objet de suivi assidu de la part de l’Agence.
Un suivi qui demeure, quoique l’on dise quoi que l’on fasse, embryonnaire et cantonné dans les arcanes de l’administration.
Pour l’expert environnemental auprès des tribunaux, Mohamed Sghaier Caïd,  » on ne peut parler de procès spécifiques en matière de gestion des décharges de margines. Les plaintes portées par les citoyens sont souvent adressées à l’autorité régionale ou au ministère l’environnement « .
Ce constat a été confirmé par Baccar Termiz, responsable à la direction de l’évaluation des études environnementales de l’ANPE qui, en bon administrateur, estime que  » les décharges de margines font figure de solution d’ultime recours « .
 » Par le passé, durant les années 80 du siècle dernier, on avait pris coutume de déverser les margines dans les oueds, les terres agricoles et les canaux d’assainissement, une pratique qui a provoqué des préjudices irréparables « , tente-t-il de rappeler.
Aux yeux de notre responsable, le principe de base pour l’Etat est de gérer les déchets de margines au low cost.
 » Pour l’Etat, il est impérieux d’implanter un nombre réduit de décharges avec le moindre coût. Chaque décharge forme en soi un point noir écologique « , poursuit-il
 » Actuellement, il n’y a aucune alternative aux décharges. La seule solution à envisager est la valorisation de l’exploitation des margines dans le secteur agricole ou dans l’industrie des produits de beauté, conformément aux études réalisées dans nombre pays « , enchaîne t-il encore.
 » L’implantation des décharges n’est pas du ressort de l’Etat. C’est un devoir qui incombe au propriétaire de l’huilerie lui-même, dès lors qu’il est l’auteur de la pollution « , cite-t-il en appui de ses propos, soulignant que  » la fermeture des décharges classées est une compétence qui relève exclusivement des gouverneurs. L’Agence ne peut que retirer les certificats de non-contestation « .
De balançoire en balançoire, de sentier en sentier, les habitants des Fadden Souk et de Beni Hassène, à l’image de leurs co-concitoyens dans plusieurs recoins de ce pays, se sentent éperdument égarés, encerclés de cette crainte tenant prisonnier leur sort qui se meurtrie chaque jour sous les coups de boutoir d’une administration environnementale ensommeillée.
Une Administration ensommeillée ou le syndrome de  » ni vu, ni su  »
Face à la déferlante de griefs envers la manière dont on traite le sort des décharges de margines, il était pleinement justifié de donner la parole aux décideurs publics pour scruter leur point de vue sur la question. Leurs positions oscillant entre un non catégorique, une promesse volante de faire le possible et un « ni vu, ni su « , font pâle figure de petites phrases style qui résonnent dans les oreilles comme les battements cadencés d’un tambour.
Interrogé par l’auteur de l’enquête, le Directeur de la prévention des risques au Ministère de l’environnement, Abderrazek Marzouki a nié  » avoir eu connaissance  » de la décharge de  » Fadden Souk « , prenant note de nos observations et promettant de faire le possible, son possible, tout son possible pour éclater la vérité sur ce dossier.
En guise d’alternative, il nous propose de valoriser l’exploitation des margines, notamment dans la production des produits de beauté ou de l’utiliser en tant qu’engrais fertilisant du sol.
Scientifiquement avérées, ces propositions s’appuient sur des études scientifiques élaborées par l’Institut Zitouna, le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET) et le Centre de Biotechnologies de Sfax.
 » Ces recherches ont conclu à un fort potentiel d’exploitation des margines dans le domaine de l’engraissement du sol « , nous révèle le 1er responsable de la Direction du Transfert et de l’Innovation technologique au CITET, citant en exemple l’épandage des margines qui a donné ses preuves en Italie, en Espagne et au Portugal.
Dans le contexte tunisien, des expériences menées par le CITET ont abouti à l’utilisation des margines en tant qu’engrais conformément aux conditions scientifiques et aux normes prévues au décret n°2013-1308.
Ce texte réglementaire fixe avec soin les conditions et les modalités de gestion des margines provenant des huileries en vue de leur utilisation dans le domaine agricole ainsi que les quantités de margines épandues chaque année. Il interdit, en outre, l’épandage dans les terres qui sont à une distance inférieure à 200 m des habitations et des voies de circulation, à une distance inférieure à 300 m des cours d’eau, à forte pente et qui entraîneraient le ruissellement des margines hors du champ d’épandage et dont la nappe phréatique est située à une profondeur de moins de 10 m.
Cette enquête d’investigation a été réalisée avec l’appui du centre ARIJ pour le journalisme d’investigation arabe et sous la supervision de nos deux collègues Mark Lee Hunter et Bahija Ben Mabrouk

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À l’heure où les ordures tapissent honteusement nos rues, nos quartiers, à l’heure où les municipalités cèdent face au laxisme et au manque de civisme des citoyens, à l’heure où les autorités perdent le contrôle et font preuve de très peu de détermination, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a décidé de monter au créneau contre ces mauvais comportements et a annoncé la création prochaine d’une police de l’environnement.

L’objectif de cette police sera le contrôle et le suivi des infractions en matière d’atteinte à l’environnement. Ces équipes seront réparties sur soixante-dix municipalités. On note qu’un projet de loi basé sur l’accord de Paris sur le climat, la « COP 21 », a été adopté par la commission environnementale à l’ARP mercredi 21 septembre 2016. Désormais, les citoyens qui ne respectent pas l’environnement et qui jettent leurs ordures n’importe où seront frappés d’une amende oscillant entre 40 et 60dt, rapporte le quotidien Al Sarih ce vendredi 30 septembre 2016.

Face à l’augmentation de la pollution, des mouvements de protestation ont été observés dans plusieurs régions en Tunisie contre la dégradation du cadre environnemental, qui menace directment la santé des population, sans parler des dégâts écologiques. Mais ce qui scandalise surtout, c’est le « silence du gouvernement ». Les protestataires avaient, à maintes reprises, bloqué toutes les routes de plusieurs villes. Des pneus avaient été également brûlés et des citoyens avaient mis le feu aux tas de poubelles jonchant les rues.

Après la révolution, tout le monde a découvert que les structures veillant sur l’environnement et censées répondre aux besoins nouveaux de la société et du système économique étaient désespérément inefficientes. La stratégie est entachée de beaucoup d’insuffisances, l’exécution de plusieurs projets présente des failles évidentes, et leur fonctionnement laisse à désirer. Les salaires des agents sont dérisoires, les sociétés chargées de la sous-traitance opèrent dans l’opacité et exploitent leurs salariés de manière éhontée ! Bref, tous les ingrédients de dysfonctionnements majeurs auxquels l’environnement et la santé des citoyens paient un très lourd tribut…

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Plus de 2 000 ministres et fonctionnaires de haut rang sont réunis depuis le 27 septembre 2016 au Siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour le lancement de la 39e session triennale historique de son Assemblée.

Cette session a été officiellement ouverte par le Président du Conseil de l’OACI, M. Olumuyiwa Benard Aliu, auquel se sont joints pour l’occasion le Ministre des Transports du Canada, M. Marc Garneau, le Premier Ministre du Québec, M. Philippe Couillard, et le Maire de Montréal, M. Denis Coderre.

La 39e session de l’Assemblée est une des manifestations les plus ambitieuses jamais organisées par l’OACI depuis plus de sept décennies consacrées à la gestion de la coopération et des progrès dans le transport aérien mondial. L’Assemblée se tiendra jusqu’au 7 octobre et devrait adopter le tout premier Régime mondial de mesures basées sur le marché (GMBM) d’un secteur d’activités couvrant les émissions de CO2 des activités internationales.

« La route vers un GMBM pour l’aviation internationale a été semée d’embûches, pour toutes les parties concernées, mais ce fut en même temps un processus caractérisé par un niveau élevé de volonté politique et une motivation claire des États et de l’industrie pour définir une approche mondiale pratique et consensuelle. Déjà, des États qui assurent quelque 80 % des vols internationaux se sont portés volontaires pour participer au régime de MBM à partir de 2021 », a souligné M. Aliu, le Président du Conseil.

Avec un réseau aéronautique mondial qui actuellement gère quotidiennement quelque 10 millions de passagers et 100 000 vols, l’aviation internationale produit annuellement 1,3 % des émissions mondiales de CO2 dues à l’homme.

« Depuis 2010, des progrès considérables ont été réalisés par l’OACI et ses États membres pour atteindre l’objectif du secteur d’une croissance neutre en carbone à compter de 2020, à savoir des technologies novatrices, une simplification des opérations et des procédures, et des carburants d’aviation alternatifs durables », a déclaré Mme Fang Liu, la Secrétaire générale de l’OACI, qui a souligné en outre que compte tenu de la tendance, dans le système mondial, à un doublement du nombre de vols et de passagers une fois tous les quinze ans, il est reconnu qu’il faut un régime de MBM en complément des mesures de grande envergure.

En plus de l’accord prévu sur un régime de MBM pour l’aviation, les gouvernements participant à la 39e session de l’Assemblée devraient également en principe entériner de nouveaux amendements à apporter aux plans stratégiques mondiaux de l’OACI pour la sécurité de l’aviation et l’efficacité de la navigation aérienne et recommander que l’OACI élabore maintenant des plans mondiaux similaires pour la sûreté de l’aviation, la facilitation et le développement économique du transport aérien.

« L’OACI a accompli énormément au cours des trois dernières années, tout particulièrement dans le cadre de nos efforts pour la prestation aux États d’une assistance plus ciblée et plus efficace au titre de l’initiative Aucun pays laissé de côté, ainsi qu’à travers de nouveaux cadres pour un renforcement des capacités rentable, tels que le Programme international OACI des volontaires de l’aviation international, a indiqué M. Aliu, le Président du Conseil.  Par ailleurs, nous sommes désormais plus tournés vers l’avenir et plus réactifs et nous sommes bien préparés aux nouveaux défis que notre 39e session de l’Assemblée nous adressera. »

Les décisions qui seront prises au cours des dix prochains jours à l’OACI devraient compléter la performance déjà exemplaire du réseau de transport aérien mondial, tout en améliorant sa capacité de garantir des avantages socio-économiques à long terme et durables dans chaque région du monde.

« Cela est clair pour nos États aujourd’hui, notamment compte tenu des objectifs ambitieux qu’ils ont adoptés au titre du Programme 2030 des Nations Unies et de ses 17 objectifs de développement durable », a observé la Secrétaire générale Mme Liu.

Les délégués à la session 2016 ont élu M. Azharuddin Abdul Rahman de la Malaisie comme Président de la 39e session de l’Assemblée. M. Rahman aidera à gérer l’efficacité de la prise de décision sur des sujets ayant des ramifications mondiales, notamment la sûreté côté ville et la cybersûreté, la modernisation de la gestion des documents de voyage et d’identité, les technologies de prochaine génération de gestion du trafic aérien, la libéralisation de l’accès aux marchés et bien d’autres priorités. L’Assemblée donnera également l’occasion aux États membres de l’OACI d’élire le nouveau Conseil de  36 États pour 2017-2019.

« Cette session de l’Assemblée sera celle de décisions audacieuses et l’occasion d’affiner notre vision de la manière dont le transport aérien peut être encore plus utile aux États et aux régions ainsi qu’aux entreprises et aux voyageurs, dans les années à venir qui promettent d’être stimulantes. J’attends avec enthousiasme ce qu’il en résultera, a dit M. Aliu en concluant son allocution d’ouverture de la 39e session de l’Assemblée.

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GENEVE

Selon un rapport publié mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de neuf personnes sur la planète sur dix (92 %) vivent dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air extérieur ne respectent pas les limites fixées par l’OMS.

Des informations rapportées, ce mardi 27 septembre 2016, par le site « Le Point » , relèvent que le rapport s’appuie sur des données provenant de 3 000 lieux à travers le monde, essentiellement des villes. Il a été élaboré en collaboration avec l’université de Bath, au Royaume-Uni.

Il conclut que 92 % de la population mondiale vit dans des endroits où les niveaux de qualité de l’air ne correspondent pas à ceux fixés par l’OMS sur la qualité de l’air ambiant pour les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM2.5).

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L’olivier est un arbre multimillénaire mythique en Tunisie qui n’a de cesse de répandre ses bienfaits, mais aussi des inconvénients essentiellement environnementaux, dus aux margines ou eaux de végétation, qui, à cause de leur charge organique très élevée et de leur teneur en phénols et polyphénols difficilement dégradables, posent d’importants problèmes pour leur élimination et partant pour l’environnement.

C’est notamment le cas de la région de Kalaa Kébira, dans le gouvernorat de Sousse dont les habitants pâtissent du bassin de margine situé au niveau de l’entrée nord de la ville sur la route numérotée 48 reliant la cité à la délégation de Kondar, bassin en exploitation depuis 1984 et qui est demeuré en l’état, plus de 32 ans durant. C’est que cet ouvrage, sous l’effet de l’expansion urbaine, s’est retrouvé pratiquement au cœur de la ville au beau milieu des espaces d’habitation, de commerce et de loisirs, générant toutes sortes de nuisances écologiques et menaçant riverains, animaux et végétation. Des effluents nocifs, fortement polluants, dégageant de fortes odeurs fétides à cause des gaz qu’ils émettent et de la détérioration de l’oxygène y associée, sans parler des effets sur le sol en raison de leur haute teneur en carbone organique et produits insolubles, et sur la nappe phréatique, si polluée qu’un puits artésien très connue dans la région a été fermé il y a quelques années. D’autant que  les effets nocifs de la margine le sont cent fois plus que ceux des eaux usées.

Cette grave situation et l’inertie des autorités ont poussé la société civile à se mobiliser en lançant des initiatives et des mouvements pour secouer l’apathie des gouvernants, peu sensibles à la nocuité du bassin de margine pour une ville comptant 60 000 habitants. D’autant que la dernière visite du ministre de l’Environnement dans la région n’a pas accordé l’attention qu’elle mérite à ce fléau, ni permis d’engager une réflexion sérieuse et définitive sur les solutions qu’il importe urgemment de trouver, notamment le fermeture du bassin et son remplacement par d’autres mécanismes de stockage dans des espaces aménagés en application des dispositions du code de l’environnement et des lois régissant le secteur. Les composantes de la société civile ont lancé une pétition réclamant la fermeture immédiate du bassin de margine, relayée sur les réseaux sociaux et qui sera adressée aux autorités régionales et locales et très probablement aux élus de la région à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Le député Hafedh Zouari en lice

L’un d’eux, Hafedh Zouari, par ailleurs fervent avocat des causes chères à ses électeurs de la circonscription, n’a pas caché son irritation de la façon dont le dossier de la margine a été examiné  lors de la visite du ministre de l’Environnement, dont un seul volet a été  abordé alors que le second et le plus important a été littéralement ignoré.

Il a souligné la très grande importance qu’il y a lieu d’attacher au soutien à apporter à l’investisseur pour le développement de son projet par la valorisation  de la margine et de ses dérivés qui ont une valeur ajoutée certaine tels que les fertilisants, les aliments pour bétail et le carburant, de même qu’il a mis l’accent sur l’urgence de lui fournir tout l’appui nécessaire en termes de recherche, de logistique et de concours financiers dans le cadre des avantages stipulés par la loi aux fins de la modernisation du projet en les étendant aux autres investisseurs désireux d’en faire autant.

Dans le même temps, Hafedh Zouari n’a pas manqué de souligner la nécessité impérieuse de garantir aux 60 000 citoyens de la région ainsi qu’aux générations futures, aux agriculteurs et aux riverains, le droit à un environnement sain et à être sauvés d’une catastrophe écologique certaine  dont les effets sont massivement visibles dans le vécu et le quotidien du citoyen qu’il soit agriculteur, investisseur ou simple citoyen. Et ceci devrait se faire à travers la mise en place d’alternatives dans des délais raisonnables pour ce bassin, source de dangereuses nuisances non seulement pour les êtres humains mais aussi pour les ressources naturelles, y compris la végétation, le sol et la nappe phréatique.

Le député a exprimé sa compréhension pour les dissensions entre certains citoyens au sujet du bassin de margine, s’engageant à un surcroît d’efforts de coordination avec les autorités régionales et nationales en particulier en vue d’arriver à une solution radicale et satisfaisante au problème.

Il a indiqué que la ville de Kalaa Kébira  est aux prises avec de nombreux dossiers brûlants en rapport avec la situation environnementale détériorée, précisant que des cités entières sont privées des commodités de base minima, notamment l’assainissement, alors que d’autres souffrent de manque d’entretien et d’infrastructures vitales telles que la protection de la ville contre les inondations, affirmant la nécessité de consentir des efforts supplémentaires pour pallier ces carences, même relativement. Il a, à cet égard, assuré que tout est mis en œuvre pour mettre fin à l’enclavement et à l’asphyxie de la ville, assaillie de toutes parts et dans l’impossibilité de disposer des moyens de s’assurer un développement normal.

 

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Les eaux stagnantes de la sebkha de Soliman se sont infiltrées dans la plage limitrophe mardi, nécessitant une intervention urgente de l’ONAS. La pollution occasionnée à la plage a suscité la colère des baigneurs qui ont manifesté leur mécontentement sur les réseaux sociaux.
L’ONAS a publié, mercredi, un communiqué précisant avoir fourni avec la municipalité de la région des bulldozers et une grue pour rétablir la barrière de sable séparant la sebkha de la plage. L’offfice procède, également, à partir du mercredi au traitement des eaux à la chaux pour les stériliser.
En fait, le problème de la Sebkha de Soliman inscrite le 7 novembre 2007 à la convention de Ramsar est assez grave. Dans une déclaration à la TAP, le délégué de Soliman, Abdelkader Jebali, a indiqué que ce plan d’eau était naturellement ouvert sur la mer, « mais depuis 15 ans, suite à une décision prise par la municipalité de l’époque, une barrière de sable est érigée chaque été au niveau du trop plein de la sebkha, pour protéger la plage, ce qui est contraire aux lois de la nature et à la législation ».
Et d’ajouter que la station de l’ONAS de Soliman, (de la première génération) déverse ses eaux traitées mais non salubres dans cette sebkha, appelant à une mise à niveau technologique de cette station, surtout que les eaux polluées s’infiltrent par voie souterraine vers la mer et la nappe phréatique.
Le délégué a affirmé avoir envoyé une correspondance à la représentation régionale du ministère de l’environnement de Nabeul et à la direction régionale de l’ONAS pour connaître par écrit les raisons de la fermeture de la sebkha pendant la saison estivale.
La protection de l’écosystème de la sebkha riche en diverses espèces de poissons et d’oiseaux n’a pas été pris en compte, a t-il souligné, précisant que les habitants de Soliman (53 mille) souffrent d’une prolifération inhabituelle des moustiques du fait de l’édification de cette barrière.
De son côté, la présidente de l’association de l’environnement de Soliman, Souad Chatoutti, a soulevé elle aussi, le problème de la fermeture de la Sebkha de Soliman qui recèle une riche biodiversité, surtout qu’elle est polluée par les eaux de l’ONAS et les eaux provenant de plusieurs usines situées à Bouarada, Grombalia et Soliman. Elle a appelé à une intervention urgente et radicale des autorités pour résoudre ce problème.
Chattouti a mis en exergue l’importance de la Sebkha de Soliman, site de reproduction des oiseaux migrateurs et qui abrite quelque 5 mille flamands roses. Ce plan d’eau s’étend sur 225 hectares.
Elle a aussi, évoqué le problème de la décharge temporaire, située à proximité de la sebkha, dont le lixiviat pollue la nappe phréatique .
Selon le site de la Convention de Ramsar (relative aux zones humides d’importance internationale), la sebkha de Soliman est une zone humide d’importance internationale, qui subit une eutrophisation, du fait des apports d’eau de qualité douteuse.
Cette zone accueille déjà une grande variété d’oiseaux d’eau, surtout depuis le comblement, pour des besoins urbanistiques, d’une grande partie du Lac de Tunis, située de l’autre coté du Golfe.
D’après le ministère de l’environnement, la sebkha de Soliman (220 ha) a deux régimes de fonctionnement, un régime hydrologique conditionné par les crues de l’oued El Bey et un régime hydrographique actionné par la marée via la passe qui la relie à la mer. Les eaux ont des concentrations très élevées en éléments nutritifs et les sédiments sont contaminés par des éléments métalliques (Cd, Cu, Ni, Pb et Zn). La sebkha de Soliman joue, toutefois, un rôle très important sur l’autoépuration des eaux usées de l’oued El Bey.

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Les particules fines font des dégâts partout en France, même dans les zones rurales, au point de réduire l’espérance de vie. À elles seules, les particules fines PM2,5 sont responsables de 9 % de la mortalité en France, selon une étude de l’agence sanitaire Santé publique France récemment publiée. De la taille d’une bactérie, ces PM2,5 (diamètre 2,5 microns) pénètrent profondément dans les poumons, traversent les alvéoles et partent dans la circulation sanguine, rapporte le site « santé magazine ».

Elles ont une action pro-inflammatoire et mutagène. C’est pourquoi de nombreuses études scientifiques les associent à un risque augmenté de maladies cardiovasculaires, de troubles respiratoires et de cancers.

 Le troisième fardeau

 Santé publique France estime à 48 000 le nombre de décès qui peuvent, chaque année en France, leur être attribués. « C’est le troisième fardeau en terme de mortalité derrière le tabac (79 000 morts par an en France) et l’alcool (49 000 morts par an en France) », rappelle François Bourdillon, directeur général de Santé publique France. Seules les zones montagneuses (Pyrénées, Alpes, Massif central) sont relativement épargnés. Mais, les particules fines font des dégâts aussi bien en ville qu’à la campagne. Il faut savoir, en effet, qu’elles sont émises par différentes sources : le trafic routier, les industries, la combustion du bois, les activités agricoles…

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À l’heure où les ordures tapissent honteusement nos rues, à l’heure où les municipalités cèdent au laxisme et à l’indulgence, à l’heure où les autorités sont en perte d’autorité et de détermination, la société civile de la ville de Mégrine, banlieue-sud de Tunis, a eu l’ingénieuse idée de se lancer dans la chasse aux jeteurs d’ordures.

Pour éliminer ces mauvais comportements, trois citoyens ont installé des caméras de surveillance dans plusieurs artères de la ville pour filmer ces inciviques pollueurs de l’environnement, pour dissuader ces mauvaises consciences à façonner leur comportement en l’absence des mesures disciplinaires légales.

Selon la municipalité, ces caméras visent des endroits bien précis où les jeteurs d’ordures font fi des panneaux d’interdiction placés à ces endroits.

Considéré comme une violation aux données personnelles, la vidéo braquée sur ces contrevenants a perdu ses mérites.

En tout cas, en Tunisie la protection des données personnelles fait l’objet d’une législation particulière incriminant les utilisateurs de ce système de surveillance.

À cet égard, le président de l’Instance nationale de protection des données personnelles, Chawki Gaddes, a souligné, lors d’une intervention sur les ondes de Mosaïque Fm, vendredi 2 octobre 2015, que cette initiative, lancée par quelques habitants de la région, n’est pas conforme à la loi.

« L’installation des vidéos de surveillance en Tunisie est régie par la Loi 2004 sur la protection des données personnelles et met en place des conditions pour pouvoir recourir à ce genre de système. Toute personne qui a l’intention de mettre en place des caméras de surveillance peut le faire qu’à trois endroits bien précis : les endroits qui sont ouverts aux publics, tous les endroits de transport et enfin dans les endroits de travail collectif. En dehors de ces emplacements, il est interdit en Tunisie de placer des caméras de surveillance. »

Toute mise en place de systèmes similaires, a-t-il averti, doit faire l’objet d’une demande d’autorisation préalable auprès de l’Instance nationale de protection des données personnelles, et toute personne qui contrevient à ces dispositions est passible, en vertu de la Loi 90 de 2004, à une peine d’emprisonnement d’une année assortie d’une amande de 5 000 dinars.

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Désormais

Désormais, les usines polluantes seront soumises à des sanctions. Un membre de la commission de l’infrastructure et de l’environnement chargée de l’étude des projets à l’ANC qui s’est réuni mardi, 11 mars 2014, à Tunis a proposé d’imposer des sanctions aux usines qui participent à la pollution de l’environnement à d’indemniser les habitants des zones touchées par la pollution.

Par ailleurs, selon des études menées, le coût des gaz toxiques varie entre 1500 et 2000 milliards par an.

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INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

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