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samedi 28 novembre 2020
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Corruption : Tabib désigne les gros bonnets et alerte sur le naufrage de l’État

Les mauvaises nouvelles sur la corruption continuent de nous parvenir sans relâche. Après le dossier des 55 sociétés impliquées dans la falsification de documents et les 3000 millions de dinars partis en fumée, une autre grosse affaire vient d’être révélée. Le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a jeté un autre pavé dans la marre ce jeudi 03 mars 2017. Lors de son intervention en marge d’une rencontre organisés au siège du Centre de l’Islam et de la Démocratie, Tabib a pointé du doigt les corrompus.
« Des cadres de la douane reçoivent mensuellement des salaires » de la part de dizaines de commerçants ou de personnes impliquées dans la contrebande. Cela se passe dans des rendez-vous bien calés, dans des cafétérias ; ces responsables de la douane reçoivent des sommes d’argent dépassant parfois les 3 mille dinars. La mission est simple : il faut juste étouffer une affaire de corruption, éviter une amende ou un procès aux businessmen indélicats. Idem pour les chefs de poste de la Garde routière et sécuritaire, qui eux aussi reçoivent mensuellement des pots-de-vin de la part des chauffeurs de taxis collectifs.
En outre, le responsable a déclaré que la corruption se propage toujours en Tunisie à cause principalement de l’absence de sanctions. Selon lui, ce qu’on appelle « la petite corruption » coûte à l’État entre 400 et 500 Millions de dinars (MD). Le pire c’est cette « petite corruption, légitime », selon ses déclarations, qui engendre le risque de faire entrer le pays dans un cercle infernal qui aura cerainement plusieurs effets néfastes. Le président de l’INLUCC a déjà mis en garde contre la chute de l’État tunisien à cause de la corruption. « On n’a ni du pétrole ni du gaz et nos ressources sont principalement basées sur les services, l’agriculture et le tourisme, des secteurs lesquels s’ils sont touchés par le virus de la corruption, vont disparaître », a-t-il expliqué.

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« Non pour des instances de contrôle sous la tutelle… »

Sur un autre volet, Chawki Tabib a fait part de son espoir de voir les instances de contrôle et de supervision se débarrasser de la tutelle, accusant certains responsables de manipulation : « Certains ministres ont gardé le silence sur des dossiers de corruption et ont caché certains rapports dans les tiroirs. Éviter le chaos et le désordre et préserver la paix sociale était leur fameux slogan », a-t-il précisé.

C’est ainsi que le responsable a appelé à valoriser le travail de ces instances dont la majorité n’a pas les moyens, ni techniques, ni logistiques ou encore en ressources humaines, pour accomplir les missions qui lui ont été confiées. Selon ses déclarations, ces instances sont au nombre de 450 et sont en train de contrôler le 1/3 du budget de l’État et des dizaines de milliers des opérations et des infractions qui viennent de part et d’autre.

« Chacun veut prendre sa part… »

Il a par ailleurs estimé que la Tunisie a perdu 4 points de croissance à cause de la corruption, accusant ainsi certains Tunisiens de faire la sourde oreille devant la propagation de ce fléau qui ne cesse de frapper fort en Tunisie. « Chacun veut prendre sa part… », a-t-il dit.
Chawki Tabib a dans le même ordre d’idées indiqué que le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sortent sur le marché international pour avoir un crédit de 500 MD avec des taux d’intérêt très élevés alors qu’on a perdu la même somme dans la contrebande des médicaments, sans compter les 800 MD perdus à cause de la contrebande des produits subventionnés. « Des camions chargés de produits tunisiens subventionnés entrent quotidiennement en Libye et passent par la suite au Niger et au Mali sans que personne ne réagisse. 1700 MD d’impayés à la douane. Sur les 100 infractions douanières seules une fera l’objet d’un procès, sans compter la suppression des amendes et des infractions dans les recettes fiscales et les tribunaux », a assuré Tabib, ajoutant que la corruption a également qempêche l’État tunisien de récupérer 3000 MDT d’impayés provenant des procès.

« Un budget annuel de 100 MDT »

Évoquant les solutions, le président de l’INLUCC a fait part de son optimisme de voir les choses s’améliorer au cours de la prochaine période, et ce grâce à l’effort des médias, de la société civile mais aussi du gouvernement, rappelant le projet de loi sur la dénonciation de la corruption et la protection des dénonciateurs, le projet de loi sur la lutte contre l’enrichissement illicite, la loi relative à la déclaration de patrimoine ainsi que celle relative au droit d’accès à l’information.

Il a par ailleurs qualifié le projet de loi sur la dénonciation de la corruption et la protection des dénonciateurs de très mauvais : « Il y a des lobbies qui ne veulent pas que les gens qui dénoncent la corruption soient protégés mais au contraire sanctionnés », a-t-il expliqué, appelant ainsi à valoriser le travail du gouvernement en matière de lutte contre la corruption, tout en l’incitant à faire encore plus.

La meilleure solution, selon ses dires, est que le gouvernement consacre annuellement un budget de 100 MDT pour lutter contre la corruption, un budget qui devrait être équitablement redistribué aux différentes instances qui se chargent de l’affaire. « Le responsable qui n’a pas le courage éthique et politique et qui n’est pas capable d’exécuter les décisions attendues doit laisser sa place… », a-t-il conclu.

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