AccueilLa UNETunisie : la BM déterre un chantier qui attend depuis des décennies

Tunisie : la BM déterre un chantier qui attend depuis des décennies

La Banque Mondiale (BM) a publié ce mardi 26 juin 2018 une étude sur la valorisation du potentiel des régions en Tunisie, intitulée « Mise à profit des conclusions du projet sur les régions défavorisées ». Il en ressort, selon cette étude réalisée en collaboration avec le ministère de l’Investissement et de la Coopération Internationale, qu’il existe un continuum de projets de développement potentiels sur l’ensemble du territoire tunisien.

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L’étude a également noté que bien que Tunis, Sousse et Sfax soient les mieux lotis en termes de facteurs agroclimatiques associés à la prospérité économique, plusieurs régions, à savoir le Nord-Ouest et le Centre-Ouest, paraissent avantagées à ce niveau. Des agglomérations d’activités existent par contre sur le littoral comme à l’intérieur du pays, notamment à Kairouan, Kasserine, Kef et Tatatouine.

Cependant, les grands indicateurs de développement humain font apparaître des écarts beaucoup plus marqués entre les régions, notamment le littoral et l’intérieur du pays. De plus le niveau d’accès aux services de base révèle également des disparités entre les régions. A l’origine de ces disparités, un ensemble de facteurs sont à analyser en vue d’apporter les réponses appropriées pour plusieurs éléments dont la Géographie naturelle, les Économies d’agglomération et les dépendances de trajectoire, le Système de planification centralisé, les Politiques de développement ne permettant pas de réduire les disparités régionales et les coûts logistiques élevés à l’intérieur du pays.

Afin d’enrichir les trames de lecture des disparités régionales, cette étude propose d’analyser les gouvernorats selon leur potentiel et performance économique. En utilisant les données disponibles sur les différents indicateurs, les 24 gouvernorats ont ainsi été catégorisés en 5 grandes familles selon leur potentiel et performance. Tous les gouvernorats leaders se situent sur la côte Est, avec des gouvernorats surperformants ou à potentiel non-exploité à l’intérieur.

L’étape d’après a consisté à visiter et zoomer sur quelques gouvernorats pour mieux comprendre les opportunités, freins et réfléchir aux recommandations. Cela a permis de synthétiser 4 pistes de recommandations, à adapter aux gouvernorats, afin d’améliorer la situation des populations du territoire : Profiter de la décentralisation pour améliorer la planification, le financement et la mise en œuvre du développement local, améliorer la formulation et la révision des politiques de développement, favoriser l’établissement de corridors de développement et soutenir des programmes de développement intégrés dans certains gouvernorats.

Eya Mahjoub, économiste à la Banque Mondiale (BM), a précisé que cette étude ne représente que la première étape d’un processus qui vise à mettre en œuvre des actions concrètes et préparer par conséquent des actions concrètes à appuyer après l’étude.

La première étape a consisté à cartographier le potentiel économique dans le pays. Il a été observé, dans le cadre de l’expérience internationale, que la convergence des revenus sur tout un territoire n’est pas réellement possible compte tenu des économies d’agglomération pour la plupart des pays. Par contre, un accès égal aux services de base et aux opportunités peut être atteint. Il a aussi été observé que les objectifs de convergence eux-mêmes varient en fonction du niveau de revenus d’un pays.

Pour le cas de la Tunisie, la responsable a indiqué que notre pays a réalisé des gains significatifs en comblant certaines écarts en termes d’accès aux services de base – la première étape – mais à mesure que les pays montent l’échelle des revenus, les objectifs de convergence deviennent plus ambitieux. La Tunisie est ainsi dans une phase où les écarts restant à combler sont relativement limités, mais dans laquelle l’objectif d’avoir un accès égal aux opportunités reste à accomplir.

Lors de son intervention au cours de ce séminaire, le ministre de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, a déclaré qu’il a été constaté que les régions qui ont plus de potentiel sont les plus défavorisées, citant le cas de Siliana qui en dépit de ses richesses archéologiques est l’une des régions les moins dotées d’offres touristiques.

Le ministre a relevé l’existence de lacunes de développement dans les régions de l’intérieur parce qu’on a jugé qu’il n’y a pas de potentiel alors que cela doit faire partie d’une décision publique : « Ce sont les décideurs politiques qui doivent valoriser les régions (…). Aujourd’hui il faut s’affranchir en matière d’analyse des potentialités des régions« , a-t-il dit.

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