4 groupements, le chinois CHEC et Bouygues, short-listés pour le port EP...

4 groupements, le chinois CHEC et Bouygues, short-listés pour le port EP d’Enfidha

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Sami Battikh Pdg OMMP Croquis du port d’Enfidha Chokri Laamari Pdg Société Port Enfidha
Sami Battikh Pdg OMMP Croquis du port d’Enfidha Chokri Laamari Pdg Société Port Enfidha

Le projet de port en eaux profondes (PEP) d’Enfidha, avance à pas sûrs, à moins que le prochain chef du gouvernement n’en décide autrement. « Il a pris la bonne direction », commente le PDG de l’Office des ports Sami Battikh pour Africanmanager. Ce dossier avait été une des priorités de l’actuel gouvernement, et semble désormais avancer à pas réguliers.

A l’occasion, les études pour ce projet qui dataient de 2007, avaient été mises à jour. Le transport maritime avait en effet connu moult changements au niveau international. De nouveaux ports en EP, ont été créés, comme au Maroc, et d’autres ont été agrandis.Cela justifiait la mise à jour.

Le bureau d’étude allemand « HPC » avait alorsété chargé de la mise à jour, et « a fini par démontrer que le port en EP d’Enfidha reste valable et possiblement bancable et rentable, et pourrait capter 10 % au moins de la hausse du trafic maritime international, à condition qu’il soit construit avant l’Algérie.Il était prévu à Cherchell, et ses travaux sont maintenant aux arrêts, suite à un différend avec un constructeur chinois.Ceci est une chance pour Enfidha, surtout que « Marsaxlokk » de Malte et « Gioia Tauro » d’Italie, étaient arrivés au maximum de leurs capacités. Il faudrait donc le faire avant d’autres pays, ce qui impacterait négativement l’opportunité de capter une part de cette augmentation qui pourrait aller de 1 à 4 millions de tonnes dans 20 ans », a expliqué Battikh.

Le PDG de l’OMMP (Office de la Marine Marchande et des Ports), indique aussi à Africanmanager, que le même bureau d’étude avait mis au point l’étude économique et remis le dossier d’appel d’offres (AO), pour faire la présélection. Après dépouillement, Six opérateurs avaient répondu à l’AO, dont une, celle de l’égyptien CCG (ConsolidatedContractors Group),avait été rejetée.

Les 5 restants, sont le groupement composé de Vinci Construction Grands Projets, avec Archirodon Group, NV/Soletanche Bachy International/Boskali International BC. Le groupement KolinInsaat/GratLakesDredge and Dock Compagny LLC. Ke groupement AnkaInsaat Ve Sanayi/Jan De Nul/STFA Insaat.Le groupement Eiffacge Génie Civil/Van Oord/Dredging International/renesans. Et l’opérateur chinois CHEC, ou China Harbour EngeneeringCompany LTS. Le Français Bouygues Travaux Publics.

  • Dans 10 mois le concessionnaire sera connu et approuvé par l’ARP

Le bureau d’étude a ensuite livré le dossier d’AO en format EPCF, où les short-listés devront livrer l’étude détaillée du nouveau port, une offre technique, une offre financière et une offre de financement. On comprendra donc, que le projet ne sera pas financé directement par l’Etat tunisien, mais à travers un crédit.

Entretemps, une société étatique chargée de tout le dossier du port d’Enfidha, a été créé et confiée à Chokri Laamari. Ce dernier a déjà envoyé notification aux six groupements et entreprises short-lités et leur a demandé leurs offres, dont celle de financement de ce projet dont le coût est estimé à 3,2 Milliards DT, à travers une banque ou tout autre bailleur de fonds. Les six short-listés, auront pour cela un délai de 6 mois pour livrer les offres. Ces dernières devront être dépouillés dans un délais de 4 mois par la société du port, et passer tout le dossier de l’adjudication, devant l’ARP pour adoption.

Ce financement, concernera la construction du port en soit, et devrait être supporté, à hauteur de 75 % par l’Etat ou la société du port d’Enfidha. Ces frais qui feront l’objet du crédit chez le financier à ramener par l’adjudicataire final de l’AO, couvriront les coûts de construction, pour creuser le port, faire le dragage, construire les digues de protection et les quais.

  • Une opération de financement en deux temps.

Ce faisant, un second appel d’offre sera prochainement lancé, pour choisir la banque d’affaire qui aura la charge du choix du concessionnaire, à qui devrait être confiée la gestion du port. En même temps que démarreront les travaux de construction du port, le concessionnaire choisi devra entamer les travaux d’aménagement des 1.200 mètres en terminal à conteneurs, faire le revêtement du terre-plein de 135 hectares, ainsi que l’acquisition et l’installation de toute la logistique, en matériel de manutention, portiques et autres, nécessaires à la gestion du port.

Ce seront les revenus du contrat de concession, qui serviront à rembourser le crédit donné par le financier apporté par l’adjudicataire du 1er appel d’offre, ou un autre bailleur de fonds que choisira l’état s’il est moins cher,qui serviront au remboursement du crédit de construction. C’est cette simultanéité des travaux de construction par l’un des cinq short-lités, et les travaux de l’aménagement par le concessionnaire à choisir par un autre AO, qui assurera le paiement à temps du crédit.

Le reste des 25 % du coût total du port, seront à la charge du concessionnaire. Ce seront des investissements, à faire à la seule charge du concessionnaire, et qui couvriront le revêtement du terre-plein, les équipements et toute la logistique d’exploitation.

  • Juillet-août 2021, premier coup de pioche

Le premier coup de pioche pour la construction du port, devrait ainsi être donné, au cours du 2ème semestre de 2021. Début 2024, la 1ère partie du port en EP d’Enfidha entrerait en exploitation. Entretemps, démarreront les préparatifs de la mise en place de la zone logistique dédiée à l’activité du port. « Le concessionnaire disposera ainsi de beaucoup d’espace pour établir sa propre logistique. Suivront ensuite des rencontres d’organisation avec tous les intervenants, notamment la SNCFT, pour mettre en place la ligne de chemin de fer nécessaire au transport des marchandises », précise à Africanmanager Chokri Laamari.

Et d’ajouter que « les conditions d’exploitation dans le port d’Enfidha, seront beaucoup plus aisées, facile et fluides, que dans le reste des ports concurrents, d’abord car il dispose de 3.000 hectares de zone logistique, dont mille pour le port, qui sera un smart port de dernière génération, avec son tirant d’eau de -18 ».

Chokri Laamari n’oubliera pas non plus, de mettre l’accent sur, d’abord « l’impact économique très positif, que tireront toutes les régions environnantes de l’activité du port. Un Smart-port, qui contribuera aussi au décloisonnement de tout l’arrière-pays tunisien, dont Kairouan, Kasserine, Siliana et autres, vers lesquels l’investissement pourra désormais s’orienter, en étant assuré des moyens d’export les plus proches, grâce à l’infrastructure routière, construite ou en cours de construction, pour lier les industriels au port, pour l’import et l’export ».

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