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La Tunisie est-elle réellement cette démocratie qu’encensent Macron et Chahed ?

Cette question tout le monde a le droit de se la poser. D’abord parce que si on est vraiment dans cette démocratie qu’on claironne sur les toits, il est sain de la poser, tout le temps, ne serait-ce que pour tester en permanence les limites de cet état de grâce depuis le départ précipité de Ben Ali et s’assurer que les acquis resteront gravés sur le marbre. La deuxième raison, un peu plus objective on va dire, c’est que dans la même journée où cette démocratie est copieusement encensée par le président français, Emmanuel Macron et le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, des organisations – une nationale et une internationale, et c’est déjà beaucoup ! -, s’en plaignent. Troublant, non ? Alors au lieu de balayer d’un revers de la main les récriminations et griefs du Syndicat général de l’information et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), il faut plutôt aller voir ce qui est y précisément reproché aux autorités, histoire de s’assurer qu’on ne passe pas à côté de dérives qui pourraient éroder les fondements démocratiques qui restent, tout de même, très frêles, en vertu justement de leur très jeune âge…

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Le Syndicat général de l’information s’est dit, jeudi 1e février 2018, profondément indigné de la multiplication des « attaques » menées par les syndicats de la police contre le secteur de l’information, réaffirmant son soutien absolu à tous les mouvements envisagés par les professionnels des médias pour défendre la profession et la liberté d’information.

« La préservation de la liberté d’expression et d’information passe impérativement par la mise en place d’une loi qui protège les professionnels des médias pendant l’exercice de leurs missions et qui interdit toute forme d’agression et de provocation à l’encontre des journalistes« , a souligné le Syndicat dans un communiqué.

Tout en mettant en garde contre de tels agissements sur le processus démocratique, le Syndicat général de l’information a mis l’accent sur l’importance des défis auxquels fait face le secteur de l’information.
« Le secteur de l’information a d’autres défis plus importants à relever, à l’instar des lois régissant le secteur et le dossier des journalistes précaires« , a-t-il dit.

« Il est temps de faire de ces dossiers une priorité et de militer pour les défendre« , a-t-il lancé.

Dans la même journée, alors que Macron et Chahed « frimaient » au Palais des congrès de Tunis, le vice-président de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Mokhtar Trifi, a appelé le gouvernement tunisien à œuvrer davantage en vue de garantir la protection sanitaire et psychologique aux victimes de violences.
S’exprimant lors d’une journée d’information organisée ce jeudi à Tunis, par le ministère des Affaires sociales sur « le projet d’appui à la justice transitionnelle et l’accès à la justice pour les victimes de violences et de grandes violations des droits de l’homme« , Trifi a souligné que le gouvernement est tenu à honorer ses engagements ayant trait à l’aspect juridique et ce en mettant un terme à l’impunité dans les affaires de grandes violation des droits de l’homme.

L’Etat, a-t-il ajouté, doit s’engager pleinement à éliminer toutes les formes de violations commises à l’encontre des victimes de violences, les femmes en particulier, indiquant que le respect des conventions internationales exige la conjugaison des efforts de tous les ministères et organisations de la société civile afin de venir en aide aux victimes.

L’orateur a annoncé que l’OMCT envisage de présenter, le 15 février 2018, le rapport « SANAD » d’assistance directe aux victimes de torture et de mauvais traitements, rappelant que l’OMCT dispose de deux centres d’assistance à ces victimes à Sidi Bouzid et au Kef.

De son côté, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a souligné le souci de son département d’appliquer toutes les conventions et textes juridiques garantissant les droits des femmes, victimes de violences.

Le ministère des affaires sociales, a-t-il dit, est disposé à coopérer avec les organisations de la société civile pour garantir le maximum d’assistance aux femmes victimes de violence et sans appui.
Le ministère des Affaires sociales a, à cette occasion, conclu un mémorandum d’entente avec l’association « Beity » en vertu duquel les femmes, victimes de discrimination et de violence fondée sur le genre et l’exclusion socioéconomique, peuvent bénéficier d’un certain nombre de services essentiels.
Le document prévoit, également, de renforcer la coopération entre les deux parties à travers la création d’instances communes de prises de décisions et de réflexion stratégique, outre le renforcement des aptitudes des intervenants sociaux afin de permettre aux femmes et jeunes filles, victimes de violence de bénéficier de l’assistance et de l’accompagnement nécessaires.

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