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« Notre objectif pour ce camp technologique est non seulement de favoriser l’innovation et d’accroître l’engagement du public face aux problèmes de la gouvernance. C’est aussi de créer un cadre de jeunes leaders capables d’utiliser ces compétences techniques pour promouvoir la transparence et la responsabilité, » a déclaré le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des Etats-Unis, Andrew Haviland.

Le diplomate américain, qui s’exprimait ce jeudi 13 juillet 2017 lors d’une réception offerte à l’intention des jeunes leaders qui participent à un camp technologique à Abidjan, a ajouté : « Vous avez besoin des compétences et des outils afin de participer au processus de la vie de la société, afin que vous sachiez comment organiser de manière pacifique et efficace vos voix sur le large éventail de problèmes qui vous concernent. » Des représentants de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance (HABG), des Ambassades du Burkina Faso, de la Guinée et du Mali ont pris part à cette réception.

Initié par l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, ce camp technologique, qui se déroule du 13 au 14 juillet 2017 à Abidjan, rassemble une cinquantaine de jeunes leaders âgés de 18 à 35 ans issus de  quatre pays d’Afrique de l’Ouest dont la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Guinée et le Mali.

Axé sur le thème : « Renforcement de la Démocratie, la Gouvernance et la Transparence à travers les TIC », ce camp devra non seulement favoriser l’innovation et accroître l’engagement du public face aux problèmes de gouvernance ; mais aussi créer un cadre de jeunes leaders capables d’utiliser ces compétences techniques pour promouvoir la transparence et la responsabilité.

M. Haviland a souligné l’élément essentiel que sont la bonne gouvernance et la transparence dans le leadership économique et politique. « C’est la bonne gouvernance et la transparence qui créent les bases de la stabilité politique, en veillant à ce que les gouvernements réagissent aux besoins économiques, politiques et de sécurité des citoyens, » a-t-il précisé. Dans cette perspective, il a mis l’accent sur le rôle de la jeunesse qui forme la majorité de la population dans la sous-région: « Vous devez assumer des rôles de leadership dans l’émergence de vos pays. »

Il a également souhaité que « les participants du camp technologique profitent de cette expérience pour mobiliser d’autres jeunes leaders de leurs pays respectifs à se joindre à eux pour trouver des solutions technologiques innovantes afin de faire face aux problèmes de transparence et accroître l’engament civique des jeunes. »

Enfin, M. Haviland a réaffirmé l’engagement de l’Ambassade des Etats-Unis à soutenir la communauté digitale et en particulier avec les anciens boursiers du programme Mandela Washington Fellowship, en vue de proposer des solutions technologiques aux défis de la transparence en Côte d’Ivoire. A la suite de ce camp, l’Ambassade des Etats-Unis va collaborer avec des membres de la société civile pour organiser un “hackathon” en vue de développer des applications mobiles qui faciliteront la collecte de données et des rapports sur les problèmes de transparence et de corruption.

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Le Think Tank indépendant “Arab Reform Initiative” vient de livrer la 5ème édition de son indice sur la démocratie dans les pays arabes. Bien qu’il place la Tunisie comme deuxième pays arabe le plus démocratique, le rapport souligne les bonnes performances du pays en matière de démocratie. Le rapport souligne aussi que la Tunisie affiche la meilleure progression en termes de démocratie et ce contrairement à l’Égypte qui enregistre le plus grand déclin.

Avec 690 points sur 1000, la Tunisie a été devancée par le Maroc avec 735 points et elle vient juste avant la Jordanie (640/1000). Le Koweït est 4e (631/1000), suivi de l’Algérie (589/1000), la Palestine (538/1000), et du Liban (532/1000). Ainsi l’Egypte occupe le 8e rang (503/1000), devant le Bahreïn (436/1000) et l’Arabie Saoudite (419/1000). C’est ce qui ressort d’un rapport établi par l’Arab Reform Initiative (Initiative de réforme arabe, ARI) et le Centre palestinien pour la recherche sur les politiques et les enquêtes, en partenariat avec dix centres de recherche dans le monde arabe publié jeudi dernier.

Le royaume chérifien se permet même d’améliorer son score de 74 points par rapport au classement de l’année dernière, ajoute le rapport. Pour les auteurs de ce ranking (Arab Reform Initiative), ce résultat reflète « les progrès enregistrés dans les pratiques démocratiques, en particulier dans les données relatives à la surveillance de la presse, l’entrave à l’activité des partis politiques, la sécurité personnelle, et le taux d’abandon scolaire ».

Il convient d’indiquer à ce propos que le rapport s’intéresse seulement à dix pays arabes et mesure le processus de transition démocratique dans chacun des dix Etats : la Jordanie, le Bahreïn, la Tunisie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Palestine, Koweït, le Liban, l’Egypte et le Maroc. Le rapport indique aussi que les pratiques démocratiques ont fortement diminué en Egypte, au Liban, en Algérie et à Bahreïn. Toutefois, ces mêmes pratiques s’améliorent en Tunisie, au Maroc, au Koweït et en Palestine.

Globalement, l’indice arabe de démocratie (IDA) serait en baisse de 10 points par rapport à l’édition précédente. «Il existe un large écart entre les nombreux moyens, telles que la législation et les constitutions, et les pratiques. Il y a eu une diminution du respect des droits, des libertés, de l’égalité et de la justice sociale et une amélioration de l’état de droit», note le rapport.

Cet indice évalue les degrés de démocratisation d’une dizaine de sociétés arabes, à savoir, outre le Maroc, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Tunisie, l’Algérie, la Palestine, le Liban, le Koweït, le Bahreïn et l’Egypte.

Les concepteurs de l’indice expliquent que le Maroc a également tiré profit des multiples réformes engagées depuis la nouvelle Constitution de 2011, celle-ci ayant renforcé la stabilité politique et sociale du pays et contribué à une transformation démocratique. A noter que l’indice du royaume s’établit à 735 points sur 1 000, les autres pays restant tous en dessous de la barre des 700 points.

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L’Expert indépendant des Nations Unies sur le renforcement de capacités et de la coopération technique avec la Côte d’Ivoire dans le domaine de droits de l’homme, M. Mohammed Ayat, effectuera sa sixième et ultime visite dans le pays du 12 au 16 juin 2017.

« Cette visite sera l’occasion de faire une évaluation finale des progrès réalisés en termes de construction démocratique, renforcement de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en tenant compte des engagements pris par les autorités nationales depuis le remaniement ministériel de janvier 2017 », a-t-il déclaré.

« La mission, qui intervient dans le contexte de la fermeture de la Division des droits de l’homme de l’ONUCI, me permettra également de consulter les autorités ivoiriennes et en particulier la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire sur les engagements pris et actions réalisées dans le cadre de l’appropriation nationale de la protection et de la promotion des droits de l’homme », a précisé M. Ayat.

Des rencontres avec les organisations de la société civile permettront aussi de faire le point sur les avancées et défis relatifs à la situation de l’ensemble des droits économiques, sociaux et culturels, indissociables des droits civils et politiques.

« J’envisage également de faire une évaluation finale des recommandations contenues dans mes précédents rapports publics au Conseil des droits de l’homme, notamment en matière de réformes institutionnelles et de lutte contre l’impunité et de préservation de l’espace démocratique », a-t-il affirmé.

Au cours de sa visite, l’Expert indépendant rencontrera les membres du Gouvernement ivoirien, les représentants des organisations non gouvernementales et des associations de victimes. Il s’entretiendra également avec des représentants du corps diplomatique et de l’équipe pays de l’ONU en Côte d’Ivoire. Il visitera aussi des lieux de détention.

Un communiqué de presse résumant les observations préliminaires de l’expert indépendant sera rendu public à la fin de sa visite. Les informations collectées au cours de la mission serviront à appuyer le dernier rapport que l’expert indépendant présentera lors de la trente-cinquième session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le 20 juin 2017.

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Un jour après l’annonce de sa démission de la présidence de l’Instance Supérieure indépendante des élections (ISIE), Chafik Sarsar était ce mercredi 10 mai 2017 l’invité de la commission du règlement intérieur, de l’immunité et des lois parlementaires et électorales à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour mettre fin aux rumeurs et conjectures sur son départs. Sarsar a dit clairement qu’il n’a pas voulu parler, pour le moment, des raisons de sa démission, mais voilà il est obligé de le faire et de clarifier les choses devant les représentants du peule, qui sont venus en masse pour l’écouter. Oui, il a parlé. Il a tout déballé, ou presque. Il a parlé des pratiques policières, de piratage de comptes, de l’insécurité informatique… Mais si Sarsar voulait convaincre les députés de l’ARP sur la recevabilité des motifs derrière “cette grande et surprenante démission“, c’est loupé. Certains sont même allés jusqu’à lui conseiller de maintenir sa démission pour cause de perte de confiance.

Aujourd’hui, on a des craintes sur le bon achèvement du  processus démocratique. On a senti qu’on n’a pas pu avancer à cause de toutes ces pratiques policières“, a expliqué Sarsar, soulignant que contrairement à ce qui a été dit, il n’a pas quitté le navire à mi-chemin. “Je suis toujours à l’ISIE et je n’ai pas interrompu mon travail malgré l’annonce de ma démission“, a-t-il assuré.

Il a par ailleurs critiqué la façon avec laquelle le directeur exécutif de l’ISIE avait été démis de ses fonctions, faisant remarquer que le conflit ne touche pas directement le mode de gestion mais plutôt les principes.

Sarsar a dans le même contexte critiqué le renouvellement des membres de l’ISIE et le harcèlement sur les anciens membres pour les obliger à démissionner. “Ils ont obligé tous les membres qui ont signé une pétition manifestant leur désapprobation suite au départ du directeur exécutif de l’ISIE à démissionner à l’occasion du 1er mai“, a indiqué Sarsar, avant d’ajouter : “Le 7 mai, ils m’ont envoyé un mail à moi et m’ont demandé de démissionner. Ils m’ont accusé de ne pas respecter la loi parce que j’ai dit que cette démission est non légitime“, a encore dit Sarsar, sans donner plus de détails sur l’affaire. Il s’est contenté de dire que ces demandes ont été envoyées par mail et ont été signées par 5 personnes, mais sans divulguer les noms.

Sur cette même question, Sarsar a dit des nouveaux membres de l’ISIE qu’ils sont moins compétents que ceux qui avaient été démis de leurs fonctions, alors qu’ils n’ont commis aucune faute et sont connus par leur moralité. “Certains n’ont pas bénéficié de congé“, a assuré le président de l’ISIE, avant d’ajouter qu’il n’avait intégré aucune personne à part une assistante qui va partir avec lui dès l’achèvement du processus électoral.

Sarsar a en outre indiqué que l’ISIE a découvert que la boite mail de Lamia Zargouni, membre démissionnaire de l’ISIE, a été complètement vidée, ce qui portera atteinte à l’instance, à la confidentialité des données et mettra en danger le processus démocratique. “Comment peut-on après cela garantir une campagne électorale et des tris sans dépassements“, s’est interrogé Sarsar.
Le président de l’ISIE a également tenu à préciser que malgré tout il n’a jamais eu de problèmes avec les lois “mais plutôt avec les principes démocratiques, les droits et les libertés, qui ne signifient rien chez certains“, a-t-il dit.

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La Fondation Craxi a appelé, jeudi 4 mai 2017, à la création d’un fonds d’une valeur de 20 milliards d’euros pour soutenir le processus démocratique tunisien. L’appel a été fait à Rome au cours d’une journée d’étude sur la Tunisie en tant que pays de «l’espoir en Méditerranée», rapporte ce vendredi 5 mai 2017, l’agence de presse italienne AnsaMed.
Selon la même source, le document a déclaré qu’il y avait une responsabilité collective de veiller à ce que cette «révolution démocratique réussisse et prouve que la coopération économique est la meilleure barrière contre l’extrémisme, montrant que la Tunisie est un modèle à suivre en termes de changement social, économique et démocratique pour Toute la région ”. Dans un tel contexte, il a déclaré: «l’objectif du plan de développement 2016-2020 est ambitieux et prévoit un effort massif d’investissements publics et privés et la Tunisie s’appuiera principalement sur ses atouts», les économies nationales étant estimées à 60% des Besoins.
Il a appelé la communauté internationale à soutenir ces efforts avec un fonds d’une valeur de 20 milliards d’euros sur cinq ans et a exhorté les gouvernements italien à soutenir le pays en tant que partenaire associé de l’UE avec un plein accès aux fonds structurels.

L’appel a été présenté en France, selon la présidente de la fondation, Stefania Craxi, et a reçu le soutien de 50 membres du monde politique, culturel et entrepreneurial, a-t-elle déclaré. Ils comprennent Ouided Bouchamaoui, président du syndicat d’entrepreneurs Utica, partie du «Quatuor» qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2015.

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Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, a indiqué que les élections des structures académiques se tiendront au mois de juin prochain.

« 80 % des directeurs seront remplacés au terme de leurs deux mandats », a-t-il précisé lors de son passage, ce mardi 2 mai 2017 sur les ondes d’Express Fm. « Ces élections contribueront au renforcement de la démocratie dans les établissements universitaires. Je tiens à préciser qu’il est important d’exposer des programmes au lieu de s’intéresser aux personnes », a-t-il poursuivi.

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La Révolution a des allures de lendemain qui déchantent pour la plupart des Tunisiens. Les citoyens, impatients, désignent les dirigeants comme les responsables du retard de ces trains qu’on attend tant – développement, emplois, prospérité, fin des disparités régionales, etc. D’ailleurs le dernier sondage est accablant pour le personnel politique, mais encore plus pour l’exécutif tunisien (le président de la République, le chef du gouvernement, les ministres…). Là c’est carrément la descente aux enfers de la cote de popularité, à des niveaux abyssaux, au bout tout de même d’un laps très court à la tête du pays. Mais en ce moment rien ne trouve grâce aux yeux des Tunisiens, qui ont la dent dure avec tout ce qui leur tombe sous le nez, attribuant volontiers leurs malheurs à tout ce qui de près ou de loin peut ressembler à une autorité…

La dernière enquête en date, commandée par le Centre de l’Institut Républicain International (IRI) pour les sondages et réalisée entre le 06 et le 13 décembre 2016, ne déroge pas à la règle : Très mauvais pour le gouvernement. Quand 85% des sondés décrivent la situation économique actuelle comme «mauvaise» ou «très mauvaise» (respectivement 38% et 47%) et que 61% soutiennent que le gouvernement ne met pas en place des politiques en direction de la jeunesse (28% «non» et 33% «pas du tout»), ça ne peut pas être un brevet de satisfecit, quel que soit par ailleurs l’optimisme de la partie qui reçoit cela en pleine figure! Le plus déprimant dans cette affaire pour les bâtisseurs de la nouvelle Tunisie depuis le départ précipité et ahurissant de Ben Ali, même des années après, c’est que les Tunisiens tournent le dos, de plus en plus, aux mirages de la démocratie, avec ses promesses de lendemains qui chantent. Plus que jamais, le label de la démocratie a des apparences de miroir aux alouettes, et les programmes économiques inspirent difficilement autre chose que, au meilleurs des cas, des voeux pieux et des chimères, au pire des balivernes savamment enrobés. C’est cela l’état d’esprit de la majorité des citoyens, à en croire les sondages, une courte majorité, mais majorité quand même. Et puis il faut voir d’où on vient pour saisir la profondeur et l’acuité du désenchantement. En mai 2016, toujours d’après l’enquête de l’IRI, ils étaient seulement 18% à penser que la prospérité est «définitivement plus importante» que la démocratie ; ce chiffre est monté à 50% en décembre 2016! Ils ne sont plus que 48% à préférer la démocratie à toute autre forme de gouvernement. La Révolution a du vague de l’âme… ou le blues, si vous voulez.

Tous à nos rétroviseurs !

L’un des plus grands fossoyeurs du mythe de la Révolution, c’est la corruption, du moins la perception qu’on en a. Cela suffit largement à tailler en pièces les idéaux les plus beaux, et c’est exactement ce qui se passe actuellement en Tunisie. A tort ou à raison, 78% de ceux que l’IRI a sondés sont d’avis que le niveau de la corruption est plus élevé qu’avant la Révolution de 2011, alors que justement un des motifs du soulèvement contre le régime de Ben Ali c’était cette corruption orchestrée par les familles que l’on sait. Pour le Tunisien lambda, rien n’a changé sous le soleil, au contraire les choses auraient empiré, ce qui pousse de plus en plus de personnes à regarder dans le rétroviseur, nostalgiques, pour se dorloter avec ces images du paternalisme rassurant et protecteur de Habib Bourguiba ou la dictature confortable de Ben Ali, dont les horreurs apparaissent presque pour certains comme des caresses au regard de leurs souffrances actuelles. Alors que très peu de choses qui se pratiquaient auparavant forment un citoyen. C’est d’ailleurs l’un des drames de la Tunisie en ce moment : Il n’y a pas assez de citoyens, au sens où on l’entend en Occident, c’est-à-dire des personnes qui peuvent jouir, de manière responsable, de la liberté et des droits que confère la démocratie, et de la prospérité qu’offre une économie développée. Eh oui, ce n’est pas un scoop, on peut avoir la démocratie et la prospérité. Pourquoi les Occidentaux y ont droit et nous non ?!

Hélas, assaillis par les ratés de la Révolution, tout à fait normaux pour une si jeune démocratie, de plus en plus de citoyens barricadent leurs esprits et sont obsédés par le paradis perdu il y a 6 ans, un fameux 14 janvier. On ne peut pas construire un pays avec un tel état d’esprit, même avec toute la bonne volonté du monde des gouvernants. Impossible de parler à certains, de plus en plus nombreux, du sacrifice des Japonnais après le largage des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki (06 et 09 août 1945). Sacrifice ultime pour des millions de Japonais qui travaillaient nuit et jour, avec un seul bol de riz par jour, en se sachant voués à une mort certaine et prématurée avec toutes ces radiations radioactives, mais avec pour seul point de mire le bonheur des générations futures. Impossible d’évoquer les efforts surhumains des Allemands pour reconstruire leur pays après sa destruction totale par les Russes et les Américains, mettant fin à la deuxième guerre mondiale. Idem pour les Français, après l’occupation allemande qui a mis le pays à genoux. Pareil pour les Anglais, dont la terre a été copieusement arrosée par un déluge de bombes lâchées par plus de 3000 avions de combat allemands, etc. Tous ces peuples n’ont renoncé à rien. Ni à la démocratie, ni à la démocratie. Si on part du principe que la race humaine est une et indivisible, et que les différences ne sont que culturelles, et non naturelles ou génétiques, alors il faut avoir les mêmes exigences que ceux à qui on tend la main pour nous sortir du sous-développement. Mais ça se travaille, il faut aller au charbon pour cela, accepter d’en baver, patienter, dans la durée. Mais ce discours est de moins en moins audible pour beaucoup de Tunisiens, adeptes du tout tout de suite, sans efforts ni sacrifices. Dommage. Et surtout destructeur…

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Une enquête, commandée par le Centre de l’Institut Républicain International (IRI) pour les sondages et publiée hier mardi 17 janvier 2017 sur son site Web, indique que les Tunisiens restent très insatisfaits par rapport à l’économie. Il y a également une corrélation évidente entre le rendement économique et la persistance de la corruption.

«Faisant le lien avec notre sondage précédent, la frustration par rapport à l’économie et la perception d’une corruption rampante demeurent des défis majeurs pour le nouveau gouvernement», a déclaré Scott Mastic, le directeur régional pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à l’IRI. «Le pays marque le sixième anniversaire de sa révolution démocratique, le gouvernement se doit de reconnaître qu’un progrès continu dépend de sa capacité à faire des réformes économiques et anti-corruption significatives.»

85% des interviewés décrivent la situation économique actuelle comme «mauvaise» ou «très mauvaise» (respectivement 38% et 47%). 32% pensent que l’emploi devrait être la première priorité, et 66% suggèrent que l’emploi devrait être la première priorité par rapport aux jeunes Tunisiens. Alors qu’un ensemble de 61% croient que le gouvernement ne promeut pas de politiques en faveur de la jeunesse (28% «non» et 33% «pas du tout»). Cette problématique suppose qu’une grande importance lui soit donnée, vu la vulnérabilité de ce segment démographique face à l’extrémisme violent.

La corruption émerge comme étant un problème persistant, avec 78% déclarant que le niveau de la corruption est plus haut qu’avant la révolution de 2011. Alors que 48% des interviewés préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernement, le nombre d’interviewés qui estiment que la prospérité est «définitivement plus importante» que la démocratie a grimpé de 18% en mai 2016 à 50% en décembre 2016 !

Le sondage a été fait, pour le compte de l’IRI, par la société tunisienne ELKA Consulting, sous la supervision de Chesapeake Beach Consulting. Les données ont été collectées du 6 au 13 décembre 2016 moyennant des interviews en face à face et en arabe à partir d’un échantillon de 1222 Tunisiens âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur étant de plus ou moins 2,87% au milieu de gamme de niveau de confiance de 95%. Les interviewés ont été sélectionnés selon une stratification en multi-étapes proportionnellement à la distribution de la population dans l’échantillon. Les chiffres indiqués dans les graphs et des tableaux peuvent ne pas faire la somme de 100% en raison de l’arrondissement.

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“La démocratie en terre d’islam”. “Une révolution en pays d’islam”. Les intitulés des deux ouvrages se ressemblent beaucoup. Le premier est un livre-entretien signé par le président de la République, Béji Caid Essebsi (BCE) et la journaliste française Arlette Chabot. Le second a été écrit par le célèbre constitutionnaliste Yadh Ben Achour. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là, il y a aussi la chronologie des deux ouvrages : Le premier a été publié le 1er décembre 2016, le deuxième est sorti le même mois. Et puis il y a, plus troublant et plus important encore, la similitude entre l’objet de ces deux livres, ou plus précisément les sujets traités : La Tunisie, où se joue depuis 5 ans une expérience inédite aux développements incertains, entre les fulgurances de la démocratie et l’inamovibilité de la tradition islamique. D’autres auraient dit un cocktail détonant, ou à tout le moins un attelage hétéroclite. Mais les deux témoins de leur temps, et non moins acteurs – BCE affiche 90 printemps au compteur et Ben Achour 71 ans –  n’ont pas reculé devant la difficulté et ont tenté de cerner la trajectoire d’une Tunisie turbulente, agitée, rebelle, réfractaire, malade à certains égards, mais partie pour un périple dont ses fils et filles attendent le meilleur, même si rien n’est acquis, loin de là…

Si les deux hommes ont tenu à mettre en relief la dimension Islam, c’est parce que la cohabitation entre la religion et le virage démocratique ne va pas de soi, elle est à construire, à tous les instants. Mais entendons-nous bien : ce ne sont pas les principes fondamentaux des deux notions qui posent problème, de ce point de vue il n’y a rien d’antinomique, c’est plutôt la compréhension qu’on en a qui est génératrice de tensions, jusqu’à des drames épouvantables pouvant fissurer l’unité nationale. Le débat actuel sur le retour des djihadistes l’illustre parfaitement. Ces personnes, qui ont, et c’est le moins qu’on puisse dire, une autre lecture des préceptes de l’Islam, devront pourtant être appréhendées, jugées et punies au besoin par une société qui n’est plus la même depuis le 14 janvier 2014. Le fait est que la Tunisie a fait des pas importants dans l’Etat de droit, corollaire de l’expérience démocratique à laquelle elle s’essaye, du moins selon le texte fondamental – la Constitution – qui régit désormais le pays. Même si dans la pratique, c’est tout autre chose. Mais ça ce n’est pas l’objet de notre propos présentement. Nous nous bornons à dire que les djihadistes qui vont bientôt frapper à la porte de la Tunisie ne manqueront pas, eux aussi – eh oui, même eux, d’ailleurs ils le font si bien en Occident ! – de revendiquer leur droit à être jugés selon les canons de l’Etat de droit, de la démocratie, des notions qu’ils combattent par ailleurs, par les armes, quand cela sert leurs intérêts idéologiques inacceptables pour le commun des mortels. Certes ni BCE, ni Ben Achour n’évoquent cette question, car elle n’était pas aussi prégnante il y a quelques semaines, mais nous nous devons d’interroger leurs oeuvres à l’aune de ces sujets devenus brûlants.

Deux regards acérés

Du livre du président de la République nous avons appris la difficulté de tenir les rênes d’un pays en proie au doute, pris par la fièvre du changement dont on ne sait d’ailleurs sur quoi il va débucher, si on est sincère une seconde. Ce qu’on sait c’est que le pays qu’on lui a confié le 27 février 2011 suite au départ précipité de Ben Ali n’a rien à voir avec la Tunisie de 2017 qu’il observe par le truchement de sa fonction de chef de l’Etat. Les choses ont changé depuis, et l’agitation autour des excités partis guerroyer en Syrie et en Irak n’est qu’une manifestation de ces mutations parmi d’autres, pour le meilleur et pour le pire. Le fait que BCE ait été aussi intraitable et aussi dur dans son livre avec son compagnon et complice de circonstance, Rached Ghannouchi et son mouvement, Ennahdha, démontre, si besoin en est, que les gouvernants sont sous pression du fait justement des nombreuses batailles à livrer, dont celle d’une cohabitation harmonieuse entre Islam et démocratie. Même Essebsi, qu’on n’attendait pas sur ce terrain là, a disputé à Ghannouchi la maitrise des textes sacrés de manière à obtenir son quitus pour s’autoriser à s’exprimer sur la délicate question de la place de l’Islam dans cette société toute nouvelle que les Tunisiens sont en train de bâtir. L’affaire est d’importance !

Le professeur Yadh Ben Achour, qui avait une vue imprenable sur les enjeux dans le pays quand il pilotait en 2011 la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, a lui aussi effleuré la problématique, mais a préféré s’appesantir sur les «conditions politiques et éthiques qui définissent une révolution », un moment historique qu’il qualifie d'”à part, ni disproportionnée ni davantage insensée, une révolution habile, ajustée, et comme sur mesure», même s’il en souligne tous les ratés, les incohérences, les paradoxes, les reniements.

Pour le constitutionnaliste, l’essentiel est ailleurs : Il faut «restituer l’événement, rétablir la révolution en tant que telle d’autant qu’elle est sans précédents dans l’histoire et de souligner son caractère particulier et sa singularité ainsi que la force du droit qui a prévalu». S’il dit ça c’est parce que justement, au regard des soubresauts actuellement dans le pays, personne n’est capable de déterminer l’issue de cette expérience inédite. Les craintes pour cette jeune démocratie sont là, bien réelles, les dangers aussi, et l’auteur ne s’en cache pas, il aurait d’ailleurs tort, mais il a la certitude que «les pages glorieuses qui ont été écrites au cours de son jaillissement et de son déroulement ne seront jamais tournées». Sur ce point nous sommes beaucoup moins formels, au regard d’un passé plus lointain – la restauration, ou le tour de vis, de Napoléon après la flamboyante révolution française de 1789 – ou ce qui se passe actuellement en Turquie, une démocratie ternie par les dérives autocrates de l’inarrêtable Erdogan. Rien n’est jamais acquis, hélas…

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ElKebir Alaoui, représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a déclaré ce jeudi 8 décembre 2016 que la Tunisie est capable d’attirer des investisseurs, mais aussi de relever les grands défis.

Lors du démarrage du congrès national sur la lutte contre la corruption, le responsable a assuré que les Nations Unies sont heureuses d’accompagner la Tunisie dans les différents chantiers entamés dont notamment le chantier de la démocratisation et celui de la lutte contre la corruption.

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Le président de l’assemblée nationale constituante

Le secrétaire général du parti Ettakatol et président de l’ancienne ANC, Mustapha Ben Jaâfer a déclaré que la classe politique actuellement au pouvoir n’est pas démocratique.

Lors de son passage ce lundi 3 octobre 2016 sur Shems Fm, Ben Jaâfer a déclaré que la démocratie est une culture et pas seulement des élections qui ne sont qu’un mécanisme parmi d’autres. “Ceux actuellement au pouvoir n’ont pas une culture démocratique”.

Ben Jaâfer a dans le même cadre indiqué que la démocratie impose le respect des résultats des élections notamment dans le contexte actuel du pays.

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« L’important pour moi,  c’est moins les postes que de voir la démocratie se consolider en Tunisie où règneront la sécurité et la stabilité, où la justice sociale s’améliore,  les régions défavorisées s’arroger leur part des richesses, les jeunes reprendre espoir dans l’avenir et  l’économie décoller », a déclaré le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi dans une interview fleuve au site «  Huffington  Post », en arabe, en réponse à la question de savoir s’il a l’intention de  quitter le leadership du parti islamiste et de se retirer de la politique.

En revanche, il a été beaucoup plus explicite sur la séparation entre la vocation politique et celle de l’apostolat, expliquant que « telle est l’orientation générale et l’évolution à laquelle nous aspirons », précisant que le parti s’attachera à vaquer aux affaires politiques et à présenter des programmes pour l’exercice du pouvoir, alors qu’une séparation sera opérée concernant les autres volets  dont la place est la société civile.

Au demeurant, il a écarté toute éventualité de laïcisation du mouvement Ennahdha, soulignant que « les valeurs sur lesquelles se fondent notre action politique seront celles-là mêmes consacrées par la Constitution et qui ressortissent au référentiel islamique et moderniste, notant encore que la Constitution tunisienne n’est pas une Constitution laïque, mettant l’accent dans son article premier sur l’islamité de l’Etat.

Interrogé si « les temps ne sont pas venus pour Ennahdha de proclamer sa scission vis-à-vis du mouvement des Frères musulmans », Rached Ghannouchi, a affirmé que « Ennahdha est un parti tunisien dont les décisions sont indépendantes et prises par ses institutions internes sans l’intervention de quiconque quel qu’il soit ».

Il a assuré qu’ « il n’y a pas de pensée nahdhaouie extrémiste ; Ennahdha est un grand mouvement varié où cohabitent des points de vue différents  comme c’est le cas dans un grand parti politique », ajoutant que « tous les membres d’Ennahdha se reconnaissent dans certains principes dont le plus important est la croyance que l’islam et la démocratie ne sont pas irréconciliables, outre le rejet de la violence en tant  que moyen d’action politique et l’adoption de la démocratie dans la résolution des divergences ».

Terrorisme : Ghannouchi s’explique !

« Les terroristes tentent de démolir l’unité nationale et diviser la société tunisienne entre musulmans et incroyants », a-t-il dit en réponse aux accusations lui prêtant des sympathies envers les courants qui lui rappellent sa jeunesse. « Nous ne pourrons défaire le terrorisme qu’en resserrant les rangs de la Nation », a-t-il affirmé, qualifiant d’ « immorales et inadmissibles » les accusations lancées par des adversaires politiques. Il a rappelé qu’il avait dialogué avec quelques jeunes appartenant au courant salafiste en 2012, uniquement, a-t-il précisé, pour les convaincre que la Révolution a apporté la liberté pour tous dans l’exercice de l’action politique et de celle de la société civile dans le strict respect de la loi, et aussi pour les mettre en garde contre les atteintes à la loi et à l’Etat, selon ses dires.

Concernant les problèmes auxquels la Tunisie est en train de faire face, Rached Ghannouchi a estimé qu’ils étaient prévisibles dans un pays au sortir d’une révolution avec un Etat affaibli et l’explosion des attentes et des espoirs des citoyens qui font pour la première fois l’apprentissage de la liberté.

« Les dysfonctionnements structurels nécessitent de grandes réformes et surtout un nouveau modèle de développement alliant le souci d’encourager l’initiative privée et le démantèlement des obstacles auxquels elle se heurte, et dans le même temps le  souci d’instaurer la discrimination positive entre les régions pour accorder à celles déshérités le droit à accéder aux richesses », a préconisé le chef du mouvement Ennahdha.

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L’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections annonce  que la Tunisie occupe le 57ème rang mondial en 2015 dans un classement répertoriant 167 pays mesurant l’état de la démocratie dans le monde. Ce classement a été obtenu suite à l’étude relative à l’année 2015 menée par l’« Economist Intelligence Unit » du magazine The Economist.  Ce classement maintient la Tunisie en tête des pays arabes quant au critère de démocratie, et ce depuis l’avènement de la publication de ces rapports annuels par le magazine.

L’étude en question s’est référée à l’analyse de cinq indicateurs, à savoir processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation électoraleet culture politique. La Tunisie s’approche d’une notation de 7/10 selon le barème évaluant ces 5 indicateurs, rappelant notamment une note très appréciable attribuée à l’opération électorale ainsi qu’à la participation électorale ce qui lui a permis de se hisser du 70ème rang en 2014 au 57ème rang en 2015.

Des pays avancés sur le plan démocratique tels que les pays scandinaves ont bénéficié des meilleurs classements, l’Italie et la France ayant occupé respectivement les 21ème et 27ème rangs. Le rapport dans sa version intégrale est téléchargeable sur le site de l’Instance : www.isie.tn

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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