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Le Ministre des relations extérieures du Cameroun, Lejeune Mbella Mbella, a assuré jeudi que « la consolidation de la culture démocratique au Cameroun est un processus inéluctable, malgré les défis sécuritaires » auxquels le pays fait face.

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, M. Mbella a affirmé que son pays avait procédé au perfectionnement de son système électoral, d’une part par le renforcement des mécanismes d’organisation des élections, d’autre part par des mesures visant à assurer une participation élevée aux prochains scrutins, dont le plus proche est l’élection présidentielle prévue pour le 7 octobre de cette année.

Le ministre a également affirmé que grâce à des efforts coordonnés avec les pays voisins du Bassin du lac Tchad, « la capacité de nuisance de la secte terroriste Boko Haram a été considérablement réduite, même s’il faut rester mobilisé jusqu’à son éradication totale ».

Le ministre a par ailleurs assuré que le gouvernement camerounais restait déterminé à « stabiliser la situation socio-politique dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays. Il a caractérisé les troubles récemment observés dans ces régions comme provenant de revendications corporatistes de syndicats d’enseignants et d’avocats.

« Malheureusement, a-t-il ajouté, des individus sans foi ni loi ont cru devoir transformer ces préoccupations socioprofessionnelles en revendications sécessionnistes, visant la désintégration de l’Etat ». Il a assuré que le gouvernement s’employait à restaurer paix et sécurité dans ces régions « dans le respect des droits de l’homme et des lois » et était déterminé à « garantir aussi bien la sécurité des personnes et des biens que l’unité et l’intégrité du territoire national ».

M. Mbella a par ailleurs exalté le multilatéralisme comme étant « la voie la plus appropriée pour répondre aux défis auxquels l’humanité fait face aujourd’hui ». Il a estimé que le rôle et l’avenir de l’ONU restaient « tributaires de la volonté des Etats membres de raffermir sa légitimité, sa démocratisation et sa représentativité ».

Cela passe par les réformes de ses organes, au rang desquels le Conseil de sécurité, a-t-il dit, ajoutant que l’on ne pouvait envisager « la pérennisation de la marginalisation de l’Afrique, qui demeure le seul continent à ne pas disposer d’un siège permanent au sein du principal organe chargé de la paix et de la sécurité internationales ».

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La démocratie en Tunisie est menacée et le retour à la case départ est très possible“, a lancé vendredi le président de l’Instance Nationale de Lutte contre la Corruption (INLUCC), Chawki Tabib. Selon lui, les lobbys de corruption en Tunisie sont très forts en termes d’argent, ce qui leur permet de menacer le système démocratique.

Tabib s’exprimait à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Démocratie (JID) en Tunisie organisée par la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES).
Tabib a estimé que les lobbys de corruption ont tiré profit de la faiblesse de l’Etat dans certains secteurs notamment sécuritaire et judiciaire. “Cette faiblesse leur a également permis d’investir certains établissements de l’Etat, voire acheter ou se cacher derrière certains médias et partis politiques“, a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : “les lobbys de corruption sont conscients que la corruption ne peut pas exister dans un environnement démocratique, des médias et une magistrature libres et transparents“. Selon lui, le système de corruption a favorisé, en outre, l’existence de députés, de magistrats et de responsables au sein des institutions de l’Etat corrompus et bénéficiant de promotions.

Pour le président de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle, Nouri Lajmi, le paysage médiatique tunisien souffre de plusieurs lacunes qui freinent la mise en place d’un système démocratique dont notamment l’absence de l’autorégulation et de l’autocritique.
Lajmi a, par ailleurs, appelé les journalistes et les propriétaires des médias à fournir plus d’efforts. “Ils doivent être conscients de leur responsabilité vis-à-vis de la société tunisienne surtout en cette période de mise en place du système démocratique“, a-t-il martelé.

Malgré les acquis de la Révolution tunisienne, le processus démocratique a encore besoin d’être consolidé pour éviter le retour à la dictature dont notamment la mise en place de la Cour constitutionnelle, le développement économique, la stabilité sociale et la lutte contre la corruption, a souligné, pour sa part, le ministre des Affaires locales et de l’environnement Riadh Mouakher.
Nous avons besoin de mesures préventives et de réformes structurelles pour empêcher la propagation de la corruption“, a-t-il ajouté, relevant que la Tunisie a franchi un grand pas dans ce sens à travers l’adoption des lois nécessaires dont notamment la loi de l’accès à l’information, la loi sur la protection des lanceurs d’alerte ainsi que le développement des systèmes informatiques pour les procédures administratives.

Le citoyen a fait preuve de sa détermination à construire une démocratie en Tunisie et ceci s’est traduit par l’adoption de la Constitution de la deuxième République qui comporte tous les principes relatifs à la démocratie et qui stipule, outre le principe de la décentralisation, la création des instances indépendantes et constitutionnelles pour renforcer la démocratie dont notamment l’Instance électorale (ISIE), la Haute Instance Indépendante de la Communication Audiovisuelles (HAICA)“.

Le programme de la célébration se déroulera sur 4 jours où des séances thématiques de débats, des dialogues et des réflexions auront lieu en collaboration avec des associations nationales partenaires sur des sujets qui concernent les fondements démocratiques, a indiqué Ahmed Boulaares, chargé des médias à la Fondation internationale pour les systèmes électoraux. Selon lui, plus de trente manifestations auront lieu dans 16 gouvernorats en Tunisie durant les deux prochaines semaines.
Ont assisté à la séance inaugurale, le ministre des Affaires locales et de l’environnement, Riadh Mouakher, les présidents de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Election (ISIE), Tlili Mansri, de la HAICA, Nouri Lajmi et de l’INLUCC, Chawki Tabib, en plus des représentants de la société civile, de la sphère médiatique et des institutions nationales.

TAP

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L’Institut One To One a rendu publics, ce lundi 3 septembre 2018, les résultats de l’Afrobaromètre sur la Démocratie en Tunisie, un sondage réalisé durant la période du 1er avril au 5 mai 2018, sur un échantillon de 1200 personnes réparties sur les 24 gouvernorats. Il en ressort en effet que 29% des personnes sondées considèrent que la Tunisie est un pays non démocratique contre seulement 14% en 2015, et 6 sur 10 considèrent la Tunisie comme un “pays non démocratique” ou bien “un pays démocratique qui fait face à des problèmes structurels“. De plus, 51% des interrogés ont déclaré qu’ils sont ou bien “insatisfaits” ou bien “totalement insatisfaits” de la démocratie en Tunisie.

Le sondage a en outre révélé une forte baisse au niveau du nombre des Tunisiens qui préfèrent la démocratie aux autres régimes, passant ainsi de 71% en 2013 à 46% en 2018.

Par ailleurs, 57% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles “ne s’intéressent pas du tout” ou “ne sont pas intéressés” par les élections, bien que 64% soient en faveur d’élections transparentes et équitables.

Rafik Halouani, coordinateur général du réseau «Mourakiboun», a qualifié de “fou” celui qui croit en la démocratie en Tunisie, soulignant que le citoyen a fortement désiré la démocratie mais en réalité rien n’a été réalisé, selon ses dires.

ll a étayé ses propos par l’absence de développement et de progrès dans le pays. “Pas de progrès en Tunisie (…) la situation est catastrophique à tous les niveaux (…)“, a-t-il asséné.

Il a en outre indiqué que les Tunisiens ne font pas confiance aux élections parce qu’ils les considéraient comme un moyen de changer le cours des choses, alors qu’à l’arrivée rien n’a bougé pour eux. Il a rappelé le taux de participation trais faible aux élections législatives. “Cela témoigne de l’échec de l’ISIE et du pays en général à convaincre les gens pour participer aux élections (…) ils ont réussi à écarter les citoyens de l’affaire publique où point que le Tunisien se fout même de la personne qui va gouverner le pays“, a-t-il dit.

Toujours, selon One to one, 57% des citoyens n’étaient pas intéressés par les élections municipales et 84% n’avaient aucune information à propos de cette échéance.
Les mêmes résultats ont révélé une baisse de confiance en l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) puisqu’en 2015, trois personnes sur dix avaient déclaré avoir totalement confiance en l’ISIE alors qu’en 2018 ce taux est d’à peine 16%.

Les résultats du sondage ont également montré que 29% des Tunisiens approuvent l’idée que le régime de gouvernance soit inspiré de l’islam, 26% trouvent qu’il serait préférable que les hommes religieux puissent occuper des postes publics dans l’Etat et 25% considèrent que la démocratie est contradictoire avec les principes de l’islam.

Selon le même sondage, 22% des interviewés pensent que dans un pays musulman, les non musulmans doivent bénéficier de moins de droits politiques et 54% des Tunisiens préfèrent que le pays soit gouverné par les lois civiles.

58% des Tunisiens soutiennent la redevabilité du gouvernement alors que seulement 41% approuvent le pluralisme politique.
Evoquant les trois premiers problèmes auxquels est confronté le pays, les personnes interviewées ont cité en premier lieu la gestion de l’économie, à 58%, le chômage en second lieu à 37% et la corruption en troisième lieu avec 22%.

Sur la question de l’économie, 79% des Tunisiens estiment que le pays est sur la mauvaise voie et 72% qualifient la situation économique de mauvaise ou de très mauvaise.

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Rafik Halouani, coordinateur général du réseau «Mourakiboun», a qualifié de “fou” celui qui croit en la démocratie en Tunisie, soulignant que le citoyen a fortement désiré la démocratie mais en réalité rien n’a été réalisé, selon ses dires.

Présent lors d’une rencontre qui se tient actuellement à Tunis sur les résultats de l’Afrobaromètre sur la Démocratie en Tunisie élaboré par l’institut “One to One”, il a étayé ses propos par l’absence de développement et de progrès dans le pays. “Pas de progrès en Tunisie (…) la situation est catastrophique à tous les niveaux (…)“, a-t-il asséné.

Il a en outre indiqué que les Tunisiens ne font pas confiance aux élections parce qu’ils les considéraient comme un moyen de changer le cours des choses, alors qu’à l’arrivée rien n’a bougé pour eux. Il a rappelé le taux de participation trais faible aux élections législatives. “Cela témoigne de l’échec de l’ISIE et du pays en général à convaincre les gens pour participer aux élections (…) ils ont réussi à écarter les citoyens de l’affaire publique où point que le Tunisien se fout même de la personne qui va gouverner le pays“, a-t-il dit.

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Un panel sur la Tunisie a été organisé, mardi 26 juin 2018, au siège de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) à Bruxelles, en Belgique, à l’occasion d’un “Policy Lunch” auquel a participé le président de l’Union tunisienne de l’industrie et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul.
Tenu conjointement par la BERD avec la Commission Européenne, cette rencontre a permis notamment d’avoir un échange franc sur les priorités des réformes et les opportunités d’investissement en Tunisie, a indiqué l’UTICA, dans un communiqué, publié mercredi.
La même source a indiqué que Majoul a donné un bref aperçu sur la trajectoire politique et économique de la Tunisie depuis 2011, de l’adoption de sa nouvelle Constitution à l’organisation de plusieurs élections démocratiques, libres et transparentes en passant par sa lutte continue contre le terrorisme.

Le président de l’UTICA a mis en relief la résilience de l’économie nationale malgré les difficultés et ce, grâce notamment à la dynamique du secteur privé qui a été toujours présent durant toutes ces dernières années post-révolution, présentant les atouts économiques de la Tunisie qui dispose toujours, a-t-il dit, d’une économie compétitive favorable aux IDE, grâce notamment à sa position géostratégique et son ouverture sur l’extérieur, à une législation incitative et à une main d’œuvre qualifiée.
Abordant le volet des reformes, il a souligné qu’il reste encore des réformes économiques structurelles à mettre en œuvre, notamment celles relatives à la réforme des Caisses Sociales, de l’Administration, du Système de Compensation, des Entreprises Publiques, de la Fiscalité, du Système Bancaire et de la réglementation de Change.

Le président de la Centrale patronale a ensuite présenté les propositions de l’UTICA pour surmonter la crise économique que traverse le pays. Il a, à ce propos, souhaité notamment la mise en place d’un environnement économique et social adéquat, d’une fiscalité de croissance et d’une infrastructure portuaire compétitive.
Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de lutter sans limites contre l’économie informelle et mis en relief l’importance d’une concertation sans faille entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux.
Le président de l’UTICA a conclu sa présentation en affirmant que la Tunisie est certes un petit pays avec peu de ressources naturelles, mais qui a bâti toute sa réputation sur le savoir, la culture et l’émancipation de la femme.

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La Tunisie a pris le chemin âpre et tortueux de la démocratie un fameux 14 janvier 2011, après des décennies sous la chape de plomb. Depuis le pays vogue, comme il peut, entre instabilité politique, difficultés économiques et agitation sociale, sans aucune garantie d’éclaircie à court ou même à moyen terme. Quant aux droits de l’Homme et à l’État de droit, les choses paraissent aussi compliquées, à en croire le rapport 2017/2018 d’Amnesty international. L’ONG a listé les écarts dans ce domaine, entre persistance des dérives du passé et sorties de route liées aux circonstances très particulières de la transition politique en cours. Pour les chantres de la démocratie, ceux qui pensent qu’on y est déjà, dopés par cette Constitution qu’on a voulu la “meilleure du monde”, la conclusion d’Amnesty est sans appel : La Tunisie est très loin du compte…

Dans ce document publié jeudi 23 février 2018, Amnesty international relève que les autorités tunisiennes ont continué à renouveler
l’état d’urgence et l’ont utilisé pour justifier des restrictions arbitraires au droit de circuler librement. “Les autorités ont renouvelé l’état d’urgence dans l’ensemble du pays à cinq reprises dans l’année, pour des périodes allant d’un à trois mois“, précise le rapport.
Pour l’ONG, la torture et la maltraitance persistent en Tunisie dans l’impunité totale, faisant observer que le travail de l’Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT), créée en 2013, a encore été freiné par le manque de coopération du ministère de l’Intérieur et de soutien financier de la part du gouvernement.
Sur un autre plan, l’organisation regrette que la loi tunisienne érige en infractions les relations sexuelles librement consenties entre
personnes du même sexe.
En septembre dernier, ajoute l’organisation dans le même ordre d’idées, la Tunisie a accepté une recommandation émise dans le cadre de l’EPU (mécanisme du Conseil des droits de l’homme) lui demandant de mettre un terme aux examens anaux.

Abordant la pénurie d’eau qui “s’aggrave” dans le pays, Amnesty indique que le gouvernement tunisien avait déclaré ne pas avoir de stratégie garantissant un accès équitable à cette ressource. Selon l’organisation, les pénuries d’eau survenues ces dernières années ont eu des incidences disproportionnées sur la distribution d’eau, entraînant notamment des coupures d’eau répétées dans des régions marginalisées, ce qui a provoqué localement des manifestations pendant toute l’année 2017.

En ce qui concerne la Justice transitionnelle, Amnesty International constate qu’aucune avancée n’a été obtenue quant à l’adoption d’un protocole d’accord entre l’Instance Vérité et Dignité (IVD), et le ministère de la Justice pour permettre le renvoi des affaires
devant des chambres spécialisées. Plusieurs organes gouvernementaux, dont les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice, n’avaient toujours pas fourni à l’IVD les informations demandées pour ses enquêtes.

Au sujet de la peine de mort, l’organisation fait observer que les tribunaux ont prononcé au moins 25 condamnations à mort à l’issue de procès concernant des affaires en lien avec la sécurité nationale. Et d’ajouter que les avocats des personnes condamnées ont fait appel et qu’aucune exécution n’a eu lieu dans le pays depuis 1991.

Sur les droits des femmes, Amnesty International met en avant les avancées accomplies, notamment dans le domaine juridique. Elle rappelle l’adoption en juillet dernier par le Parlement de la loi relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui apporte plusieurs garanties pour la protection des femmes et des filles contre la violence liée au genre.
L’organisation se félicite aussi de l’abrogation de l’article 227 bis du Code pénal, qui permettait aux hommes accusés de viol sur une jeune fille de moins de 20 ans d’échapper aux poursuites en épousant la victime.
Amnesty relève toutefois que lors d’un remaniement ministériel en septembre dernier, le nombre de femmes ministres a
diminué, passant de quatre à trois sur 28 ministères, ce qui a aggravé la sous représentation des femmes au sein du gouvernement.

Amnesty International a salué l’action menée par la société civile tunisienne pour bloquer un projet de loi consacrant l’impunité des forces de l’ordre, à travers l’incrimination de toute forme de critique adressée à la police.

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Cette question tout le monde a le droit de se la poser. D’abord parce que si on est vraiment dans cette démocratie qu’on claironne sur les toits, il est sain de la poser, tout le temps, ne serait-ce que pour tester en permanence les limites de cet état de grâce depuis le départ précipité de Ben Ali et s’assurer que les acquis resteront gravés sur le marbre. La deuxième raison, un peu plus objective on va dire, c’est que dans la même journée où cette démocratie est copieusement encensée par le président français, Emmanuel Macron et le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, des organisations – une nationale et une internationale, et c’est déjà beaucoup ! -, s’en plaignent. Troublant, non ? Alors au lieu de balayer d’un revers de la main les récriminations et griefs du Syndicat général de l’information et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), il faut plutôt aller voir ce qui est y précisément reproché aux autorités, histoire de s’assurer qu’on ne passe pas à côté de dérives qui pourraient éroder les fondements démocratiques qui restent, tout de même, très frêles, en vertu justement de leur très jeune âge…

Le Syndicat général de l’information s’est dit, jeudi 1e février 2018, profondément indigné de la multiplication des “attaques” menées par les syndicats de la police contre le secteur de l’information, réaffirmant son soutien absolu à tous les mouvements envisagés par les professionnels des médias pour défendre la profession et la liberté d’information.

La préservation de la liberté d’expression et d’information passe impérativement par la mise en place d’une loi qui protège les professionnels des médias pendant l’exercice de leurs missions et qui interdit toute forme d’agression et de provocation à l’encontre des journalistes“, a souligné le Syndicat dans un communiqué.

Tout en mettant en garde contre de tels agissements sur le processus démocratique, le Syndicat général de l’information a mis l’accent sur l’importance des défis auxquels fait face le secteur de l’information.
Le secteur de l’information a d’autres défis plus importants à relever, à l’instar des lois régissant le secteur et le dossier des journalistes précaires“, a-t-il dit.

Il est temps de faire de ces dossiers une priorité et de militer pour les défendre“, a-t-il lancé.

Dans la même journée, alors que Macron et Chahed “frimaient” au Palais des congrès de Tunis, le vice-président de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Mokhtar Trifi, a appelé le gouvernement tunisien à œuvrer davantage en vue de garantir la protection sanitaire et psychologique aux victimes de violences.
S’exprimant lors d’une journée d’information organisée ce jeudi à Tunis, par le ministère des Affaires sociales sur “le projet d’appui à la justice transitionnelle et l’accès à la justice pour les victimes de violences et de grandes violations des droits de l’homme“, Trifi a souligné que le gouvernement est tenu à honorer ses engagements ayant trait à l’aspect juridique et ce en mettant un terme à l’impunité dans les affaires de grandes violation des droits de l’homme.

L’Etat, a-t-il ajouté, doit s’engager pleinement à éliminer toutes les formes de violations commises à l’encontre des victimes de violences, les femmes en particulier, indiquant que le respect des conventions internationales exige la conjugaison des efforts de tous les ministères et organisations de la société civile afin de venir en aide aux victimes.

L’orateur a annoncé que l’OMCT envisage de présenter, le 15 février 2018, le rapport “SANAD” d’assistance directe aux victimes de torture et de mauvais traitements, rappelant que l’OMCT dispose de deux centres d’assistance à ces victimes à Sidi Bouzid et au Kef.

De son côté, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a souligné le souci de son département d’appliquer toutes les conventions et textes juridiques garantissant les droits des femmes, victimes de violences.

Le ministère des affaires sociales, a-t-il dit, est disposé à coopérer avec les organisations de la société civile pour garantir le maximum d’assistance aux femmes victimes de violence et sans appui.
Le ministère des Affaires sociales a, à cette occasion, conclu un mémorandum d’entente avec l’association “Beity” en vertu duquel les femmes, victimes de discrimination et de violence fondée sur le genre et l’exclusion socioéconomique, peuvent bénéficier d’un certain nombre de services essentiels.
Le document prévoit, également, de renforcer la coopération entre les deux parties à travers la création d’instances communes de prises de décisions et de réflexion stratégique, outre le renforcement des aptitudes des intervenants sociaux afin de permettre aux femmes et jeunes filles, victimes de violence de bénéficier de l’assistance et de l’accompagnement nécessaires.

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Fruits d’une collaboration tuniso-européenne, cinq projets de promotion de la démocratie et de consécration des droits de l’Homme en Tunisie ont été lancés jeudi à Tunis.
Présentés lors d’une cérémonie organisée à Tunis en présence du chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Tunisie, Patrice Bergamini, ces projets s’inscrivent dans le cadre de la promotion des réformes démocratiques et de la consécration des droits de l’Homme en Tunisie.

Engageant plusieurs composantes de la société civile tunisienne, ces projets devront mobiliser une enveloppe de 2 millions d’euros, selon la chargée des projets auprès de la délégation européenne, Maria Casado.
“Ils seront financés à hauteur de 80% par l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (IEDDH), alors que les parties bénéficiaires porteurs des projets, à savoir les organisations partenaires, devront apporter un financement de 5%”, a-t-elle encore précisé.
D’après Casado, la mise en œuvre de ces projets s’étalera sur une durée de 2 à 3 ans.
Envisagés sur la base d’un appel à propositions lancé en février 2017 par la Délégation de l’Union Européenne (UE), les deux premiers projets portent sur les droits de l’enfant et la lutte contre la discrimination, alors que les trois autres portent sur l’accompagnement des processus électoraux et de la transition démocratique engagée par la Tunisie, a expliqué Maria Casado.

Baptisé ” Déconstruire la violence par l’Art “, le premier projet a été lancé par l’association ” L’art rue ” et a pour finalité première de contribuer à la promotion et à la défense des droits de l’enfant.
Il s’agit de protéger cette catégorie sociale contre toute forme de maltraitance et de violence et d’envisager des mesures préventives à cet effet.

Initié par Minority Rights group International (MRG), le deuxième projet porte sur le renforcement des capacités de la société civile tunisienne en matière de lutte contre la discrimination.
Ce projet dont la mise en ouvre s’étalera sur 36 mois, vise à développer les compétences et les connaissances de la société civile pour mieux identifier, documenter, suivre, analyser et dénoncer les cas de discrimination fondés sur la race, la nationalité ou l’orientation sexuelle.

Baptisé ” Pour une démocratie inclusive et participative en Tunisie “, le troisième projet a, quant à lui, a été proposé par la Ligue des électrices tunisiennes (LET).
Selon la Ligue, ce projet se veut un moyen pour favoriser la contribution de la femme tunisienne au processus de transition démocratique en Tunisie.
Il s’agit d’élargir la participation politique de la femme à l’échelle locale et nationale, de manière à favoriser une gouvernance et un processus de décentralisation inclusifs.

L’Association ” Lam Echaml ” a pour sa part lancé un projet intitulé ” Transition démocratique tunisienne, citoyenneté, éducation et sensibilisation électorale “.
D’une durée de 24 mois, ce 4e projet en quatre phases a pour principal objectif d’enraciner, de façon durable, la culture démocratique et civique chez les Tunisiens, à travers notamment le renforcement de la présence des primo-votants et des groupes marginalisés dans les processus électoraux.

Présenté par l’Organisation ” I Watch “, le 5e projet a pour objectif de garantir la transparence des prochaines échéances électorales (municipales, législatives et présidentielle) et du mode de leur financement.
Baptisé ” Vers une décentralisation de la société civile “, ce projet vise, également, à améliorer la réactivité des autorités locales face aux citoyens et aux organisations de la société civile.
La délégation de l’UE avait lancé en février 2017 un appel à propositions en vue d’appuyer les initiatives de la société civile tunisienne et de favoriser sa participation à la promotion des droits de l’Homme et des réformes démocratiques.

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Le Premier ministre marocain, Saâdeddine El Othmani, a jeté hier mercredi 13 décembre les bases du chantier de la démocratie et des droits de l’homme sans lesquels les réalisations économiques du royaume n’ont aucune consistance et peuvent à tout moment être balayées par une brusque montée de fièvre populaire, comme c’est le cas en Tunisie. Manifestement échaudées par les convulsions tunisiennes depuis le 14 janvier 2011, les autorités marocaines tentent de conjurer le sort en concoctant un PANDDH (Plan d’action national axé sur la démocratie et les droits de l’homme) avec tout ce qu’il faut pour éviter qu’un jour les citoyens soient tentés de renverser la table.

Pas peu fier de cette démarche, El Othmani se targue d’avoir fait du Maroc le 39ème pays à avoir adopté un plan de ce type, lequel sort tout droit des résolutions de la conférence mondiale sur les droits de l’homme organisée à Vienne, en Autriche, en 1993. Mostafa Ramid, ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, Mohamed Sebbar, secrétaire général du CNDH, des membres du gouvernement, diplomates, responsables de la Justice et membres de la société civile ne boudaient pas leur plaisir également, rapporte Médias 24. Il est vrai que sur le papier le projet est très séduisant. Reste à le mettre en musique, ce qui ne sera pas une mince affaire !

Dans le détail, il y a 430 mesures à prendre entre 2018 et 2021, axées sur 4 sujets majeurs :

– La démocratie participative (76 mesures)

– Les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux (139 mesures)

– La protection et la promotion des droits des catégories (139)

– Le cadre institutionnel et juridique (76 mesures )

Le texte sera prochainement présenté au Conseil du gouvernement et publié dans la foulée, dès sa validation, au Bulletin officiel. Ramid assurera le suivi et l’évaluation de l’avancement du PANDDH.

A noter que ce projet est une réactualisation du programme soumis en 2011, lequel était composé de 215 point mais qui n’a pas permis au Maroc d’atteindre tous ses objectifs en la matière. Cette fois il est question d’aller plus loin en matière de “gouvernance sécuritaire, lutte contre l’impunité, de droits de l’homme et droits des jeunes“, des sujets qui avaient été occultés par le premier document.

Mais de l’avis même du ministre d’Etat chargé des droits de l’homme,  “le dialogue sociétal n’a pas suffisamment mûri pour prendre des positions claires et précises sur quelques sujets de société“. Il a illustré son propos par la peine de mort, l’adhésion du Maroc au statut de Rome sur la Cour pénale internationale, l’Organisation mondiale du travail ou certains articles du Code de la famille qui posent problème.
Il a été décidé de poursuivre le dialogue en vue d’examiner les moyens adéquats pour traiter ces sujets“, a précisé Ramid. Une façon de dire que le travail sera long et fastidieux…

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Consternant le psychodrame au Parlement autour de l’élection du président de l’ISIE (Instance supérieure indépendante des élections). Et le mot est faible. Le spectacle que donnent les parlementaires en ce moment, s’étripant autour du choix de l’homme qui va simplement orchestrer l’organisation des élections, ni plus ni moins, est tout simplement affligeant et navrant, notamment en direction d’une jeunesse désabusée, qui a divorcé avec la vie publique et ses plus éminents représentants – la classe politique – et a trouvé refuge dans les cafés, Facebook, les stades et autres passe-temps qui font des ravages sur leur santé. “L’échec du Parlement pour la quatrième fois consécutive à élire un président à la tête de l’Instance supérieure indépendante pour les élections vient démontrer vraisemblablement que ce blocage ne serait pas lié aux personnes, mais plutôt à des calculs principalement partisans“. Le problème c’est que les protagonistes de cette triste affaire – Nidaa Tounes et Ennahdha – sont tellement gorgés de certitudes sur leur bon droit à agir de la sorte qu’ils ont perdu de vue les objectifs du mandat que le peuple leur a confié, et encore plus le dégoût qu’ils inspirent aux citoyens. Une affaire qui pourrait mal tourner, pour eux, d’abord, mais aussi pour le pays…

L’ivresse révolutionnaire a propulsé la Tunisie de la chape de plomb de la dictature vers une démocratie à l’anglaise – le régime parlementaire – dont les citoyens sont loin, très loin, d’avoir les moyens. Un système du reste que très peu de pays à travers le monde ont osé expérimenter, tant il recèle des écueils et exige un très haut niveau de citoyenneté. Mais voilà, la Tunisie, du moins son élite autoproclamée, a cru, après en avoir fini avec l’un des régimes les plus répressifs au monde, qu’elle pouvait tout se permettre, même le nec plus ultra des régimes politiques, confortée en cela par des islamistes craintifs et traumatisés par les brimades de Ben Ali et qui, puisqu’ils en avaient les moyens – la majorité à l’ANC (Assemblée nationale constituante) -, ont embarqué le pays dans une aventure qui ne lui a valu qu’instabilité politique depuis 2011.

On a cru à un moment qu’on allait en sortir, avec les dernières saillies et fulgurances du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, qui après avoir tiré copieusement sur son compagnon, Ennahdha, a demandé la tête du régime parlementaire qui a causé tant de dégâts dans le pays. Puis patatras, BCE fait un rétropédalage en déclarant qu’il ne lui revient pas d’impulser un changement politique de cette ampleur, et que c’est le rôle du Parlement. En d’autres mots il a enterré en beauté son projet d’un jour, vu que ses maigres troupes à l’ARP ne sont pas de taille face à l’ogre Ennahdha, avec ses 69 élus. Et on voit mal Rached Ghannouchi et les siens faire cette fleur – voter en faveur d’un régime présidentiel – au locataire du palais de Carthage, ce qui reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Qu’est-ce que BCE a entendu, vu ou obtenu en échange pour tourner casaque sur cette question ? Mystère…

Le pouvoir joue avec le feu

L’espèce de collusion au sommet de l’Etat – concupiscence ou dépravation des moeurs politiques disent certains – s’est illustrée dernièrement sur le terrain des législatives partielles en Allemagne. Non content de dégager la voie à Nidaa Tounes en s’absentant de présenter un candidat, Ennahdha est allé carrément jusqu’à adouber, publiquement, le poulain de son allié de circonstance ! On y est : les arrangements, services rendus et autres renvois d’ascenseur, au vu et au su de tout le monde. Dans la tête de ces Messieurs/Dames qui nous gouvernent, tout passe, même ça. Certes, les baromètres, tous sans exception, ressassent le fait que la cote des leaders des partis politiques est au plus bas, que les citoyens sont lassés de leurs errements, turpitudes et sorties de route, mais que voulez-vous, la nature a horreur du vide, et ils sont là, c’est un fait. Pour le moment. Ne dit-on pas qu’au pays des aveugles les borgnes sont rois ?

Si on était dans une démocratie en bonne santé, le président du groupe parlementaire de Nidaa Tounes n’aurait pas l’outrecuidance de jeter à la face d’une journaliste, à la télévision, à une heure de grande écoute, que sans ses potes beaucoup de ses collègues journalistes seraient au chômage. A en croire les sondages, les deux formations phares du pays, quoiqu’affaiblies, très affaiblies même, vont se partager les marrons aux prochaines joutes électorales. Mais comme il y a de fortes, d’après les prédictions des sondeurs, qu’ils se tiennent dans un mouchoir de poche, avec des écarts insignifiants, il est très probable qu’on file droit vers une autre coalition à la tête du pays, avec le type de régime politique que la Tunisie s’est farci. Sauf s’il y a un sursaut des abstentionnistes, ces centaines de milliers de jeunes tapis dans l’ombre, qui rasent les murs et qui attendent je ne sais quoi.

Au Sénégal ce sont les jeunes qui se sont mobilisés pour éjecter les régimes arrogants et imbus d’eux-mêmes d’Abdou Diouf, puis Abdoulaye Wade ; au Bénin ce sont les mêmes causes qui ont produits les mêmes effets ; en Côte d’Ivoire aussi le régime de Laurent Gbagbo a été balayé, pour les mêmes raisons ; Idem au Burkina Faso avec Blaise Compaoré, le bourreau du légendaire Thomas Sankara, etc. Le pouvoir en place en Tunisie aurait tort de sous-estimer la puissance mobilisatrice du ras-le-bol et de l’exaspération de la jeunesse.

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Tout envoyer valser, renverser la table pour des lendemains qui chantent. C’était ça le rêve du soulèvement populaire qui a balayé l’une des dictatures les plus tristement célèbres de la planète, c’est ça qui a été vendu à une partie de la jeunesse aux horizons bouchés et qui n’avait que ses yeux pour pleurer. Six années après le départ de l’affreux dictateur – un fameux 14 janvier 2011 -, la Révolution a-t-elle tenu ne serait-ce que quelques unes de ses promesses ? A en croire une majorité des citoyens tunisiens, que l’organisme américain International Republican Institute (IRI) est allé sonder, le compte n’y est pas. Cette affaire prend même des allures de désenchantement, de réveil brutal, de désillusion. Des citoyens d’ailleurs que la loi de finances 2018 va encore plus malmener, avec des ponctions fiscales sans précédent. C’est fâcheux, surtout quand on sait que ces états d’âme vont empirer. Il ne peut pas en être autrement car il n’est pas raisonnable d’attendre des gouvernants, quels que soient par ailleurs leurs qualités, génie et dévotion pour l’intérêt général, qu’ils fassent des miracles en si peu de temps, dans une économie complètement déstructurée par la contrebande, les marchés parallèles, la fraude fiscale, et que sais-je encore. Il faudra assurément du temps pour obtenir des résultats probants sur tous ces fronts ouverts par le départ brutal de Ben Ali. Mais du temps les Tunisiens ne veulent pas en donner à leurs élites. Ils s’impatientent et leurs jugements sont cinglants dans cette étude nationale…

Le chômage en tête

Quand on leur a demandé “Quel est selon vous, le plus gros problème économique que vit la Tunisie?“, 44% des Tunisiens sondés ont rétorqué que le chômage est le problème principal, puis vient la crise financière pour 24% des individus questionnés.

La corruption, pourtant cheval de bataille du gouvernement de Youssef Chahed, ne figure qu’à la 3ème place ; seuls 12% des sondés sont d’avis que c’est le problème économique numéro 1 de la Tunisie.

Dans l’ordre des sujets économiques à attaquer prioritairement par Chahed et son équipe, le combat contre le chômage est plébiscité par 32% des Tunisiens interrogés. Après il y a le maintien d’un niveau de vie décent, pour 15% des enquêtés. Ensuite viennent, au 3ème rang des priorités, l’emploi des jeunes et la lutte contre la corruption, pour 10% des sondés.

Cette étude révèle que les Tunisiens ont le moral dans les chaussettes. En effet 87% des personnes interrogées pensent que la situation de la Tunisie est “mauvaise” ou “très mauvaise“. Par contre ils sont nombreux à parier sur un avenir plus radieux, 35% exactement, qui croient que ça ira mieux, économiquement, dès 2018 ! Pour 38% des sondés, les choses vont s’aggraver ; pour 22% ce sera le statu quo.

Le rêve démocratique a morflé

Et quand on a demandé aux citoyens “Si vous ne pouviez avoir qu’une seule chose parmi les deux, ce serait : un régime politique démocratique ou une économie prospère?“, 42% des Tunisiens sondés ont répondu : “La prospérité économique est sans aucun doute plus importante pour moi“. En mai 2016, une étude de l’IRI avait conclu que seuls 18% des Tunisiens pensaient que la prospérité est «définitivement plus importante» que la démocratie. Les choses ont bigrement changé depuis !

Globalement, 66% des citoyens sondés se contenteraient de la prospérité économique, boudant les mirages de la démocratie, selon eux…

Le secteur privé a la cote !

Interrogés sur le “meilleur système économique“, d’après eux, 54% des sondés ont rétorqué que le secteur privé doit être plus prégnant, mais sous le contrôle du gouvernement, qui doit veiller à l’application des lois.

Seuls 27% des sondés pensent encore que le meilleur système économique est celui où l’État et le secteur public doivent être maitres du jeu. La pléthore de rapports et analyses très défavorables à une fonction publique budgétivore et improductive commence peut-être à faire son effet dans la tête des citoyens…

Votera, votera pas aux municipales ?

D’après l’étude de l’IRI, 41% des personnes interrogées ne feront pas le déplacement, ce qui confirme les faibles scores des partis politiques dans une enquête récente sur les intentions de vote aux élections municipales. Mais il y a un gros problème : le niveau d’abstention révélé par l’IRI est le plus massif depuis novembre 2015. Les partis politiques ont du boulot pour tenter de soigner la cote du scrutin, et le leur, auprès de citoyens aux yeux de qui très peu de choses trouvent grâce en ce moment…

Un autre motif d’inquiétude pour la santé de la démocratie tunisienne : 83% des sondés qui ont l’intention d’aller voter ne savent pas encore pour qui ou ou ne veulent pas dévoiler pour qui.

La corruption cavale, encore et toujours

L’écrasante majorité des citoyens, d’après cette étude, est incroyablement pessimiste sur la question. Pour 89% des Tunisiens interrogés, le fléau de la corruption a gagné du terrain depuis la révolution.

Dans le détail, 17% des sondés ont déclaré avoir personnellement versé un pot-de-vin dans un hôpital, 13% à des policiers de la circulation et 10% à des agents de municipalités.

Baromètre politique : C’est pas la joie !

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed et son mentor, le président de la République, Béji Caid Essebsi, forment le duo de tête des personnalités politiques. Les citoyens, et aussi les sondeurs, s’entêtent à prédire un avenir politique pour le chef de l’Etat, alors qu’à presque 91 ans il est très peu probable qu’il rempile. Tant pis, BCE brille encore dans un désert politique, avec à peine 15% des sondés qui ont une bonne opinion de lui. Par contre ils sont 49% à avoir une mauvaise appréciation de l’action du locataire du palais de Carthage…

Chahed s’en sort mieux, avec 36% des sondés qui ont un jugement favorable et 21% qui ne croient pas en lui.

S’agissant des partis politiques, 54% des enquêtes ont déclaré n’avoir foi en aucune formation pour croiser le fer avec la corruption. Idem pour la capacité à redonner des couleurs à l’économie : Ils sont 54% à ne pas miser un kopeck sur les partis politiques. Quand je vous disais qu’il fallait s’inquiéter pour la santé de notre jeune démocratie…

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La Révolution a des allures de lendemain qui déchantent pour la plupart des Tunisiens. Les citoyens, impatients, désignent les dirigeants comme les responsables du retard de ces trains qu’on attend tant – développement, emplois, prospérité, fin des disparités régionales, etc. D’ailleurs le dernier sondage est accablant pour le personnel politique, mais encore plus pour l’exécutif tunisien (le président de la République, le chef du gouvernement, les ministres…). Là c’est carrément la descente aux enfers de la cote de popularité, à des niveaux abyssaux, au bout tout de même d’un laps très court à la tête du pays. Mais en ce moment rien ne trouve grâce aux yeux des Tunisiens, qui ont la dent dure avec tout ce qui leur tombe sous le nez, attribuant volontiers leurs malheurs à tout ce qui de près ou de loin peut ressembler à une autorité…

La dernière enquête en date, commandée par le Centre de l’Institut Républicain International (IRI) pour les sondages et réalisée entre le 06 et le 13 décembre 2016, ne déroge pas à la règle : Très mauvais pour le gouvernement. Quand 85% des sondés décrivent la situation économique actuelle comme «mauvaise» ou «très mauvaise» (respectivement 38% et 47%) et que 61% soutiennent que le gouvernement ne met pas en place des politiques en direction de la jeunesse (28% «non» et 33% «pas du tout»), ça ne peut pas être un brevet de satisfecit, quel que soit par ailleurs l’optimisme de la partie qui reçoit cela en pleine figure! Le plus déprimant dans cette affaire pour les bâtisseurs de la nouvelle Tunisie depuis le départ précipité et ahurissant de Ben Ali, même des années après, c’est que les Tunisiens tournent le dos, de plus en plus, aux mirages de la démocratie, avec ses promesses de lendemains qui chantent. Plus que jamais, le label de la démocratie a des apparences de miroir aux alouettes, et les programmes économiques inspirent difficilement autre chose que, au meilleurs des cas, des voeux pieux et des chimères, au pire des balivernes savamment enrobés. C’est cela l’état d’esprit de la majorité des citoyens, à en croire les sondages, une courte majorité, mais majorité quand même. Et puis il faut voir d’où on vient pour saisir la profondeur et l’acuité du désenchantement. En mai 2016, toujours d’après l’enquête de l’IRI, ils étaient seulement 18% à penser que la prospérité est «définitivement plus importante» que la démocratie ; ce chiffre est monté à 50% en décembre 2016! Ils ne sont plus que 48% à préférer la démocratie à toute autre forme de gouvernement. La Révolution a du vague de l’âme… ou le blues, si vous voulez.

Tous à nos rétroviseurs !

L’un des plus grands fossoyeurs du mythe de la Révolution, c’est la corruption, du moins la perception qu’on en a. Cela suffit largement à tailler en pièces les idéaux les plus beaux, et c’est exactement ce qui se passe actuellement en Tunisie. A tort ou à raison, 78% de ceux que l’IRI a sondés sont d’avis que le niveau de la corruption est plus élevé qu’avant la Révolution de 2011, alors que justement un des motifs du soulèvement contre le régime de Ben Ali c’était cette corruption orchestrée par les familles que l’on sait. Pour le Tunisien lambda, rien n’a changé sous le soleil, au contraire les choses auraient empiré, ce qui pousse de plus en plus de personnes à regarder dans le rétroviseur, nostalgiques, pour se dorloter avec ces images du paternalisme rassurant et protecteur de Habib Bourguiba ou la dictature confortable de Ben Ali, dont les horreurs apparaissent presque pour certains comme des caresses au regard de leurs souffrances actuelles. Alors que très peu de choses qui se pratiquaient auparavant forment un citoyen. C’est d’ailleurs l’un des drames de la Tunisie en ce moment : Il n’y a pas assez de citoyens, au sens où on l’entend en Occident, c’est-à-dire des personnes qui peuvent jouir, de manière responsable, de la liberté et des droits que confère la démocratie, et de la prospérité qu’offre une économie développée. Eh oui, ce n’est pas un scoop, on peut avoir la démocratie et la prospérité. Pourquoi les Occidentaux y ont droit et nous non ?!

Hélas, assaillis par les ratés de la Révolution, tout à fait normaux pour une si jeune démocratie, de plus en plus de citoyens barricadent leurs esprits et sont obsédés par le paradis perdu il y a 6 ans, un fameux 14 janvier. On ne peut pas construire un pays avec un tel état d’esprit, même avec toute la bonne volonté du monde des gouvernants. Impossible de parler à certains, de plus en plus nombreux, du sacrifice des Japonnais après le largage des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki (06 et 09 août 1945). Sacrifice ultime pour des millions de Japonais qui travaillaient nuit et jour, avec un seul bol de riz par jour, en se sachant voués à une mort certaine et prématurée avec toutes ces radiations radioactives, mais avec pour seul point de mire le bonheur des générations futures. Impossible d’évoquer les efforts surhumains des Allemands pour reconstruire leur pays après sa destruction totale par les Russes et les Américains, mettant fin à la deuxième guerre mondiale. Idem pour les Français, après l’occupation allemande qui a mis le pays à genoux. Pareil pour les Anglais, dont la terre a été copieusement arrosée par un déluge de bombes lâchées par plus de 3000 avions de combat allemands, etc. Tous ces peuples n’ont renoncé à rien. Ni à la démocratie, ni à la démocratie. Si on part du principe que la race humaine est une et indivisible, et que les différences ne sont que culturelles, et non naturelles ou génétiques, alors il faut avoir les mêmes exigences que ceux à qui on tend la main pour nous sortir du sous-développement. Mais ça se travaille, il faut aller au charbon pour cela, accepter d’en baver, patienter, dans la durée. Mais ce discours est de moins en moins audible pour beaucoup de Tunisiens, adeptes du tout tout de suite, sans efforts ni sacrifices. Dommage. Et surtout destructeur…

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Une enquête, commandée par le Centre de l’Institut Républicain International (IRI) pour les sondages et publiée hier mardi 17 janvier 2017 sur son site Web, indique que les Tunisiens restent très insatisfaits par rapport à l’économie. Il y a également une corrélation évidente entre le rendement économique et la persistance de la corruption.

«Faisant le lien avec notre sondage précédent, la frustration par rapport à l’économie et la perception d’une corruption rampante demeurent des défis majeurs pour le nouveau gouvernement», a déclaré Scott Mastic, le directeur régional pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à l’IRI. «Le pays marque le sixième anniversaire de sa révolution démocratique, le gouvernement se doit de reconnaître qu’un progrès continu dépend de sa capacité à faire des réformes économiques et anti-corruption significatives.»

85% des interviewés décrivent la situation économique actuelle comme «mauvaise» ou «très mauvaise» (respectivement 38% et 47%). 32% pensent que l’emploi devrait être la première priorité, et 66% suggèrent que l’emploi devrait être la première priorité par rapport aux jeunes Tunisiens. Alors qu’un ensemble de 61% croient que le gouvernement ne promeut pas de politiques en faveur de la jeunesse (28% «non» et 33% «pas du tout»). Cette problématique suppose qu’une grande importance lui soit donnée, vu la vulnérabilité de ce segment démographique face à l’extrémisme violent.

La corruption émerge comme étant un problème persistant, avec 78% déclarant que le niveau de la corruption est plus haut qu’avant la révolution de 2011. Alors que 48% des interviewés préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernement, le nombre d’interviewés qui estiment que la prospérité est «définitivement plus importante» que la démocratie a grimpé de 18% en mai 2016 à 50% en décembre 2016 !

Le sondage a été fait, pour le compte de l’IRI, par la société tunisienne ELKA Consulting, sous la supervision de Chesapeake Beach Consulting. Les données ont été collectées du 6 au 13 décembre 2016 moyennant des interviews en face à face et en arabe à partir d’un échantillon de 1222 Tunisiens âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur étant de plus ou moins 2,87% au milieu de gamme de niveau de confiance de 95%. Les interviewés ont été sélectionnés selon une stratification en multi-étapes proportionnellement à la distribution de la population dans l’échantillon. Les chiffres indiqués dans les graphs et des tableaux peuvent ne pas faire la somme de 100% en raison de l’arrondissement.

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“La démocratie en terre d’islam”. “Une révolution en pays d’islam”. Les intitulés des deux ouvrages se ressemblent beaucoup. Le premier est un livre-entretien signé par le président de la République, Béji Caid Essebsi (BCE) et la journaliste française Arlette Chabot. Le second a été écrit par le célèbre constitutionnaliste Yadh Ben Achour. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là, il y a aussi la chronologie des deux ouvrages : Le premier a été publié le 1er décembre 2016, le deuxième est sorti le même mois. Et puis il y a, plus troublant et plus important encore, la similitude entre l’objet de ces deux livres, ou plus précisément les sujets traités : La Tunisie, où se joue depuis 5 ans une expérience inédite aux développements incertains, entre les fulgurances de la démocratie et l’inamovibilité de la tradition islamique. D’autres auraient dit un cocktail détonant, ou à tout le moins un attelage hétéroclite. Mais les deux témoins de leur temps, et non moins acteurs – BCE affiche 90 printemps au compteur et Ben Achour 71 ans –  n’ont pas reculé devant la difficulté et ont tenté de cerner la trajectoire d’une Tunisie turbulente, agitée, rebelle, réfractaire, malade à certains égards, mais partie pour un périple dont ses fils et filles attendent le meilleur, même si rien n’est acquis, loin de là…

Si les deux hommes ont tenu à mettre en relief la dimension Islam, c’est parce que la cohabitation entre la religion et le virage démocratique ne va pas de soi, elle est à construire, à tous les instants. Mais entendons-nous bien : ce ne sont pas les principes fondamentaux des deux notions qui posent problème, de ce point de vue il n’y a rien d’antinomique, c’est plutôt la compréhension qu’on en a qui est génératrice de tensions, jusqu’à des drames épouvantables pouvant fissurer l’unité nationale. Le débat actuel sur le retour des djihadistes l’illustre parfaitement. Ces personnes, qui ont, et c’est le moins qu’on puisse dire, une autre lecture des préceptes de l’Islam, devront pourtant être appréhendées, jugées et punies au besoin par une société qui n’est plus la même depuis le 14 janvier 2014. Le fait est que la Tunisie a fait des pas importants dans l’Etat de droit, corollaire de l’expérience démocratique à laquelle elle s’essaye, du moins selon le texte fondamental – la Constitution – qui régit désormais le pays. Même si dans la pratique, c’est tout autre chose. Mais ça ce n’est pas l’objet de notre propos présentement. Nous nous bornons à dire que les djihadistes qui vont bientôt frapper à la porte de la Tunisie ne manqueront pas, eux aussi – eh oui, même eux, d’ailleurs ils le font si bien en Occident ! – de revendiquer leur droit à être jugés selon les canons de l’Etat de droit, de la démocratie, des notions qu’ils combattent par ailleurs, par les armes, quand cela sert leurs intérêts idéologiques inacceptables pour le commun des mortels. Certes ni BCE, ni Ben Achour n’évoquent cette question, car elle n’était pas aussi prégnante il y a quelques semaines, mais nous nous devons d’interroger leurs oeuvres à l’aune de ces sujets devenus brûlants.

Deux regards acérés

Du livre du président de la République nous avons appris la difficulté de tenir les rênes d’un pays en proie au doute, pris par la fièvre du changement dont on ne sait d’ailleurs sur quoi il va débucher, si on est sincère une seconde. Ce qu’on sait c’est que le pays qu’on lui a confié le 27 février 2011 suite au départ précipité de Ben Ali n’a rien à voir avec la Tunisie de 2017 qu’il observe par le truchement de sa fonction de chef de l’Etat. Les choses ont changé depuis, et l’agitation autour des excités partis guerroyer en Syrie et en Irak n’est qu’une manifestation de ces mutations parmi d’autres, pour le meilleur et pour le pire. Le fait que BCE ait été aussi intraitable et aussi dur dans son livre avec son compagnon et complice de circonstance, Rached Ghannouchi et son mouvement, Ennahdha, démontre, si besoin en est, que les gouvernants sont sous pression du fait justement des nombreuses batailles à livrer, dont celle d’une cohabitation harmonieuse entre Islam et démocratie. Même Essebsi, qu’on n’attendait pas sur ce terrain là, a disputé à Ghannouchi la maitrise des textes sacrés de manière à obtenir son quitus pour s’autoriser à s’exprimer sur la délicate question de la place de l’Islam dans cette société toute nouvelle que les Tunisiens sont en train de bâtir. L’affaire est d’importance !

Le professeur Yadh Ben Achour, qui avait une vue imprenable sur les enjeux dans le pays quand il pilotait en 2011 la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, a lui aussi effleuré la problématique, mais a préféré s’appesantir sur les «conditions politiques et éthiques qui définissent une révolution », un moment historique qu’il qualifie d'”à part, ni disproportionnée ni davantage insensée, une révolution habile, ajustée, et comme sur mesure», même s’il en souligne tous les ratés, les incohérences, les paradoxes, les reniements.

Pour le constitutionnaliste, l’essentiel est ailleurs : Il faut «restituer l’événement, rétablir la révolution en tant que telle d’autant qu’elle est sans précédents dans l’histoire et de souligner son caractère particulier et sa singularité ainsi que la force du droit qui a prévalu». S’il dit ça c’est parce que justement, au regard des soubresauts actuellement dans le pays, personne n’est capable de déterminer l’issue de cette expérience inédite. Les craintes pour cette jeune démocratie sont là, bien réelles, les dangers aussi, et l’auteur ne s’en cache pas, il aurait d’ailleurs tort, mais il a la certitude que «les pages glorieuses qui ont été écrites au cours de son jaillissement et de son déroulement ne seront jamais tournées». Sur ce point nous sommes beaucoup moins formels, au regard d’un passé plus lointain – la restauration, ou le tour de vis, de Napoléon après la flamboyante révolution française de 1789 – ou ce qui se passe actuellement en Turquie, une démocratie ternie par les dérives autocrates de l’inarrêtable Erdogan. Rien n’est jamais acquis, hélas…

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ElKebir Alaoui, représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a déclaré ce jeudi 8 décembre 2016 que la Tunisie est capable d’attirer des investisseurs, mais aussi de relever les grands défis.

Lors du démarrage du congrès national sur la lutte contre la corruption, le responsable a assuré que les Nations Unies sont heureuses d’accompagner la Tunisie dans les différents chantiers entamés dont notamment le chantier de la démocratisation et celui de la lutte contre la corruption.

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Le président de l’assemblée nationale constituante

Le secrétaire général du parti Ettakatol et président de l’ancienne ANC, Mustapha Ben Jaâfer a déclaré que la classe politique actuellement au pouvoir n’est pas démocratique.

Lors de son passage ce lundi 3 octobre 2016 sur Shems Fm, Ben Jaâfer a déclaré que la démocratie est une culture et pas seulement des élections qui ne sont qu’un mécanisme parmi d’autres. “Ceux actuellement au pouvoir n’ont pas une culture démocratique”.

Ben Jaâfer a dans le même cadre indiqué que la démocratie impose le respect des résultats des élections notamment dans le contexte actuel du pays.

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« L’important pour moi,  c’est moins les postes que de voir la démocratie se consolider en Tunisie où règneront la sécurité et la stabilité, où la justice sociale s’améliore,  les régions défavorisées s’arroger leur part des richesses, les jeunes reprendre espoir dans l’avenir et  l’économie décoller », a déclaré le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi dans une interview fleuve au site «  Huffington  Post », en arabe, en réponse à la question de savoir s’il a l’intention de  quitter le leadership du parti islamiste et de se retirer de la politique.

En revanche, il a été beaucoup plus explicite sur la séparation entre la vocation politique et celle de l’apostolat, expliquant que « telle est l’orientation générale et l’évolution à laquelle nous aspirons », précisant que le parti s’attachera à vaquer aux affaires politiques et à présenter des programmes pour l’exercice du pouvoir, alors qu’une séparation sera opérée concernant les autres volets  dont la place est la société civile.

Au demeurant, il a écarté toute éventualité de laïcisation du mouvement Ennahdha, soulignant que « les valeurs sur lesquelles se fondent notre action politique seront celles-là mêmes consacrées par la Constitution et qui ressortissent au référentiel islamique et moderniste, notant encore que la Constitution tunisienne n’est pas une Constitution laïque, mettant l’accent dans son article premier sur l’islamité de l’Etat.

Interrogé si « les temps ne sont pas venus pour Ennahdha de proclamer sa scission vis-à-vis du mouvement des Frères musulmans », Rached Ghannouchi, a affirmé que « Ennahdha est un parti tunisien dont les décisions sont indépendantes et prises par ses institutions internes sans l’intervention de quiconque quel qu’il soit ».

Il a assuré qu’ « il n’y a pas de pensée nahdhaouie extrémiste ; Ennahdha est un grand mouvement varié où cohabitent des points de vue différents  comme c’est le cas dans un grand parti politique », ajoutant que « tous les membres d’Ennahdha se reconnaissent dans certains principes dont le plus important est la croyance que l’islam et la démocratie ne sont pas irréconciliables, outre le rejet de la violence en tant  que moyen d’action politique et l’adoption de la démocratie dans la résolution des divergences ».

Terrorisme : Ghannouchi s’explique !

« Les terroristes tentent de démolir l’unité nationale et diviser la société tunisienne entre musulmans et incroyants », a-t-il dit en réponse aux accusations lui prêtant des sympathies envers les courants qui lui rappellent sa jeunesse. « Nous ne pourrons défaire le terrorisme qu’en resserrant les rangs de la Nation », a-t-il affirmé, qualifiant d’ « immorales et inadmissibles » les accusations lancées par des adversaires politiques. Il a rappelé qu’il avait dialogué avec quelques jeunes appartenant au courant salafiste en 2012, uniquement, a-t-il précisé, pour les convaincre que la Révolution a apporté la liberté pour tous dans l’exercice de l’action politique et de celle de la société civile dans le strict respect de la loi, et aussi pour les mettre en garde contre les atteintes à la loi et à l’Etat, selon ses dires.

Concernant les problèmes auxquels la Tunisie est en train de faire face, Rached Ghannouchi a estimé qu’ils étaient prévisibles dans un pays au sortir d’une révolution avec un Etat affaibli et l’explosion des attentes et des espoirs des citoyens qui font pour la première fois l’apprentissage de la liberté.

« Les dysfonctionnements structurels nécessitent de grandes réformes et surtout un nouveau modèle de développement alliant le souci d’encourager l’initiative privée et le démantèlement des obstacles auxquels elle se heurte, et dans le même temps le  souci d’instaurer la discrimination positive entre les régions pour accorder à celles déshérités le droit à accéder aux richesses », a préconisé le chef du mouvement Ennahdha.

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L’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections annonce  que la Tunisie occupe le 57ème rang mondial en 2015 dans un classement répertoriant 167 pays mesurant l’état de la démocratie dans le monde. Ce classement a été obtenu suite à l’étude relative à l’année 2015 menée par l’« Economist Intelligence Unit » du magazine The Economist.  Ce classement maintient la Tunisie en tête des pays arabes quant au critère de démocratie, et ce depuis l’avènement de la publication de ces rapports annuels par le magazine.

L’étude en question s’est référée à l’analyse de cinq indicateurs, à savoir processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation électoraleet culture politique. La Tunisie s’approche d’une notation de 7/10 selon le barème évaluant ces 5 indicateurs, rappelant notamment une note très appréciable attribuée à l’opération électorale ainsi qu’à la participation électorale ce qui lui a permis de se hisser du 70ème rang en 2014 au 57ème rang en 2015.

Des pays avancés sur le plan démocratique tels que les pays scandinaves ont bénéficié des meilleurs classements, l’Italie et la France ayant occupé respectivement les 21ème et 27ème rangs. Le rapport dans sa version intégrale est téléchargeable sur le site de l’Instance : www.isie.tn

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