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8 ans après la révolution, députés et politiciens tournent en rond et empêchent d’aller de l’avant

Huit années sont passées, depuis la première étincelle qui avait mené au départ de Ben Ali. L’histoire n’a pas encore dit qui l’y a forcé et qui a réellement fait cette révolution qui n’a presque abouti à rien, tant tout le monde s’en plaint. Huit années de la vie de milliers de jeunes qui remarquent, chaque jour un peu plus, que ceux qui ont fait cette révolution ne sont pas forcément ceux qui en profitent et encore moins ceux qui décident de son cheminement et de son issue. Huit années perdues en palabres, en discussions sans fin sur le sexe des anges. Huit années, avec en prime des conditions de vie qui se dégradent, des demandes qui se radicalisent, des attentes qui désespèrent, des milliers de jeunes, hautement éduqués ou pas du tout qui décident d’aller voir ailleurs à tous les coûts, quitte à en mourir. Huit années d’une situation économique qui ne s’améliore pas à la même vitesse que les attentes de ceux qui en espèrent un mieux vivre, une situation financière qui se catastrophise dans l’insouciance des nouveaux riches, des contrebandiers et de ceux qui font de tout cela leur fond de commerce. Huit années dans l’incapacité de tous les gouvernements à solutionner les multiples problèmes qui les transforment en pompiers et parfois même en pompiers-pyromanes.

Mais aussi huit années en députés qui voyagent aux frais de l’Etat, qui demandent des augmentations, qui ne pensent qu’à leur propre petit confort, qui transbahutent d’un parti à l’autre et d’un groupe parlementaire à l’autre en véritables touristes parlementaires.

L’autre jour, je lisais une «mauvaise» blague sur le régime parlementaire. C’est Omar qui demande à Mohamed ce que veut dire un «parlementaire». Le 1er répond qu’il ne sait pas trop, l’autre lui répond que c’est l’endroit où se retrouvent les deux mots parler et mentir (parle, ment) et lorsqu’il s’agit d’argent, on y ajoute se taire. Et il en est ainsi du palais du Bardo, avec des élus qui ne travaillent pas et empêchent les autres de le faire…

Un endroit qui se dit source de tous les pouvoirs et dont certains membres ne s’empêchent pas de le rappeler aux gouvernements et de leur dire même qu’ils ne sont que des employés de l’ARP. Un endroit où le langage devient parfois ordurier, sans gêne, brandissant les dossiers en menace à tel ou tel membre du gouvernement, en cinémascope sur la Wataniya 2 et sur les réseaux sociaux. Un endroit où le taux d’absentéisme en ferait presqu’une véritable école buissonnière, où certains députés ne viennent que pour se filmer en vilipendant le gouvernement, balancer leurs vidéos sur les réseaux sociaux, sans même attendre la réponse de l’invectivé. Un endroit où le fauteuil ne peut être que source de pouvoir pour avoir. Un endroit où tous sont contre tous, à tel point qu’il leur fallait une commission de conciliation dont le seul rôle est parfois de déplumer les projets de loi des uns et des autres et surtout de tout chef de gouvernement, à tel point que les lois ne pensent plus rien et lorsqu’elles sont votées elles sont rarement acceptées et personne ne s’en soucie. Des députés qui se réunissent à longueur de journées pour bavasser en laissant de côté l’essentiel de ce qui peut sauver l’économie du pays. Il n’y a pour cela qu’à voir le nombre de projets de lois, économiques, financiers avec parfois des milliers de millions DT d’aides diverses de l’Europe et d’ailleurs qui périclitent jusqu’à être retirés par les bailleurs de fonds. Il n’y a pour cela qu’à voir avec quel nombre de voix sont votées certaines lois et avec combien de voix manquantes d’autres ont trébuché, car un député est arrivé en retard, ou un président d’un parti politique dont le président a fondu comme neige au soleil qui décide de clôturer le vote pour mettre les bâtons dans les roues d’un gouvernement qu’il accuse de comploter contre tout le monde. Des députés enfin qui ont appris le lobbysme pour leurs petites affaires, personnelles ou partisanes, et contre les affaires des sept gouvernements qui s’étaient succédé et contre les affaires de tout un Etat.

La révolution après huit ans d’immobilisme actif, c’est aussi 214 partis qui se font la guerre par tous les moyens, licites et illicites, déclarés ou sous la table. Des partis qui n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur rien, même pas sur l’intérêt général de leur pays, parce que chacun le comprend et l’interprète à sa manière. Des partis qui s’accusent, de tout et de rien, et surtout de complotite et font et défont les alliances pour se détruire les uns les autres, en jouant de leurs boitiers de vote, ou en naviguant sur les réseaux sociaux, ou en somnolant tout simplement sur leurs fauteuils d’immunisés à tout questionnement. Des partis politiques qui n’ont de plaisir qu’à questionner chaque fois un ministre et de défier parfois leur chef de gouvernement qu’ils accusent allègrement de tous les maux, possibles et imaginables, de tout le pays et de toutes les périodes de son histoire mouvementée. Des politiciens qui courent les aides, licites et illicites, qui détestent l’aide et se prennent pour les savants de tout ce qui procède. Des partis politiques qui ne réfléchissent qu’à ce qui pourrait améliorer les conditions de vie, la leur et celle de ceux qui les ont élus et qu’ils ont oubliés, sans se soucier des capacités de l’économie, de la rentabilité de ce qui se donne et de la faisabilité économique et financière de ce qu’ils proposent de faire. Voilà les deux grands responsables de l’échec de huit années d’une révolution, vidée de son sens, asséchée de ses moyens, vilipendée lorsqu’elle ne leur apporte et rapporte rien, mise à l’index à chaque fois qu’elle essaie de se ressaisir, attaquée en brulots lorsqu’elle ne correspond pas à leurs promesses faites à ceux qu’ils voudraient qu’ils les réélisent. Une révolution qui tourne depuis huit ans en rond.

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