« L’Assemblée constituante transmettra ses pouvoirs au nouveau Parlement élu et, moi, je ne remettrai les clés de Carthage qu’à un président démocratiquement élu. Que cela plaise ou non, ce sont des principes non négociables », a affirmé le président de la République provisoire, Moncef Marzouki, dans une interview accordée au quotidien parisien Le Monde qui lui demandait s’il restera en fonctions, le gouvernement étant démissionnaire.
Au sujet du processus de choix du prochain chef du gouvernement, Moncef Marzouki a répondu : « Nous finirons par tomber d’accord sur une personne que j’aurai le plaisir de désigner. Encore faudra-t-il qu’elle passe par la case de l’Assemblée constituante, parce que nous sommes un régime démocratique. C’est la raison pour laquelle, aussi, personne ne peut imposer un candidat. Il faut que ce soit un candidat de consensus. Mais j’ai confiance en Houcine Abassi . C’est un négociateur habile et têtu ».
D’autre part, le président de la République provisoire a accusé « les partisans de l’ancien régime, les réseaux de l’ère Ben Ali derrière lesquels il y a beaucoup d’argent, de s’employer à déstabiliser la Tunisie » ajoutant qu’il y a aussi un veto de puissances arabes qui ne veulent pas que la transition démocratique réussisse en Tunisie.
Et Marzouki d’ajouter : « Il y a une opposition normale, démocratique, cela fait partie du jeu. Mais il a aussi beaucoup, beaucoup d’argent sale. L’ancien système, ce n’est pas Ben Ali et les sept familles. Ce sont des milliers de personnes qui tentent de s’opposer par tous les moyens. Après la révolution, ils s’étaient un peu calmés. Puis, quand ils ont vu qu’on ne se lançait pas dans une chasse aux sorcières, ils se sont enhardis et maintenant ils passent à la vitesse supérieure. Les terroristes ont leur propre logique mais là, c’est une logique de politique interne : il faut faire avorter le processus démocratique. Qui y a intérêt ? C’est évidemment l’ancien régime », a-t-il affirmé.








