Les autorités marocaines avaient fait de la prétendue incursion du Front Polisario dans la zone tampon du Sahara occidental le combat du moment ; Rabat avait même saisi l’ONU dimanche 1er avril 2018 et menacé de ses foudres la rébellion sahraouie. Et bien l’ONU a arbitré lundi 02 avril en déclarant formellement qu’aucun mouvement de ce type n’a été observé par les troupes chargées de veiller sur le respect du cessez-le-feu. C’est donc un combat diplomatique que Rabat a perdu.
«Plusieurs éléments armés du ‘Polisario’ se sont introduits dans cette zone, à bord de véhicules militaires, et y ont dressé des tentes, creusé un fossé et érigé des constructions à l’aide de sacs de sables», avait écrit l’ambassadeur du royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait même accusé l’Algérie d’être derrière cette « violation« , « pour modifier le statut de cette zone» étroitement surveillée depuis le début des années 1990 par les Nations unies.
Réponse hier du porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric : la mission au Sahara occidental (Minurso) «n’avait observé aucun mouvement d’éléments militaires dans le territoire nord-est». «La Minurso continue de surveiller la situation de près», a-t-il indiqué, rapporte Jeune Afrique.
La nervosité de Rabat en ce moment est peut-être provoquée par les discussions au Conseil de sécurité sur le nouveau mandat de la Minurso. Une résolution dans ce sens sera soumise par la France, pour un vote aux environs du 25 avril 2018. D’ici là la tension diplomatique va monter crescendo, car il n’est un secret pour personne que la présence de l’ONU dans la zone irrite au plus haut point les autorités marocaines…








