En mars 2021 déjà, le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Férid Belhaj affirmait que le système informatique de gestion des conteneurs de la Stam (ROS) ne fonctionnait pas. Et déjà en septembre 2018, le SG de l’UGTT minorait les réalisations de la Stam dans le port de Radès. Africanmanager s’y était alors déplacé, avait rencontré toutes les parties dans ce centre névralgique national, et réalisé un reportage vidéo (ar) où Issam Jaouani affirmait que tout allait rentrer dans l’ordre. On croyait alors que les problèmes de ce port allaient ou étaient en voie d’être résolus.
Que nenni, jusqu’à ce que le groupe français CMA CGM, déclare en juillet dernier arrêter son Booking sur le port de Radès. Réagissant à cet arrêt, le ministère du Transport n’en croit que dalle et affirme, le 24 juillet, que c’est temporaire. Et c’est de nouveau que nenni. En effet, presqu’un mois plus tard, le même ministère se trouve obligé d’avouer que « le port de Radès a rencontré durant la dernière période une perturbation au niveau de la performance des opérations de manutention des conteneurs, causant ainsi une régression de l’indicateur relatif au nombre des conteneurs chargés ou déchargés des navires par heure ».
- Les mêmes explications aux mêmes problèmes
Et le ministère de verser de nouveau dans les explications, toujours alambiquées et redondantes. C’est, selon lui, « la fréquence des pannes des engins de manutention et le retard de l’approvisionnement en pièces de rechange importées de l’étranger, l’impact de la priorité absolue de l’utilisation des engins pour le déchargement des conteneurs d’oxygène et des équipements médicaux importés d’une façon renforcée durant la période juin- août 2021 et ce dans le cadre de la lutte contre la pandémie covid-19, l’impact de la pandémie covid-19 sur le rythme du travail dans le port et ce, suite à l’enregistrement de plusieurs cas de contamination, malgré la priorité de vaccination accordée au personnel des ports et des marins, et l’encombrement du port dû à l’augmentation du stock des conteneurs et l’utilisation des espaces portuaires comme lieu de stockage par plusieurs importateurs et exportateurs, affectant ainsi la fluidité de l’activité et la bonne gestion du port ».
Et malgré les promesses faites, le ministère du Transport et de la logistique se retrouve obligé de redire que « cette situation a conduit à une augmentation de la durée moyenne d’attente et de séjour des navires au niveau du port de Radès, malgré l’amélioration des indicateurs de performance constatée durant les derniers mois », et d’expliquer encore que ses services, ceux de l’OMMP et la STAM, « ont continué à gérer au cas par cas les situations qui peuvent engendrer des ruptures de stocks ou des produits de première nécessité et ce à l’instar de l’importation des combustibles solides pour les usines du traitement du sucre, ou de l’importation de produits saisonniers comme les feuilles métalliques pour les boîtes de conserve et les conteneurs de papiers destinés aux unités de papeterie (livres scolaires), en donnant la priorité d’accostage aux navires chargés par ces types de cargaisons, tout en veillant sur un traitement expéditif et une facilitation accrue des procédures quant aux exportations tunisiennes ».
- Les mêmes promesses, remises au goût du jour
Et de nouveau, le ministère sert les mêmes solutions, qu’évoquait en avril dernier pour Africanmanager, le PDG de la STAM (Ar), un programme urgent s’articulant autour des trois axes, dit le ministère. « La réorganisation de l’exploitation des espaces portuaires et la séparation des flux des conteneurs et des semi-remorques pour améliorer la fluidité de la circulation dans le port et la réduction des délais de transit des unités de charge ;
– L’achèvement du programme d’investissement de la STAM pour l’acquisition d’engins neufs pour son agence de Radès comportant 14 Roro-Trucks, 3 cavaliers gerbeurs et 3 Reach-Stackers. Ces engins seront mis en service fin août 2021 ;
– L’intégration du système TOS et Smart Gates avec les autres applications informatiques utilisées dans le port.
En parallèle avec ce programme, qui sera achevé fin septembre 2021, le ministère du Transport et de la Logistique , en collaboration avec les services du ministère des Finances ,de l’Economie et de soutien à l’Investissement , œuvre au parachèvement du programme d’extension du port de Radès, et ce par la construction des quais 8 et 9 et l’aménagement d’un espace de 14 hectares y attenant , la réalisation de la première phase de la zone d’activités logistiques au port de Radès sur 20 ha et la construction de deux échangeurs routiers pour améliorer la fluidité de la circulation à proximité du port sur la MC33 et la zone pétrolière.
Concernant l’augmentation excessive des tarifs du transport maritime international des conteneurs enregistrés en 2020 et 2021, elle est due principalement aux effets de la pandémie covid-19 manifestés notamment par l’augmentation des coûts d’exploitation des navires et l’utilisation renforcée des conteneurs, ce qui a engendré une pénurie des conteneurs vides et l’encombrement des terminaux par des conteneurs pleins non acheminés à leurs destinations finales ».
- Tout va très bien donc Madame La Marquise !
Sinon, le ministère du Transport et de la Logistique reste manifestement convaincu que tout va bien au port et que, lui et la Stam gèrent, en signalant que « contrairement à ce qui a été divulgué par certains moyens de communication [Ndlr au ministère : C’est un communiqué de l’opérateur français] sur l’arrêt des services d’un transporteur maritime international sur le port de Rades, le transporteur maritime concerné a uniquement suspendu la prise en charge des nouvelles réservations de transport des conteneurs vers le port de Radès à cause de l’encombrement de ses espaces de stockage des conteneurs au port de Malte et à la faible cadence d’évacuation vers le port de Radès. Ce transporteur a même publié un nouveau communiqué pour expliquer la situation et ses navires continuent toujours à desservir les ports tunisiens d’une façon régulière ».
Le ministère invite par ailleurs tous les opérateurs portuaires à « adhérer à ce programme et à l’initiative de digitalisation de toutes les opérations et les procédures portuaires dans un objectif d’une meilleure performance et de transparence dans les relations entre les différents intervenants.
Le ministère du Transport et de la Logistique invite aussi tous les importateurs à procéder, immédiatement après le débarquement de leurs unités déchargées, à l’accomplissement des formalités d’enlèvement et de procéder à la mise à quai de l’export lorsque le navire est annoncé ou se trouve dans le port et ne pas utiliser les espaces portuaires comme lieu de stockage et éviter ainsi le payement des frais de gardiennage et de séjour non justifiés ». Tout va bien donc Mme La Marquise !









Rades est un terminal roulier.Tous les problèmes ont débuté depuis l’arrivée du conteneur fin années 90.
L’unique solution pour résoudre une fois pour toute les problèmes qui se posent c’est de transférer l’activité conteneur vers un autre port.
L’alternative a été trouvée depuis depuis 2005 et les études y afférentes ont été faites.
Malheureusement il y a trop d’intérêts en jeu qui bloquent jusqu’à ce jour le projet.
La gestion des ports commerciaux par l’Armée Nationale est la solution idoine pour assainir leur exploitation. Elle l’a amplement prouvé lors de la gestion de la crise du Covid19. L’Etat devrait accorder une année sabbatique aux exploitants actuels. a bon entendeur salut!