AccueilLa UNELe Groupe Chimique transforme ses déchets de vanadium en batteries de stockage

Le Groupe Chimique transforme ses déchets de vanadium en batteries de stockage

Le Centre de Recherches Militaires vient de signer la convention de financement d’un nouveau projet de recherche environnementale baptisé Récupération et valorisation du vanadium des déchets industriels du Groupe Chimique Tunisien pour la production de batteries à flux redox. Le projet est porté par le Laboratoire Science et Technologie appliquées pour la Défense, qui relève de ce centre, et soutenu par le volet ARESSE du programme Tunisie Verte et Durable, financé par l’Union européenne.

L’idée centrale du projet consiste à extraire le vanadium présent dans les déchets industriels du Groupe Chimique Tunisien, premier transformateur national de phosphate, pour le réutiliser dans une technologie de stockage d’énergie. Les batteries à flux redox vanadium se distinguent des batteries lithium-ion classiques. Elles stockent l’énergie dans deux réservoirs d’électrolyte liquide reliés à une cellule électrochimique, ce qui permet de dimensionner séparément la puissance et la capacité de stockage. Cette flexibilité les rend particulièrement adaptées au stockage de longue durée associé aux énergies renouvelables, parcs solaires et éoliens, dont la production est par nature intermittente.

Le projet illustre une double logique. D’une part, une logique d’économie circulaire, puisqu’un déchet industriel devient une matière première à valeur ajoutée. D’autre part, une logique de souveraineté énergétique et technologique, le vanadium récupéré localement alimentant une filière de stockage stratégique sur le sol tunisien.

Le cadre de financement mérite d’être précisé. ARESSE est le projet d’Appui à la Recherche et l’Enseignement Supérieur dans le Secteur de l’Environnement, mis en œuvre par l’Agence Nationale de la Promotion de la Recherche scientifique. Étalé de 2024 à 2027, il bénéficie d’un soutien de l’Union européenne d’environ 11 millions d’euros et vise à structurer l’écosystème tunisien de la recherche environnementale. Son dispositif Green Impact, le plus gros poste de dépenses du programme, finance des projets de recherche collaborative pour une durée maximale de vingt-quatre mois. Une première vague de seize conventions a été signée début 2026, dont relève ce projet sur le vanadium.

L’enjeu, désormais, sera de faire passer cette recherche du laboratoire au démonstrateur, puis, si les résultats le confirment, vers une valorisation industrielle qui donnerait au Groupe Chimique Tunisien un débouché inédit pour des déchets jusqu’ici sans usage.

Le Centre de Recherches Militaires est bien une institution tunisienne.

Le CRM a été créé par le ministère tunisien de la Défense, annoncé en 2015 et rendu opérationnel en 2016, avec un siège à la base militaire d’El Aouina à Tunis. Sa mission est de promouvoir la recherche militaire pour les besoins des Forces armées et de nouer des partenariats avec d’autres centres de recherche nationaux et internationaux. En 2018, le président Béji Caïd Essebsi a nommé par décret le professeur Faouzi Chkir à sa direction générale, avec une charge d’enseignement supérieur et de recherche scientifique auprès du ministre de la Défense. En 2022, le ministre de la Défense Imed Memmich présentait encore ce centre comme le vecteur de la stratégie tunisienne de recherche scientifique et d’industrie militaire. Le centre figure même dans l’annuaire TISC de l’OMPI sous l’entrée Tunisie, Tunis, Centre de Recherches Militaires.

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