Le 25 juin 2025, à la Bourse de Paris, trois sociétés tunisiennes du Groupe Zouari ont reçu la certification financière MSI 20000. Une reconnaissance internationale réelle, mais qu’il faut savoir situer.
La scène a de l’allure. Le 25 juin 2025, Euronext, la Bourse de Paris, accueillait une cérémonie de remise de certificats. Une quinzaine de pays sont représentés. Parmi les institutions distinguées, trois sociétés tunisiennes, toutes membres du Groupe Zouari. Sama, distributeur automobile. Établissements Zouari & Co, spécialiste des pièces pour poids lourds. Et SMTT International, premier transporteur de carburant du pays.
- Ce qu’est la certification MSI 20000
Le label porte un nom technique, MSI 20000, pour Market Standard Indicator Index 20000. C’est un référentiel qui évalue la situation financière d’une entreprise. Il repose sur deux piliers, la solidité et la performance financières. Né en Europe en 2008, au lendemain de la crise des sub-primes, il est aujourd’hui délivré dans plus de cinquante pays.
Sa promesse est simple. Offrir aux créanciers, aux investisseurs et aux partenaires un repère sur la solvabilité et la résilience d’une entreprise. Le certificat atteste que la société respecte les exigences du standard.
MSI 20000 n’est pas une norme publique au sens d’une norme ISO, ni une notation d’agence comme celles de Moody’s ou Fitch. C’est un référentiel privé. Il est délivré par COFICERT, et régulé par une structure qui en assure aussi la diffusion, l’International Group for Sustainable Finance. La certification a donc une valeur réelle de signal.
- Une cérémonie de haut niveau

Le décor institutionnel est soigné. La cérémonie réunit Véronique de la Bachelerie, présidente de l’IGSF, Jérôme Gacoin, président de COFICERT, et Souheil Skander, son directeur général. Des représentants de la Commission européenne, de la Banque mondiale et de l’OCDE sont annoncés présents.
L’Afrique du Nord est bien représentée. Des institutions tunisiennes, marocaines et égyptiennes figurent parmi les certifiées. La présence des trois filiales tunisiennes s’inscrit dans ce cadre régional.
- Ce que cela apporte au Groupe Zouari
Le Groupe Zouari n’est pas un inconnu. Fondé en 1984 par Hafedh Zouari, c’est l’un des principaux groupes privés tunisiens. Il opère dans le BTP, l’industrie, la concession automobile et l’immobilier.
Pour ses trois filiales, la certification est un outil de positionnement. Elle leur sert de carte de visite financière face à des partenaires étrangers exigeants. Elle peut faciliter l’accès à des financements internationaux. Et elle signale un engagement vers une gestion plus transparente.
Une certification ne transforme certes pas à elle seule la santé d’une entreprise. Elle atteste d’un état à un instant donné, selon une grille privée. Sa valeur dépend de la crédibilité que les marchés accordent au label. Pour des sociétés tournées vers l’export et la recherche de partenaires, ce signal a un sens. Il ne remplace ni un bilan audité, ni une notation souveraine, il les renforce et les crédibilise.
- Un signal, à sa juste mesure
Au fond, l’événement raconte deux choses. D’un côté, des entreprises tunisiennes qui cherchent à se doter de repères internationaux pour rassurer investisseurs et partenaires. C’est un mouvement sain, dans une économie où l’accès au financement extérieur reste contraint.
De l’autre, un marché de la certification financière en plein essor, porté par des acteurs privés qui vendent de la confiance. Les deux logiques se rejoignent à la Bourse de Paris. Pour le Groupe Zouari, le bénéfice est réel, en image et en crédibilité. Reste à le convertir en accès concret aux capitaux. C’est là que se mesurera la valeur véritable du certificat








