Un gouvernement de gestion des affaires courantes n’est pas une solution opportune pour sortir de l’impasse que vit la Tunisie depuis 25 juillet, date de l’assassinat de Mohamed Brahmi devant son domicile. Tel est le constat principal fait par Ali Laaraydh, chef du gouvernement actuel.
Lors d’un point de presse tenu, ce mardi, au siège de la présidence du gouvernement, Ali Laarayedh a affirmé que la démission de son gouvernement dans pareille situation ne permettra pas de relever les défis auxquels fait face la Tunisie depuis la chute de l’ancien régime : la garantie de la stabilité, la lutte contre le terrorisme et la promotion économique.
Dans le même ordre d’idées, le chef du gouvernement a affirmé que la gestion de ces défis serait sans doute difficile avec une assemblée encore bloquée et une rue déjà mobilisée. « La mobilisation de la rue qui n’est pas une pratique démocratique, ne pourra jamais résoudre les problèmes », a-t-il martelé avant d’ajouter que « dans les pays démocratiques, on manifeste pour appuyer certaines revendications et non pas pour appeler à la chute du gouvernement ».
4 pistes pour sortir de l’ornière
Ali Laarayedh a avancé 4 points principaux pour réussir à transcender cette étape délicate et pouvoir mener à son terme le processus transitoire.
Il s’agit du retour au travail de l’ANC dont les travaux ont été suspendus, depuis le 6 août, soulignant l’importance de mettre en place une feuille de route « claire » permettant d’achever la rédaction de la constitution, de promulguer la loi électorale en mettant en place l’ISIE et ce, dans les meilleurs délais. « La Constituante devra reprendre ses travaux tout en conservant toutes ses prérogatives », a-t-il dit signalant que les travaux ne devront dépasser les 45 jours pour examiner les dossiers brûlants.
Deuxième point : celui relatif à la poursuite des missions de la présidence de la République. Le troisième point concerne le maintien du gouvernement actuel composé à hauteur de 60% de compétences, et ce jusqu’à l’achèvement des travaux de la constituante.
Le dernier point concerne le démarrage du Dialogue national entre les différents partenaires politiques pour former un gouvernement « d’élections » chargé de fixer les échéances électorales.
Anssar Charia, mouvement terroriste
Pour le dossier sécuritaire, le chef du gouvernement a annoncé qu’il a été décidé de déclarer Ansar Charia organisation terroriste. Cette décision a été prise au terme d’un un long travail d’investigation, de la saisie d’armes ainsi que suite aux actes terroristes et aux assassinats politiques qu’a connus la Tunisie.
D’après Ali Laareydh, cette organisation à laquelle n’a pas été accordée une autorisation juridique est responsable des différents incidents ayant endeuillé la Tunisie : les événements de Jebel Chaambi, le meurtre de Chokri Belaid et celui de Mohamed Brahmi et surtout l’embuscade de 8 soldats, en juillet au Mont Chaambi.
Avec cette nouvelle classification, Ali Laarayedh a clairement accusé ce mouvement qui a des liens directs avec des organisations internationales à l’instar d’AL Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) tout en mettant en garde tous ceux ayant des rapports avec cette organisation. « A partir de cette date, tous ceux qui appartiennent à Ansar Charia ou la défendent devront assumer leurs responsabilités juridiques ».
Par ailleurs, il a noté que « l’appareil sécuritaire est utilisée pour criminaliser les actes et les plans et non plus les opinions et les idéologies ».
Wiem Thebti








