Un seul bouge dans le bons sens, les autres pédalent dans la...

Un seul bouge dans le bons sens, les autres pédalent dans la semoule

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Nidaa Tounes (faction Hammamet) et Machrou Tounes sont parvenus à conclure un accord d’alliance nationale, a annoncé le président du comité central et du groupe parlementaire de Nidaa Tounes (faction Hammamet), Sofiène Toubel sur sa page Facebook.

Cet accord a été signé par Salma Elloumi et Mohsen Marzouk , a encore précisé le dirigeant de Nidaa Tounes, ajoutant que son parti tiendra, mardi 11 juin 2019 à 10 heures du matin, une conférence de presse afin de présenter les détails du processus de fusion entre les deux partis.
L’accord stipule la formation d’un seul groupe au sein du Parlement et le démarrage d’un processus de fusion réunissant les deux partis et qui sera ouvert à toutes les forces politiques centristes et démocratiques outre les personnalités nationales, a précisé la même source.

Selma Elloumi, qui a quitté le cabinet du président de la République pour le grand projet de la reformation du “Nidaa historique“, est bien à la manoeuvre. C’est indéniablement une avancée politique pour le parti, mais cette union restera bancale tant que l’autre morceau de Nidaa sera confisqué par Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la République. Ce dernier avait promis qu’il allait siffler la fin de la discorde en convoquant tout le monde pour des élections transparentes qu’il superviserait lui-même, mais rien n’a bougé depuis l’annonce. Et le temps presse, à 4 mois à peine des législatives. Quant à une union ou fusion avec Tahya Tounes, la formation du chef du gouvernement, Youssef Chahed, la seule voie pour que les progressistes s’offrent une chance de peser devant les islamistes, et bien on n’en prend pas le chemin. Et c’est terriblement inquiétant pour l’équilibre du paysage politique…

Comme un roc

En face, chez Ennahdha, la priorité en cette étape est de préparer les listes candidates aux élections législatives, a affirmé samedi 8 juin 2019 Ali Laarayedh, membre du bureau politique et deuxième vice-président du mouvement. Il a ajouté que Ennahdha a mis sur pied un programme ” réaliste ” pour le prochain quinquennat.
Dans une déclaration aux médias, en marge de sa participation au 38e anniversaire de la création du parti, Laarayedh a indiqué que le mouvement cherche à désigner un candidat appartenant au mouvement pour l’élection présidentielle, faute de quoi le soutien d’une personnalité en dehors d’Ennahdha sera étudié.

Abordant l’ouverture du mouvement sur les partis ayant annoncé leur participation aux élections, Laarayedh a tenu à préciser que la relation entre son parti et le reste des composantes de la scène politique repose sur la concurrence loyale et l’attachement à l’unité nationale.
Il a ajouté que 50 ans après la naissance du mouvement, dont 38 ans de lutte politique contre la tyrannie et 8 ans de participation au gouvernement, Ennahdha est devenu, aujourd’hui, un parti national mature et responsable qui ne risque pas de dévier de sa trajectoire et suffisamment réaliste pour trouver des solutions pratiques aux questions nationales.

Donc pour ceux qui pariaient sur la grogne interne provoquée par la montée du fils du leader du mouvement, Rached Ghannouchi, et bien c’est rappé, semble-t-il. Les islamistes restent soudés comme un seul bloc, du moins selon les déclarations, mais cette unité affichée, même de façade, suffira aux électeurs car en la matière c’est l’image qui compte le plus. C’est ce que n’ont pas su faire les autres, ce qui explique leur déboires. L’exemple le plus édifiant, après Nidaa Tounes, c’est celui du Front populaire. L’adversaire le plus féroce des islamistes est à terre après le départ fracassant de 9 députés dont des cadres. Cette gauche dite radicale aura beaucoup de mal à se relever du discrédit qui a frappé l’emblématique porte-parole du FP, Hamma Hammami. Quant à Tahya Tounes, un autre adversaire, théoriquement, d’Ennahdha, rien à se mettre sous la dent depuis le mariage avec Al Moubadara de Kamel Morjane. Rien qui puisse changer radicalement la donne politique et surtout faire battre le coeur des électeurs. Bref, ça roule pour les islamistes, en attendant un sursaut du camp d’en face, qui ne viendra peut-être jamais…

S.L.

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