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dimanche 25 octobre 2020
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C’est le comble !

La contrebande, présentée comme un phénomène social né du chômage et qui se limiterait à du commerce transfrontalier de subsistance, brasserait manifestement un chiffre d’affaires de 1,2 Milliard de dinars. Ce commerce, fortement organisé, en familles et en corps de métiers (financiers, chauffeurs, éclaireurs-arroseurs, et distributeurs), se renforce chaque jour un peu plus à la faveur de l’affaiblissement, sinon de la disparition, de l’autorité de l’Etat.

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Désormais armés et disposant de soutiens payés et même d’un « représentant » à l’ARP (Assemblée des représentants du peuple), ils ne se cachent plus. Et bien qu’étant une activité illégale et qu’elle fasse  l’objet de stratégies de lutte mises au point par chaque gouvernement en Tunisie, ceux qui s’y livrent  sortent désormais à l’air libre, et manifestent à visage découvert dans les rues et devant les représentants officiels de l’Etat. Objectif : faire à chaque fois pression sur les autorités pour qu’elles relâchent tous ceux que les filets de la Garde Nationale arrivent à coffrer.

Cela s’est, de nouveau, passé, samedi dernier à Ouled Haffouz dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, selon ce que rapporte le site « Akher Khabar ». Une vingtaine de « professionnels » de la contrebande s’étaient ainsi rassemblés devant le siège de la Délégation (sous-préfecture) en soutien à un contrebandier arrêté par les forces de l’ordre. Les protestataires  scandaient aussi des appels au Délégué  demandant la mutation d’un cadre de la Garde Nationale qui avait contribué à la mise en échec d’une affaire de contrebande et à l’arrestation du contrebandier, et menaceraient de l’assassiner.

Ce nouvel épisode d’une tendance, désormais confirmée, de défiance publique à l’autorité de l’Etat, avait déjà eu lieu à chaque fois que les forces de l’ordre arrêtaient des casseurs à l’occasion de diverses manifestations.

Une journée avant ce déplorable incident qui frappe de plein fouet l’autorité de l’Etat, des protestants de la ville de Gafsa avaient réquisitionné, de force, tout un train de marchandises pour en faire barrage sur la route, après l’avoir tracté hors du chemin de fer, sans que les forces de l’ordre n’interviennent. Le droit de manifester, garanti par une constitution laxiste en la matière, a pris des proportions inquiétantes pour le droit au travail, en Tunisie. Un « droit », qui met désormais sérieusement en jeu les intérêts supérieurs mêmes de l’Etat, en mettant en danger des secteurs entiers de l’économie tunisienne, comme le pétrole où des opérateurs étrangers menacent de mettre la clé sous la porte, et le phosphate où le premier producteur d’antan devient importateur de ce minerai.

Et face à ces deux dangers, l’atteinte à l’autorité de l’Etat et la violation du droit au travail, les deux parties de l’Exécutif, chef de l’Etat et président du conseil de sécurité nationale d’une part, et chef de gouvernement et son ministère de l’Intérieur de l’autre, restent muets et les bras croisés !

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